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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1094 du 6 juillet 2013/Deuxième page

Deuxième page

Ayrault a rassuré les riches et le patronat

Zoom Jean Marc Ayrault, le Premier ministre  français actuel, était en Martinique et en Guadeloupe du 26 au 28 juin dernier.
Profitant des cérémonies du centième anniversaire de la naissance d'Aimé Césaire, il a commencé par un discours en l'honneur du poète. C'est maintenant une habitude pour tous les responsables gouvernementaux  "métropolitains" de passage en Martinique, qu'ils soient de droite ou de gauche, de faire référence à Césaire. Ainsi, ils  pensent peut être faire mieux avaler à la population  la pilule des 25% de chômage permanent, de la vie chère, des discriminations avec l'hexagone, des séquelles tenaces du colonialisme.
A part les opérations de pub largement radiotélévisées où l'on voit Ayrault s'entretenir dans des zones de rénovation urbaine avec de nouveaux locataires "heureux", ou dans une entreprise en face  d'un jeune  signant solennellement devant lui son "contrat de génération",  tout ce qu'il y a eu de consistant et de sérieux l'a été pour les patrons des petites et grosses entreprises. Il n'y avait qu'à entendre  la satisfaction de Willy Angèle, le patron du MEDEF de Guadeloupe, pour le comprendre !
Ayrault est venu rassurer les exploiteurs. Il est venu comme il l'a dit lui-même "encourager l'investissement productif, conserver le régime de défiscalisation pour les petites entreprises, pour les entreprises moyennes. Pour les entreprises qui sont d'une taille plus importante j'ai décidé d'innover avec cette formule nouvelle du crédit d'impôt, c'est un nouveau crédit d'impôt, donc il vient parallèlement à la défiscalisation. Là il s'agira d'une aide directe".
Concernant les embauches des jeunes, dont le chômage atteint 60% chez les moins de 25 ans, Ayrault s’est contenté de signer des conventions de contrats précaires pour les jeunes (290 contrats d’avenir et un contrat de génération en Martinique, pour des dizaines de milliers de chômeurs). Et il l'a fait avec des aides financières à hauteur de  90% pour les patrons qui acceptent ce type de contrats qui ne représente aucun avenir réel pour les jeunes. Quant aux dettes fiscales et sociales des entreprises, Ayrault s'est montré fort compréhensif en disant qu'il " travaillait sur un dispositif personnalisé pour trouver la bonne solution"... Encore des moratoires en perspective pour les patrons !
Sur la vie chère en Outre-mer, Ayrault en parle, tous les ministres en parlent mais dans les faits rien n'est réglé. Selon l’Insee : ʺ le différentiel des prix des biens de consommation entre les Antilles et l'Hexagone est de 8 %, mais il atteint entre 30 et 50 % pour les produits de grande distribution, alors que dans le même temps, le revenu moyen des ménages est plus bas de 35 % en Outre-mer ". La visite de Ayrault et Lurel dans un hypermarché pour se rendre compte du "bouclier qualité-prix" mis en place par Victorin Lurel relevait  encore de la propagande télévisée pour amuser la galerie.
Tout ce cinéma fait dire à certains qu'il faudrait reprendre le chemin de la grève générale et des manifestations de 2009 contre "la pwofitasyon" et pour les 200 euros ! Car c'est cela qui avait permis d'obtenir des avancées réelles qui sont peu à peu érodées par le patronat.

