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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1096 du 7 septembre 2013/Première page

Première page

Éditorial :Attaques en rafale contre les retraites. Il faut que ça cesse !

La  réforme des retraites annoncée par le gouvernement prolonge et aggrave celle du gouvernement Sarkozy-Fillon en 2010. Il y aura une augmentation des cotisations d'assurance vieillesse de 0,15% en 2014, puis de 0,05% par an jusqu'en 2017. Pas pour ceux qui touchent le minimum vieillesse c'est à dire 787 euros par mois, ce dont se vante le gouvernement. Mais cela veut dire qu'à partir de 788 euros mensuels les retraites seront réduites par cette augmentation, ce qui est un vrai scandale. !
Pour les fonctionnaires, cette nouvelle ponction sur les salaires s'ajoute au
0,7% d'augmentation des cotisations par an  entre 2011 et 2020 prévu par la réforme Sarkozy Fillon.
Notons que pour les patrons cette augmentation de cotisation sera compensée par la baisse de leurs cotisations d'allocations familiales et des baisses d'impôts.
Quant à l'âge légal de la retraite, il est maintenu à 62 ans, comme la droite Fillon-Sarkozy l'avait voulu. Et la gauche renchérit en annonçant une augmentation progressive de la durée de cotisation pour avoir droit à une retraite entière qui passera progressivement à 43 ans.
Pour partir à 62 ans, il faudrait commencer à travailler à 19, ce qui est de plus en plus rare.  Donc tous ceux qui commenceront à travailler après cet âge là partiront à la retraite à 63, 65, 68 ans et plus. Et comme beaucoup partiront avant parce qu’usés par le travail, la réforme aboutira tout simplement à une baisse importante des retraites !
En ce qui concerne les retraités ayant élevé au moins trois enfants, la majoration de 10% qu'ils perçoivent sur leur pension sera désormais imposable. Toutes ces mesures contre les retraités pèseront bien plus lourdement que les quelques mesures que le gouvernement prendra pour tenir compte de la pénibilité dans le calcul des annuités de cotisation ou encore pour les femmes de tenir compte des "injustices faites aux femmes". Mais  le gouvernement annulera-t-il la discrimination qui frappe les femmes avec des pensions  de 30% inférieures à celles des hommes ? Prendra-t-il vraiment en compte la pénibilité, l'usure et les maladies de toutes sortes provoquées par les dizaines d'années de souffrance au  travail pour la majorité des salariés ? Non !
Les gouvernements Sarkozy et maintenant Hollande nous rebattent les oreilles que la réforme est juste parce que l'espérance de vie augmente. Mais selon les statistiques l'espérance de vie en bonne santé, elle, recule. Et elle recule encore plus dans les classes pauvres. En plus, c'est précisément  la baisse du temps de travail et la retraite à 60 ans qui ont permis entre autres l'augmentation de l'espérance de vie. Et il est prouvé qu’en deux siècles, la richesse produite par habitant  été multipliée par 8. Aujourd'hui un salarié travaille deux fois moins et produit 16 fois plus que celui ou celle du début du 19ème siècle. De cette productivité là, le gouvernement ne tient aucun compte !
Et si le déficit annoncé des  caisses de retraite fait planer une menace sur les retraites c'est aussi parce qu'avec l'augmentation du chômage il y a beaucoup moins de cotisants. Et le chômage endémique, ce ne sont pas les salariés qui en sont responsables, ce sont les gouvernements et le patronat. Ce dernier  investit beaucoup moins dans la production, préférant mettre une grande partie de ses profits dans la spéculation financière. Les gouvernements de droite et de gauche à son service sont là pour prélever sur les salariés les milliards qu'ils accordent au patronat. On compte chaque année 30 milliards d'exonérations de cotisations pour les patrons, 80 milliards de fraude fiscale patronale qui échappent à l'État, 20 milliards de crédit d'impôt compétitivité pour les patrons. Alors, en France, la journée de mobilisation et de protestation du 10 septembre est pleinement justifiée et doit être un succès. Aux Antilles, ça se prépare déjà pour d'autres dates. Mais de toutes façons, il faut une réaction la plus massive et déterminée possible des travailleurs dans les entreprises et dans la rue !

