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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1102 du 30 novembre 2013/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Après le XIVème congrès de la CGTG

Les 22, 23 et 24 novembre la CGTG (Confédération Générale du Travail  de la Guadeloupe)  a tenu son XIVème congrès.  Le thème était  « À la barbarie du capitalisme, répondons par la guerre sociale ». 
La direction de la CGTG a ainsi marqué d'emblée sur quel terrain elle entendait se situer : celui de la lutte. Jean-Marie Nomertin, seul candidat à sa succession été réélu pour un mandat de quatre ans, ainsi qu'une équipe rajeunie à la Commission exécutive. C'est devant près de 200  délégués présents   que  Nomertin prononça  ses allocutions d'ouverture le vendredi  soir et de clôture, le dimanche soir.
Pour les militants communistes révolutionnaires que nous sommes à Combat Ouvrier, il est toujours réconfortant d'entendre réaffirmer  une volonté de lutte par des travailleurs.
Les militants communistes révolutionnaires  militent dans la classe ouvrière et donc  ont toujours milité aussi dans les syndicats parce que  le syndicat est  nécessaire aux travailleurs pour la défense de leurs intérêts au quotidien. Nous avons cependant toujours recommandé à nos militants de se syndiquer plutôt à la CGTG. Car, c'est ce dernier qui cristallise le mieux en lui  l'histoire  des luttes de classe du pays, une mémoire ouvrière, ainsi que des traditions forgées au cours de plusieurs décennies de lutte.
Il n'en reste pas moins vrai que  bon nombre de travailleurs considèrent le syndicat comme une sorte "d'assurance tout risque" et non comme un instrument de lutte. Il y a donc un combat d'idées à mener à l'intérieur des syndicats pour les emmener  à penser autrement.
D'autant que la démoralisation gagne beaucoup de terrain. Les pressions exercées par le patronat, la peur de perdre son emploi alors que le chômage ne fait qu'augmenter, érodent la combativité. Des travailleurs, voire  des délégués syndicaux même se font trop souvent les auxiliaires du patron.   On retrouve ces petites ou grandes trahisons dans tous les syndicats ; à la CGTG aussi. Jean-Marie Nomertin ne l'a d'ailleurs pas caché et a affirmé sa volonté de lutter contre  elles.
Le syndicat, c'est  aussi, comme le disait Lénine, le dirigeant du premier État ouvrier, en Russie, " l'école de la révolution". En effet, le renversement du capitalisme est le but  des militants communistes révolutionnaires. Il est donc nécessaire de préparer et de former le maximum de travailleurs à la prise de conscience du fait que si le syndicat est nécessaire, il faudra un jour que les travailleurs forment leurs propres organes politiques de pouvoir pour détruire le système capitaliste et sur ses ruines ériger un autre système fondé sur la répartition des richesses produites  entre tous les membres de la société. Il faut donc souhaiter  que ce quatorzième congrès soit  une étape supplémentaire pour que dans la période qui vient, il y ait toujours plus de travailleurs qui adhèrent à de telles idées.
 

Martinique : Université : étudiants, enseignants et personnels administratifs montrent leur inquiétude