Un Procès de magouilleurs

ZoomDepuis le jeudi 27 juin, Léon Bertrand, maire de Saint Laurent du Maroni en Guyane et ex-ministre du tourisme de Chirac entre 2002 et 2007, est sur les bancs du tribunal correctionnel de Fort-de-France avec neuf de ses compères dont six chefs d’entreprise. La justice accuse ce beau monde d’avoir touché, ou d’avoir remis, des pots de vin pour l’attribution de marchés de la Communauté des communes de l’Ouest Guyanais (CCOG) et de la société d’économie mixte de l’Ouest guyanais (SENOG).
L’affaire a démarré en 2004. Depuis, Léon Bertrand et certains de ses acolytes ont fait un séjour de plus de 3 mois à la prison de Ducos, de fin novembre 2009 jusqu'à la mi-mars 2010. Ils en sont sortis après avoir eu à verser une lourde caution. Ils sont restés mis en examen pour corruption passive et délit de favoritisme lors du passage de douze marchés. L. Bertrand est accusé d’être l’instigateur et le principal bénéficiaire de cette corruption. De grosses enveloppes d'argent liquide remises par les chefs d’entreprise lui auraient servi pour ses campagnes électorales et aussi pour lui permettre de mener grand train de vie.
En voilà un de plus qui semble avoir été pris la main dans le sac et pas seulement  les doigts dans le pot de confiture… Mais pour quelques uns qui "tombent" combien passent au travers des mailles du filet ? Beaucoup plus ! Et ce sont les travailleurs, les pauvres à qui on demande encore de faire des sacrifices pendant que ces margoulins en cravate prétendent nous diriger !
 

Martinique : Les élus locaux unanimes pour continuer à subventionner les patrons

La visite du Premier ministre Jean-Marc Ayrault a satisfait aussi bien les élus locaux, emmenés par le président de Région S. Letchimy et la présidente du Conseil général J. Manin, que les patrons.
Maires, conseillers régionaux et généraux, députés de gauche comme de droite ou indépendantistes, ont applaudi respectueusement lors de son discours en direction du patronat à l’hôtel Batelière.
Quelques-uns ont néanmoins donné leur petit commentaire. Ainsi, Jean-Philippe Nilor du MIM  (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) a déclaré à la presse : «Je m’attendais à des annonces plus fortes pour booster l’économie ; à une annonce plus favorable pour les entreprises en difficulté». Autrement dit, à encore plus d’argent pour les patrons qui n’ont pas payé leurs cotisations sociales. Et pour terminer : «Je suis un peu mitigé, même si la globalité des annonces relève du bon sens». Quant à Nestor Azérot, il a exprimé un point de vue presque identique. Et pour les autres élus locaux, cela a été le même son de cloche. Rien sur la mise en place de la politique d’austérité, rien sur le démantèlement des contrats de travail par la loi dite de sécurisation de l’emploi, rien sur la nouvelle réforme des retraites en préparation. Mais fallait-il vraiment attendre autre chose de ces «représentants du peuple»  pour qui le «développement économique local» passe avant tout par les subventions aux possédants. ?

Il pleure la bouche pleine

Pour le président du MEDEF Martinique, Philippe Jock, les bonnes annonces, notamment sur le maintien de la niche fiscale de la défiscalisation, manquaient de précision et les subventions souhaitées n’étaient pas suffisamment au rendez-vous, à son goût. Déjà gavé de facilités, de subventions et d'aides de toutes sortes, il en veut encore plus !

Martinique. voyage de Ayrault
UN FAIT DE REPRESSION BETE ET MECHANT

En marge de la visite par J.M. Ayrault du bureau d’Aimé Césaire ouvert au public dans l’ex-mairie de Fort-de-France, les forces de l’ordre ont joué de la matraque. Ils s’en sont pris à un militant syndical de la CDMT PTT,  derrière une banderole avec son fils et quelques camarades pour dénoncer les pratiques antidémocratiques de sa hiérarchie.
Le militant manifestant fut menotté et conduit sans ménagement avec son fils au commissariat. Ils furent mis en garde à vue durant 48 heures et sortirent avec une convocation pour passer devant un juge en… mai 2014 pour "outrages, rebellions et violences contre un agent dépositaire de l’autorité publique ayant entrainé une incapacité totale de travail de moins de 8 jours contre les forces de l’ordre". Rien que ça ! Le fils du militant, un tout jeune, est aussi poursuivi pour tous ces «délits ».  La disproportion entre les faits et ces poursuites judiciaires est non seulement énorme mais parfaitement ridicule !

Guadeloupe : Une Journée « Rebelle ! » réussie !

