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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1097 du 21 septembre 2013/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN (Plantations en Lutte)

COUP  DE  COLÈRE  DES  CAMARADES  CHEZ  J-L  BUTEL.
Du 24 au 29 août dernier, les 7 camarades qui transportent les régimes de banane chez J-L Butel ont laissé exploser leur colère : ils ont arrêté le travail pour exiger que le nombre de régimes à transporter soit de 130 au lieu de 150 actuellement. Et cela sans l’intervention d’aucun syndicat.   
Mais seuls et sans soutien d’un syndicat, les camarades n’ont pas tenu plus longtemps. J-L Butel a réussi à les diviser.
Ces jeunes camarades ont eut raison de faire grève. C’est un premier avertissement. Il leur faudra prendre des dispositions pour que la prochaine fois soit la bonne.    
 
L’ESCROC  COMMENCE  À  PAYER  SES  FORFAITS
T. Demba a l’habitude d’escroquer des camarades et surtout ceux venant d’Haïti.
Ainsi il arrive que certains reçoivent des salaires inférieurs à la somme portée sur la fiche de paye. D’autres travaillent plusieurs mois sans être déclarés à la Sécurité sociale, font des heures supplémentaires non payées ou sont licenciés au moindre prétexte sans aucun respect de la procédure légale.
Mais grâce au syndicat CGTG-Banane et des élus CGTG aux Prud’hommes, T. Demba commence à payer ses forfaits. C’est ainsi qu’il doit verser plus de 17 000€ à un camarade qu’il avait escroqué puis licencié abusivement. D’autres affaires sont en cours devant les Prud’hommes.

Guadeloupe : Les Détenus : une main d’œuvre à bon marché

Le marché de l’aide à la réinsertion professionnelle est devenu de plus en plus porteur. Les entreprises d’insertion peuvent aujourd’hui plus que jamais, utiliser une main d’œuvre bon marché, moyennant le versement d’aides de l’État, sous prétexte d’aider des chômeurs à retrouver un emploi plus ou moins pérenne. C’est ainsi que les chantiers d’insertion, les groupements d’employeurs ou missions d’intérim par l’activité se procurent des détenus à moindre coût.  
Des contrats uniques d’insertion sont signés par des détenus pour leur permettre d’obtenir des aménagements de leur peine. La plupart du temps, en Guadeloupe, ce sont des jeunes qui sont concernés par ces contrats de travail précaires. Mais, estimant qu’ils ne peuvent exiger plus, ils sont trop contents de pouvoir sortir de prison avec un emploi.   
Le plus souvent, en Guadeloupe, ce sont les emplois de jardinier d’espaces verts ou d’ouvrier agricole qui sont les postes offerts à ces détenus, et pour cause : ils ne nécessitent pas une grande qualification, il suffit d’avoir la capacité physique pour faire l’affaire. Pour les employeurs qui, selon les vœux pieux de la société bien pensante, travaillent à la réinsertion des détenus en fin de peine, c’est tout bénéfice : une main d’œuvre docile, qui ne renâcle pas au travail, et sur laquelle pèse une menace de retour à la case prison au moindre faux pas.  
Et en plus de cette main d’œuvre docile, corvéable à merci, les associations et entreprises d’insertion sont auréolées de leur œuvre de bienfaisance pour la société. C’est ainsi que plusieurs d’entre elles se font de la publicité en invitant de grands champions sportifs pour servir d’exemple aux détenus ou jeunes en marge de la société. Mais bien souvent aussi, les règles les plus élémentaires du Code du travail sont bafouées vis-à-vis de ces jeunes en réinsertion professionnelle : ils sont payés au lance pierre, quand ils le sont, les conditions de travail qui leur sont réservées sont inhumaines… Sous prétexte qu’on les aide, ils doivent accepter d’être traités comme des salariés de seconde, troisième ou quatrième zone. L’exemple vient d’en haut : l’administration pénitentiaire qui emploie les détenus, leur délivre des fiches de paie qui comptent pour du beurre et un contrat de travail qui n’ouvre droit à aucune reconnaissance et à un salaire de misère !!!
 Les petits contrats, l’exploitation et la galère des retours en prison sont les faces d’une réalité sociale unique qu’il est possible de combattre collectivement. C’est ce qu’ont compris des jeunes ouvriers agricoles embauchés sur des plantations de banane à Capesterre-B-E. Un exemple à suivre et à amplifier.

