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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1190 du 6 janvier 2018/Troisième page

Troisième page

États-Unis: Donald Trump amuse la galerie

« Le mien est plus gros que le sien, et en plus il fonctionne ». Ces propos consternants ne sont pas sortis d’une cour de récréation, ce sont ceux de Donald Trump lorsqu’il a comparé début janvier le « bouton nucléaire » des États-Unis à celui de la Corée du nord. Une fois de plus, Trump s’est montré vantard et grossier. Cela n’a surpris personne. Mais il est choquant de le voir exercer sa bouffonnerie habituelle à propos de l’armement nucléaire, l’un des plus graves dangers qui pèse sur la survie même de l’humanité. Les États-Unis sont les seuls à avoir utilisé la bombe atomique, sur les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki en 1945. Encore aujourd’hui, la population de ces régions en paye le prix.

Trump prétend qu’il ne faisait que répondre au dirigeant de la Corée du nord. Mais comment comparer les capacités de destruction de la première puissance mondiale aux quelques missiles du régime nord-coréen ? Trump lui-même a qualifié la Corée du nord de pays « appauvri et affamé ». Mais ce pays n’est que le résultat de la rivalité des États-Unis avec l’URSS de Staline dans les années 1950, qui avait plongé la Corée dans la guerre et abouti à la partition du pays. Derrière les rodomontades ridicules de Donald Trump, la menace que fait planer l’impérialisme nord-américain sur l’ensemble de la planète est bien réelle.     


France: PSA vers une suppression massive d’emplois

La direction de PSA (Peugeot société anonyme) a convoqué pour le 9 janvier les syndicats de l’entreprise pour négocier sur la rupture conventionnelle collective. Ces patrons de l’automobile n’ont pas perdu de temps : le décret qui autorise une telle rupture du contrat de travail date à peine du 22 décembre dernier. Jusqu’ici, la rupture conventionnelle pouvait se faire au niveau individuel.

Le nouveau décret issu de la loi travail en autorise le caractère collectif, ce qui peut permettre à la direction de procéder à une vague de suppressions d’emplois de façon accélérée. PSA n’a pourtant pas attendu que le gouvernement Macron lui déroule le tapis rouge pour licencier. Depuis des années, le groupe supprime en moyenne 3000 emplois par an. Depuis 2012, près de 25 000 emplois en CDI ont été supprimés. Le but recherché est de se débarrasser des CDI pour les remplacer partiellement par des intérimaires, donc de précariser l’emploi pour avoir des travailleurs corvéables à merci.

Le groupe PSA a réalisé un bénéfice record en 2016 : 2,15 milliards d’euros. En mars 2017, le groupe a racheté la division européenne de Général Motors : marques Vauxhall et Opel. Pour l’année 2018, il a prévu de sortir 500 000 véhicules dans son usine de Sochaux. Augmenter les cadences et le temps de travail sans payer les heures supplémentaires lui permet d’augmenter ses profits.

Avec l’appui de la justice, il s’en prend aux travailleurs les plus combatifs qui contrecarrent ses plans. Le 20 décembre 2017, neuf salariés de PSA Poissy dont huit délégués CGT ont été condamnés chacun à cinq mois de prison avec sursis et à 11 000 euros d’amende. Le délit : avoir voulu discuter avec le directeur dans son bureau, entretien qui a duré 17 minutes !

Ces travailleurs ont fait appel. À PSA comme ailleurs, le patronat soutenu par le gouvernement est à l’offensive. Mais une riposte collective des travailleurs pourrait bien rabattre leur arrogance.


Il y a 100 ans: le 6 janvier 1918, l’État soviétique de Russie dissout l’assemblée constituante

Cette décision marquait une rupture avec la manière bourgeoise d’organiser la société, où la démocratie officielle permet de masquer le pouvoir des riches. En février 1917, les travailleurs russes avaient renversé le régime tsariste, dans lequel les nobles et les capitalistes opprimaient les paysans et les travailleurs. Les pauvres de Russie réclamaient« le pain, la paix et la terre ».

Dès cette première révolution les ouvriers, les soldats et les paysans pauvres avaient constitué des soviets (conseils, en russe). C’étaient des assemblées populaires où les gens se réunissaient par usine, par village, ou par régiment.