Samedi 29 juin,  35 jeunes du journal Rebelle s’étaient  rassemblés au Centre Culturel  Sonis. Le but était d’échanger autour du thème «la jeunesse trahie»!  Au programme : un débat le matin,  où plusieurs jeunes, lycéens, étudiants, jeunes chômeurs ont pu s’exprimer sur divers thèmes tels que la situation de l’école, de l’université,  le chômage, le transport, la santé, ou la sécurité… D’autres thèmes plus généraux comme la crise et la situation dans le monde ont été abordés. Les jeunes militants de Combat Ouvrier ont aussi pris la parole pour préparer les prochaines actions contre la répression qui frappe le journal Rebelle.  Pour rappel, nos deux militants, Sony Laguerre et Raphaël Cécé, ont été condamnés à 8 et 5 mois de prison avec sursis.  Nos deux camarades ont fait appel de la décision et attendent le procès en appel.  
L’après midi, les jeunes se sont retrouvés sur une plage du Gosier pour terminer la journée dans la bonne humeur.  Bravo à tous les jeunes qui se sont déplacés pour l’occasion.

Guadeloupe : CROUS : La mobilisation a payé !

Le CROUS (Centre régional des Œuvres universitaires et scolaires) est l’organisme qui gère entre autre les logements étudiants. Depuis plusieurs années, l’administration tente de cacher la pénurie de chambres par diverses magouilles. Cette année la direction avait décidé de fermer toute la résidence universitaire au début du mois de juillet pour chasser les étudiants de leur chambre pendant les grandes vacances. Elle voulait redistribuer arbitrairement les chambres à la rentrée de septembre. Pour écarter les étudiants contestataires, la directrice du logement à même inventé «une incapacité de vivre en collectivité».
Les étudiants autour du journal Rebelle ! ont dénoncé ces magouilles organisées pour expulser les étudiants pauvres du Crous. Ils ont distribué un tract qu’ils ont aussi mis en ligne sur leur page facebook, d’où il a d’ailleurs mystérieusement disparu.
Finalement, la mobilisation apayé! Le Crous ne fermera pas au mois de juillet, et les étudiants qui en ont vraiment besoin pourront conserver leur chambre.

Guadeloupe ECHOS DES TELECOM

Stéphane Richard mis en examen pour escroquerie en bande organisée
Stéphane Richard PDG de France télécom-Orange a été mis en examen après une garde à vue de 48 h dans l'affaire Bernard Tapie. Tapie a en effet perçu  403 millions après un simple arbitrage de trois juges dans l'affaire du Crédit lyonnais. Or Stéphane Richard était à l'époque directeur de cabinet de Christine Lagarde ministre des finances. Et la décision vient de ce ministère. Stéphane Richard rejoint ainsi Pierre Estoup, l'un des trois juges du tribunal arbitral, mis en examen
 
La "bande organisée"..remonterait à Sarko
La justice soupçonne en fait tout ce beau monde d'avoir organisé l'arbitrage en faveur de Tapie sur ordre de l'Elysée. Stéphane Richard aurait déclaré au " canard enchaîné" que Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée lui aurait donné l'ordre de procéder à l'arbitrage. Et qui dit Guéant, dit forcément Sarkozy. Combien tous  ces escrocs ont ils touché dans ce magot ?
 
Un collègue s'est encore donné la mort
Un collègue  été retrouvé pendu sur son lieu de travail;, à Roubaix le 5 juin. Il a laissé une lettre dans laquelle il explique son geste par des raisons personnelles. Même si cette fois, Orange n'est pas directement mis en cause, ce nouveau suicide ravive la douleur de tous les collègues après la série noire que nous avons connu et pour laquelle notre ancien PDG, Didier Lombard est mis en examen. Presque tous nos camarades désespérés avaient en effet accusé FT-Orange et ses méthodes.
 
Comment "on" poussait aux suicides
Selon un document interne de 2006, que «le Parisien» - «Aujourd'hui en France» s'est procuré, le groupe FT cherchait dès 2006 à supprimer des milliers d'emplois, faisant peser une forte tension sur les salariés. Didier Lombard s'était exprimé en interne de façon crue à ce sujet. «En 2007, les départs, je les ferai d’une façon ou d’une autre, par la porte ou par la fenêtre», une phrase ôtée d'un compte-rendu d'une réunion.
 

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