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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1100 du 2 novembre 2013/Deuxième page

Deuxième page

LE FRONT NATIONAL : UN PARTI RACISTE ET ANTI OUVRIER

A la mi-octobre, une candidate du Front National dans l’Est de la France a comparé Christiane Taubira à un singe, affirmant même à la télévision : « Je préfère la voir dans un arbre après les branches que la voir au gouvernement ».
Pour ceux qui en doutaient, cet incident montre que le FN n’a pas changé : c’est toujours un parti raciste,  même   dans  sa  version «présentable»  mise  en scène par la  fille Le Pen. Pour la  galerie, la candidate trop directe a été suspendue. Mais Marine Le Pen a finalement pris sa défense quelques jours plus tard, en ajoutant la provocation au racisme, puisqu’elle a porté plainte    contre    Taubira    pour «injure».
Un   dirigeant   du   FN   affirmait récemment  dans la presse, afin de séduire les électeurs des Antilles :« Nous n’avons  jamais  distingué  lesFrançais   selon   la   couleur   de  leur peau ». L’affaire Taubira  a montré ce     que     valent      de     telles déclarations hypocrites. Le racisme du Front National n’a qu’un    seul    but   :   diviser    les travailleurs  et  les  détourner  du combat   contre   leurs   véritables ennemis,  les  gros  patrons.  C’est pour  créer  cette  confusion  que les    représentants   du   FN   en Guadeloupe   affirment   :  «  Noussommes     contre      l’immigrationmassive de Haïtiens ou Dominicains.Nous  sommes  dans une  situationéconomique  difficile. La Guadeloupeaux Guadeloupéens,  la  France  auxFrançais».  Comme si les immigrés dont soit   dit   en  passant  le nombre  reste  modeste  et  stable depuis   des   années   – étaient responsables  de la soif  de profits sans   limites    des    riches,    qui provoque tous les licenciements actuels. Comme si parmi les Guadeloupéens ou les Français, il n’y avait pas d’un côté les travailleurs et de l’autre les capitalistes qui les exploitent toujours plus. Le nationalisme du FN sert à masquer la lutte des classes, désarmant ainsi  la  classe ouvrière.
Dans  le  même  temps,  comme l’ont   fait   au  20ème   siècle   les fascistes italiens et les nazis allemands,  le  FN  prétend défendre  les  intérêts  des  petits, des pauvres, contre  les gros et les riches.  Concernant  la Guadeloupe, il prétend par exemple que «il ne faut pas laisser les intérêts privés tout diriger, notamment dans les secteurs les plus vitaux comme l’énergie, le transport, les télécommunications ». De la même manière, Marine Le Pen a soigneusement fait disparaître du   programme   du   FN toutes  les  mesures  s’attaquant aux conditions de vie et de travail des ouvriers et favorisant ouvertement les riches : la fin du salaire minimum, de la durée légale hebdomadaire  du  travail,  la retraite à 70 ans, et la suppression de l’impôt sur le revenu par exemple.
Mais   même   ainsi   repeint,   le programme   du  FN  représente une politique de la bourgeoisie. Pour lutter contre  le chômage, le FN s’en prend à l’Europe et prône des mesures protectionnistes, qui contribueraient   à  renchérir   les produits      achetés      par      les consommateurs.  Sur  la  question des  salaires,  le  FN  promet   que «L’impôt sur les sociétés sera modulé pour inciter les entreprises à adopter une politique salariale plus généreuse et distribuer davantage deleurs profits à leurs salariés ». Le FN reprend les idées défendues par tous les politiciens bourgeois, consistant à faire croire qu’il faudrait aider les entreprises pour créer des emplois. Il se garde bien, même  dans  son  programme, de s’en prendre  aux capitalistes. Mais de toute  façon, pour le FN, ce qui est important ce n’est pas le programme,  c’est  la   démagogie qui permet d’attirer des voix. Comme les autres partis bourgeois, s’il arrivait au pouvoir, c’est la bourgeoisie elle-même qui lui dicterait son action.
Ce que rejette avant tout le FN, c’est la possibilité que les travailleurs se défendent eux- mêmes. Il  est  clairement  contre les grèves, contre les luttes ouvrières, contre  les syndicats. En2010, lors  du mouvement  contre la réforme  des retraites, tout  en se posant comme défenseur de la retraite à 60 ans, Marine Le Pen avait affirmé :
«Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos. Voilà  des  semaines  que  la France s’installe dans le chaos, entre grève, manifestations et blocus». Sa véritable identité politique est là, avec son opposition ouverte à l’organisation  collective  et  à  la lutte de la classe ouvrière.
Alors, la seule façon de lutter véritablement  contre  la  montée du FN est d’ouvrir une véritable perspective de lutte des travailleurs contre les responsables de la crise, du chômage et de la pauvreté, c’est-à-dire contre la bourgeoisie et ses serviteurs politiques, en défendant une politique communiste et révolutionnaire dans la classe ouvrière.


