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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1096 du 7 septembre 2013/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Elections à la Chambre d’Agriculture, La CGTG sort renforcée

ZoomSur la photo le carton dit : « Nous voulons des écoles et des hôpitaux pas le modèle FIFA – Signé : avec-15-centavos-je-m’en-sors-pas ». Les résultats de l’élection partielle à la Chambre d’Agriculture sont tombés. La CGTG remporte 3 des 4 sièges du collège des salariés de la production agricole. Dans le collège des salariés des groupements des professionnels agricoles, l’UGTG conserve ses 4 sièges, acquis lors de l’élection du 31 janvier 2013.
La CGTG progresse. Elle passe d’un siège obtenu en janvier à 3 sièges. L’UGTG qui avait demandé la tenue de nouvelles élections recule de 6 à 5 sièges sur les 8 sièges de salariés.
Cette élection a été invalidée suite à un recours de l’UGTG. En effet, des listes patronales avaient été présentées à l’élection du 31 janvier, dans l’illégalité la plus complète. Les deux collèges, des salariés de la production agricole et des salariés des groupements professionnels agricoles, ne peuvent être représentés que par des élus issus de syndicats de salariés.  
Seules deux organisations syndicales, la CGTG et l’UGTG ont donc présenté des listes. Les autorités préfectorales ont encore une fois affiché le plus grand mépris pour ce vote salarié. Les dates du scrutin ont été avancées au 27 août, pendant les vacances, alors qu’un grand nombre de salariés ne sont pas dans leurs entreprises et sans information des représentants de la CGTG. La campagne s’est déroulée sans couverture médiatique, ce qui aurait permis au plus grand nombre de participer à cette élection. Résultat : seuls 919 plis postaux ont été reçus à temps pour l’élection !
 Le vote par correspondance est compliqué pour de nombreux électeurs, ce qui engendre de nombreux bulletins nuls. Dans le collège des salariés de la production agricole 392 voix ont exprimé un vote alors que dans le collège des groupements professionnels agricoles, un peu plus de 400 voix se sont exprimées.  Avec ses trois élus, la CGTG implantée depuis des dizaines d’années dans le secteur de la banane, représentée dans le collège des salariés de la production agricole à la Chambre d’Agriculture, continuera à défendre tous les ouvriers agricoles. Une des revendications importantes pour les ouvriers, c’est la mise en place d’une retraite complémentaire pour tous. C’est en effet un des seuls secteurs où, malgré son caractère obligatoire, les patrons refusent de cotiser pour garantir une pension complémentaire aux salariés qui partent. Et pourtant, les ouvriers agricoles perçoivent souvent des retraites de misère.       
Les représentants de la CGTG à la Chambre auront aussi à cœur de se battre pour l’amélioration des conditions de travail sur les plantations. Cependant, les travailleurs ne doivent se faire aucune illusion sur les possibilités réelles de changement dans ces organismes consulaires. Seules les luttes, telles que celles menées pendant plusieurs mois en 1997,  peuvent faire reculer les patrons du secteur agricole comme des autres secteurs !
 

Egypte, la dictature tente de se stabiliser

En Egypte, le mois d'août a surtout été marqué par l'intervention sanglante de l'armée contre les rassemblements des Frères Musulmans, qui continuaient à réclamer le retour à la présidence de Mohammed Morsi, leur représentant politique déposé par les généraux le 4 juillet. 
Le mouvement d'inspiration démocratico-libérale Tamarod disparaissait progressivement du devant de la scène, il avait laissé face à face l'armée et les partisans de l'ancien président. Ce mouvement Tamarod, fort de nombreux soutiens au départ mais confus et finalement peu déterminé, était apparu en grande partie comme soutien au coup de force de l'armée. C'est ainsi qu'une mobilisation en réaction à l'autoritarisme du régime Morsi inspiré par les intégristes musulmans et à la précarité des conditions de vie, a servi de prétexte à un retour de l'armée au rôle qu'elle avait avant le départ forcé de Moubarak en février 2011 : l'exercice direct du pouvoir politique.
 Après quelques atermoiements et tentatives de compromis avec la confrérie des frères musulmans, le général Sissi, le nouvel homme fort du pays, a donc décidé de passer à la répression ouverte contre ceux-ci. L'armée a fait des centaines de morts en tirant à balles réelles sur les manifestants pro-Morsi rassemblés aux abords de 2 mosquées au Caire et ailleurs dans le pays, décrétant le couvre-feu et faisant arrêter des dizaines de dirigeants des Frères musulmans.
 Aujourd'hui le nouveau régime tente de stabiliser sa nouvelle dictature. Le 3 septembre ont été prononcées, à Suez, les premières condamnations : réclusion à perpétuité pour 11 membres des Frères musulmans. Le «guide suprême» de la Confrérie, Mohammed Badie, et plusieurs autres de ses dirigeants arrêtés répondent actuellement «d'incitation au meurtre» devant la justice, tout comme Mohamed Morsi, toujours détenu au secret.
La dictature, soutenue par l'Arabie Saoudite, et qui n'a, malgré quelques atermoiements, jamais été condamnée par les États-Unis et les autres grandes puissances, ne s'exercera pas uniquement, ni sans doute même principalement, contre la réaction intégriste. Sa principale cible sera, comme par le passé, le peuple égyptien lui-même et ses aspirations à sortir de l'immense misère dans laquelle il est plongé. Ni les militaires, ni les intégristes ne mettront fin à cette situation. Pour cela il faudrait s'attaquer à la bourgeoisie et à l'impérialisme qui sucent le sang du pays. Seuls les travailleurs peuvent en avoir le pouvoir et la réelle volonté.
 

