Site

Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1102 du 30 novembre 2013/Première page

Première page

Éditorial :La mobilisation du 5 décembre !

Les syndicats de Guadeloupe et de Martinique appellent à une journée  d'actions et de mobilisations  le jeudi 5 décembre 2013 dans les deux îles. En  Martinique il s'agit de la CGTM, de l'UNSA et du CFE-CGC ; en Guadeloupe de la CGTG, l'UGTG, CFTC, FO, FSU, SOLIDAIRES-FINANCES PUBLIQUES-GUADELOUPE,  SPEG, SUD PTTGWA,  UNSA.
Ces organisations appellent les travailleurs à protester contre : la politique anti ouvrière du gouvernement et du patronat, " les patrons voyous", la loi dite de  "sécurisation de l'emploi" qui donne la possibilité aux patrons d'augmenter le temps de travail, de déplacer les salariés de baisser les salaires, contre les cadeaux faits au patronat sous forme de crédits d'impôts (20 milliards d’euros), d'exonérations de charges sociales et fiscales toujours plus nombreuses. Ils appellent à se mobiliser contre la cherté de la vie et l’augmentation des taxes qui frappent les plus démunis, contre les plans de licenciements qui détruisent nombre de familles et jettent à la rue des centaines et des centaines de travailleurs: Auto Guadeloupe : 48 licenciements, Rice Quick : 43, Carrefour Milenis : 24, Soprest’iles : 70, Catering PTP : 19, Gaddarkhan : 20, SOCREMA : 18, SOCANET : 45, Kawann Beach Hôtel : 26, CHU : 500 prévus, IRHT : 20, CENTRE MEDICO SOCIAL : 38, Guadeloupe 1Stations services, UAG. En Martinique : Géant Batelière, Conforama  agri caraïbes (13), SOCOPMA  (13), Laguarigue, Diamond rock (70) etc." Près de 1000 emplois ont été perdus en Martinique en un an, plusieurs centaines en Guadeloupe."
Les syndicats appellent aussi les travailleurs à se rassembler devant le tribunal de Pointe à Pitre à 14h pour soutenir les travailleurs de Carrefour Milenis  et la CGTG traduits en justice ce jour-là sur assignation  des patrons Despointes. Ces derniers les accusent de diffamation parce qu'ils ont écrit dans un tract que ces békés tiraient leur fortune de la traite et de l'esclavage.  Encore un procès typiquement colonial ! Voilà donc des travailleurs noirs dont les ancêtres ont été emmenés enchaînés dans les cales des navires négriers et soumis à une exploitation des plus criminelles sur les habitations des békés, qui se trouvent aujourd'hui traduits en justice par des descendants de ces esclavagistes… Encore une fois c'est le monde à l'envers ! Les travailleurs   diront aussi que les Despointes veulent masquer le plan de licenciement qu'ils envisagent derrière un procès à grand spectacle  en se faisant passer pour les victimes.
Alors, cette journée de mobilisation est pleinement justifiée. Les syndicats n'ont pas appelé à la grève générale, comme l'affirmait une certaine presse en agitant le spectre de la grève générale de 2009 ou du LKP, pour affoler une partie de la population. Non, chaque chose en son temps ! Celui de la grève générale reviendra, oui, mais pas le 5. Ce sont les travailleurs qui le décideront quand ils seront prêts.
Le 5 décembre il s'agit d'une journée d'actions et de mobilisations, et  de grèves là où c'est possible et ce jour-là uniquement.  
Certes ce n'est pas une journée de mobilisations qui changera quoi que ce soit. Mais ce peut être un avertissement au gouvernement et aux patrons. Ces gens là savent compter et évaluer les rapports de force. C'est leur métier ! Alors si les travailleurs sont très nombreux dans les manifestations, s'ils sont très nombreux à réagir dans les entreprises par la grève, un débrayage, une assemblée  ou autre forme d'actions, les services de renseignements de l'Etat et du patronat le leur feront savoir. Et  les tenants du pouvoir fléchiront, même en pensée. Ce sera un premier verrou que les travailleurs auront fait sauter. Et ce sera une bonne préparation pour des luttes plus larges à un autre moment.
Alors, le 5 décembre, tous à 9h devant la mairie de Pointe à Pitre, tous à 14h devant le tribunal de Pointe à Pitre ! À Fort de France tous à 8h à la maison des syndicats et tous aussi  mobilisés d'une façon ou d'une autre dans les entreprises.
 

