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CO n°7

Editorial HAUSSE DES PRIX : UNE PROVOCATION CONTRE LES TRAVAILLEURS Une série d’augmentations en chaîne des prix vient de se déclencher. Le pain a augmenté de 15 %, le poisson de 10 %, les transports de 20 %, les loyers de la S.I.G. (Société immobilière de la Guadeloupe) de 10 % ; et la série n’est peut-être pas close. C’est une véritable provocation contre les travailleurs. Déjà, ces derniers avaient bien du mal à envoyer leurs enfants en classe, à cause de la cherté des transports, mais ils auront encore plus de difficulté maintenant à les nourrir : 60 centimes la baguette ; pour une famille de cinq enfants, il faut compter un minimum de trois baguettes, donc 180 centimes par jour de pain uniquement, ajouté aux 5 francs minimum par jour de transports, aux légumes, aux vivres pour les deux repas quotidiens, au prix des fournitures scolaires. On est alors en droit de se poser la question : comment réussissent-ils à vivre ? Eh bien, c’est simple, beaucoup trop simple. Ils se privent, d’un peu de tout, de poisson, de pain, de transports, de la dose quotidienne de calories et de vitamines nécessaire à un épanouissement normal. Ainsi, les enfants auront encore plus de mal à travailler, ils continueront à somnoler de fatigue à l’école. Quant à l’augmentation des loyers de la S.I.G., qui touchera toutes les grandes cités, surtout Raizet, elle fait monter le prix d’un F 3 de 170 à 187 francs. Pour des salaires de 600 à 800 francs, c’est énorme. Dans ce cas, comme pour le pain, c’est la Préfecture qui, directement, cautionne ou fixe l’augmentation et montre par là qu'elle est ici le plus fort soutien des grosses sociétés immobilières dont les P.D.G. empochent chaque mois des profits toujours plus grands et augmentent leurs privilèges exorbitants (voitures, chauffeur, essence, loyer, voyages payés, etc.). Quant aux augmentations du poisson, des transports, elles ont été décidées par les syndicats corporatistes de ces secteurs, car les membres de ces secteurs eux-mêmes sont acculés. Ils subissent en effet une pression écrasante du fisc et de l’augmentation régulière des produits de première nécessité. Les taxes, impôts, rôles (pour la pêche) augmentent régulièrement, les amendes pleuvent pour un oui pour un non (surtout pour les transporteurs). Les pneus, l’essence, la vignette, le fil de fer pour les nasses, tout cela est très cher. C’est donc l’Etat qui est directement responsable de cette hausse du coût de la vie, conséquence de l'augmentation des taxes et impôts de toutes sortes. Il faut que cela cesse. Les travailleurs n’accepteront pas éternellement de se priver, de « vivoter », dans l’angoisse des fins de mois et des jours sans pain. Ils réagiront contre l’Etat capitaliste et colonial. Ils sauront bien le détruire et le remplacer un jour par un Etat qui saura nourrir tout le monde, ce que le capitalisme n’est pas capable de faire. Ils sauront mettre en œuvre les ressources existant sur place afin que toute la population travailleuse soit nourrie au moins décemment. Pour cela, il sera nécessaire que les centaines d’hectares de terres appartenant à des gros propriétaires capitalistes soient transformés en zones de cultures vivrières. Et cela ne sera possible qu’après la suppression par un moyen ou un autre de l’Etat colonial qui nous opprime et protège le luxe insolent des riches. MARTINIQUE : Agression policière contre les grévistes de la Caisse Centrale Depuis plus de trois mois, le personnel de la Caisse Centrale de la Martinique est en grève. C’est en effet le 12 juillet que le personnel avait entamé le mouvement avec le syndicat F.O., pour faire aboutir les revendications suivantes : — L’attribution du même statut que celui de leurs homologues parisiens, leur alignement sur la fonction publique. — Un planning des rémunérations, des indices des promotions, administrés de façon anarchique jusque-là. — La mise sur pied d’une convention collective (le personnel étant actuellement à la merci d'un règlement intérieur pondu par la direction). Et, en tout, onze points revendicatifs relatifs aux conditions de travail, à la discrimination raciale, etc. Depuis des années, en effet, une discrimination scandaleuse