Élections municipales. le bal des candidats a commence

Nous sommes à six  mois des élections municipales des 23 et 30 mars 2014. La campagne électorale a déjà commencé pour plusieurs partis et organisations  politiques, et  les candidats défilent sur les médias. La  plupart  des  maires accrochés à leur fauteuil depuis des dizaines d’années se représentent, ils comptent poursuivre leur carrière politique. D’autres voudraient reprendre du service et il  y a aussi beaucoup de nouveaux candidats.
Dans les émissions radio ou télévisées, ils ont à répondre à différentes questions. Par exemple, pour  ceux  en  poste depuis deux ou trois mandats :
«Est-ce  quil  n’est  pas temps de céder la place aux plus jeunes ? ». La réponse est nette : pas question pour eux. Quant aux nouveaux candidats, leur ambition pour  occuper la place de maire, en prétendant qu’ils feront  mieux  que  les  anciens, est visible et se confirme dans leurs propos. C’est à celui qui déroule le plus beau catalogue de promesses.  Mais  la  réalité  est  tout  autre. Car de ces tribunes où ils ont la possibilité de s’adresser à des milliers d’électeurs, aucun d’entre eux ne présente à la majorité des électeurs, aux classes exploitées donc, une politique favorable à leurs intérêts. problèmes de chômage, de bas salaires  et  de  précarité  ou  de vie chère, ne dépendent pas d’eux, mais bien des patrons qui sont en fait les vrais dirigeants. Quand bien même les maires feraient semblant de s’en préoccuper, ils ne résoudraient rien du tout. Parce que ce sont des notables et des gestionnaires. Et ils sont surtout préoccupés par leur carrière politique. Les  travailleurs  n’ont  vraiment   aucune illusion à avoir. Améliorer leur situation sociale, changer leur propre sort, dépend uniquement d’eux- mêmes. Ils ne pourront le faire que par leur mobilisation, que par leurs propres  luttes.

Guyane : vers la fin de la grève a l’université ?

Le 30 octobre, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, a fait une déclaration reconnaissant « les dysfonctionnements dans le fonctionnement » du pôle universitaire de Guyane (PUG). Après trois semaines de grève les négociations entre les grévistes étudiants, les personnels du Pôle Guyane et la présidente de l’UAG étaient bloquées, en particulier sur la gouvernance du Pôle. Suite à la déclaration de la ministre le doyen et le Président du PUG sont démis de leurs fonctions. C’est une victoire pour les grévistes qui avaient déjà acquis certains points comme l’ouverture d’une bibliothèque, l’assurance d’un restaurant universitaire, de réels transports, de l’ouverture dès septembre 2013 de la licence sur l’environnement bloquée depuis des années, 5 postes d’enseignants.
La ministre a par ailleurs annoncé que dès 2014 une ordonnance fixera l’autonomie renforcée du PUG. La Garde des sceaux, le président de la Région Guyane, le sénateur se sont réjouis de l’annonce de cette autonomie.
Ce dernier point de la déclaration de la ministre, outre le fait que celle-ci ne s’est pas adressée à eux mais aux médias, pose problème à l’intersyndicale qui appelle les grévistes à se rassembler à la rentrée du 4 novembre. L’Intersyndicale exige un décret de création d’une université de plein exercice, plus garanti que l’ « autonomie » annoncée. Elle s’étonne que l’ouverture de la licence soit annoncée pour la rentrée de 2014. Enfin, elle revendique la création de postes car la plupart des enseignements sont dispensés par des vacataires. Au cours de la grève les pressions exercées sur ces derniers par la gouvernance et  les difficultés qu’ils avaient à être payés ont été dénoncées.
 