Martinique: Grève des agents municipaux

Les agents municipaux CGTM-SOEM se sont mis en grève illimitée depuis le mardi 19 novembre. Leurs revendications concernent principalement l’amélioration des revenus et des salaires des agents de la fonction publique territoriale et tout spécialement les employés de catégorie C, personnels d’exécution, qui représentent plus de 70% des agents. Conformément à l’accord signé le 10 mars 2009, à l’issue de la grève générale de février 2009, ils réclament une évolution de leur carrière prenant en compte leur ancienneté et la dispense d’avoir à passer un nouvel examen professionnel pour passer de l’échelle 3 à l’échelle 4 dans la catégorie C. Pour cela, les agents veulent que soit pris en compte le retard considérable avec lequel les plans de titularisation ont été mis en place, au mépris des textes réglementaires. En effet, certains d’entre eux n’ont pu être titularisés qu’après 20 à 30 ans de travail, en passant un premier examen. Entre temps, les textes organisant le déroulement des carrières ont été modifiés et il leur faut passer un nouvel examen, alors même qu’ils sont en fin de carrière. Autre conséquence : la plupart des agents de catégorie C se retrouvent avec une pension de misère de 400 ou 500€ par mois, après avoir travaillé toute une vie dans les municipalités.
Dès le premier jour, la mobilisation était forte et de nombreux services tournaient au ralenti ou étaient carrément bloqués. Services techniques, médico-sociaux, et particulièrement ceux des cantines, garderies, gardiens des écoles, étaient touchés. Une manifestation de plusieurs centaines d’agents a eu lieu dans les rues de Fort de France. Les grévistes se sont rendus à la préfecture pour interpeller le représentant de l’État. Puis ils se sont fait entendre lors d’une réunion plénière du Conseil Régional. Ils ont obtenu que les élus votent une motion de soutien, invitant les parlementaires à défendre auprès du gouvernement leurs revendications, «compte tenu des spécificités martiniquaises».
Au moment où nous écrivons la grève se poursuit. Le vendredi matin, la colère est montée d’un cran lorsque le directeur général des services de la commune de Rivière Salée a agressé avec son véhicule un gréviste, le blessant aux jambes. Les agents mobilisés se retrouvent au Centre de gestion de la fonction publique territoriale qu’ils occupent. Des réunions sont néanmoins prévues lundi avec le conseil du Centre de gestion et avec les parlementaires.
Les grévistes restent très déterminés.
 
DH : Fin de la grève des agents municipaux
À la suite de leur réunion avec le conseil d’administration du Centre de gestion de la fonction publique territoriale et avec les parlementaires, les grévistes ont signé un protocole d’accord et de fin de conflit le lundi 25 novembre en fin de journée. Ils ont obtenu des garanties sur l’examen professionnel permettant le passage de l’échelle 3 à 4 des agents de catégorie C et sur les ajustements de salaires qui vont avec. 

Guadeloupe: Marie-Galante : Hôtel Kawann Beach : Le CGOSH et l’entreprise gestionnaire condamnés à payer les salaires

Zoom Les Prud’hommes de Pointe-à-Pitre ont condamné solidairement le CGOSH et l’entreprise gestionnaire de l’hôtel Kawann Beach de Marie-Galante à payer les salaires des 23 pères et mères de famille sans revenus depuis mai 2013.
C'est un juge professionnel qui a tranché après plusieurs mois de rebondissements juridiques.
 Depuis mai de cette année, les salariés ne sont ni licenciés, ni payés ! Ils étaient aussi dans l’incapacité de s’inscrire à Pôle Emploi pour percevoir des allocations car aucun document légal de licenciement ne leur avait été remis. Le jugement est sans ambiguïté : il fait obligation aux employeurs de payer de mai 2013, date de l’arrêt du paiement des salaires, jusqu’à la date du jugement intervenu ce 26 novembre, mais aussi à partir du 26 novembre, car les employés sont toujours salariés du Kawann Beach Hôtel.
Le jugement dit aussi que l’appel n’est pas suspensif ce qui signifie que les salaires doivent être payés même si les employeurs font appel. Les salariés ont, tout au long de la procédure, dénoncé leur situation. Ils ont organisé des manifestations de solidarité et médiatisé leur combat. La médiatisation autour de leur mobilisation n’est sans doute pas étrangère à la décision du juge. Pour les organisations syndicales, la CGTG et l’UGTG, qui gèrent le CGOSH paritairement avec le patronat, ce jugement est un véritable camouflet d’autant que les Lurel et consorts n’ont pas hésité à utiliser la juste lutte de ces salariés pour déconsidérer les organisations syndicales dans l’opinion.
Le CGOSH a d’ores et déjà décidé de faire appel de ce jugement. Mais pour les employés, c’est une première victoire.

Bookmark and Share
Bookmark and Share