En Martinique les étudiants, les enseignants et les agents administratifs du campus de Schœlcher sont restés mobilisés du mardi 12 au  jeudi 21 novembre, jour où la présidente de l’Université Antilles-Guyane, Corinne Mencé-Caster, était reçue par la ministre de l’enseignement supérieur. À l’entrée du campus, ils avaient tendu une banderole  avec «NON à la mort de l’UAG». En début de semaine, ils s’étaient rendus à la Région pour demander aux élus de missionner les parlementaires en soutien à la présidente de l’UAG. Ils avaient aussi distribué des tracts à la population et participé à des émissions de radio pour expliquer leurs positions. Puis ils ont décidé de se réunir en ateliers pour se mettre d’accord sur l’expression de leurs revendications. Les étudiants du campus de Schœlcher ont dit qu’ils ne remettaient pas en cause les choix de la communauté universitaire de Guyane d’avoir une Université de plein exercice, pour 2020, suite à leurs cinq semaines de grève et mobilisations. Mais ils dénonçaient la méthode autoritaire de la ministre qui, après avoir laissé pourrir le conflit en Guyane, avait précipitamment donné son accord pour la création d’une Université de plein exercice en Guyane, sans même avoir consulté la présidente et les élus de l’UAG. Les étudiants réclamaient surtout des garanties quant à la viabilité d’une future Université des Antilles et à sa crédibilité notamment au niveau de la recherche.  D’après les réactions entendues, lors de leurs diffusions de tracts dans les rues de Fort de France ou sur les médias, la position des étudiants, somme toute modérée et se montrant soucieuse des bonnes conditions d’études et de travail, semble avoir été comprise par la population.
Reste que lors de sa rencontre avec la présidente de l’UAG et les élus, la ministre de l’enseignement supérieur du gouvernement Hollande s’est contentée de chercher à mettre un peu de baume au cœur de ses interlocuteurs. Faisant mine de se rattraper sur ses méthodes autoritaires et jugées de nature colonialiste, elle expliqua notamment que la mise en œuvre des nouvelles organisations des différents Pôles universitaires, Martinique-Guadeloupe, mais aussi de l’Université de Guyane désormais en gestation ferait l’objet de larges concertations… La question des garanties et des moyens à mettre en œuvre pour permettre leur bon fonctionnement et leur nécessaire rayonnement n’était pas à l’ordre du jour.

Martinique : Parler du passé... pour ignorer le présent ?

Le 8 novembre dernier, le Conseil municipal de Sainte-Anne (Martinique) a adopté à l'unanimité une «clause de transparence». Les entreprises candidates sur un marché public passé par la commune devront désormais « indiquer si par le passé elles ont bénéficié d’un crime contre l’humanité ». Les sociétés en contrat devront en principe faire la lumière sur l'origine de leurs richesses, en rapport avec l'esclavage et la traite négrière.
Le maire de Sainte-Anne, Garcin Malsa a déclaré : «Par le passé, il y a eu plusieurs lois de réparations, en 1848 notamment, avec le décret de Victor Schœlcher, mais toujours pour les auteurs du crime contre l’humanité. Cette fois-ci, pour la première fois, une mesure politique de réparation est prise en faveur des victimes, qui auront accès à des informations plus précises sur les circuits financiers issus de la traite... il s’agit d’obliger les héritiers du crime à faire la lumière sur leurs biens mal acquis ».
«Héritiers du crime... », mais, les années s'écoulant, les biens accumulés sur le sang des esclaves se sont répartis sur l'ensemble de la classe bourgeoise, bien plus largement que par l'héritage en ligne directe. L'esclavage salarié a remplacé l'esclavage tout court et c'est toutes les richesses résultant de l'exploitation du travail humain qui doivent être considérées comme des «biens mal acquis ». Et cela quelle que soit l'origine ou la couleur de peau des exploiteurs.
La décision de la mairie de Sainte-Anne est une mesure symbolique  qui a le mérite  de  sortir de l'oubli le crime de l'esclavage des Noirs.
Les symboles, pourquoi pas ? Mais s'il s'agissait vraiment d'aider les travailleurs, de les mobiliser contre l'exploitation, toutes les mairies pourraient faire bien des choses. À commencer par enquêter sur les bas salaires actuels dans les entreprises locales, dénoncer le mépris de certaines directions ou de leur encadrement pour les salariés, révéler les conditions dangereuses causes d'accidents du travail, etc.
Elles pourraient aussi dénoncer vigoureusement les transferts de la charge de certains services publics. Comme par exemple, en ce moment, toutes les charges nouvelles résultant de la réforme des rythmes scolaires, transferts imposés aux communes par le gouvernement sans que soient octroyés à celles-ci les crédits supplémentaires correspondants.
Ça, aucune mairie ne s'empresse de le faire. Elles contribuent, y compris les mairies tenues par la mouvance dite des «patriotes», à faire peser passivement les décisions gouvernementales sur la population travailleuse. Et tous les symboles n'y changeront

