Site

Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1099 du 19 octobre 2013/Troisième page

Troisième page

Martinique: CHANTIERS EN LUTTE

À Biométal des licenciements dans l’air
La direction a fait savoir dernièrement au personnel que l’entreprise rencontre des difficultés financières.
Après avoir fait des profits durant des dizaines d’années sur le dos des salariés elle envisagerait de diminuer les effectifs, c'est-à-dire d’entreprendre des éventuels licenciements économiques, ou encore d’inciter certains salariés à partir en préretraite.
 
il ne faut pas accepter cela
Dès à présent, les salariés de Biométal ont intérêt à se préparer à refuser de telles mesures arbitraires. Que ce patron se débrouille pour trouver de l’argent.  Nous travailleurs nous ne sommes pas prêts à payer la crise de son propre système.
 
dans le BTP le business n’a pas de limite
Après avoir bien cogité tranquillement dans son coin, le gérant de l’entreprise Holding GLM au Robert, ex-Levillain a dernièrement présenté aux salariés une nouvelle structure organisationnelle de l’entreprise.
Il s’agit de saucissonner l’entreprise en 6 filiales, dont chacune aura une direction. Tout cela chapeauté bien sûr par ce même gérant.
 
les travailleurs ont interêt a s’en méfier
Ce gérant ne va pas avec le dos de la cuillère. Il a même dit que si l’une des filiales ne rapporte pas suffisamment de bénéfices, il faudra en prendre dans une autre filiale pour l’injecter dans celle qui est en déficit.
Très amusant son truc, à condition que ce ne soit pas les travailleurs qui trinquent.
 

Guadeloupe : (Plantations en Lutte)
PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN

PLANTATIONS  DORMOY : GRÈVE  CONTRE  LE  LICENCIEMENT  D’UN  CAMARADE
L. Dormoy cherchait à licencier un camarade, en contrat CDD depuis plusieurs années. Et quand le 2 octobre dernier, il a mis sa menace à exécution, les camarades tous ensemble, ont décidé d’arrêter le travail tant qu’il ne le réembaucherait pas.
Dormoy pensait que la perte de salaire pour soutenir le camarade allait faire reculer les autres. Mais devant leur détermination, il a réembauché le camarade dès le lendemain. Et ils ont repris le travail en même temps que lui.
 
LE  TRAVAIL  AU  NOIR : UNE  AUBAINE  POUR  CERTAINS  PATRONS…
Le syndicat CGTG-Banane vient de découvrir, encore un pourrait-on dire, qu’un camarade d’origine haïtienne travaille depuis plus de cinq ans pour un petit planteur, sans être déclaré à la Sécurité sociale. Et il n’est pas seul dans ce cas sur cette plantation.   
Et pour, croit-il, ne pas laisser de preuves et échapper aux contrôles et aux sanctions ce planteur paye les salariés en espèces…Ce qui est interdit, les salaires devant être payés ou par chèques ou par virements.
Et les planteurs qui ont recours au travail au noir sont de plus en plus nombreux. Les travailleurs immigrés étant des «proies» faciles  pour ces «pwofitè».    
  
QUI  CREUSE  LE  DÉFICIT  DE  LA  SÉCURITÉ  SOCIALE
Et après cela, on s’étonne de l’augmentation du déficit de la Sécurité sociale. Que font les services habilités à effectuer les contrôles ?
Mercredi 9 octobre, on a annoncé sur les ondes d’une radio locale que les contrôles effectués ont montré que le nombre de cas de travail au noir découverts en Martinique avait augmenté de 50% (d’un peu plus de 400 à plus de 600) et concernait surtout des travailleurs immigrés, avec ou sans papiers.   

Guadeloupe : Débrayage à Géant Casino (ex Cora)

Vendredi 4 octobre le magasin Géant est resté fermé toute la matinée du fait d’une mobilisation du personnel. Il s’agissait de protester contre le licenciement d’un collègue.
Les employés en ont assez des licenciements. Depuis le nouveau patron, les directeurs se succèdent et peuvent se vanter d’être plus agressifs vis-à-vis du personnel les uns que les autres. Deux de ces directeurs ont d’ailleurs fait parler d’eux dans la presse car  l’un après l’autre ils ont quitté Géant pour sévir à… Milénis où ils font tout pour licencier des travailleurs.
La direction de Géant tente de justifier ce dernier licenciement par des raisons disciplinaires. Mais cela ne fonctionne plus. Accepter des licenciements c’est accepter de travailler en sous-effectif, avec une charge de travail accrue, pour la même paie. C’est aussi laisser le champ libre au patron pour qu’il continue de licencier.
Le sentiment général est que le patron cherche à fermer Géant Casino. Même les clients ressentent une mauvaise ambiance dans le magasin.
En effet de nouveaux magasins Écomax, qui appartiennent au même propriétaire, ouvrent en Guadeloupe. Écomax cela veut dire des surfaces avec un minimum d’employés, mal payés de surcroit, avec des contrats précaires. La grande mode c’est l’emploi des sous-traitants ou d’intérimaires.
C’est contre cette politique d’exploitation à outrance que les travailleurs de Géant se sont levés.
Ils ont eu raison, même si la situation exige une lutte plus vaste, regroupant l’ensemble des salariés du même exploiteur, en Guadeloupe et aussi en Martinique.

