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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1098 du 5 octobre 2013/Troisième page

Troisième page

En bref…

Trafikéra : déjà 9 millions dépensés inutilement
Depuis la rentrée, c’était prévisible, les routes sont saturées. Les panneaux lumineux installés sur les grands axes n’ont pas changé les choses, et ça aussi c’était prévisible. La région et le département prévoient de dépenser encore 7 millions d’euros pour leur nouveau gadget. Au total, 16 millions gaspillés… mais cet argent n’est sûrement pas perdu pour tout le monde !
 
Impôts : ce sont toujours les pauvres qui payent
Le gouvernement Hollande a confirmé le gel du barème de l’impôt sur le revenu. La conséquence est que 1,2 à 1,6 millions de familles, qui ne payaient pas d’impôts, seront obligées de payer cette année. Parmi eux des retraités, des travailleurs précaires, des familles nombreuses. Quand le gouvernement cherche de l’argent, il ne touche pas les grosses fortunes, ce sont les bas salaires qui sont taxés.

Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN

T. DAMBA : UN  PLANTEUR  AYANT  DES  PRATIQUES  D’ESCLAVAGISTES …
 En effet il est l’un des premiers à avoir imposé le travail les dimanches et jours fériés sur les plantations. Pour quelles raisons ? Il ne paye pas, comme tous les autres planteurs, les heures supplémentaires imposées. Il a beaucoup recours aux travailleurs en CDD, ou en insertion. Il ne veut pas voir de syndicat, et particulièrement la CGTG, sur «ses» plantations. Et avec cela, il licencie pour un rien ou un non, et même des géreurs ou des surveillants qui pourtant l’ont servi avec zèle.  
…TRÈS  SOUVENT  CONDAMNÉ  PAR  LE  TRIBUNAL  DES  PRUD’HOMMES 
Malheureusement pour T. Damba, la Guadeloupe est encore dans certains domaines un pays de droit. Et surtout il y a le syndicat CGTG-Banane qui se charge de défendre tous les travailleurs de la banane contre les exactions des patrons du type de Damba.
Résultat, ce petit «potentat» qui se croit de choc a un grand nombre de plaintes déposées contre lui devant les Prud’hommes qui l’ont déjà condamné à plusieurs reprises pour ses exactions. 
 
…  ET OBLIGÉ  D’ORGANISER  DES  ÉLECTIONS  DE  REPRÉSENTANTS  DU  PERSONNEL         
En effet  malgré toutes ses manœuvres et autres gesticulations T. Damba est obligé d’organiser des élections de représentants du personnel sur les plantations qu’il dirige :
-          SARL-SCA (Damba-Shangy), le vote aura lieu le 14 octobre de 8h à 10h,
-          SARL-Blondinière (Damba), vote le 15 octobre de 8h à 10h,
-          EAL-Galaxie I, vote le 16 octobre de 8h à 12h,
-          Plantation T. Damba, le 17 octobre de8h à 12h.  
Les camarades de ces plantations connaissent un seul syndicat qui milite dans la banane, le syndicat qui ne magouille pas avec les patrons : la CGTG-Banane. 
Ils ne doivent pas se laisser tromper par les promesses et les belles paroles de T. Damba et des autres syndicats. Ils doivent voter et faire voter pour les candidats présentés par la CGTG-Banane.