Guadeloupe : Débats sur l’avenir de l’Université Antilles-Guyane

Tout a débuté avec la grève des enseignants et des étudiants de Guyane il y a plusieurs semaines. Ils réclamaient une université de plein exercice en Guyane donc de sortir de l'UAG  (Université Antilles-Guyane). Paris leur a donné satisfaction. Mais tout cela a élargi la crise de l'université aux deux autres pôles de l'UAG, en Martinique et en Guadeloupe.
À l’issue de la réunion à Paris avec les politiques et la direction de l’université, la forme à donner aux Pôles universitaires n’a pas été fixée. La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Fioraso, se donne 7 mois de réflexion pour prendre une décision.
La veille de cette réunion, 400 personnels, enseignants chercheurs (EC), y compris ceux de la gouvernance, et des étudiants, ont débattu les rapports de 2 jours de travail en commissions. Puis 7 points sur les orientations souhaitées pour un meilleur fonctionnement de l’université ont été adoptés. Le premier point affirme :« Toutes les décisions concernant l’avenir institutionnel de l’UAG en Guadeloupe devront préserver l’intérêt des étudiants. »Les autres points actent la volonté d’obtenir « une autonomie financière, administrative et en matière d’offre de formation et de recherche pour le Pôle universitaire de Guadeloupe. » Ils reconnaissent que « services communs et certaines formations doivent être mutualisés » et prévoient « des coopérations mutuellement bénéfiques » entre les 3 pôles. Ils envisagent la création d’un « comité de bonne gouvernance. » Ils estiment nécessaire le maintien des moyens sur le Pôle Guadeloupe. Enfin, point 7 : « La communauté universitaire réunie en assemblée générale est contre une université des Antilles qui serait la réplique de l’UAG privée du pôle guyanais. » Ce dernier point exprime les difficultés de fonctionnement entre les Pôles universitaires de Martinique et de Guadeloupe, celui-ci se plaignant d’une suprématie Martinique-Guyane. À la fin de l’assemblée générale, un vote sur le statut a été proposé. De nombreux participants ont quitté l’AG vu l’heure tardive ou parce qu’ils refusaient ce vote. Ce dernier vote, en faveur d’une université de plein exercice en Guadeloupe, n’a pas été pris en compte lors de la réunion à Paris.
En Martinique une motion a été adoptée contre la création d’une université de plein exercice en Guyane, sauf peut être en 2020. Elle stipule : « La crise actuelle de l’UAG gérée de façon précipitée entre le collectif guyanais et Madame la Ministre …dans un délai raccourci, a des conséquences graves : Nous refusons le calendrier d’urgence qui nous est imposé. Nous refusons de payer le coût de la décision politique prise par Mme la ministre SANS consultation et SANS décision de la part des instances élues….Nous réclamons au Ministère la garantie des moyens matériels, humains, financiers quelle que soit la configuration que prendra l’établissement.Nous, pôle Martinique, nous ne nous laisserons pas « amputer » pour que soit créée une université de plein exercice en Guyane !
Le pôle Martinique, en grève illimitée depuis le 12 novembre, restera mobilisé jusqu’à l’obtention d’engagements écrits de Mme la Ministre sur ces points. »
À l’heure où nous écrivons le SPEG-Sup en Guadeloupe a déposé un préavis de grève de 24h contre les dysfonctionnements de la gouvernance.

