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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1101 du 16 novembre 2013/Deuxième page

Deuxième page

France : Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hollande, héritier des trahisons du Parti socialiste

Le 7 novembre, depuis l’Élysée, Hollande devait lancer officiellement les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale. C’est à ceux qui se prétendent parfois les héritiers des socialistes du début du XXe siècle qu’échoit donc de rendre un hommage légal aux huit millions de «poilus» que la bourgeoisie française a envoyés en 1914-1918 «mourir pour les industriels», selon le mot d’Anatole France.
Il y a un siècle, quinze jours encore avant l’entrée en guerre, en août 1914, les militants socialistes, réunis en congrès extraordinaire à Paris à la mi-juillet, écoutaient Jaurès : «Nous dénoncerons le danger par l’action parlementaire et par l’agitation dans le pays. Mais quand les nuées tomberont, car les travailleurs seront menacés par l’orage, il est impossible qu’ils ne se souviennent pas qu’ils sont une force et qu’ils n’affirment pas bien haut leur volonté de paix. Et, en fait, malgré les dissentiments théoriques, nous sommes d’accord pour dire que la cessation du travail est un moyen d’émouvoir et d’avertir tous les gouvernants. S’il est vrai que dans tous les pays, à certaines heures de crise, c’est à la grève générale que les travailleurs ont recours, il est impossible qu’ils ne recourent pas à ce moyen contre la guerre.»
L’appel de la CGT à la grève générale était dans l’air et Marcel Sembat, Edouard Vaillant, Albert Thomas, dirigeants du Parti socialiste, appuyèrent Jaurès qui faisait voter une motion : «Entre tous les moyens employés pour prévenir et pour empêcher la guerre et pour imposer aux gouvernements le recours à l’arbitrage, le Congrès considère comme particulièrement efficace la grève générale ouvrière simultanément et internationalement organisée dans les pays intéressés, ainsi que l’agitation et l’action populaires sous les formes les plus actives.»
Mais comme l’écrivait des années plus tard le communiste révolutionnaire Alfred Rosmer, «le 1er août 1914, Jaurès est mort [la veille], Jouhaux [le secrétaire général de la CGT] est acheté. La guerre peut passer. À 4 heures de l’après-midi, l’ordre de mobilisation est affiché». Les dirigeants socialistes n’allaient pas tarder à emboucher les trompettes de «l’union sacrée» avec la bourgeoisie. Le 2 août, Édouard Vaillant et Marcel Sembat appelaient «les socialistes» à «remplir à la fois leur devoir patriotique et leur devoir socialiste [...] pour la Patrie, pour la République, pour la Révolution» et à «se battre pour défendre la culture française et la liberté des peuples». Le Parti socialiste assuma des postes au gouvernement ; Albert Thomas devint le 26 août 1914 sous-secrétaire d’État à l’artillerie et à l’équipement militaire dans le cabinet du républicain-socialiste René Viviani et Marcel Sembat entra aux Travaux publics. Cinquante-deux mois et quinze millions de morts plus tard, le 11 novembre 1918, la boucherie prenait fin. En France, un mobilisé sur six ne revint pas.
Hollande, Valls et Montebourg sont les héritiers de cette trahison du Parti socialiste de 1914 et ils l’assument. Il est vrai que, depuis, le Parti socialiste en a commis beaucoup d’autres.

l’écho de l’aéroport

SORI : SOUS-EFFECTIF AU MONTAGE…
Au lieu de 12, comme prévu par accord, 9 collègues doivent faire le montage (préparation des chariots de repas). Chaque jour c’est la pression pour arriver à tenir les délais. Résultat, la santé des uns puis des autres se détraque.
Chaque fois que les patrons réduisent le personnel ils voient augmenter leurs profits.
La SORI fait des surprofits en limitant le personnel. Elle profite de la crise pour surexploiter les travailleurs.
 
…REFUSONS D’ÊTRE USÉS PAR LES ACTIONNAIRES DE LA SORI
La direction fait des économies sur notre dos. Certains collègues sont usés à vie. La direction s’en moque. Elle se contente de remplacer un travailleur malade par un autre, par exemple un intérimaire.
Nous ne sommes pas des pions, ne nous laissons pas faire !
 
CATERING PTP : EN ATTENTE DE LICENCIEMENT, LES TRAVAILLEURS ONT DÛ SE MOBILISER
Depuis quelques mois, les salariés attendaient la date de licenciement et percevaient leur salaire.
Mais la direction de la SORI avait décidé de leur retirer les primes (de panier, etc.), ce qui était illégal.
Les camarades ont protesté auprès de l’inspection du travail, et ont obtenu la régularisation de leur dû.
 
CATERING PTP : MÉTHODES MESQUINES DE LA DIRECTION DE LA SORI
Les collègues licenciés de CATERING PTP ont été invités par téléphone à venir chercher leur solde de tout compte. Une collègue a annoncé qu’elle viendrait avec son syndicat. Le comptable a dit qu’il allait se renseigner auprès du directeur pour savoir si c’était possible.
Le lendemain, la collègue est invitée à venir avec un cousin ou un tonton mais «sans syndicat». Elle a donc déclaré que si elle ne pouvait pas venir avec son syndicat, il fallait lui envoyer le solde de tout compte par la poste. Cette réponse a été très mal accueillie.
 