règne à la Caisse Centrale, les cadres « métropolitains » bénéficiant d’avantages exorbitants, par rapport à leurs collègues martiniquais, par exemple : — Congé en France de deux mois tous les dix mois, avec passage en première classe pour toute la famille. — Prime d’équipement et de « vaisselle » chaque année. — Loyers payés. — Paiement par la Caisse des produits quotidiens d’entretien et de ménage. — Transport et essence payés. PREMIERE OCCUPATION La direction s’était toujours opposée à l'établissement d'une convention collective, ainsi qu’à toute revendication quelle qu’elle soit. La grève avait donc éclaté, suivie d’une première occupation des locaux, le 14 septembre, par les employés. Un délégué de la direction de Paris fut dépêché en Martinique, muni de «pleins pouvoirs ». En fait, devant toutes les questions cruciales soulevées par les délégués syndicaux, cet envoyé répondait qu’il n’était pas en son pouvoir de négocier telle ou telle revendication. Aucune satisfaction ne fut accordée au personnel. DEUXIEME OCCUPATION Devant cette situation, les employés réoccupèrent les locaux, le 12 octobre. Le soir, les grévistes (en majorité des femmes, certaines avaient leurs enfants avec elles), furent menacés par un émissaire des Renseignements généraux. A 23 h, c’est l’agression. Les flics locaux s’acharnent sur les grévistes, tabassant femmes, enfants à tour de bras. Immédiatement après, et devant l’émotion ressentie par la population, différentes organisations de gauche (P.P.M., P.C.M., U.J.C.M.) et syndicats organisèrent une campagne de protestation et un meeting le 20 octobre contre la brutalité policière et les atteintes aux droits syndicaux. Le meeting réunit une très nombreuse assemblée. L’OPPOSITION SYSTEMATIQUE DE LA DIRECTION La veille du meeting, le 19, une commission de conciliation composée de délégués de la direction et de délégués des employés s’était réunie et avait ajourné ses travaux. La plate-forme soutenue par le syndicat F.O., contenant onze points revendicatifs, était présentée comme condition de la reprise du travail. Mais quant au point le plus important, la question de la convention collective ou du statut, la direction ne voulut pas la discuter ; il en est de même pour le paiement d'un mois de grève réclamé par les employés et pour la fixation de la date d’application le 1er janvier 1972 alors que la direction le demande pour juillet 1972. A l’heure qu’il est, les employés de la Caisse Centrale ne sont pas prêts à céder. Ce n’est pas pour des miettes qu’ils tiennent depuis plus de trois mois. Ils ont été soutenus pendant leur grève par d’autres catégories de travailleurs qui se sont même mises en grève par solidarité, comme les employés de banque, les travailleurs du garage Renault. Ils doivent bénéficier du soutien d’autres catégories pour qui leur combativité servira d’exemple. ­SOPICO : Les belles promesses n'étouffent pas Pravaz Déjà en février, au moment de la grève des ouvriers du bâtiment, la direction de la Sopico avait promis des augmentations... La seule chose que les ouvriers aient récolté ce fut le licenciement de quatre d'entre eux. Ensuite, elle leur a fait le coup des primes à l’occasion de la construction d’un chaland de grande capacité. Les ouvriers, non seulement ont repris le travail, mais ont fait des heures supplémentaires alors que la vague de grèves continuait. A la fin de l’ouvrage, en guise de prime, leur directeur se prélassant en France, leur adressa le télégramme suivant : « Bravo, le chaland est à la mer. Mes remerciements à tous »... Ces jours derniers, quelques ouvriers de l’atelier Dubouchage avaient été déplacés vers Baie-Mahaut pour une réparation à entreprendre sur ce même chaland. Un certain nombre de problèmes se posaient, notamment pour la nourriture, car les ouvriers étaient tenus de rester sur le chantier. Les travailleurs, excédés, faisaient alors un projet de revendication d’une prime de 300 francs, mais, manquant d’organisation, ils finirent par abandonner. Si les directions syndicales s’étaient occupées de monter une section comme elles doivent le faire depuis si longtemps, les travailleurs auraient pu apprendre à se défendre contre la rapacité et la malhonnêteté de leur directeur. Ce n’est que ces jours-ci que la C.G.T.