Guadeloupe
Éditorial du bulletin des entreprises : Les patrons ont obtenu satisfaction par un coup de force
Travailleurs, faisons exploser notre colère pour nos propres intérêts !

Le mercredi 2 octobre, les patrons du bâtiment ont manifesté durant toute une journée. Ils ont organisé des barrages routiers en plusieurs points avec des gravats et autres détritus. Leurs gros camions et pelles mécaniques ont bloqué les carrefours stratégiques. Ils ont réussi à bloquer entièrement la zone de Jarry  et à créer des embouteillages monstres perturbant toute l'activité. En un mot, ils ont réussi leur coup de force. À savoir se faire entendre et obtenir satisfaction. Ils protestaient contre les retards de paiement des collectivités locales, mais en même temps ils en ont profité pour exiger toutes sortes d'allègements. Et ils ont réussi. L'après-midi même une table ronde réunissait  Conseil Général, Conseil Régional, la SEMSAMAR (société d'économie mixte de Saint Martin), la SEMAG, la préfète. Bref, tous les décideurs locaux.
Après seulement cinq heures de discussion, toutes les revendications les plus importantes des patrons du BTP ont été satisfaites et en particulier le gel des dettes fiscales et sociales.
Il suffit donc que les patrons  fassent un coup de force pour qu'ils obtiennent immédiatement satisfaction. La préfète a tout fait pour satisfaire ces patrons, sans rechigner. Imaginons ce qu'on aurait entendu si les travailleurs, ou les syndicats ouvriers, eux, avaient organisé de tels blocages ; ils auraient alors "pris en otage la population", la gendarmerie et la police auraient tabassé les manifestants, trouvant  "inacceptable" qu'on bloque ainsi la circulation. Et tous ceux qui se sont précipités pour donner satisfaction aux patrons auraient été bien plus lents à réagir et n'auraient pas cédé autant aux revendications des travailleurs.
 Oui, il y a bien deux poids et deux mesures selon que l'on soit patron ou ouvrier.
Les patrons de Guadeloupe ont une dette de plus de un milliard d'euros envers la Sécurité sociale ! Ce qui est particulièrement scandaleux, c’est que bien souvent la part salariale, qui est prélevée sur le salaire des travailleurs, n’est pas reversée à la CGSS ; c’est purement et simplement un vol autorisé. Et ce sont les travailleurs et la population que l'on tente de rendre coupables de mettre la Sécu en déficit. On serait trop souvent malade, on prendrait trop de congés de maladie, on prendrait trop de médicaments, etc.  
De plus, la presse a tenté  de faire croire à la population qu'il y avait une véritable union sacrée entre les patrons du bâtiment et les travailleurs. C'est faux ! Les ouvriers savent bien qu'eux n'ont pas les mêmes intérêts. Les  patrons qui manifestaient sont les mêmes qui les exploitent. Parmi eux, il y a de gros patrons, qui réalisent de gros profits sur notre sueur et notre travail. Gaddharkhan ne risque pas d'être au chômage, lui, ni d'être licencié, ni de vivre pauvre !  
Or ces jours-ci il y a une cascade de licenciements partout. Si des accords sont passés avec le patronat aussi facilement pourquoi n'en est-il pas de même pour les travailleurs de SOPrestiles, licenciés et sans salaires depuis 4 mois, de même pour ceux de la SODEV avec 3 mois sans salaires, pour ceux de SOCREMA menacés de licenciement, pour ceux de la Générale des Eaux où le directeur avait annoncé la suppression de 20% des effectifs ?
Si nous, travailleurs, nous voulons arrêter les licenciements, augmenter nos salaires, il nous faudra faire comme les patrons du BTP ; mais il faudra le faire dix fois plus fort, car nous on ne nous entend pas aussi rapidement. L'État et les Collectivités locales ne cèderont  que lorsqu'ils auront vraiment peur de la situation explosive que nous allons créer. Nous n'aurons rien de valable à moindre prix.


