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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1095 du 20 juillet 2013/Deuxième page

Deuxième page

Il y a 70 ans, juin 1943 et la « dissidence » aux Antilles dites françaises

ZoomLa dissidence  
Après la victoire des armées hitlériennes sur l'armée française, le maréchal Pétain forma un gouvernement à Vichy qui fut l'allié des nazis qui occupaient la France. La Martinique et la Guadeloupe furent donc soumises à ce régime.
Mais les actes d’insubordination vis-à-vis de ce gouvernement ont commencé tôt  sous  le nom de dissidence. Elle commença à s’organiser dès après l’armistice, signée par Pétain avec le gouvernement de Hitler, en juin 1940. La dissidence existait à l’intérieur, d’abord peu organisée puis sous la forme de tracts et de journaux clandestins, à partir de 1942. Les Conseils généraux de Guadeloupe et de Martinique avaient déclaré leur refus de l’armistice et leur volonté de continuer à se battre aux côtés des forces alliées.
De nombreux femmes et hommes, souvent jeunes, prirent la décision de quitter les îles pour se battre aux côtés de ces forces, suite à l’appel lancé d’Angleterre le 18 juin 1940 par de Gaulle. On estime à 4 ou  5 000 le nombre de ceux qui s’embarquèrent sur les canots, dans des conditions très précaires et périlleuses, pour se rendre dans les îles anglaises, la Dominique et Ste Lucie, où se trouvaient les bureaux de recrutement des Forces françaises libres. Parmi eux se trouvait Frantz Fanon. A partir de 1942, ces dissidents furent envoyés dans des centres de formation militaire aux États Unis, avant de rejoindre les unités de combat en Afrique du Nord et en Europe. Les femmes étaient recrutées comme auxiliaires de l’armée, infirmières, standardistes…
 
Les événements de 1943
Le 30 juin 1943, la Guadeloupe et la Martinique, rompaient avec le gouvernement de Vichy auxiliaire des nazis et de l'armée hitlérienne qui occupaient la France et passaient, du côté de la résistance dirigée par de Gaulle depuis Londres avec les alliés contre les forces de l’Axe, Allemagne, Italie et Japon.
La France était depuis juin 1940 en grande partie occupée par l’armée allemande, et gouvernée par le maréchal Pétain, chef du gouvernement de Vichy. Ce dernier avait nommé l’amiral Robert comme haut commissaire des Iles des Antilles et de la Guyane. En Guadeloupe le pouvoir de Vichy était représenté par le gouverneur Sorin et en Martinique par Nicol.
Plusieurs tentatives de rébellion avaient eu lieu durant les mois précédents : le 30 avril, 60 insurgés prenaient vainement d’assaut la gendarmerie de Port Louis pour se procurer des armes, avec à leur tête, notamment  Nadir Rousseau, Amédée Etilce, Isimat-Mirin, Vitalo Galpet, Jadfard, Auguste Gènes et d'autres qui firent partie de la rébellion. Certains de ces militants rejoignirent par la  suite la fédération guadeloupéenne du Parti Communiste Français. Amédée Etilce milita plus tard aux côtés de Rosan Girard et fut militant du GONG, arrêté en 1967 après le massacre colonialiste de mai 67 en Guadeloupe.
Le 2 mai 1943, à Basse Terre, des manifestants rejoints par une équipe de foot- ball se rendirent devant la résidence du gouverneur Sorin aux cris de «vive le goal», (façon détournée de dire vive de Gaulle). Les tirs des gendarmes firent un mort : Serge Balguy un élève de 17 ans et plusieurs blessés dont Roger Saint Charles qui sera amputé et Constant Dahomé, futur militant communiste.
 En juin, Paul Valentino jeune leader "socialiste" de la Guadeloupe tentait d’occuper un poste d’émission radio. Il avait connu trois ans avant les prisons et le bagne de Guyane pour avoir très tôt manifesté sa sympathie pour de Gaulle et la résistance. Il fut, dans les années 50, maire de Pointe-à-Pitre puis député.
En Martinique, les 18 et 24 juin, une manifestation se déroula autour du monument aux morts de Fort-de-France. Dans ce contexte houleux de manifestations de l’hostilité populaire, le 30 juin, l’amiral Robert prenait la décision de se retirer.
 