-F.O. a envoyé un délégué. Reste encore à organiser la section et à faire appel effectivement à tous les travailleurs, car seul un syndicat combatif, s’appuyant sur tous pourra leur permettre de remettre Pravaz à sa place et l’obliger à mettre en pratique ses promesses. PAGE 2 SHAB (PETIT-BOURG) : Licenciement d'un ouvrier combatif Depuis la fin juillet et pendant tout le mois d’août, SHAB, entreprise chargée d'effectuer des travaux de canalisations d’eau, avait licencié un grand nombre de travailleurs, au moins une trentaine, sur quatre-vingt. Le prétexte était comme d’habitude qu'il n’y avait pas de travail. Mais, alors que l’entreprise licenciait, elle embauchait en même temps des travailleurs comme tâcherons pour ne pas les payer en tant qu'ouvriers. Pourtant, ils font le même travail que les ouvriers qu'elle a licenciés. C'est ainsi qu’un camarade, ouvrier plombier, qui travaillait chez SHAB, avait été licencié dans la foulée, mais lui c’était à cause de ses opinions politiques et syndicales. Dernièrement, le camarade apprit que SHAB réclamait des plombiers et d’autres travailleurs ; il s’est présenté à l'embauche, au chef de chantier. Ce monsieur lui fit comprendre qu’il ne savait même pas qui s’occupait de l'embauche, alors que c’était lui qui avait embauché le camarade auparavant. Le camarade attendit donc le chef suprême (le directeur) ; ce chef, qui est nouveau, ne savait nullement ce qui s’était passé et il répondit qu’il y avait effectivement du travail. Le chef de chantier rétorqua alors : « On n’embauche pas ce type-là ». Le camarade en colère fit une intervention devant l’ensemble des travailleurs qui étaient là et expliqua pourquoi la SHAB l’avait licencié et ne voulait pas le réembaucher. Le chef de chantier ne voulut pas le laisser s'exprimer, mais il arriva à s'imposer malgré tout avec l’accord de tous les travailleurs. Voilà ce qu’est la SHAB. Pour peu qu’on ait des opinions qui déplaisent à la direction, on se voit jeter à la rue. Pourquoi la SHAB agit-elle de la sorte ? C’est pour empêcher les travailleurs de s'organiser. Si la SHAB licencie des travailleurs révolutionnaires, c’est parce qu’elle sait qu’ils pourraient entraîner les autres et que lorsque les travailleurs sont unis, ils peuvent devenir une grande force. Travailleurs de SHAB, ne vous laissez pas faire, montez une section syndicale solide et combative qui vous permettra d’arracher quotidiennement vos droits et de faire plier les patrons de SHAB. MARTINIQUE : LUMIERE SUR LA MORT D'UN DOCKER Dans notre dernier numéro, nous parlions de la mort d’un docker du port de Fort-de-France, provoquée par l’incurie de la Transat. Nous publions une lettre adressée au journal Justice (P.C. martiniquais) par un docker, témoin de l’accident : « Le mardi 14 septembre 1971, je suis embauché à la cale n° 4, partie arrière du cargo anglais « Discoverer ». En arrivant à la cale, j’aperçois une galiote séparant le premier faux-pont du deuxième faux-pont, et demande, sans résultat, qu’elle soit enlevée pour la sécurité du travail. Vers 10 h 10, la marchandise étant épuisée au faux-pont n° 2, nous passons au fond de cale où nous trouvons trois quartiers de panneaux. Deux de ces trois panneaux sont enlevés. Etant le seul professionnel de l’équipe, je demande une nouvelle fois d’enlever la galiote ainsi que le troisième quartier de panneau. Un membre de la coopérative de M. Guilloubly, qui passe pour chef de cale, refuse de satisfaire à notre demande. Ardes et moi décidons alors de faire notre palanquée, mais avec l’intention de ne la livrer que si la galiote et le quartier de panneau sont enlevés. Entre-temps, on fait descendre le palan avec la patte à galiotes afin d'enlever les galiotes du fond. Alors que Ardes et moi sommes en train de placer le premier sac d’engrais sur l’élingue, j’entends un cri : « Attention en bas ! ». Je me précipite sous la partie protégée du fond de cale et quand j’en ressors, je vois Ardes étendu, la galiote sur le cou. Aussitôt la galiote est soulevée et le corps dégagé. L'insécurité du travail venait de faire une nouvelle victime. » Cette fois-ci encore, il s’agit d’un véritable assassinat ! Les responsables resteront sûrement