Guadeloupe: L’écho de Jarry

Générale des Eaux : pas d’avancement !
Cette année, la direction refuserait de donner la prime d’avancement aux salariés qui devaient la toucher. Toujou menm prétèks-la : « Il faut attendre le renouvellement du contrat Siaeag ». Normalement, chaque travailleur a droit à l’avancement tous les trois ans. Ceux qui n’avanceront pas cette année devront-ils attendre 3 ans de plus ?
 
Générale des Eaux : NAO qui appauvrit…
Le mois dernier, lors des NAO les travailleurs ont obtenu une augmentation de salaire de 1%. Sa minab ! D’après l’Insee, c’est la moitié de l’indice d’augmentation des prix en 2013 en Guadeloupe. Mercier ka fè konfiti épi lajan-la pou voyé-y ba  Véolia ?
 
Générale des Eaux : … Véolia qui s’enrichit ! 
En 2012, le groupe Véolia Environnement, dont la Générale des Eaux est une filiale, a fait 396 millions d’euros de bénéfice. Après avoir distribué des cadeaux aux actionnaires, le patron de Véolia a augmenté son salaire de 30%. Il a touché 1,6 million d’euros en 2012. É yo ka di pani lajan ?

Martinique : CHUM, directeur recherche autorité

Le vendredi 4 octobre 2013, une délégation de militants syndicaux de l’UGTM (Union Générale des Travailleurs de Martinique) et du SASM (Syndicat Autonome de la Santé Martinique) a tenté d'envahir la salle où se tenait le Comité Technique d’Établissement du CHUM (Centre Hospitalier Universitaire de Martinique). Ils protestaient ainsi, disaient-ils, contre la remise en cause des accords locaux sur les 35 heures. Au passage, ils ont  conspué les représentants syndicaux CDMT, CGTM et FO présents à ce CTE, les accusant, à tort, de valider cette remise en cause.
Devant l'agitation créée, le directeur a levé la réunion et a déclaré ensuite : «J'ai alerté les autorités de l'État».
De fait, deux responsables syndicaux, Serge Aribo de l’UGTM et Manuel Galap du SASM, ont été convoqués le vendredi 11 octobre au poste de police de Dillon, au motif de «délit d’entrave au déroulement du Comité Technique d’Établissement».
Un rassemblement pour les soutenir était appelé au même moment devant les locaux de la police.
En tout cas, le directeur du Centre Hospitalier bénéficie de l'appui des «autorités de l'État», en l'occurrence de la police, face à des syndicalistes qui contestent sa politique. Il se montre moins efficace, depuis des années, lorsqu’il s’agit de trouver des solutions aux problèmes des travailleurs de l'hôpital.
 

Guadeloupe : Saint François : grève victorieuse des agents communaux

 
Après une semaine de grève, les agents municipaux de la ville de Saint-François ont repris le travail la tête haute.
La très grande majorité des grévistes, dont c’était la première grève, étaient des animatrices, rattachées aux écoles de Saint-François. Elles travaillent à temps partiel avec des moyens insuffisants. Elles exigeaient l’augmentation du quota d’heures travaillées pour les animatrices. Elles refusaient de changer d’horaire de travail du jour au lendemain.
Elles dénonçaient l’autoritarisme, le mépris et l’arrogance du chef de service. Elles subissaient des déplacements d’une école à une autre, sans être averties à l’avance, des propos et des attitudes vexantes de la part des responsables, des insultes…. La colère et la rancœur provenaient aussi du fait que certaines animatrices, proches des responsables ou du maire sont favorisées aux dépens d’une partie des agents.
Une vingtaine d’agents ont entamé le mouvement jusqu’à la signature d’un accord avec les représentants du maire. Le piquet de grève a été installé devant la mairie et les grévistes l’ont maintenu, malgré les pressions de la gendarmerie qui est passée le premier jour de grève pour essayer d’intimider les grévistes.
Le maire qui est en campagne électorale a, dans un premier temps, refusé de négocier avec les grévistes. Le mouvement de grève se poursuivant, il a envoyé un de ses adjoints et un directeur entamer des discussions avec les agents. Les grévistes ont obtenu le maintien de leurs anciens horaires de travail. Le maire s’est engagé à négocier un plan d’augmentation de la durée du travail pour les animatrices.
Ce mouvement collectif a surtout permis aux animatrices qui y ont participé de démontrer qu’elles peuvent par leur détermination faire reculer un directeur et un responsable arrogants.

Bookmark and Share