Soutien involontaire à une autre branche de l'impérialisme français
Le courage de tous ces jeunes «dissidents» suscite le respect. Pour la plupart d’entre eux, ils étaient animés par la volonté de lutter contre la barbarie du nazisme. Sur place, le régime de Sorin et de Nicol, fondé sur la répression de toute manifestation festive, sur l’autosuffisance et le dénuement, sur la contrainte du slogan pétainiste «travail, famille, patrie», laissait planer dans la population la crainte d’un retour à un système colonial encore plus féroce.
Mais en s’engouffrant dans la voie toute tracée des Forces Françaises libres, en suivant de Gaulle, ils se sont fait involontairement les auxiliaires d’un nouvel appareil d'état  bourgeois et colonialiste en formation : celui mis en place par de Gaulle avec l'aide du Parti Communiste français et de l'ensemble des forces qui avaient résisté à l'occupant nazi.
La bourgeoisie impérialiste française dont de Gaulle était le représentant a pu continuer après la seconde guerre mondiale ses guerres contre les pays colonisés qui revendiquaient leur indépendance : l’Indochine, l’Algérie, Madagascar durent la conquérir au prix de grands sacrifices et de nombreux morts. Quant à la classe ouvrière, aux Antilles et en France, elle dut subir après la guerre un régime d’exploitation et de privations particulièrement dur, pour contribuer à «la reconstruction du pays», avec la bénédiction du parti communiste français.
Oui, Ils furent nombreux ces originaires des colonies françaises d'Afrique et des Antilles, ces troupes noires à croire défendre «les droits de l'homme» et sa patrie, la France. Ils croyaient défendre la «démocratie contre le fascisme» alors que ce sont ces mêmes «démocraties» qui ont voulu la guerre, l'ont préparée pour les intérêts des banquiers, des financiers et des capitalistes qui voulaient se partager les marchés mondiaux et les colonies. Oui, ils furent des milliers de Noirs, d'Arabes, d'Indochinois à verser leur sang  pour ne récolter dans les années d'après guerre que le mépris, les vexations, la répression sanguinaire dans leurs pays respectifs de la part de ce même pouvoir colonial qu'ils avaient soutenu avec un immense courage.
 

Guadeloupe: LISTE D’UNION OUVRIÈRE ET POPULAIRE DE SAINTE-ANNE
Liste menée par Fredy GREGO

Combat Ouvrier apporte son soutien à cette liste de travailleurs, d'artisans, de membres de la population sur laquelle ne figure aucun notable. Nous l'avions fait il y a six ans, déjà.
Une de nos camarades, Rose-Hellen Petit y figure.
Nous publions ci-dessous le tract récent de cette liste
 
Avec cette liste nous voulons faire entendre la voix de ceux à qui on ne demande jamais leur avis, la voix de jeunes ouvriers, boulangers, maçons, agriculteurs, marins-pêcheurs, artisans et autres travailleurs de Sainte-Anne.
Nous voulons faire savoir notre mécontentement et notre dégoût face au gouvernement et aux bourgeois, bureaucrates, aristocrates et soi disant intellectuels qui depuis des années se placent à notre tête pour brader notre commune aux grosses sociétés.
Nous voulons montrer notre capacité à prendre notre destin en mains : élargir notre politique pour être au plus près de la population. Favoriser les associations et venir en aide à celles déjà en place. Que nos ressources soient gérées en collectivité pour plus de transparence afin de permettre des embauches dans des entreprises artisanales. Mettre en place une nouvelle politique sportive, culturelle et économique afin d’assurer des rentrées d’argent pour compenser les dépenses.
En deux mandatures M. Aldo n’a fait que s’endormir sur les réalisations de ses prédécesseurs. Pourtant bien des problèmes lui ont été soumis, sans réponse !
Ainsi les habitants des cités de Richeplaine ont les pieds dans l’eau des égouts à la moindre pluie, n’ont aucune structure d’accueil pour les jeunes, aucune structure culturelle, pas de transport en commun fiable. Leurs protestations répétées à la mairie n’ont abouti qu’à des promesses mal-papaye.
Et ce n’est guère mieux dans les autres quartiers. Souvent les lampadaires ne fonctionnent pas.
Le maire aime raconter avoir trouvé des jeunes assis, oisifs, sous un amandier dans un endroit sale à Douville. Grace à lui, les voici dans un endroit propre, toujours assis, les poches vides, encore sans travail !
Il a éclairé la plage, c’est bien. Mais quelles sont les retombées pour l’emploi ? Des bars qui fonctionnent bien sont fermés par la mairie. Les pêcheurs n’ont pas de lieu de stockage des poissons.
A Sainte-Anne, les ordures ne sont pas ramassées régulièrement. Où se trouve la déchetterie annoncée par un panneau ?
Le maire se vante d’avoir vendu des terres de la commune : au profit de qui ? 
Les personnes âgées sont isolées, oubliées.
A la commune, on sèl manjé cochon ! C’est le chantage à l’emploi : petits contrats, contrats précaires contre bulletin de vote.
A la mairie, ceux qui viennent demander de l’aide au bureau sont mal reçus, mal vus. Pas de moyens, pas de conseils pour celui qui voudrait créer une micro entreprise.
Mais depuis peu, les permanences sont tenues régulièrement ; bientôt les élections ! Les fêtes de quartier se font, des vins d’honneur avec serrages de main, petites tapes dans le dos, se multiplient. Soyons vigilants. Ne laissons pas des gens sans scrupules, attirés par le seul gain ; nous maintenir dans l’oppression, la division, la rivalité, voire aux portes de la mendicité. Insurgeons nous contre cette situation.
 