impunis, alors que de malheureux jeunes croupissent des mois en prison, pour avoir volé simplement une tranche de jambon ou une chemise dans un magasin quelconque. Seule l’action unie des travailleurs pourra mettre fin à ces assassinats « légaux » en exigeant que les conditions de sécurité soient les meilleures possibles. Henri BULVER ECHOS ECHOS ECHOS ECHOS ECHOS ECHOS Chlorex : à travail égal, salaire égal Décidément, la direction de CHLOREX n’hésite devant aucune méthode pour mieux nous diviser. On ne nous paie pas en fonction de notre travail, car il y a deux salaires : un pour les hommes, un pour les femmes, et cela bien que le personnel féminin fasse les travaux les plus salissants. Nous ne devons pas accepter cette mé­thode de division. Exigeons un salaire égal pour tous. Car après tout, les augmentations du pain, poisson, etc... ce sont tous les travailleurs qui les subissent, hommes ou femmes. A travail égal, salaire égal. Chlorex : Face à la vie chère, la direction doit nous augmenter La plupart d’entre nous habitent loin de CHLOREX et nous devons quatre fois par jour prendre un transport en commun, car en 'plus î! n’y a pas de cantine... Nous ne pouvons pas tenir avec les salaires de misère qu’ils nous donnent. Nous devons exiger 1.200 francs par mois ; c’est un minimum pour que nous résistions aux augmentations. Quand la municipalité « démocratique » de Pointe-à-Pitre licencie Quelques travailleurs de la municipalité de Pointe-à-Pitre viennent de recevoir une lettre de préavis les informant qu’à compter du 1er janvier « elle se verrait dans l’obligation de se passer de leurs services ». La raison invoquée : « La réorganisation des services municipaux ». Ce n’est pas la première fois que cela se produit. En effet, depuis la prise de la municipalité par le Parti communiste, environ une trentaine de travailleurs municipaux se sont vu mettre à pied et ce, toujours pour la sempiternelle réorganisation de services. A croire que plus que toute autre administration, la municipalité de Pointe-à-Pitre comprend un nombre si grand de services qu’il lui est difficile de définir leurs prérogatives une fois pour toutes, ou encore, que celle-ci se trouve contrainte de créer régulièrement des services nouveaux, chaque fois que le maire ou ses conseillers ont un des leurs ou un fidèle à caser. Il semble qu’il faille plutôt retenir la seconde hypothèse car, comme un fait exprès, les licenciements ont été presque toujours suivis de recrutement et les licenciés sont constamment de ceux qui, pour une raison ou une autre, ont élevé la voix pour dénoncer certaines anomalies de fonctionnement ou certaines injustices de la part de la municipalité. Pareille attitude n’a point l’heur de plaire aux Bangou et autres Geniès. Et dans ce cas-là, comme dans les précédents, le processus conduisant au renvoi a été le même : l’intéressé reçoit d’abord une lettre de sa cellule (car très souvent, le travailleur municipal est membre du P.C.G.) lui apprenant qu’il n'en fait plus partie et ce n’est que quelques mois après, que la municipalité l’informe de sa mise à pied... Et pour cela, tous les prétextes sont bons : tel travailleur est accusé d’être paresseux, tel autre a pu se voir qualifier de « traître »... Traître à quoi ? On se le demande, car s’il y en a de vrais, ce n’est certainement pas au sein des salariés de la ville qu’il faut les chercher mais bien parmi ceux qui prétendent défendre l’intérêt général de tous les travailleurs et qui n'hésitent pas à se moquer de celui des propres gens qu’ils emploient... Les inculpations se poursuivent Dans la série d'inculpations qui visent syndicalistes, journalistes, dirigeants d’associations étudiantes, jeunes ayant soutenu activement les grèves de cette année, le directeur du 10 Janvier, organe du Mouvement du 10 Janvier, mouvement martiniquais de jeunes lycéens et travailleurs, est poursuivi pour injures et diffamation à l’égard de la gendarmerie et injures publiques envers Messmer. La justice coloniale a bien deux poids et deux mesures. Un directeur de journal est poursuivi pour des pecadilles, pendant ce temps les assassins de Gérard Nouvet, jeune lycéen tué lors du passage de Messmer, courent toujours. Martinique : Aux P.T.T., à propos