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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1100 du 2 novembre 2013/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe. : tous dans la rue a Pointe a Pitre le 5 décembre !

Le  5 décembre prochain, plusieurs syndicats dont principalement l'UGTG et la CGTG  ont prévu une journée de mobilisation des travailleurs. Il entendent protester contre la vague de licenciements, contre le recul de l'âge de la retraite, et contre toutes  les mesures anti ouvrières du gouvernement.
C'est aussi ce jour là qu'aura lieu le procès intenté par Jean et Martin Huygues Despointes à la CGTG. Le 3 octobre dernier l'affaire avait été renvoyée à cette date.  Les Despointes dirigeants, entre autre, de Carrefour Milenis assignent la CGTG  en justice pour avoir écrit qu'ils tiraient leur fortune, entre autre, de la traite et de l'esclavage.  La CGTG et l'UGTG appellent donc aussi à se rassembler devant le tribunal de Pointe à pitre à partir de 14h., le 5 décembre pour protester contre ce nouveau procès colonial.
Il y aura probablement aussi un autre rassemblement dans la matinée. Au moment où nous écrivons les organisations syndicales sont en discussion  sur toutes les modalités de cette journée de mobilisation que nous publierons ultérieurement.
Une série de 8 meetings communs à ces syndicats sont prévus  : le 8/11/13 à Basse-Terre, le12/11/13 au  Moule, le15/11/13 : Capesterre B/Eau, le 19/11/13 : Petit-Canal, le 26/11/13 : Ste Rose, le 28/11/13 : Pointe-à-Pitre (c'est pendant le week end du colloque, le 03/12/13  aux Abymes
Combat Ouvrier appelle tous ses militants, et sympathisants à participer à ces meetings et à contribuer au succès de la journée de mobilisation du5 décembre.
 
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Saint Domingue. la criminalité d'état se poursuit contre les émigres haïtiens

La cour constitutionnelle dominicaine a décidé le 26 septembre 2013 que "les enfants nés dans le pays de parents étrangers", depuis 1929 ne pouvaient plus prétendre à la nationalité dominicaine. Cette mesure qui touche plus de 250 000 Dominicains d’origine Haïtienne ouvre la porte à des déportations manu militari. Le gouvernement a annoncé que l'armée dominicaine avait expulsé ces 13 derniers mois 47 000 Haïtiens entrés illégalement en République dominicaine. Selon le recensement national des immigrants de 2012, la République dominicaine comptait 458 000 immigrants haïtiens pour 10 millions d'habitants.
La cour avançait que les parents étaient en situation migratoire, ne disposaient pas de papiers de résidence et n’avaient pas le droit d’enregistrer leurs enfants comme Dominicains. En 1929, ces parents étaient des travailleurs qui se faisaient exploités sur les plantations de cannes, vivant dans les bateys ( campements où vivent les coupeurs de canne) à la merci des propriétaires terriens comme au temps de l’esclavage. C’est  leur exploitation qui  a créé la fortune des patrons des grandes usines à sucre.
C’est l’exploitation de leurs enfants dans les champs  de melon puis sur les chantiers de construction qui a favorisé la fortune des nouveaux riches au début du 21° siècle.
 
                            HISTOIRE D'UN MASSACRE
 
Ils ont  été enbutte à la bourgeoisie dominicaine et la bourgeoisie haïtienne complices. Ces bourgeoisies ont  utilisé  les travailleurs comme des objets jetables après utilisation, ne faisant aucun cas de leur vie.
C’est ainsi que le 2 octobre 1937 Trujillo, président dictateurs de Saint Domingue, donnait l’ordre de massacrer les Haïtiens  dans les villes du  Nord et sur la frontière dominicaine. Le ministre des affaires étrangères d’alors était Balaguer, futur président 30 ans plus tard. Le massacre, dirigé par les militaires,  commença la nuit même du 2 octobre  et  se continua  jusqu’au 4 octobre, faisant  plus de  20.000 morts.
De San Francisco de Macoris, Santiago, Mao, Monte Cristi, Dajabon, les Haïtiens, tentèrent  de fuir, vers la frontière. Ils tentèrent  de traverser   la rivière Massacre qui délimitait la frontière, mais les militaires dominicains les attendaient, les massacraient,  les obligeant à retourner vers les sous-bois pour y être découpés à la baïonnette et à la machette. Plusieurs centaines d’Haïtiens périrent noyés en essayant de passer la rivière à la nage.
Ceux qui réussirent à fuir, ont fait le récit du monstrueux carnage. Ils racontèrent  alors que le simple fait de ne pas pouvoir prononcer correctement les mots « perejil » ( persil) et « cotorro »( perruche) équivalait à une condamnation à mort. C’est comme cela que les soldats dominicains, lorsqu'ils avaient un doute, identifiaient un Haïtien car il pouvait difficilement articuler ces mots espagnols.
Trujillo pris le prétexte d’un conflit lié au tracé de la frontière. Les grands propriétaires  de Monte Cristi et de Dajabon proches de la frontière  trouvèrent l’occasion de se débarrasser des paysans haïtiens qui s’étaient établis sur la frontière et qui les gênaient. Ces paysans exploitaient, sur toute la ligne frontalière, de petites propriétés agricoles appelées canuco, d’où leur nom de canuqueros.
 Les grands Dons ( grands propriétaires) louchaient sur ces propriétés. Ils entretinrent, pour cela, un climat d’hostilité contre ces canuqueros qu’ils accusèrent de tous les maux, notamment de voler le bétail dominicain. Avant même le 2 octobre 1937 des représailles avaient été opérées  contre les Haïtiens occasionnant des  dizaines de morts dans la province de Banica au mois de septembre.
Le gouvernement haïtien, dirigé à ce moment  la par le président Sténio Vincent, trouva un terrain d’entente avec le gouvernement de Trujillo. Cette même entente fut ensuite reconduite sous la dictature de Duvalier père qui avait établi un contrat avec Trujillo pour permettre la perpétuation de l’exploitation de la main d’œuvre haïtienne dans les bateys.