Octobre 1801 des anciens esclaves gouvernent provisoirement la guadeloupe

Au cours de l’année 1801 se produisit un épisode important de l’histoire de la Guadeloupe. Cette  année  là,  pour  la première fois dans l’histoire de l’île, des hommes noirs, anciens esclaves se sont emparés d’une partie du pouvoir politique face au colonisateur. Il y avait déjà en Guadeloupe un climat de révolte populaire à cause de la remise en cause progressive de la première abolition de l’esclavage  de  1794.  C’est  la lutte des esclaves et de la révolution française dirigée par la Convention qui l’avait obtenue. Mais  c’est le pouvoir de Napoléon Bonaparte qui avait  envoyé  des  responsables et des troupes chargés de rétablir  l’esclavage   à partir  de 1801.
Le   mécontentement  atteignit  un point  crucial  avec le  décès  du général de l’armée le 5 août
1801.Il devait être   remplacé  par    son    second,    Magloire Pélage,  un officier noir, mais le gouverneur  de l’époque,     Lacrosse,   préféra nommer un sous-officier blanc. Ce   nouvel   acte   de   racisme provoqua   une  grande  colère dans   les   rangs   de   l’armée composée  à cette  période  de neuf   dixième   de  Noirs.  Les soldats noirs descendirent dans les  rues  de  Basse-Terre  le  8 août    pour    manifester    leur colère. Certains  furent  arrêtés et condamnés à la prison  ou à mort, et tous les autres officiers de couleur  considérés  comme dangereux   furent    déportés. Averti  à temps, l’officier  Ignace donna    l’alerte    aux    autres soldats    qui    entraînèrent    la population   de   Pointe-à-Pitre dans les rues le 21 octobre. Lacrosse essaya en vain de faire arrêter       Pélage       que      la population  insurgée  venait  de nommer   Chef   suprême   de l’armée.  Le  soir  même  Pélage mit   sur   pied   un  conseil   de notables   pour  gérer  momentanément       la       population, ramener  le  calme   dans le  but de   remettre   le    pouvoir    à Lacrosse en Grande-Terre
Mais la colère populaire ne retombait pas et une troupe de soldats menés par Ignace arrêtèrent Lacrosse venu à Pointe-à-Pitre pour mater la rébellion. Ils le firent prisonnier au Fort fleur d’Épée. Deux semaines après il fut déporté vers la France. Pélage, le chef le plus populaire à ce moment là, se retrouva contre son gré à la tête d’un mouvement dont l’ampleur  le  dépassait.        A partir de   ce moment le Conseil provisoire  né de la  révolte  du
21 octobre 1801 attendit naïvement que la métropole envoie un autre gouverneur. Quelques mois plus tard, en mai 1802,  Bonaparte   envoyait   le général      Richepance en Guadeloupe pourrétablir l’esclavage.
Il  n’empêche que, malgré tout, cet épisode d’octobre 1801 montre comment la révolte des soldats  noirs  et  d’une  partie des officiers noirs appuyés par les masses populaires ont pu s’emparer d’une partie du pouvoir. C’est la confiance qu’ils avaient en la politique de la métropole  qu’il  croyait toujours imprégnée de l’esprit de la Convention révolutionnaire qui les a trompés.
Ils  n’ont pas  été  jusqu’à  se libérer     totalement     de     la colonisation   en  prenant   par exemple     le     contrôle     des plantations    avec   l’aide    des masses  afin   de  mettre   fin   à l’économie de plantation.
Lorsqu’en  avril  et  mai 1802 ils menèrent  une véritable  guerre