d’une grève, un exemple de solidarité des employés martiniquais et français Aux services radio-électriques des P.T.T., le personnel martiniquais est entré en grève devant le refus du chef de centre de régler un certain nombre de difficultés qui avaient provoqué la colère des employés ces derniers temps. Quelques jours avant, ce chef de centre n’avait pas pris la menace de grève au sérieux et avait fait pression sur les employés avec menaces et intimidations à l’appui. Des employés français se sont solida­risés avec leurs camarades et se sont mis en grève. C'est un fait rare. Car en général les fonctionnaires français qui travaillent aux Antilles font leurs les préjugés colonialistes et manifestent plus souvent leur antipathie que leur sympathie aux travailleurs du pays. Mais cet exemple montre que cela n’a rien de définitif et d’absolu. La solidarité de classe a été plus forte que les préjugés. Il est bon de le souligner. Petit-Bourg : eau, subvention pour les riches et rien pour les travailleurs Depuis le mois de mai 1971, l'entreprise SHAB est chargée de faire des embranchements d’eau à Petit-Bourg. Il existe une subvention pour les 500 premiers clients. Elle s’élève à 450 F. C'est- à-dire qu'au lieu de payer 800 F, ils n’en payeront que 350. C’est la commune qui doit répartir cette subvention. Mais, en fait, ce sont tous les gens riches et aisés de Vernou qui ont été comme par hasard les premiers 500 clients et qui donc ont été subventionnés. Il suffit de faire un tour à Vernou pour s’apercevoir du scandale. Les travailleurs qui habitent dans les quartiers pauvres et au Petit-Bourg n'ont rien vu de cette subvention. S'ils veulent de l’eau, ils doivent passer directement par la' société et payer non plus 800 F mais 900 F maintenant. Qu'est-ce que cela veut dire ? Que le maire s’affirme représentant du peuple lorsqu’il a besoin d’un mandat électoral, mais lorsqu’il s’agit de choisir entre les pauvres et les riches, ce sont ceux-là que la municipalité de Petit-Bourg défend. Nous savons que certains habitants de Petit-Bourg ont obtenu la subvention après entrevue avec le maire (à condition d'avoir « bien » voté lors des dernières élections). Faudra-t-il donc que nous allions le «voir» tous ensemble pour la lui réclamer ? PAGE 3 PROTESTATIONS CONTRE L’ARBITRAIRE QUI FRAPPE “ COMBAT OUVRIER ” Conférence de presse à Paris Les quatre premiers numéros de Combat Ouvrier sont toujours retenus à l’aéroport du Raizet au mépris non seulement des libertés démocratiques les plus élémentaires, mais en violation même de la légalité. Sans qu’aucune mesure d’interdiction n’ait été prise à rencontre de notre journal, l’envoi normal de notre journal de l’imprimerie parisienne aux Antilles, est toujours interdit de fait. Pour continuer notre campagne de protestation contre cet arbitraire, nous avons organisé le vendredi 5 novembre une conférence de presse où étaient présents MM. Mayer, de la Ligue pour la défense des droits de l’homme, Guérin, auteur entre autres des « Antilles décolonisées », Bergeroux, journaliste au Monde, Gentot, secrétaire du Syndicat des journalistes, Hardouin, de l’Agence France Presse, enfin des camarades de la Ligue communiste et de Lutte Ouvrière. Nous avons montré que le cas de Combat Ouvrier n’était pas unique en son genre, et que toutes les libertés, et celle de la presse en particulier, étaient journellement bafouées aux Antilles. MM. Mayer, Guérin, et Gentot, qui ont pris successivement la parole, ont protesté contre la mesure prise à l'encontre de Combat Ouvrier, car toute entrave aux libertés, si minime soit-elle, doit être dénoncée si l’on ne veut pas se retrouver un jour sans liberté du tout. Nous tenons à remercier vivement tous ceux qui, par leur présence, ont montré qu’ils s’associaient à notre combat, pour la défense de la liberté d’expression. AIR FRANCE GREVE EN MARTINIQUE ET EN GUADELOUPE Martinique Le personnel d'Air France est entré en grève pour une durée de quatre jours à partir du lundi 25 octobre. Il s'agit d'une « grève d’avertissement » pour protester contre les discriminations scandaleuses, tout comme à la Caisse Centrale, entre personnel martiniquais et personnel français. En effet, de nombreux cas de discrimination sont