Site

CO de 2018/CO n° 1193 du 24 février 2018/Quatrième page

Quatrième page

États-Unis :17 morts dans une école en Floride

Traduction d’un article du journal communiste (trotskyse) The Spark, proche de Combat ouvrier, paru le 19 février dernier.

Dix-sept lycéens et enseignants sont morts, abattus dans leur école à Parkland, en Floride. Le tireur, Nikolas Cruz, a donné auparavant de nombreux signes de sa dangerosité. Il avait publié sur You Tube, l’an passé, sous son propre nom, son intention de devenir « tireur professionnel dans les écoles. » Cette publication fut transmise au FBI, mais ils ont dit qu’ils avaient été incapables d’identifier qui l’avait postée. Le 5 janvier dernier, un de ses proches a rapporté que Cruz avait « une envie de tuer » et qu’il pourrait être en train de préparer une attaque contre une école. Là encore, le FBI n’a pas enquêté.

La police elle aussi connaissait Cruz. Elle passait régulièrement chez lui, alors qu’il n’avait pas de casier judiciaire. Il avait fracassé la caravane d’un voisin avec des clubs de golf, piqué du poisson dans le bassin d’un autre voisin, il s’était battu avec le nouveau copain de son ex- petite amie. Le shérif du comté de Broward a dit que plus de 20 appels concernant Cruz étaient parvenus à son bureau ces dernières années. Clairement, aussi bien le FBI que la police locale n’ont pas perçu les signes annonçant que Cruz allait exploser. Certains sont allés jusqu’à dire que, si le FBI avait réagi plus tôt, le massacre aurait pu être évité. Peut-être. Mais le nombre de fusillades dans les écoles a explosé, laissant les gens incapables de comprendre si et comment elles peuvent être évitées.

Depuis que 20 élèves de CP et six adultes ont été tués à l’école élémentaire de Sandy Hook dans le Connecticut en 2012, il y a eu plus de 200 fusillades dans des écoles et plus de 400 personnes ont été tuées. Après cette toute récente fusillade en Floride, celle tristement célèbre de Columbine ne fait même plus partie des dix plus mortelles de l’histoire récente des États-Unis. Comment le FBI aurait-il pu arrêter tout cela ? En arrêtant tous les gens à propos desquels ils ont un tuyau ? Tous les malades mentaux ? Le FBI se focalise sur le « grand » terrorisme qui sert à justifier les guerres des États-Unis. Et ils ont une longue pratique de poursuite contre les gens qui tentent de s’organiser contre la brutalité de la société. Ni les flics, ni le FBI n’ont de réponse face aux fusillades d’écoles, à la violence dans les quartiers et dans nos maisons – le véritable terrorisme que vit la population.

Nikolas Cruz a grandi entouré du filet de sécurité que constituait une personne – sa mère. Il était déjà perturbé auparavant, mais quand elle est décédée en novembre dernier, les voisins ont rapporté que son état avait dramatiquement empiré. L’isolement et la démoralisation de jeunes comme Cruz, dans une société remplie de violence mais qui manque d’un élémentaire filet social de protection, conduisent à des centaines de meurtres et de suicides chaque année, en plus des fusillades de masse. Ces problèmes exigent une solution sociale à grande échelle. Dans une société organisée par la population pour répondre à ses besoins, nous pourrions trouver des moyens d’intervenir quand les gens empruntent le chemin de la violence. Mais aujourd’hui, nous sommes englués dans cette société capitaliste en décadence, avec un appareil d’État qui n’offre aucune protection. Notre seule chance est de veiller les uns sur les autres et de nous mobiliser pour nous protéger.  


Afrique du Sud : Des leaders noirs au service de la bourgeoisie

Depuis le 15 février, Cyril Ramaphosa est le nouveau président de l’Afrique du Sud. Son élection fait suite à la démission forcée de Jacob Zuma, épinglé dans un scandale de corruption et de plus en plus haï par la population pauvre.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2009, Jacob Zuma a fait l'objet de plusieurs enquêtes pour détournements de fonds publics. En 2013, il avait utilisé 20 millions d’euros pour rénover sa résidence. Dans le récent scandale, il est accusé d’attribuer des marchés publics en échange de pots de vin à un clan de capitalistes présents dans les mines et les chemins de fer.

Dans les années 60, Jacob Zuma était un militant anti-apartheid. Il a été emprisonné durant 10 ans à Robben Island aux côtés de Nelson Mandela. Il a gravi les échelons dans l’ANC (Congrès national africain), le parti de Mandela qui dirige le pays depuis 1994. Durant son mandat, Zuma a poursuivi l’œuvre de l’ANC depuis son accession au pouvoir, c’est-à-dire servir les grands capitalistes des mines et mettre au pas les travailleurs noirs et la population pauvre. C’est d’ailleurs avec son accord qu’en 2012, les forces de police ont assassiné 34 mineurs grévistes à Marikana. L’Afrique du Sud est le pays le plus inégalitaire du monde. Un régime dans lequel 10% de la population détient 60% des richesses ne peut tenir que par la terreur exercée contre les travailleurs et les pauvres. Cyril Ramaphosa, fraîchement élu, prétend vouloir « renverser le cours de la corruption » et non la supprimer.