Guyane : Succès de la grève des étudiants et enseignants de l’Université

Lundi 11 novembre, après 5 semaines de grève de l’Université en Guyane, le Collectif étudiant et l’Intersyndicale des personnels ont signé un protocole de fin de conflit avec les représentants de l’État. Une université de plein exercice en Guyane est le résultat de la grève le plus commenté.
Au sein de l’UAG, le «Pôle Guyane» n’était pas le mieux doté. Durant des années, ce pôle a dû fonctionner avec les moyens du bord, sans que ne montent au créneau les sommités qui en particulier en Martinique se montrent aujourd’hui hostiles à la création de cette université de plein exercice. On a même entendu une étudiante s’offusquer de la volonté des Guyanais d’avoir une structure plus proche. Elle mettait en avant les difficultés qu’entraînerait une telle évolution pour les étudiants de Martinique et de Guadeloupe à cause d’un effectif réduit. Et les Guyanais dans l’organisation actuelle ?
Dès le 30 octobre, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR) reconnaissait les «dysfonctionnements constatés dans le fonctionnement du Pôle de Guyane». Les revendications pour l'amélioration de la vie étudiante : réouverture d'une bibliothèque, repas sur le campus, transports, étaient reconnues.
Les grévistes ont maintenu le blocage pour éclaircir certains points du protocole du 30 octobre. Le ministère cédait une université de plein exercice. Mais ce pouvait être un cadeau empoisonné : pour quand ? Avec quelles garanties de réalisation ? Avec quels moyens ? Les grévistes ont alors vu aussi s’éloigner d’eux les politiciens locaux, semble-t-il inquiets des protestations en Martinique.
Selon le protocole signé l’Université de Guyane sera fixée par décret en 2013 pour exister à la rentrée 2015 ou au plus tard celle de 2016. Une administratrice provisoire nommée par le ministère est chargée de la «mettre en œuvre» par étapes. Le ministère s’engage à fournir 20 à 30 enseignants-chercheurs sur trois ans et 20 à 30 postes de personnel administratif. À ce propos, l’annonce que « les postes qui seront libérés en Guadeloupe et en Martinique par des départs à la retraite ne seront pas renouvelés sur place » a été supprimée du protocole. Toutefois les personnels des pôles de Guadeloupe et de Martinique s’inquiètent de savoir si le gouvernement ne se contentera pas de déshabiller Paul pour habiller Pierre.
D’autres points, liés à l’ambiance de «dictature» sur le Pôle Guyane à l’origine de la grève, ont été précisés. La licence en environnement abusivement fermée sera ouverte dès le 14 novembre à la reprise des cours. Contre les possibles dérives lors de futures élections, l’inscription de votants enseignants vacataires, souvent «aux ordres», a été réglementée. Des garanties ont été signées qu’il ne pourra y avoir ni menaces ni poursuites pour fait de grève.
Une victoire fêtée joyeusement par les grévistes le soir du 11 novembre qui restent mobilisés et invitent la population de Guyane à venir donner son avis.
En Martinique et en Guadeloupe, se pose donc le problème de trouver un nouveau mode fonctionnement universitaire. Certains, installés dans une organisation qui leur convenait, n’ont pas voulu reconnaitre aux Guyanais les mêmes droits que ceux dont ils disposent et les accompagner dans leurs revendications. Reste aujourd’hui à trouver, en se mobilisant pour cela, un mode de fonctionnement qui défende les conditions d’enseignement des étudiants de Martinique ou de Guadeloupe. En leur laissant le choix ou la possibilité de définir ou redéfinir le type de relation qu’ils entendent nouer entre les pôles.

Martinique : Petits calculs à propos des contrats d’avenir

Les "emplois d’avenir" résultent d’une loi du gouvernement Hollande du 26 octobre 2012, consistant à faire embaucher un jeune de 16 à 25 ans, sans qualification ou peu qualifié, soit dans les secteurs non-marchands (collectivités, hôpitaux ou Éducation nationale) soit dans les secteurs marchands, c'est-à-dire les entreprises privées.
Ces emplois dit d’avenir ne concernent en Martinique que 1 500 jeunes alors que plus de 20 000 d’entre eux sont au chômage. À la mi-septembre, seuls 748 emplois avaient été validés, et 476 jeunes avaient réellement commencé à travailler.
Les contrats qui leur sont proposés sont d’une durée de 3 ans pas plus. Il n’y a  pas de quoi considérer cela comme un avenir pour un jeune.
Pour l’heure le secteur des capitalistes, c'est-à-dire le secteur marchand, ne représente que 10% de ces contrats. Pourtant le patronat perçoit une aide de l’État de 35% du Smic brut, soit 500,57 € par embauche et par mois. Mais les patrons, voraces,  trouvent que l’aide de l’État, c'est-à-dire l’argent venant des contribuables, est insuffisant. Les élus du Conseil Régional et ceux du Conseil Général, attentifs à leur demande, ont rajouté à eux deux un «complément», soit 20 % en plus. L’aide totale s’élève donc à 50 % du Smic brut, c’est à dire 715,11 € par mois. Ce qui signifie que chaque fois qu’un patron aura versé à son salarié le Smic de 1430, 22 €, la moitié lui sera remboursée.
Donc au bout de 3 ans, pour un jeune embauché, le patron aura empoché la coquette somme de 23 598,63€, sans compter les exonérations de charges sociales dont il bénéficie.
Malgré ce cadeau royal, le nombre de jeunes chômeurs reste toujours aussi important.
 

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