à signaler. Alors que le personnel français à la Martinique est logé et meublé aux frais de la Compagnie, qu’il touche une prime d’éloignement, qu'il a 45 jours de congé par an avec voyage payé par la Compagnie et place réservée, l'antillais n’a que 28 jours de congé et doit payer son billet 70% du tarif normal. Chaque année, le personnel français passe à l'échelon supérieur, alors que l'antillais attend 4 ans ou 7 ans pour monter d’un échelon. C’est une politique de discrimination orchestrée de toutes pièces par la direction d’Air France. Non seulement elle prive le personnel antillais de nombreux avantages, mais elle contribue à diviser personnels français et antillais. Si le personnel d'Air France doit lutter pour que les avantages soient les mêmes pour tous, il ne doit pas tomber dans le piège de la direction qui veut créer une situation raciale qui empêchera toute lutte d’ensemble de se développer. Les employés d'Air France doivent expliquer la situation aux collègues français et les amener à lutter à leurs côtés. Guadeloupe L’intersyndicale C.G.T.G. - F.O. d'Air France de Pointe-à-Pitre a lancé un mot d'ordre de grève de 48 heures, les mercredi 27 et jeudi 28, pour appuyer la revendication des 40% de vie chère accordés aux travailleurs de la fonction publique. Il est vrai que, jusqu'à présent, le salaire de base étant très faible, Air France, voulant paraître grand seigneur, accorde une prime de vie chère de 3% à 14%, ce qui aboutit tout simplement à verser un salaire moyen en ayant l'air de faire un cadeau. Mais les travailleurs ne sont pas dupes et sont décidés à lutter pour obtenir une prime égale à celle de leurs camarades de la Fonction publique. Meeting des autonomistes à Paris Le 22 octobre, il s’est tenu à la Mutualité, à Paris, et en présence de trois cents personnes environ, un meeting d’information organisé par les organisations autonomistes antillaises, guyanaises et réunionnaises. Ce meeting avait pour but de donner un compte rendu des travaux de la convention du Morne Rouge qui a eu lieu en Martinique, du 16 au 18 août dernier. Rappelons que les promesses de Messmer, ministre des D.O.M. avaient entraîné des remous dans les milieux politiques desdits D.O.M., et que les partis et organisations des pays concernés s’étaient réunis en Martinique afin d’élaborer un projet de statut qu’ils se proposaient de soumettre au gouvernement français. Le meeting du 22 octobre à Paris, donna l’occasion à certains vieux chevaux de retour, de venir une fois encore, gesticuler dans l’arène politique. Ainsi, après le président de l’U.G.T.R.F. (Union générale des Travailleurs réunionnais en France) et le représentant du F.J.A.R. (Front de la Jeunesse autonomiste réunionnaise) qui ont brossé un sombre tableau de la situation économique, politique et sociale de la Réunion, Maître Hermantin s'exprima au nom du R.E.G. (Regroupement de l'émigration guadeloupéenne). Il insista surtout sur les violations des libertés publiques aux Antilles. Nous eûmes alors droit à une bonne heure d’exposé, par Maître Manville, représentant du R.E.M. (Regroupement de l’émigration martiniquaise) qui nous détailla le contenu économique de la déclaration finale de la convention. Et, en particulier, il nous expliqua ce que serait « l’aide globale ». D’après lui, ce serait une aide financière que le gouvernement accorderait (!) aux autorités locales de ces îles autonomes, ceci sous forme globale, afin qu’il leur appartienne d’en disposer librement. Maître Manville termina son exposé en précisant que les autonomistes avaient jugé la voie électorale comme la meilleure leur permettant d’atteindre leur but. On en vint ensuite au vote de la motion clôturant la convention, et celle-ci fut adoptée par la majorité des votants. Beaucoup se sont cependant abstenus. A signaler que le président de séance n’a pas daigné répondre à la question d’un auditeur qui lui demandait : « quelle place » les autonomistes entendaient-ils «réserver dans leur motion à la lutte des classes » ? C’était une question bien embarrassante pour ces messieurs ! ECHOS ECHOS ECHOS Pour un moment de fatigue, les P.T.T. licencient un travailleur antillais Il y a de cela une quinzaine de jours, un camarade du Centre de tri