Ils y choisissaient des représentants chargés de défendre leurs intérêts. Ces élus étaient révoqués lorsqu’ils ne respectaient pas les mandats donnés par leurs électeurs. Au fur et à mesure, le parti bolchévique est devenu majoritaire dans les soviets.

En parallèle, les capitalistes avaient formé un gouvernement provisoire. Ce gouvernement a été modifié plusieurs fois au cours de l’année 1917. Mais à chaque fois il préservait les intérêts des riches. Les patrons continuaient de profiter de la guerre pour s’enrichir. Les nobles qui possédaient les terres continuaient d’exploiter des domaines gigantesques sans se soucier de la famine qui menaçait les villes et les campagnes.

Il y avait une situation de double pouvoir. Le gouvernement provisoire promettait depuis février d’organiser des élections pour une assemblée constituante. Cette assemblée serait chargée d’écrire une constitution et de créer un État moderne semblable aux démocraties d’Europe. Mais ces élections étaient sans cesse repoussées, et la vie des classes pauvres ne cessait de se dégrader. En octobre 1917, les ouvriers et les paysans ont chassé le gouvernement provisoire et décidé que tout le pouvoir passait aux soviets. Le nouveau régime a immédiatement mis fin à la guerre, et a autorisé les paysans à s’emparer des terres des grands propriétaires.

L’élection de l’assemblée constituante a fini par avoir lieu, quelques semaines plus tard. Mais la révolution russe avait franchi en octobre une nouvelle étape. La Constituante était une tentative de remettre un pouvoir bourgeois en face des soviets. Le parti qui est sorti vainqueur des élections était le parti socialiste-révolutionnaire, le plus populaire chez les paysans. Ce parti s’était coupé en deux au cours des événements. L’aile droite dirigeait le gouvernement provisoire, qui venait d’être renversé par les soviets. Dans les soviets, l’aile gauche soutenait les bolchéviks. La victoire électorale des socialistes révolutionnaires n’avait donc plus de sens dans cette nouvelle situation. Le pouvoir des soviets a organisé les élections, y compris en y accordant le droit de vote aux femmes, ce qui était pratiquement unique à l’époque. Mais lorsque l’assemblée constituante s’est réunie le 5 janvier 1918, elle a refusé de reconnaître les mesures prises pour la paix et la répartition des terres. Le nouveau gouvernement a donc décidé de dissoudre l’assemblée dès le lendemain, le 6 janvier 1918.

Cette dissolution a été dénoncée comme étant la preuve que le nouvel État créé par les ouvriers et les paysans pauvres était une dictature. En réalité, elle a révélé que le pouvoir avait vraiment changé de mains en Russie, et que les soviets n’accepteraient pas d’y renoncer pour satisfaire les politiciens et les classes riches.


Première guerre mondiale Guadeloupéens et Martiniquais dans la première guerre mondiale

Nous débutons avec cet article une chronique sur les troupes noires pendant la grande guerre. Elle paraîtra ensuite sous la forme de courts articles dans chaque numéro jusqu’à la conclusion.

La première guerre mondiale a fait des millions de morts, de jeunes soldats ont servi de chair à canon. Les colonisés qui ne bénéficiaient pas toujours des droits de citoyens français vont être sollicités pour « mourir pour la France ». Les Guadeloupéens et Martiniquais n’ont pas échappé aux efforts et sacrifices exigés par la guerre.

Les ressortissants de la Guadeloupe et la Martinique, comme ceux de la Guyane et la Réunion, jusqu’en 1913 ne sont pas astreints au service militaire. Les grands propriétaires terriens békés veulent garder la main d'œuvre. Cette dernière travaillait et vivait dans des conditions proches de celles de l’esclavage. Malgré une citoyenneté française sur le papier, la misère fait des travailleurs des colonisés à part entière. Les conditions de vie misérables sont à l’origine de la vague de grèves en Guadeloupe en 1910 dans les plantations et les usines sucrières où la répression fit dix morts.

La grande grève du François en 1900 en Martinique est encore dans les mémoires. (À suivre dans le prochain numéro)  Artilleurs martiniquais dans l’Oise en 1916


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