Martinique : Chauffeurs de bus en lutte.

Depuis plus de deux semaines, certaines lignes de bus de la zone CACEM  (communauté d'agglomération du centre de la Martinique-FDF, Lamentin, Schœlcher et Saint-Joseph) ne sont pas desservies et les usagers habitant cette zone sont perturbés dans leurs déplacements. En effet, certains chauffeurs affectés sur les lignes concernées sont en grève pour obtenir l’alignement de leur rémunération sur celle des chauffeurs de la CFTU (compagnie foyalaise de transport urbain)
La CACEM a en effet mis une organisation qui permet de gérer le transport public de cette zone de manière centralisée. Pour ce faire, elle a concédé ce service à une société d’économie mixte, la CFTU. Mais elle a également intégré, à côté de la CFTU, des transporteurs individuels qui opéraient auparavant dans les communes du Lamentin, de Schœlcher et de Saint-Joseph. Et tout ce petit monde a les mêmes obligations, le même cahier des charges et exerce sous la marque «Mozaïk».
La CFTU a ses propres chauffeurs et applique certains accords, notamment salariaux à  ses employés. En revanche, les anciens transporteurs individuels appelés «sous-traitants» ou «co-traitants» qui opèrent sur le réseau pour le compte de la CACEM emploient des chauffeurs qui n’ont pas les mêmes avantages que ceux de la CFTU, et notamment la rémunération. C’est la raison pour laquelle, avec le soutien de leur syndicat, la CSTM  (Centrale Syndicale des Travailleurs Martiniquais), ils réclament un traitement identique.
Alex Cypria, président de la CFTU, adjoint au maire de Fort-de-France, lequel maire est le premier vice-président de la CACEM a été interpelé sur cette situation. Il a tenté de botter en touche en disant que la CFTU n’est pas l’employeur de ces chauffeurs et que ce conflit ne le concerne pas. Mais Comme l’a si bien dit un intervenant sur une radio lundi 2 septembre : «Lorsque je monte dans un bus, je dois présenter un ticket «Mozaïk», et il n’y a dessus aucune inscription «sous-traitant» ou «co-traitant».
C’est dire que les revendications des chauffeurs sont justifiées. Avec leur syndicat, ils ont sollicité l’arbitrage de la Direction du travail. Mais Cypria et les responsables de la CACEM gardent le silence ou tiennent des propos démagogiques pour nier leur responsabilité.

Martinique : Un premier recul des gérants de stations-service.

Dans un tract intitulé «Crédi fini ! Payé la min’m !» (le crédit est terminé, payez tout de suite !) et diffusé dès le 23 août à la population, les employés des stations-service affiliés à la CGTM-Produits Pétroliers (CGTM-PP) rappellent que leur revendication n’a pas changé : le paiement sans délai de sommes dues depuis des années.
Des employés ont pu constater que certains gérants ont versé l’argent dû avec la paie du mois d'août. D’autres gérants versant les salaires jusqu’au 5 du mois suivant, un inventaire sera fait lors d’une assemblée générale programmée le 6 septembre pour connaitre la situation des employés concernés par le versement d’arriérés.
Durant le mois d’août les employés des stations-service ont informé l’opinion publique de leur situation. Les gérants leur doivent des arriérés de salaires remontant à février 2004 à cause d’une convention non appliquée pendant des années, et refusent de payer tant que les prix des carburants n’auront pas été augmentés. Les employés avaient fixé un ultimatum aux gérants au mercredi 14 août 2013.
Constatant que ces derniers ne bougeaient pas, des employés mobilisés ont rendu visite à certains d’entre eux et durant leur présence, la station ne pouvait pas fonctionner. Ainsi, le 16 août, ils ont d’abord rencontré des chauffeurs de camions citernes approvisionnant les stations afin de leur exposer leur situation. Puis, six stations à Fort-de-France, Lamentin, Ducos, et le Marin ont reçu la visite des employés mobilisés dont celle du président du syndicat des gérants située à Redoute, qui dut garder rideau baissé durant toute la journée. Les autres, face à la détermination des délégations sur place, ont vite fait de donner des garanties  de paiement  avec le salaire d’août.
Dans l’après-midi du 16 août, les gérants se sont réunis en assemblée générale et ont publié un communiqué truffé de contre-vérités et dans lequel ils s’en prenaient violemment à la CGTM-PP, coupable selon eux d’avoir soutenu les employés qui exigeaient le paiement d’arriérés de salaires et d’avoir dénoncé leurs «petits arrangements». Mais alors que le président de leur syndicat avait annoncé le 5 août un report de deux mois avant de procéder aux premiers paiements (à partir de novembre au lieu de septembre), les gérants ont fait un premier recul. Ils ont accepté de verser «une avance ou acompte sur la paie du mois d'août selon les capacités de chaque station, dans un souci de maintenir un bon climat social».
Jusqu’à présent, les gérants ont fait trainer les choses, car leur objectif reste d’obtenir une augmentation des prix des carburants pour financer le règlement. Le 14 août 2013, puis le 30 août encore, ils étaient chez le préfet pour exiger cette augmentationet publiaient dans la foulée une déclaration écrite selon laquelle «la paie (sic) sociale» serait menacée.
Or ils disposent des fonds nécessaires et suffisants pour payer, notamment depuis l’accord signé avec le préfet le 14 juin 2013 ! Mais les employés des stations service  ont signifié aux gérants qu’ils les auront à l’œil jusqu'à ce qu'ils leur paient tout ce qu'ils leur doivent.
 

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