P.L.M. (Paris) s’est vu licencié. Pour quel motif ? Le camarade était « de nuit ». Mais il arriva que, à 1 heure du matin, un chefaillon le découvrit en train de dormir dans le chauffoir. Et ceci a suffi pour que notre camarade se voit privé de son gagne-pain. Mais l'Administration, lorsqu'elle sanctionne la fatigue d'un camarade avoue du même coup la difficulté et la trop grande durée du travail. Car ce n’est que comme cela que peut s'expliquer le « coup de barre » de notre camarade. Quant au chefaillon qui a joué les mouchards il risque de se rendre compte rapidement que ni lui ni l'Administration des P.T.T. ne l'emporteront en paradis. Licenciements de travailleurs réunionnais à Simca-Chrysler Après la dénonciation par le mensuel Combat Réunionais, journal de tendance autonomiste, de la surexploitation dont sont victimes les travailleurs réunionnais de SIMCA-CHRYSLER, le patronat ne tarda pas à réagir. Il s’en est suivi, en effet, une série de licenciements sous des formes plus ou moins déguisées. Environ une vingtaine de travailleurs réunionnais furent victimes de cette répression. Celle-ci toucha, comme par hasard, ceux d’entre eux qui se sont montrés les plus actifs dans leur tentative d’organisation face à l’exploitation. Certains furent licenciés purement et simplement sous des prétextes divers. D’autres, logeant dans des foyers sous-loués (ou plus ou moins contrôlés) par SIMCA, foyers où l’hygiène et le confort ne sont pas de règle (9 travailleurs dans un F3) se sont vus du jour au lendemain privés de chauffage, de gaz... Ils ont donc été obligés de s’en aller, leur situation étant devenue insupportable. Cela équivaut en fait à des licenciements. Motion des douaniers antillais au congrès de la C.G.T. Au dernier congrès de la C.G.T., à Divonne, des douaniers antillais ont fait voter en faveur du personnel originaire des D.O.M., une motion portant sur les quatre points suivants : 1) CONGE : Ils ont demandé de pouvoir bénéficier tout comme leurs camarades métropolitains, de quatre mois de congé tous les deux ans. 2) Ils revendiquent également une autorisation d'absence de dix jours en cas de décès d'un proche ou de mariage avec réduction de 50% sur les frais de voyage. 3) MUTATION : Ils exigent l'abrogation immédiate de l'ordonnance du 15 octobre 1960. Et ils dénoncent les enquêtes policières effectuées sur les douaniers antillais qui désirent retourner travailler aux Antilles. 4) INDEMNITE : ils demandent une fois de plus la disparition de la discrimination qui existe sur le plan social. L’initiative de nos camarades douaniers militant à la C.G.T. est très valable et nous pensons qu'ils auront à cœur de populariser leurs revendications parmi l’ensemble du personnel antillais et qu’ils sauront trouver la sympathie et le soutien de leurs camarades français. PAGE 4 ESPAGNE : Du plomb pour les travailleurs... mais Franco ne perd rien pour attendre Le conflit entre la direction des usines nationales SEAT (construction automobile) et les travailleurs a débuté en juin dernier. La direction avait alors décidé de passer en équipe de nuit 20 ouvriers travaillant de jour. Pour elle, il n’était pas question de revenir sur sa décision et, pour les travailleurs frappés par cette mesure arbitraire, encore bien moins question de l’accepter. Rapidement, une partie importante des travailleurs de la SEAT entreprit une grève de solidarité qui dura une semaine. A la suite de cette action, la direction licencia 23 ouvriers. Le tribunal du Travail qui fut saisi de cette affaire décida que la direction devait soit réembaucher, soit indemniser les ouvriers licenciés. Celle-ci ne donnant aucune suite aux décisions judiciaires, 9 des ouvriers reprirent leur travail le 18 octobre. Là, la direction sut réagir promptement. Aussitôt elle leur donna l'ordre d’évacuer les lieux. D’un commun accord, les 7.000 ouvriers de l’usine débrayent et décident d'occuper, pour que leurs camarades restent à leur poste. D’importantes forces de répression sont mises en place et chargent brutalement. Les ouvriers répondent en envoyant des barres de fer, des boulons, des bidons d’essence enflammée. Pendant 4 heures ce fut une véritable bataille rangée à l'intérieur de l'usine. Pendant ce temps des