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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1100 du 2 novembre 2013/Première page

Première page

Éditorial :Haïti La rue se fait entendre

Durant le mois d’octobre plusieurs manifestations ont été dirigées contre le pouvoir du président Martelly. Le 23 octobre,  des jeunes de quartiers, des étudiants ont pris la rue à Port au Prince en soutien à l’avocat André Michel, qui a lancé une plainte contre la famille Martelly pour corruption. A proximité  du palais  national, les étudiants ont demandé la démission du gouvernement, ils ont été dispersés par la police après des affrontements où les jets de pierre ont répondu aux gaz lacrymogène.
Le 8 octobre, c'est parce qu'ils réclamaient la construction du port qui avait été promis par le maire de Fort-Liberté, commune du Nord, que des centaines d’habitants ont pris la rue. Le maire a fait intervenir la police avec ses gaz lacrymogènes. Mais les policiers ont aussi tiré à balles réelles  et un homme a été tué d'une balle dans le dos. Les manifestants  en colère ont alors mis le feu au sous-commissariat de police le plus proche.
Il y a des mouvements sporadiques qui réclament des mesures rapides pour améliorer les conditions de vie de la population et les politiciens opposants à Martelly  participent à ces mouvements en vue d’en tirer des bénéfices pour leurs partis. Ainsi, c’est la "
Famni Lavalas" qui a appelé  le 17 octobre des milliers de personnes à manifester  à Port-au-Prince, dénonçant le prix de l’école, la cherté des produits de base, la nécessité d’être relogé, et pour réclamer la démission du président Michel Martelly. Les parlementaires ont pris la tête de la manifestation  où des portraits de l'ancien président Aristide ont été brandis. Pourtant, avant son départ, Aristide était tout autant au service des « grands-mangeurs
» ( des riches) que peut l'être Martelly.
Pour l'instant donc le mécontentement s'est fait entendre le plus souvent dans le sillage de manifestations orchestrées par des politiciens qui ne défendent nullement les intérêts des travailleurs et des pauvres mais qui cherchent à les utiliser. Ces politiciens tentent  de tirer profit de la misère, de la pauvreté dans lesquelles
vit la majorité de la population. Mais les travailleurs, les exploités, les pauvres d'Haïti ne changeront pas leur sort en faisant confiance à tel ou tel politicien ou tel parti qui ne sortent pas vraiment de leur rang avec une politique et un programme qui défendent en priorité leurs intérêts de classe. Ces politiciens ou partis : hier Aristide et bien d'autres, aujourd'hui Martelly, ont berné la population qui leur a fait confiance. Et les travailleurs, les exploités vont de déception en déception et se demandent à qui il faut faire confiance.
Eh bien ! c'est à eux mêmes, à leurs propres forces  et à personne d'autre qu'ils ont intérêt à faire confiance. Les choses ne changeront en  faveur des travailleurs et des pauvres que lorsqu'ils auront  construit leur propre organisation, leur propre parti avec des dirigeants choisis, élus en leur sein et révocables à tout moment. Rien ne changera en faveur des travailleurs et des exploités sans que ces derniers aient créé une force de lutte, un instrument de combat dans les entreprises, dans les quartiers contre les riches, contre cette poignée de capitalistes qui exploite jusqu'au sang les travailleurs d'Haïti. Certes, ces objectifs sont valables pour tous les travailleurs et les pauvres du monde. Mais en Haïti,  l'instabilité générale et le degré d'extrême pauvreté et d'exploitation entraînent des manifestations nombreuses et régulières de mécontentement populaire depuis pratiquement le "déchoukage", la chute de la dictature des Duvalier il y a près de trente années, et à un degré de combativité plus élevé qu'ailleurs dans la Caraïbe et dans une grande partie du monde.
Pouvoir disposer de cette force dans les luttes actuelles est une nécessité. Oui, ces manifestations, ces mobilisations de rue sont la voie d'avenir pour les travailleurs et la population pauvre d'Haïti et un exemple de combativité pour les travailleurs et les pauvres de la Caraïbe et des Etats-Unis. Mais les exploités ont toujours intérêt à ne compter que sur eux mêmes et pas sur les politiciens au service des riches.

Basse-Terre : La mobilisation des employés de la boutique d’Orange Caraïbes a payé

Les  22  et  23  octobre  dernier, les employés de la boutique Orange de Basse-Terre à l’appel des syndicats CGTG, FO et UGTG se sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions  de  travail  inacceptables. En effet la direction, pour ne pas embaucher, faisait  travailler  l’effectif nécessaire pour une boutique sur deux  boutiques. Pour  les  employés c’était donc un donc un va et vient incessant entre la boutique de la rue Pitat et celle de la zone de Calebassier. Bien entendu tout ce déplacement sans aucune compensation financière.
Après 48 heures de mobilisation, la direction a reculé et accepté l’embauche d’un CDD immédiatement  en  attendant  de rencontrer ultérieurement les organisations syndicales pour reconsidérer la situation.
 Il faut noter que la mobilisation a concerné 100 % de   l’effectif   et   la   direction   s’est engagée à ne pas faire de retenue de salaire. Face donc à la colère du personnel, la direction a effectué un premier recul. Mais   les  employés  ont  intérêt  à rester mobilisés pour imposer l’embauche de tout le personnel nécessaire au fonctionnement des deux boutiques. En tout cas, les salariés  ont  bien  compris  que  c’est en se mobilisant qu’ils pouvaient se faire entendre d’une direction rapace qui ne pense qu’à ses profits.

Martinique : Rassemblement devant l'hôpital de La Meynard

Samedi matin 26 octobre, le CMS (Comité Martiniquais pour la Santé) regroupant le SASM (syndicat autonome pour la Santé des Martiniquais), l’UGTM (union générale des travailleurs de Martinique), le GRS (groupe révolution socialiste), le PKLS (pati kominis pou lendépandans ek sosyalizm), Nou se Matinitje et APASSE organisait un rassemblement devant l’entrée de l’hôpital de La Meynard à Fort-de-France. A partir de 10h, pendant plus d’une heure, les interventions des militants se sont succédées devant un groupe d’une quarantaine de personnes. L’état général des hôpitaux et des services de Santé en Martinique a été critiqué, mais plus particulièrement les mesures récentes concernant l’hôpital Mangot-Vulcin du Lamentin, urtout la fermeture des Urgences. Il a été ainsi dénoncé une «volonté de démantèlement de l’hôpital du Lamentin». Cette insistance particulière sur le Lamentin est certainement à mettre en rapport avec la présence au rassemblement de P. Samot, maire de cette commune.
Des orateurs souhaitaient l’intervention sur ces questions de dégradation du système de santé – de tous les Martiniquais indépendamment de leur position sociale et leurs opinions. Il a été évoqué une politique de génocide vis-à-vis de l’ensemble de la population martiniquaise.
Au delà de ces affirmations, dont certaines sont discutables, c’est tout de même la politique gouvernementale qui était mise en cause par ce rassemblement.
Même si cette politique n’était pas qualifiée clairement pour ce qu’elle est : dure aux pauvres et douce envers les nantis, y compris les nantis martiniquais.

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