Martinique : Grève des agents hospitaliers à Mangot Vulcin

Au début du mois d’août, les agents du service Tête et Cou de la Cité Hospitalière Mangot Vulcin au Lamentin n’ont pas accepté la fermeture du service programmée par la direction durant la période des congés. Les explications fournies par la direction, qui avait accepté les congés de la plupart des médecins du service à la même période, n’y ont rien fait. Les agents ont tout fait pour maintenir une certaine activité du service avec quelques malades tout en cherchant à négocier avec la direction. Les syndicats CDMT, CGTM, SASM, réunis en Intersyndicale dénonçaient les incohérences et le manque d’anticipation de la direction du CHUM (CHU de la Martinique, venant de la fusion des centres hospitaliers de Fort-de-France, du Lamentin et de Trinité). Ils dénonçaient aussi la politique de restrictions budgétaires. De ce fait, agents du service et syndicats craignaient que la fermeture provisoire du service Tête et cou de Mangot Vulcin se transforme en fermeture définitive et que cette activité soit recentrée sur le CH de Fort-de-France.
Un premier round de négociations le 13 août n’a rien donné. Après une assemblée générale des salariés, les syndicats ont décidé de se préparer à étendre le mouvement à l’ensemble des services à partir du 22 août. Pour la plateforme revendicative, des revendications concernant le manque d’agents en Hémodialyse, en Urologie ou à l’Unité de Soins de longue durée, mais aussi sur des problèmes de matériel et d’organisations de certains services, furent ajoutées au refus de la fermeture du service Tête et cou.
Le jeudi 22 août, les entrées de l’hôpital étaient bloquées par des groupes de militants tandis que les services tournaient au ralenti. Les grévistes ont obtenu le soutien du maire du Lamentin. Les syndicats annonçaient des assemblées générales au CH de  Fort-de-France et au CH de Trinité pour informer les agents dans la semaine du 26 août.
Le lundi 26 après-midi, la direction du CHUM se déclara prête à reprendre les négociations. Sur la revendication principale des grévistes concernant la fermeture du service Tête et Cou, elle accepta de rouvrir le service le mercredi 28 août au lieu du 2 septembre… Concernant les effectifs réclamés, la direction s’est engagée à répondre aux demandes après évaluation de l’activité… Sur les demandes faites pour certains matériels et même pour une nouvelle ambulance, la direction a répondu que des démarches étaient en cours pour leur maintenance ou pour faire des achats.
Réunis en assemblée générale le mardi 27 août, les grévistes ont décidé d’arrêter leur mouvement. Le gain pouvait paraître peu important, mais les agents du service Tête et Cou avaient au moins montré leur refus de voir l’activité du service bradée en douce par une direction incohérente et peu respectueuse des engagements pris sur la répartition des activités sur les différents sites du CHUM.
Ceux qui ont participé à la grève ont montré à cette direction qu’ils continuaient de l’avoir à l’œil  suite aux problèmes liés à la fusion des hôpitaux et surtout aux restrictions budgétaires.

Guadeloupe:Société SOFHYPER : Martin et Jean Huygues-Despointes portent plainte contre la CGTG. Tous devant le Tribunal de Pointe-à-Pitre le 3 octobre

Deux  délégués de la section CGTG-Carrefour Milénis ainsi que la Confédération ont reçu une assignation de Martin et Jean Huygues-Despointes. L’affaire doit passer au tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre le 3 octobre prochain  Ces deux capitalistes ont porté plainte pour diffamation à propos d’un tract de la CGTG qui dit entre autres : «qu’ils ont bâti toute leur fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salarial». Ils reprochent à la CGTG d’avoir distribué ce tract au sein du centre commercial Milénis le 14 juin dernier. Les vraies raisons de cette plainte sont à rechercher dans ce qui se passe au sein de l’hypermarché Carrefour Milénis. La direction de l’enseigne entendait mettre en application un plan de licenciement déguisé : supprimer de 15 à 20 emplois en faisant par exemple pression sur les anciens pour qu’ils acceptent des départs volontaires, sans respecter les procédures légales prévues en cas de plan social. En fait la direction voulait négocier individuellement avec les salariés et payer le minimum d’indemnités de départ et de plus elle ne donnait aucune justification économique pour mettre en œuvre ce plan. Elle n’a donc pas apprécié que la CGTG ait dénoncé publiquement ce plan en informant les salariés de ses réelles intentions.  Pour la direction de l’hypermarché, La CGTG est donc le syndicat à abattre car il a été le seul à dénoncer publiquement ce projet. D’ailleurs une première attaque a eu lieu contre la déléguée syndicale CGTG qui a été sanctionnée d’une mise à pied de deux jours, les 29 et 30 juillet derniers, au motif qu’elle aurait soit disant «agressé verbalement» une secrétaire de direction qui lui donnait un tract d’un autre syndicat. Bien sûr cette mise à pied a été contestée devant les Prud’hommes qui examineront  l’affaire prochainement.
 De plus, le groupe SOFHYPER veut faire croire qu’il a des difficultés financières, et la CGTG a dû se battre pour que la direction accepte que les comptes soient contrôlés par un Expert comptable comme la loi l’autorise. Et l’Expert a ainsi découvert que la SOFROI qui fait partie du même groupe réalisait des bénéfices et que les salariés devaient bénéficier de la prime de participation. Dans la mesure où la société est organisée en UES (Unité Economique et Sociale), la direction devra donc verser la prime de participation à l’ensemble du personnel alors qu’elle n’avait pas prévu de le faire.
 En réalité Martin et Jean Despointes n’ont pas apprécié que la CGTG dénonce leur plan caché de licenciement ainsi que leurs jeux d’écriture pour ne pas payer des primes à des salariés qui y ont droit. Ces deux exploiteurs réclament 50 000€ de dommages et intérêts.
La CGTG mettra tout en œuvre pour dénoncer les agissements des Despointes et défendre les deux délégués qui sont personnellement mis en cause. Elle ne se laissera pas faire et le 3 octobre il faudra que l’ensemble de la CGTG se mobilise pour soutenir les deux délégués et la Confédération. 
D’ores et déjà Combat Ouvrier qui apporte son total soutien à la CGTG, demande à tous ses militants et sympathisants de venir massivement devant le Tribunal de Pointe-à-Pitre  le 3 octobre.  

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