Guadeloupe : des parents mobilisés contre les fermetures de classes

A Moule, Capesterre-Belle-Eau, Les Abymes, Basse-Terre, Vieux-Habitants… de nombreuses mobilisations de parents ont eu lieu devant les écoles fin septembre.
 Trois semaines après la rentrée, le rectorat a en effet décidé de fermer certaines classes. Sous prétexte de «réajustement», 17 classes ont été fermées, contre seulement 11 ouvertures. Les parents ont donc manifesté devant les écoles, parfois durant plusieurs jours.
 Ils sont mécontents de voir que leurs enfants font les frais de la logique comptable du rectorat, pour qui les écoliers ne sont que des chiffres à gérer. D’autant plus que, comme d’habitude, les ajustements se font à la baisse et non à la hausse.   
La Guadeloupe est l’une des rares académies à avoir connu de nouvelles suppressions de postes à cette rentrée. Voici la véritable raison de ces fermetures de classes.
 Les parents d’élèves ont raison de se mobiliser pour défendre le droit de leurs enfants à étudier dans de bonnes conditions. Alors que la Guadeloupe est l’une des dernières académies pour les résultats, il faudrait augmenter les moyens dont elle dispose, au lieu de les diminuer !
Les parents mobilisés ont obtenu quelques améliorations, comme à Capesterre-Belle-Eau, mais ils n’ont pas réussi à empêcher les fermetures. Il leur a manqué une forme de coordination : les mobilisations sont restées localisées devant les écoles concernées. Seul un mouvement d’ensemble permettra de rattraper le retard de la Guadeloupe en matière d’éducation.

Guadeloupe : ECHO DE PÔLE EMPLOI

PÔLE EMPLOI GUADELOUPE : LES INÉGALITÉS ONT LA VIE DURE
A la lecture du bilan social de 2012 de Pôle emploi, bien des collègues ont été révoltées. Les 119 hommes touchent plus de 49 000 € alors que les 399 femmes perçoivent elles 39 000 € ! C’est plus de 22% de plus pour les hommes, proprement scandaleux.
 
 
LES FEMMES, FAIRE VALOIR DE CES MESSIEURS !
C’est clair : les femmes occupent le bas de l’échelle dans leur très grande majorité, et dès qu’on monte dans la hiérarchie, les hommes se retrouvent entre eux ! Les dix plus hauts salaires se montent à plus de 994 000 €. Le bilan social ne précise pas quel est le sexe de ces dix plus hauts salaires. Mè ou ja tou konpran’ !
 

Guadeloupe : SEMSAMAR : Quand les patrons pleurent la bouche pleine

La SEMSAMAR, société d’économie mixte basée à Saint-Martin et en Guadeloupe réclame le paiement de leurs dettes aux Collectivités territoriales. La société refuse de continuer à préfinancer les chantiers immobiliers de ses donneurs d’ordre au prétexte que ceux-ci ont cumulé une dette trop importante.  
Cette décision intervient alors que les patrons du bâtiment se plaignent eux aussi des dettes des Collectivités territoriales à leur égard. Ils ont d’ailleurs lancé un appel à la mobilisation pour faire pression sur les responsables politiques, obtenir de nouvelles subventions et des moratoires sur leurs dettes à la Caisse Générale de Sécurité Sociale.  Dans ce secteur, les capitalistes y vont tous de leur pression pour défendre leurs intérêts particuliers en ces temps d’élections municipales. C’est ce que tente aussi de faire la SEMSAMAR. Ils ont choisi la période car ils savent bien qu’ils ont l’oreille de ces politiciens, de gauche comme de droite. D’ailleurs, la SEMSAMAR a bénéficié des largesses de la droite du temps de L. Michaux-Chevry, pour engranger les profits pendant des dizaines d’années sur le marché du logement social.   
Cependant, les salariés, tant à Saint-Martin qu’en Guadeloupe, n’ont aucun intérêt à rester passifs face à la déclaration de la SEMSAMAR. L’annonce de mettre fin à ses préfinancements par leur employeur a, bien au contraire, de quoi susciter l’inquiétude et provoquer la réaction des salariés. Dans un communiqué, la CGTG qui syndique une partie du personnel, le met en garde. Pour les salariés, cette décision brutale de la SEMSAMAR pourrait se traduire par des licenciements ou par la remise en cause d’avantages acquis, comme pour nombre de travailleurs d’autres secteurs.
Pour la CGTG, ce retrait de la SEMSAMAR peut signifier que celle-ci est incapable de continuer à avancer le paiement des chantiers car elle est en difficulté financière. Ou bien alors cette société bien que florissante pour les patrons essaie de se débarrasser à moindre frais d’une partie du personnel ! Le syndicat dénonce encore une fois le salaire indécent de la directrice et rappelle que la MILOS, Mission Interministérielle sur le Logement Social, avait sommé celle-ci de le ramener à une somme moins importante de 400 000€. Pour obtenir des informations plus claires sur la situation réelle de l’entreprise, l’organisation syndicale incite les élus du comité d’entreprise à réclamer une expertise des comptes de l’entreprise.
 Le syndicat CGTG appelle les salariés des collectivités territoriales à être tout aussi vigilants ainsi que les locataires qui pourraient eux aussi faire les frais de cette décision de la SEMSAMAR
Face à l’opacité de la gestion des fonds publics destinés au logement social et aux pleurnicheries des patrons qui savent toujours se faire entendre des politiciens et n’hésiteront pas à licencier pour continuer à faire leurs profits, les salariés n’ont qu’un seul intérêt : défendre collectivement leurs salaires et leurs emplois !
 