Ramaphosa devrait lui-même expliquer comment, après une enfance dans un bidonville de Soweto, il détient aujourd’hui une fortune de 400 millions d’euros. Ramaphosa était aussi un militant anti-apartheid et proche de Mandela. En 1982, il fonde le Syndicat national des mineurs (NUM). Ce syndicat va se développer très vite et compter 300 000 mem-bres. En 1987, ce sont les grandes grèves des mineurs dirigées par Ramaphosa qui ont achevé le régime de l’apartheid. Ce leader syndicaliste va grimper dans l’appareil de l’ANC et devenir un riche homme d’affaires. Durant la grève des mineurs de Marikana en 2012, c’est en tant qu’administrateur du géant minier Lonmin qu’il a appelé les forces de police à massacrer les ouvriers grévistes. Les travailleurs Sud Africains ont montré ces dernières années que le massacre de leurs frères de Marikana n’a pas ébranlé leur combativité. Les principaux mouvements se déroulent dans les mines et les services publics. Face à la corruption dans les syndicats, le nombre de grèves « sauvages » a aussi augmenté par rapport aux mouvements « légaux » contrôlés par les syndicats. La classe ouvrière d’Afrique du Sud n’a rien à attendre de Ramaphosa qui s’est montré capable de la faire fusiller. Les travailleurs ne doivent compter que sur eux-mêmes pour défendre leurs intérêts !


Dans les entreprises

Échos du CHU (Martinique)
Côté moyens, la situation reste sombre

Même le président de la Fédération des médecins de France, estime qu’« on amuse la galerie » et regrette la faiblesse des moyens annoncés : « 100 millions d’euros par an, quand on va encore dépenser 400 millions d’euros pour améliorer l’informatique hospitalière afin de faciliter la communication entre la ville et l’hôpital, c’est insupportable »… Autant dire, qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de ce plan. Vu la situation à l’hôpital, c’est comme qui dirait « du foutage de gueule » !

Chantiers en lutte (Martinique)
Des patrons bluffeurs

Ces patrons hypocrites qui déclarent : « Notre métier est en danger, nos emplois en danger » : ce n’est que du bluff. Parce que c’est le patronat lui-même qui a « dicté » les ordonnances Macron. Elles lui donnent la liberté de licencier quand il veut ou d‘embaucher quand il veut avec des contrats précaires, même si ces exploiteurs font des bénéfices. Nous, travailleurs, n’avons aucun intérêt à soutenir les patrons


Haïti : Deux incendies catastrophiques à Port-au-Prince

Deux incendies ont frappé les marchés en une semaine, montrant l’incurie de la mairie.

Dans la nuit du 12 au 13 février, une partie du marché Hyppolite, dit « marché en fer », à Port-au-Prince, a été ravagée par un incendie. Une cause avancée serait la propagation du feu depuis des détritus en flamme. Les pompiers, mal équipés, ont du batailler avec les moyens du bord pour bloquer la propagation du feu. La halle des produits alimentaires et textiles a été totalement dévastée. Pour les marchandes c’est une nouvelle catastrophe, leur fond de commerce est détruit. Pour se constituer un stock, elles se sont endettées auprès d’usuriers avec la perspective de rembourser sur le produit des ventes.

Le maire de Port-au-Prince a lancé la chasse au coupable, alors que le responsable c’est lui. La mairie n’a pas assuré la voirie dans l’aire du marché Hyppolite après sa reconstruction suite au tremblement de terre de 2010, laissant le champ libre à une nouvelle catastrophe.

Un deuxième incendie s’est déclaré dans le marché du Port dimanche 18 février. Un accident serait en cause dans le départ du feu. La carence des moyens de lutte a été mise évidence de nouveau et les marchandes ont perdu tous les textiles stockés. Les dirigeants de la mairie de Port-au-Prince ne se soucient pas de la sécurité des marchés, ni de l’entretien du réseau d’eau, ni de la salubrité. Ils appliquent la politique du gouvernement de Jovenel Moïse, pas de service pour le public, tout pour le privé. Cette même politique au service des riches explique l’absence de routes, d’électricité, d’eau, ou que la santé, l’éducation ne soient accessibles qu’aux riches.


Oxfam et le scandale sexuel en Haïti

Des responsables de l’organisation humanitaire Oxfam sont accusés d’avoir engagé de jeunes prostituées haïtiennes en 2011.

Oxfam est une organisation non gouvernementale (ONG) basée en Grande-Bretagne qui mène des missions humanitaires dans des pays dévastés par des guerres, des catastrophes naturelles ou par la pauvreté.

Après le séisme du 12 janvier 2010 qui a dévasté une partie d’Haïti, Oxfam y a envoyé des équipes. C’est à cette occasion que des responsables ont utilisé des jeunes filles haïtiennes pour animer des soirées d’orgies dans des maisons et des hôtels payés par Oxfam. Le Directeur d’Oxfam lui-même fait partie des mis en cause dans cette affaire. Quand les faits ont été révélés en 2011, il n’y a pas eu d’enquête officielle. Le nom des coupables n’a pas été publié. Oxfam s’est contenté de licencier quatre employés et trois autres ont démissionné.

Aujourd’hui, la direction d’Oxfam présente ses excuses alors qu’elle s’était arrangée pour étouffer le scandale. Ce n’est pas le seul scandale de ce genre dont des membres de cette ONG sont coupables : des responsables d’Oxfam sont accusés d’avoir commis les mêmes faits au Tchad, dans le sud Soudan et au Libéria. Certains avaient simplement été déplacés et ont recommencé dans d’autres pays.

Ces gens profitent de la grande misère qui règne dans les pays pauvres pour se livrer au trafic sexuel. Dans les ONG, il y a des personnes sans scrupules qui profitent de la vulnérabilité d’enfants pauvres. Tout ça avec l’argent public et les fonds récoltés pendant les campagnes de dons.


Bookmark and Share