La Tunisie : de ben Ali au gouvernement islamiste de raarayedh

En Tunisie, l’immolation de Bouazizi avait été été l’une des causes de la révolte contre le dictateur Ben Ali.. Mais le geste de ce jeune n’avait été que la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Le clan Ben Ali a été vaincu depuis le 14 janvier 2011. Toutefois la misère contre laquelle la population s’est soulevée, est toujours présente.
Les  politiciens tunisiens sont plus occupés à se disputer le pouvoir qu’à chercher des solutions afin de sortir la grande majorité de la population d'une misère inhumaine. Depuis janvier 2011 des jeunes, des travailleurs, tous ceux qui ont lutté contre Ben Ali, poursuivent leur combat contre  le gouvernement de Ali Raarayedh du parti islamiste Ennahda. Et l’assassinat  du dirigeant populaire de l’opposition de gauche, l’avocat Chokri Belaïd, connu pour son opposition active à la dictature de Ben Ali et aussi  au gouvernement en place dirigé par les islamistes a accru le mécontentement populaire.
En effet, les Tunisiens craignent que les crimes organisés par des groupes islamistes ne soient le signe avant-coureur d’une nouvelle dictature dirigée par un gouvernement islamiste. Mais ils sont aussi mécontents de la situation sociale du pays qui ne cesse de s’aggraver. Le chômage empire. Les 42% de la population de moins de 25 an,. diplômés ou pas connaissent de plus en plus le chômage et la précarité. Beaucoup n'ont que des petits boulots pour survivre.
Depuis 2011, 116 000 emplois ont été créés pour 630 000 chômeurs. En moins de 10 ans, le dinar (unité monétaire tunisienne) a perdu 10% de sa valeur et dans le même temps le gouvernement a augmenté au mois d’octobre de 7% les prix des cigarettes, de l’électricité et de 6% celui de l’essence.
Les grèves dans le privé et dans les banques avaient permis d'augmenter les salaires de 6 et 6,25%. Ces augmentations sont déjà rattrapées par l’inflation.
Les dirigeants au pouvoir prêchent la patience mais il ,n'est pas certain qu'ils soient entendus
 

USA shutdown : des dirigeants politiques d'une économie moribonde

Le 16 octobre, le Parti démocrate et le Parti républicain ont mis fin au « shutdown », la fermeture des administrations  fédérales qui a engendré le chômage technique de 800 000 fonctionnaires et la suppression de services publics pendant seize jours.
Les fonctionnaires vont  être indemnisés mais pour des travailleurs du privé il y aura une perte nette de salaire. Ce sera le cas, par exemple, des employés des restaurants des parcs nationaux qui ont été mis en congé forcé et ne seront pas indemnisés.
À l’origine de cette paralysie : l’opposition des députés républicains face à la réforme de la Santé dite « Obamacare ». Mais  le parti républicain ne veut pas de cette réforme de sécurité sociale  pourtant bien timide d'Obama  . Les élus conservateurs du Parti républicain, en majorité à la chambre des représentants refusaient que l’État subventionne même chichement la santé des pauvres. Ils ont donc décidé de bloquer le budget fédéral, le 1 octobre dernier, jour de l’entrée en vigueur de « l’Obamacare ».
Les Démocrates et les Républicains ont joué avec la vie d’un million de salariés pendant seize jours. Si les deux camps n'avaient pas trouvé un accord avant le 17 octobre les USA auraient été en cessation de paiement avec pour conséquence une nouvelle crise financière mondiale. Et bien évidemment, ni Démocrates, ni républicains ni personne n'envisageaient sérieusement cette perspective.
Alors, aujourd'hui, y a t-il un nouveau « shutdown » en vue ?  Selon les termes du compromis signé, l'État fédéral n'est financé que jusqu'au 15 janvier 2014, et le Trésor n'est autorisé à emprunter que jusqu'au 7 février.   Sur fond d’austérité et de réductions budgétaires, les politiciens  recommenceront surement leur petit manège.
Mais plus que la petite guéguerre politicienne entre Démocrates et Républicains, c'est l'économie capitaliste  mondiale elle-même dirigée par les USA qui est une grave menace pour le monde entier.
Dirigée par des spéculateurs sans foi ni loi,  comme en 1929, comme en 2008 l'économie capitaliste fait toujours planer la menace d'un effondrement général
Et  aussi bien Démocrates que Républicains, représentants politiques d'un tel système à bout de souffle sont responsables de cette menace permanente de désastre qu'il fait planer plane sur le monde.

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