Dans le transport urbain de la CACEM : une cascade de «pwofitè».

La CACEM (Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique) a le statut d’Autorité Organisatrice des Transports  Urbains (AOTU). Le territoire communautaire est composé des quatre villes : Fort-de-France, Le Lamentin, Schœlcher et Saint-Joseph.
Pour organiser le transport urbain, la CACEM a opté pour une délégation de service public (DSP) et a signé un contrat de délégation de service public avec un Groupement Momentané d’Entreprises (GME) dénommé «Ensemble pour MOZAÏK» composé de : la CFTU (Compagnie Foyalaise des Transports Urbains présidée par Alex Cypria, qui est conseiller municipal PPM à Fort-de-France et membre du Bureau communautaire de la CACEM), la SAT, la SMTV, la SOTRAVOM, la société SAÏTHSOOTHANE et TRANSDEV. La CFTU est délégataire et ses partenaires au sein du GME sont appelées «entreprises cotraitantes».
Le contrat de DSP permet également de recourir à de la sous-traitance à hauteur de 30%. La CFTU a donc lancé un appel d’offres et six sociétés «sous-traitantes» ont été retenues : BONIFACE, CETRAM, CTRC, EUPHRASIE, SERTRANS, TRANSCAPITAL.
La CACEM n’est en relation qu’avec la CFTU, la société délégataire, à qui elle verse environ 35 millions d’euros par an pour assurer le service de transport. Et c’est cet argent qui doit permettre de payer tout le monde : entreprises cotraitantes, sous-traitantes, actionnaires, associés,  chauffeurs, etc.
Pas besoin d’être grands grecs pour comprendre que le gâteau est plutôt petit pour autant de convives. Dans les entreprises sous-traitantes et cotraitantes, les multiples parasites se servent et ne laissent que des miettes aux salariés chauffeurs qui font le même travail que leurs collègues de la CFTU.

Martinique : La sous-traitance, un piège pour les travailleurs.

Les complications du fonctionnement des transports urbains à Fort-de-France par la CFTU (Compagnie Foyalaise de Transports Urbains)  utilisant des entreprises cotraitantes et sous-traitantes mettent en lumière un système d’exploitation qui n’existe pas seulement dans ce secteur.
Dans le secteur du Bâtiment ou de la Métallurgie, par exemple, c’est une pratique courante. Une grande partie de ces entreprises utilise la sous-traitance, mais aussi le travail clandestin. Ce sont souvent soit des travailleurs Haïtiens soit des travailleurs Sainte Luciens qui sont embauchés «au noir», c'est-à-dire sans être déclarés.
Etant donné que les donneurs d’ordre du BTP (Bâtiment et Travaux publics) ou de la Métallurgie travaillent eux-mêmes en sous-table avec les sous-traitants, il est très difficile de savoir combien d’entre elles sous-traitent.
Par contre, souvent les patrons du Bâtiment ou de la Métallurgie font du chantage à certains salariés. Ils leur proposent de sous-traiter avec eux… pour éviter un licenciement économique. Et si le salarié accepte, il se retrouve à la merci de son patron magouilleur. Du coup ce sont ces exploiteurs qui leur proposent des prestations selon leur appétit. Résultat, sans se fatiguer ils font de juteux profits tout en négociant des prix au rabais à leurs sous-traitants. Ils profitent et perpétuent ainsi un système d’exploitation inique.

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