Guadeloupe : Augmentation de la pauvreté

D'après les derniers chiffres, la pauvreté augmente dangereusement en Guadeloupe. Entre 2009 et 2012 le nombre des personnes bénéficiant de l'aide alimentaire a augmenté de 84%. En 2010 il y avait 2 730 personnes bénéficiant de l'aide alimentaire, et 4 858 en 2012. En 2010 cette aide représentait 316 tonnes de produits alimentaires seulement pour la Banque Alimentaire. La précarité et les bas salaires augmentent le nombre de travailleurs pauvres. Le nombre d'entre eux percevant des salaires de 500 à 900 euros par mois augmente. Les femmes sont les plus touchées.
Les nombreux licenciements  opérés cette année dans les entreprises ne font qu'aggraver la situation. Pourtant la plupart de ces entreprises ont réalisé des bénéfices et bénéficient de cadeaux de la part de l'État comme les défiscalisations, les subventions et les exonérations de cotisations sociales.
Voilà donc bien des raisons pour les pauvres d'exprimer leur mécontentement. L'amélioration  de leur sort ne viendra que par la lutte.

L’ÉCHO DES HÔPITAUX (Mque)

HORS LA LOI
L’ARS a déclaré dans un rapport qu’il est incohérent d’intégrer au CHUM 160 contractuels en 2013. Et pourtant, ce n’est que l’application de la loi qui permet pendant 4 ans de régulariser la situation des contractuels remplissant certaines conditions.
Alors messieurs les représentants de l’État en Martinique ! Vous ne voulez pas respecter la loi quand elle est en faveur du personnel des hôpitaux ? L’incohérence, elle est où et de quel côté ?
 
PAS QUESTION D’Y LAISSER SA PEAU !
Lundi 18 novembre un rassemblement du personnel a eu lieu dans le hall du CHMV. Les conditions de travail sont telles qu’encore une fois une IDE a eu un malaise cardiaque dans son service.
L’émoi est grand ! Mais il est grand temps que nous refusions de risquer notre peau pour sauver celles des autres !
 
CLARAC : MANQUE D’IDE
2 IDE pour faire les chimio et les patients qui attendent et attendent. Et les personnels soignants débordés sont obligés de rallonger leur journée de travail ! Situation accidentelle ? Non ! Plutôt quotidienne ! Alors faudra-t-il un « accident » pour que les décideurs réagissent ?

L’ÉCHO DES HÔPITAUX (Gpe)

BLOC OPÉRATOIRE : pression sur le personnel
Cela fait des mois que l’encadrement fait pression sur les IBODE pour qu’ils acceptent de travailler dans une plage horaire de 10 heures au lieu des 8 heures actuelles.
Malgré leur refus et leur résistance, la pression se fait plus intense. Pourtant à aucun moment ce projet n’a été soumis au CTE qui représente l’instance dépositaire de cette décision !
 
GASTRO : ras le bol
Devant la pénibilité du travail dû au manque d’effectif, le personnel de la gastro a déposé un préavis de grève le 14 novembre. Reçu par la direction le 20, il a obtenu un IDE et un AS supplémentaire.
Ne pas tout accepter ! Cela la gastro l’a compris.
 
PSYCHIATRIE : pas d’armistice !
Le week-end du 9 au 11 novembre a été un véritable calvaire pour le personnel des urgences psychiatriques.
L’équipe du samedi matin a dû rempiler toute la nuit faute de relève tandis quecelle du dimanche matin a dû continuer l’après-midi.
Ce n’est jamais le personnel qui se retrouve «en paix» lors des longs week-ends.
 
PÉDIATRIE : petite économie, gros dégâts
Dégâts sur la santé des tous petits. Le plan bronchiolite a été supprimé cette année, c’est-à-dire que les conditions optimum ne seront pas réunies pour prendre en charge une future épidémie. Déjà, il n’y a plus de kiné le dimanche et les jours fériés : interdiction donc de s’étouffer avec ses sécrétions un jour qui n’est pas ouvrable !
 Et comme si cela ne suffisait pas, il y a pénurie de matériel comme les masques et les surblouses pour bien soigner les enfants.
 
PÉDIATRIE A : quand le navire prend l’eau…
Depuis longtemps, il y a infiltration d'eau de pluie dans le service.  Les agents sont obligés d'utiliser les moyens du bord  pour écoper …tel que seaux  et serpillières.
Malheureusement, ces généreuses initiatives n’enlèvent pas les risques de chutes pour  le personnel et aussi pour les enfants.

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