La population doit se mobiliser pour régler ses problèmes. Regroupons nous, réunissons nous dans les quartiers pour réagir contre ce que nous subissons. Donnons des repères à la jeunesse.
 
Pour la liste d’union ouvrière et populaire de Sainte-Anne menée par Fredy Grego, prenez contact au : téléphone 0690 48 03 14
Pensez à vous inscrire sur les listes électorales.
A bientôt !

 

Martinique : Nilor, Azérot et Chalus, toute honte bue

Photo : BN Azérot et JP Nilor Le 9 juillet, l'Assemblée Nationale a voté en première lecture la loi sur le non-cumul des mandats. Si elle est approuvée par le Sénat à l'automne, cette loi interdira aux députés et aux sénateurs de cumuler leur fonction avec celle de maire. Cette réforme, qui était une des promesses de campagne «poudre aux yeux» de François Hollande ne sera un changement que pour les intéressés. Ils y perdent la possibilité  d'avoir un poste supplémentaire.
Pour les travailleurs, la belle affaire ! Les lois votées par des parlementaires non-cumulards iront tout autant satisfaire les intérêts du patronat que celles votées aujourd'hui par des cumulards. D'ailleurs, pour ne pas les brusquer, l'application de cette éventuelle future loi a été fixée en 2017, année des prochaines élections législatives, et non en 2014, pour les prochaines élections municipales.
Eh bien, c'est encore trop pour les élus martiniquais Jean-Philippe Nilor du MIM (député, probable candidat à la mairie de Sainte-Luce) et Bruno-Nestor Azérot (député-maire de Sainte-Marie) qui voulaient «une exception pour l’Outremer» et ont donc proposé à l'Assemblée des amendements pour le maintien du cumul dans les DOM, c'est-à-dire pour eux-mêmes. Ces amendements ayant été refusés, ils ont voté contre la loi, rejoints par le Guadeloupéen, député-maire divers-gauche de Baie-Mahault, Ary Chalus.
Comme on dit, "Charité bien ordonnée commence par soi-même".

Martinique Guadeloupe : Prisons : et ils disent "réinsertion" ?

L'Observatoire International des prisons (OIP) a dénoncé une nouvelle fois, en juin 2013, la situation à la prison de Ducos (Martinique). 969 détenus pour 569 places !
Cette prison est parmi les plus surpeuplées de «France». Sous le titre «La poudrière martiniquaise», l'OIP relève : «130 matelas à terre sont placés dans les cellules, où les détenus dorment au sol, côtoyant cafards, rats et autres nuisibles».
La situation n'est pas nouvelle : déjà le 19 avril 2012, 136 détenus de la prison de Ducos adressaient à l'administration pénitentiaire une pétition dénonçant cette surpopulation, à peu près dans les mêmes termes.
En Guadeloupe, un recours de quatre détenus avait abouti en décembre 2011 à un rapport d'expertise sur la maison d'arrêt de Basse-Terre. On y relevait que, prévue pour 130, la prison est équipée de 244 lits. Dans un dortoir, la «salle d'eau» comprend un «lavabo cassé sans bonde et d'une douche sans pommeau», le tout «dans un espace non carrelé» marqué par une «floraison de salpêtre particulièrement abondante». L'ensemble des locaux est vétuste. Les coursives sont «sinistres du fait de leur absence de remise en peinture», «les escaliers (...) ne sont pas aux normes et présentent des risques de chute pour les usagers». Les cours de promenade, quant à elles, sont «exiguës et sales, il n'y a pas d'abris en cas de pluie» et elles donnent sur les «murs lépreux des bâtiments de détention». Et le reste à l'avenant...
Un autre rapport, concernant, lui, la prison de Baie-Mahault, rendait les mêmes conclusions.
L'état des prisons est bien significatif de l'état de la société, et il n'est pas brillant. Les gouvernements successifs se bornent, dans ce domaine, à des déclarations jamais suivies d'effet. Ils gouvernent pour les riches, et même les très riches. Et ce sont quasi-uniquement des pauvres, qu'ils soient détenus, familles de détenus ou même gardiens, qui sont confrontés à la triste condition des prisons. Alors on ne fait rien, tout en bavardant sur la nécessité d'une «politique de réinsertion».
Elisabeth Guigou, ministre socialiste de la Justice, avait déclaré en 2000 : «La situation dans beaucoup de nos prisons n'est pas digne d'un pays comme le nôtre». Elle avait créé une commission parlementaire, une de plus. Sarkozy, en juin 2009, se contentait de constater : «L'état de nos prisons est une honte pour notre République».
La ministre de la Justice du gouvernement Hollande-Ayrault, Christiane Taubira, n'y a rien changé et les prisons Outremer, c'est toujours le pire du pire.

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