Guadeloupe : Nouveaux rythmes scolaires, les municipalités n’ont pas les moyens nécessaires à leur mise en place

La rentrée a été marquée par la mise en place des nouveaux rythmes scolaires dans les écoles primaires de quatre communes de Guadeloupe dont Pointe-à-Pitre, Goyave, et Vieux Habitants. Les autres municipalités ont préféré attendre, estimant trop court le temps qu’il leur restait pour mettre en place les mesures nécessaires à la mise en application de ces nouveaux rythmes scolaires. Mais surtout elles posent la question des moyens, financiers essentiellement, nécessaires à cette mise en place.
 À Pointe-à-Pitre par exemple, la municipalité propose des activités après 15h30 pour plusieurs centaines d’enfants, sur les quelques milliers qui y sont scolarisés. La majorité des écoliers rentrent simplement chez eux plus tôt. Pourquoi cette «discrimination» ? La municipalité n’a-t-elle pas les moyens nécessaires pour étendre ces activités à tous les élèves ?  De plus, pour ceux qui ont accès aux activités après la classe, les parents ont dû payer : 10€ pour les résidents de la commune, 20€ pour les autres. Cette contribution financière est modeste, mais ne remet-elle pas en cause la gratuité de l’école ?  Cela augure mal de l’avenir.
 Et cela d’autant plus que les subventions déjà très insuffisantes, attribuées aux communes pour la mise en place de cette réforme des nouveaux rythmes scolaires, risquent de se réduire comme peau de chagrin d’ici peu.

L’ECHO DE JARRY

BTP : le chômage est un chantage perpétuel...
Depuis plusieurs mois, des ouvriers européens travaillent sur des chantiers de construction en Guadeloupe. Leur salaire et leurs conditions de vie ne sont pas roses (ils sont parfois entassés à trois ou quatre dans un petit appartement) mais s'ils acceptent c'est parce qu'ils préfèrent avoir un bas salaire ici plutôt que d'être au chômage dans leur pays.
 
... qui remplit les poches des patrons.
Ce sont les patrons qui en profitent. Ce sont eux que l'exploitation enrichit ; eux qui gèlent ou diminuent les salaires sous prétexte de crise, eux qui utilisent des intérimaires ou de la main d'œuvre sous payée pour faire des économies sur les salaires, avec le chômage comme bon moyen de pression. Alors s'il faut se battre contre quelqu'un c'est bien contre les patrons et les chefs. S'attaquer à d’autres ouvriers, c'est diviser les travailleurs et assurer la paix aux exploiteurs.
 
Lurel acclamé par les patrons
À l’université d'été du Medef, qui se tenait en région parisienne, le ministre Victorin Lurel a été ovationné par les patrons. Vu comme le gouvernement les arrose, on comprend bien pourquoi !
 

Guadeloupe : L’ÉCHO DE L’AÉROPORT

 
QUAND MÉTÉOFRANCE SE PERMET DE TOMBER EN PANNE…
Pas de mesures de température ni de pression à transmettre aux avions. De grands risques donc pour l’atterrissage sans la possibilité de connaître son altitude de façon précise. Cela n’a pas eu l’air de gêner les grands chefs de météo France qui ont simplement déclaré qu’ils avaient droit à deux jours de panne !
 
…DES PANNES QUI RISQUENT DE SE REPRODUIRE SOUVENT
Depuis début juillet, beaucoup de fonctions sont entièrement automatisées, et la prévision est reprise par le centre de Martinique sur de grandes plages horaires.
Cette volonté de réduire le centre météorologique du Raizet à sa plus simple expression conduira à dépendre de plus en plus sur du matériel de moins en moins contrôlé. En période cyclonique, priver les pilotes et la population d’une observation locale est inadmissible. C’est pourtant à quoi va aboutir le plan de la direction, avec l’aval des « autorités ».
 

Martinique : Le pot de terre Mongin contre le pot de fer De Fossarieu

Depuis plusieurs jours, l’affaire dite du «Roi Mongin» fait la une de l’actualité en Martinique. En effet, Albert Mongin a entamé une grève de la faim sur l’ilet Oscar, pour dénoncer les traitements discriminatoires dont il dit être victime. A. Mongin, dit le «Roi Mongin» est un habitant de la commune du François en Martinique, ancien employé de la DDE qui s’est reconverti en excursionniste. Depuis des années, il est connu pour l’organisation de sorties et de visites sur les ilets du François (la baignoire de Joséphine). Mongin a réalisé des travaux sur l’ilet Oscar, sans autorisation selon l’administration (ONF), pour y accueillir ses clients. Ce qui lui a valu des PV et des amendes.
Selon ses dires, c’est depuis qu’un béké, Lucy de Fossarieu, fondé de pouvoir de Bernard Hayot, s’est installé sur cet ilet que ses ennuis avec l’administration ont commencé. 
Depuis sa grève de la faim, diverses personnes (Mence, ex OJAM ; Amar, ex PCM) ou organisations (ASSAUPAMAR) ont pris position pour défendre Mongin. Cette mobilisation a semblé porté des fruits puisque le représentant de l’ONF a expliqué de manière embarrassée et en cherchant ses mots qu’il n’y avait pas discrimination et que l’administration allait proposer une solution à A. Mongin qui de l’avis de l’avocate et de la fille de Mongin constitue une avancée notable.
 Ceux qui connaissent ce petit commerçant qu’est le «Roi Mongin» ont pris fait et cause pour lui, car ils ont vu que dans cette affaire, c’est la lutte du pot de terre A. Mongin, contre le pot de fer, le possédant béké De Fossarieu. Et en Martinique, ce genre de situation a une résonnance de déjà vu détestable.
 Il n’empêche qu’au moment où nous écrivons A.Mongin continue sa grève de la faim, estimant que les propositions qui lui sont faites par l’ONF ne sont pas précises.
 

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