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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1097 du 21 septembre 2013/Première page

Première page

Editorial:La violence aveugle reculera quand les exploiteurs trembleront

Après le meurtre à Basse-Gondeau d'Allan Bourgeois, tué par balle et retrouvé mort le 4 septembre, et le saccage, le 7, de l'appartement de la mère du présumé meurtrier à Acajou, on a déploré en Martinique le meurtre par balle du jeune Ismaël Faustin le 9 septembre à Sainte-Marie.
Deux meurtres sordides en quelques jours, sans motif ou pour des broutilles, le problème de la violence parmi la jeunesse est une fois de plus au premier plan, en Martinique. Depuis, un nouvel homicide a eu lieu dans la mangrove  du Lamentin. Soit douze homicides depuis le début de l’année. Il en est de même en Guadeloupe, sinon pire car ce n’est pas moins de 37 personnes qui ont perdu la vie depuis le début de l’année. Les derniers meurtres ou tentatives de meurtres ayant eu lieu en début de semaine : un blessé au Gosier par arme blanche, 3 jeunes dans la région de Basse-Terre dont deux par arme à feu et 1 par des coups de couteau devant le lycée Gerville Réache à Basse-Terre.
La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, sont au premier rang des statistiques françaises de la violence. Et au premier rang du chômage et de la misère. Nulle fatalité là-dedans ! Pour faire l'apprentissage du respect de la vie, il faut ressentir sa propre vie comme respectable, c'est-à-dire riche de sentiments, ouverte aux autres et au monde. Le contraire de ce que vivent la majorité des jeunes. Plus de 60% de la jeunesse au chômage, ce n'est pas qu'un chiffre. C'est une réalité sordide de manque de perspectives, d'impossibilité de se projeter positivement dans l'avenir. C'est souvent la bande comme seul horizon et comme seul moyen d'exister un peu, et les armes – coutelas ou arme à feu – comme moyen de chercher à se sentir fort quant au contraire on se sent piétiné par la société.
Oui la société piétine la jeunesse, oui ce sont les possédants, ceux qui défendent leurs profits et richesses accumulées en vivant du travail des autres, qui sont responsables de cette violence aveugle qui monte comme une gangrène.
Préfet et procureur sont venus pérorer sur les ondes pour essayer de rassurer et faire semblant de chercher et proposer des solutions à cette violence. Comme par exemple l’opération «remettez les armes» et des mobilisations plutôt «médiatiques» des forces de police et de gendarmerie en Guadeloupe. Mais, en tant que défenseurs professionnels de cette société d'injustice, ils sont eux-mêmes, bien sûr, parmi les premiers responsables.
On a aussi entendu des élus. H. Chalus en Guadeloupe s’est plaint du fait qu’en France, lorsqu’ il y a un tué dans la région de Marseille, les ministres dont celui de l’intérieur se rendent sur place pour soutenir la population, alors que pour la Guadeloupe, il n’y a même pas «un petit mot». Azérot, député de Martinique, a commencé par se désoler et dire en substance que la montée de la violence était «fatale». Puis, s’associant aux députés du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), il a interpellé le ministre de l’intérieur et réclamé la création d’une commission d’enquête sur le trafic d’armes à feu aux Antilles…
Mais ces élus sont responsables eux aussi. De droite, ils seraient dans leur rôle de défendre la société actuelle, pour le compte des plus riches. Mais ils se réclament le plus souvent de la gauche et de quelques traditions socialisantes voire anticolonialistes. Cela ne les empêche nullement de vaquer à leurs occupations, souvent de réceptions en cocktails dans les salons des riches et des affairistes, ne faisant rien en tout cas pour menacer la quiétude des profiteurs.
Alors, ce ne sont que les travailleurs, les petites gens, qui peuvent ouvrir une porte pour sortir de la spirale de la violence aveugle. En faisant revivre parmi eux les traditions de lutte abandonnées depuis longtemps par une gauche passive passée dans le camp du patronat, ils peuvent montrer une autre voie à une partie de la jeunesse, neutraliser les autres, et surtout aller vers une société débarrassée de ces maux et de toutes ces injustices.
Utopie que tout cela ? Bien moins en tout cas que de prétendre balayer la violence par des prières, ou des marches silencieuses «Plus jamais ça»... en attendant la prochaine fois.

Guadeloupe : le 3 octobre soyons nombreux devant le tribunal de Pointe-à- Pitre pour soutenir la CGTG !

