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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1095 du 20 juillet 2013/Première page

Première page

Éditorial :Contre le chômage : répartition du travail entre tous sans diminution de salaire!

Sur  3000 contrats d’avenir octroyés en Martinique et en Guadeloupe par l’État d’ici décembre 2013, seuls 1135  seraient déjà pourvus.
Sur l'embauche des jeunes, un exemple des doses homéopathiques d'embauche apparaît dans le secteur de la banane en Martinique : une convention d’engagement pour l’emploi d’avenir a été signée le 30 mai dernier entre Laurent Prévost le préfet et Nicolas Marraud des Grottes, président de Banamart, groupement qui commercialise actuellement presque 90% de la production bananière de l’île.
Cette convention prévoit que « d’ici au 31 décembre 2014, les 400 planteurs de Banamart embaucheront 50 jeunes en contrat d’avenir ». Ce nombre d’embauches est bien peu par rapport au nombre de patrons concernés. Surtout lorsqu’on sait qu’il y a environ 17.000 jeunes qui sont suivis par les missions locales pour les aider à trouver un emploi.
Et puis parmi les 400 patrons de Banamart, quels sont ceux qui profiteront des subventions de l’Etat ainsi distribuées pour les fameux contrats d’avenir ?  Les gros propriétaires fonciers qui bénéficient déjà de toutes sortes d’exonérations et autres subventions ou les petits producteurs qui n’ont pas le même gabarit qu’eux ? Il en est de même pour les 50 emplois d’avenir envisagés par l’AMPI, association martiniquaise pour la promotion de  l'industrie.
En tout cas, ces cadeaux avancés par l’État représentent plusieurs dizaines de millions d'euros  d'aides financières au patronat dans les deux îles. A cela, s’ajoutent  les aides complémentaires venant des assemblées locales. Elles font passer « la prise en charge par l’État des emplois d’avenir dans le secteur non-marchand de 75% à 90% du salaire, et dans le secteur marchand, c'est-à-dire celui des entreprises privées,  de 35% à 55% ».
Certains patrons affichent franchement leur satisfaction  Ainsi, pour le patron d’une petite entreprise, "Caraïbes Agro" : « Ce contrat est des plus intéressants que je connaisse en terme de subventions ». Mais,  rajoute l’attachée de direction de Banamart, Béatrice Minonton : « les employeurs ne demandent pas de diplôme, mais de la motivation », entendons par là de la productivité pour engranger plus de profits. Et elle ajoute : « Mais attention, sur une plantation, certain nouveaux salariés ne tiennent que deux jours, voire même deux heures ». Pourquoi ?  Pas un mot. Mais d’après ce que l’on sait du secteur de la banane, les ouvriers touchent un salaire de misère et sont exploités à outrance…
Voilà pour  ces fameux contrats d’avenir, qui n’offrent aucun avenir pour la jeunesse.  L’Etat et les collectivités locales font semblant de lutter contre le chômage, mais en fait, ils arrosent le patronat de cadeaux. Le reste n'est que saupoudrage. Les contrats d'avenir sont faits pour un an, renouvelables une fois ! De qui se moque t-on ? Le taux de chômage des jeunes de moins de trente ans atteint presque les 46% et 60% pour les moins de 25 ans.
 Ce sont  donc des mesures d'urgence de grande ampleur  qu'il faudrait mettre en place. Il faut répartir le travail entre tous, en diminuant les heures de travail sans diminuer le salaire. Mais cela seules une lutte  collective et une grande détermination de la part des jeunes et du monde du travail pourront l'imposer. Normalement la rentrée sociale du premier trimestre de l'année devrait  être une rentrée houleuse, une rentrée de luttes qui permettra d'entendre la colère des jeunes et des travailleurs. Que la période des vacances soit donc pour ces derniers et tous les militants du mouvement ouvrier une bonne période pour recharger leurs batteries par une bonne préparation physique et morale. Cette période devrait donc permettre ensuite de mieux passer  à la contre offensive générale contre le patronat exploiteur et son pourvoyeur d'aides en tous genres, l'État du MEDEF, des Gattaz, des Hollande et Ayrault.