contre      les      troupes      de Bonaparte          avec    Ignace, Delgrès,    Noel     Corbet     et d’autres  rebelles  armés, il  était déjà trop tard. Ils furent vaincus, les armes à la main.
Ce  qu’ils  ne  parvinrent  pas  à faire,  ce  sont  les  esclaves  de Saint Domingue qui le firent en infligeant    aux    troupes     de Leclerc         envoyées         par  Bonaparte une cinglante défaite   et  en  obtenant  l’indépendance le 1er janvier 1804.

Vote du budget : pour Hollande, les cadeaux au patronat, c'est sacré

Nous publions ci dessous un article de nos camarades de Lutte ouvrière en France
Le volet recettes du budget 2014 a été adopté mardi 23 octobre à l'Assemblée nationale sans modifications notables et sans véritable opposition dans les rangs des députés du Parti socialiste, par rapport au projet du gouvernement
Quelques mesures nouvelles concernent les « ménages » : le relèvement de 4 % du seuil de revenu fiscal de référence, qui, selon le gouvernement, devrait permettre à 135 000 foyers d'échapper à la taxe d'habitation ; le rétablissement de la réduction d'impôt pour frais de scolarité et de la réévaluation du barème de l'impôt sur le revenu, hérité du gouvernement Fillon, et qui a contribué à rendre imposables plus d'un million de ménages modestes. Le gouvernement ne craint pas de présenter le fait d'annuler des mesures qu'il avait décidées et qui auraient écorné le pouvoir d'achat des contribuables concernés, comme destinées à lui donner « un coup de pouce ». Il faut le faire.
D'autant que les députés socialistes ont adopté, comme un seul homme, une série de mesures qui ne peuvent que peser sur les revenus des couches populaires : fiscalisation de la majoration de 10 % des pensions dont bénéficient les retraités ayant eu trois enfants ; fiscalisation de la participation de l'employeur à la souscription des contrats complémentaires santé souscrits dans l'entreprise jusque-là non imposable ; abaissement à 1 500 euros au lieu de 2 000 euros actuellement du plafond de l'avantage du quotient familial ; maintien du taux de TVA sur les produits de première nécessité à 5,5 % au lieu de 5 % comme promis. Soit un total de prélèvements supplémentaires de plus de trois milliards d'euros au total. À comparer au 1,5 milliard du « coup de pouce ». On voit de quel côté penche la balance.
Pour justifier ces mesures, le ministre du Budget invoque la nécessaire lutte contre les « niches fiscales ». Mais pour le gouvernement, il y a niche et niche.
Dans le même temps, les députés ont porté en effet de 7 % à 5 % le taux de TVA s'appliquant aux importations d'oeuvres d'art ; ils ont aussi décidé de rendre la taxe à 75 % payée par les entreprises sur les salaires supérieurs à 1 million d'euros déductible de l'impôt sur les sociétés, ce qui revient à rendre aux patrons d'une main tout ou partie de ce que le gouvernement fait semblant de leur prendre de l'autre.
Enfin, le gouvernement a refusé tout amendement, et même toute discussion remettant si peu que ce soit en cause le crédit d'impôt compétitivité, voulu par Hollande. Quant au crédit d'impôt recherche, il a été reconduit tel quel alors que le gouvernement avait promis d'en limiter les avantages. Pour Hollande, les cadeaux au patronat, c'est sacré ! C'est lui qui le dit. Ils coûteront pourtant en 2014 aux finances publiques près de dix milliards d'euros pour le premier, et près de 9 milliards d'euros pour le deuxième. Ces cadeaux aux plus riches, ce sont les contribuables des couches populaires qui les paieront à coups de taxes, d'impôts, de prélèvements supplémentaires.
Jean-Jacques LAMY

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