Jean et Martin Huygues-Despointes, deux associés de la société SOFHYPER  ont assigné le syndicat CGTG, et deux de ses membres, la déléguée syndicale et un délégué du personnel de Carrefour (Milénis), devant le tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre au motif qu’ils ont été diffamés lors de la diffusion d’un tract au sein du centre commercial Milenis.
 Jean et Martin Huygues- Despointes n’acceptent pas que la CGTG ait porté au grand jour leur projet scélérat de procéder à des suppressions de postes alors qu’il n’y avait aucune justification économique. Ils ont tout fait pour ne pas remettre à l’Expert comptable désigné par le Comité d’Entreprise les documents réclamés pour  étudier les comptes. Et le Comité d’Entreprise devant le blocage des responsables du groupe a dû assigner la direction pour entraves caractérisées à leur mission afin qu’elle remette les documents pour le contrôle des comptes des années 2010,2011 et 2012 (bilan, compte de résultat, annexes)
 Le Tribunal a condamné les Despointes à remettre au Comité d’Entreprise les comptes consolidés du groupe SAFO et ce, sous astreinte de 1000 € par jour de retard pendant six mois, à payer la somme de 5 000 € à valoir sur la réparation du préjudice subi et à payer la somme de 3 000 € en application de l’article 700 du CPC. On comprend la réticence des Despointes qui ont été contraints à remettre les documents, car l’Expert comptable a pu se rendre compte qu’en réalité la SOFROI faisait des bénéfices et dans la mesure où cette entreprise fait partie du groupe, la prime de participation devra être versée à l’ensemble du personnel.
Bien entendu ce n’était pas dans les plans des Despointes qui veulent réduire au silence la CGTG qui est dans son rôle de défense des intérêts de l’ensemble des salariés. Ces «pwofitè» n’hésitent pas à réclamer la somme de 50 000 € chacun ce qui fait au total 100 000 € pour les deux associés : ils veulent éliminer la CGTG et la réduire au silence. Mais ils se trompent car bien au contraire, cette attaque n’a fait que renforcer la détermination des militants de la CGTG. La déléguée syndicale qui est victime d’un véritable acharnement a été mise à pied durant deux jours fin juillet pour avoir soi disant «agressé» une secrétaire. Une affaire montée de toute pièce que la CGTG va s’employer à démonter point par point au tribunal des Prudhommes le 23 septembre prochain.
Combat Ouvrier invite  ses militants et sympathisants  et tous les travailleurs conscients de la nécessité de se battre contre l’exploitation de tous les pwofitè  à venir nombreux soutenir la CGTG le 3 octobre  à 14H, devant le tribunal de Grande Instance de Pointe-à-Pitre.
Il faut faire ravaler aux Despointes leur arrogance car ces descendants d’esclavagistes se croient tout permis. Les travailleurs ne doivent pas tolérer cette inadmissible attaque du patronat contre des représentants syndicaux qui font leur travail en informant les salariés et en organisant leur lutte.   

Martinique : «Facteurs d'avenir», facteur de colère !

Les facteurs du Centre de distribution du courrier de Dillon ont entamé une grève le mardi 10 septembre. En cause, le projet «Facteurs d'avenir» de la Poste.
Cette opération est déclinée depuis des années, bureau par bureau – diviser pour régner – par la direction de la Poste, à l'échelle de la France entière. Chaque fois l'objectif est simple à résumer : faire distribuer plus de courrier par moins de facteurs. Cela a entraîné de nombreuses grèves locales en France, où la direction a généralement dû en rabattre sur ses prétentions initiales. Cela avait d'ailleurs été le cas à Dillon lors d'une première grève début mars 2012. Depuis, la direction est donc revenue à la charge.
La distribution est organisée par «tournées», chaque tournée étant généralement assurée par un facteur. Les grévistes dénoncent la suppression de 13 tournées. Cette suppression ne supprimant pas le courrier à distribuer, celui-ci est réparti au jour le jour sur l'ensemble des facteurs dans le cadre d'une nouvelle organisation par «équipe» où ils doivent assurer ce travail supplémentaire en plus de leur tournée normale.
Cette nouvelle organisation ayant l'avantage, pour la direction, de rendre bien élastique la notion de tournée «normale» d'un facteur. Les tournées se trouvent rallongées et pratiquement infaisables dans le cadre des horaires normaux, de 6h45 à 13 heures. Et cela va de pair avec la volonté de la direction de réduire le personnel.
Il faut en effet savoir que «La Poste» emploie maintenant, à côté de fonctionnaires titulaires, des employés avec des contrats de travail de droit privé, souvent CDD, dont elle veut pouvoir se servir comme variable d'ajustement pour des réductions de personnel.
Les grévistes de Dillon dénoncent d'ailleurs plusieurs licenciements récents et le fait qu'on leur impose maintenant la distribution des PNA (Publicité non adressée), des prospectus et dépliants publicitaires, qui était auparavant assurée par un service de 18 à 20 personnes.
En grève à 80%, sur une petite centaine, les grévistes, avec le syndicat CGTM-PTT, ont bien raison de défendre leurs conditions de travail face à la volonté de La Poste de faire toujours plus d'économies.
 
DH :
Après  plus d'une semaine de grève, la mobilisation des facteurs a payé. Ils viennent d'obtenir satisfaction en obligeant leur direction à prendre en compte "la souffrance au travail"  et en créant plusieurs nouveaux postes. Le 17 septembre, une assemblée générale s'est prononcée pour l'arrêt de la grève.
 
 

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