Martinique : Un nouveau contrat précaire bidon

Le  contrat de génération, dernier dispositif du gouvernement Hollande–Ayrault, créé, soi-disant pour combattre le chômage, fait actuellement l’objet de publicité. Il a pour objectif : «d’endiguer le chômage des jeunes et des seniors».
Ce nouveau dispositif consiste : «à créer un binôme jeune-senior afin que le second transmette son savoir au premier». L’État vide ses caisses ou sa boite à outils pour apporter des subventions à ceux qui en ont déjà. Car ce contrat implique une «aide» au patronat qui représente 4 000 euros par an pendant 3 ans, soit 12 000 euros au total.
Certains patrons locaux ne se gênent pas pour en réclamer encore plus. Ainsi le directeur de la mission locale du Nord, Jean-Michel Loutoby, explique : «Beaucoup de chefs d’entreprise ne trouvent pas ce contrat très attractif. 4 000 euros par an pour garder un senior et un jeune à temps plein, ça ne les emballe pas plus que ça».
Pour Patrice Peytavin, responsable du pôle entreprise-emploi : «Choisir ce contrat suppose d’avoir une vision d’avenir de son entreprise». A tel point qu’en France 2 500 demandes d’aide ont été enregistrées, et en Martinique… une seule !!!
En clair, la fameuse «boite à outils» de Hollande, ou plus exactement la «boite à fric» n’est pas assez pleine pour ces patrons «agoulou» (voraces). Le bricolage de Hollande n’est pas près de réduire le fléau social qu'est le chômage. A moins que les travailleurs en lutte n’imposent le refus de tout licenciement et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire.

Guadeloupe-Martinique : Le patronat, assisté, vorace et sans vergogne !

Zoom La semaine dernière, les organisations patronales des DOM représentées par la FEDOM (Fédération des entreprises d’Outremer) ont multiplié les réunions de concertation avec les ministres des Dom et celui du Budget, ou leurs conseillers. La FEDOM discutait pied à pied avec les ministres du maintien des avantages fiscaux dont bénéficient les patrons qui investissent Outremer depuis les années 80. En effet, à partir du budget 2014, le gouvernement Hollande–Ayrault prévoit de toiletter quelque peu le vieux système de la défiscalisation Outremer. Pas pour diminuer le montant des cadeaux fiscaux faits à ces patrons, mais pour, parait-il, en améliorer l’efficacité. Ainsi, à côté de la défiscalisation des investissements maintenue pour les petites et moyennes entreprises au dessous d’un certain chiffre d’affaires à fixer, (le fameux seuil, actuellement en discussion entre la FEDOM et le gouvernement), il a décidé d’expérimenter un système de Crédit d’impôt. Dans un premier temps l’expérimentation serait faite  pour des entreprises ayant «les reins solides». C’est ce qu’avait annoncé le premier ministre dans son discours aux patrons du 26 juin à l’hôtel Batelière en Martinique. Dans le premier cas, les cadeaux sur les impôts sont donnés aux patrons avant. Dans le second, avec le Crédit d’impôt, ils sont donnés après.
Eh bien, ces messieurs les patrons rechignent sur les seuils à partir desquels le Crédit d’impôt devrait être appliqué. Ils veulent surtout plus de garanties de l’État, et notamment être «accompagnés». Par exemple que l’État prenne à sa charge les frais d’un pré-financement du Crédit par les banques…
Non contents de conserver toutes les faveurs de ce gouvernement, alors que les travailleurs et l’ensemble des catégories populaires sont pressurés par des mesures antisociales et rétrogrades, ils tendent encore leur sébile à l’État pour recevoir encore plus de cadeaux.

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