milliers d’ouvriers de la SEAT manifestaient dans le centre de Barcelone. Finalement, la police réussit à « rétablir l’ordre » : un ouvrier blessé grièvement par balles, des matraquages, des ouvriers déférés devant les tribunaux militaires, etc. Malgré cela, les ouvriers n’étaient pas vaincus. Le mardi suivant, 10.000 d’entre eux se mettaient en grève pour protester contre l’intervention policière à l'intérieur de la SEAT. Les ouvriers espagnols subissent de façon continue la sauvagerie du gouvernement franquiste. Dernièrement encore, le 13 septembre, un militant ouvrier qui distribuait des tracts devant une usine était lâchement assassiné. Quelques mois avant, c'est à Grenade qu'une fusillade avait éclaté contre les ouvriers mais chaque jour la résolution du prolétariat espagnol se fait plus grande. Bien que jusqu’à présent la grève soit illégale en Espagne, c’est tous les mois qu’éclatent des conflits importants : les mineurs des Asturies sont en grève depuis le 1er octobre. En 1936, la révolution espagnole a été écrasée. Les ouvriers, privés de direction révolutionnaire ont laissé la direction de leurs luttes à des démocrates bourgeois. Le parti communiste espagnol en particulier est passé avec armes et bagages dans le camp des représentants républicains de la bourgeoisie. Suivant la politique de « Front populaire » de Staline, il mit tout son poids en balance pour empêcher le mouvement ouvrier de se séparer de la bourgeoisie républicaine. Quant au mouvement anarchiste, puissant en Espagne, par ses hésitations, par son refus de conduire le prolétariat à la prise du pouvoir politique — quand ce n’était pas par trahison de classe — il n’a pas été capable non plus d’être une direction révolutionnaire valable. A cause de l’absence de direction révolutionnaire, l'armée put écraser complètement le mouvement et Franco prit le pouvoir. La classe ouvrière espagnole brisée, décimée, fut réduite au silence. Mais SEAT, comme la succession de grèves, de manifestations, d'affrontements de toutes sortes depuis une dizaine d’années, montre que le temps du silence est clos. Le prolétariat espagnol a, de nouveau, engagé la bataille. La Chine à l'O.N.U. Ainsi la motion albanaise demandant l’admission de la Chine populaire et l’expulsion de Formose des organismes de l’O.N.U. a obtenu la majorité requise des deux tiers. Et la Chine de Mao, après un peu plus de vingt-deux ans de mise à l’index, peut prendre possession d’un siège à l’O.N.U. Ce siège qui, jusqu’alors, était occupé par les représentants de Formose, cette île de 14 millions d’habitants où Tchang Kaï-chek s’était réfugié en 1949 après la victoire de l’armée de Mao Tsé-toung. Une victoire pour Mao ? Un succès peut-être, en ce sens que cela fait vingt ans que le régime maoïste réclame à cor et à cri son acceptation à l’O.N.U. Ses vœux sont exaucés. Ils le sont, parce que les Etats-Unis ont changé de politique à son égard. Car, hormis les aveugles, personne ne s’y trompe ; quand bien même cette année encore les Américains ont voté contre la résolution albanaise, c’est tout de même leur changement de politique, spectaculairement souligné par l’annonce du voyage de Nixon à Pékin, qui a rompu l’ostracisme contre la Chine qu’ils avaient imposé vingt-deux ans durant. Et ce changement de la politique américaine à l’égard de la Chine s’explique à son tour, en fin de compte, par l’héroïque combat du peuple vietnamien. C’est parce que les Etats-Unis sont incapables de l’emporter militairement, qu'ils ont choisi la voie de la solution négociée au Vietnam ; et ‘c’est parce qu’ils veulent régler du même coup tous leurs problèmes dans cette région du monde qu’ils ont choisi de traiter avec la puissance dominante là-bas, la Chine. L’admission de la Chine à l’O.N.U., une victoire pour les travailleurs ou pour les peuples opprimés ? Certainement pas. D’abord parce que, en tout état de cause, l’O.N.U. n’est pas faite pour défendre les peuples opprimés, mais tout au contraire, pour avaliser la politique d’oppression des grandes puissances. Au sein de l’O.N.U., que Lénine aurait certainement qualifiée comme l’ancienne S.D.N. (Société des nations), d’antre de brigands, les Américains ont toujours imposé leur volonté. C'est ainsi que l’O.N.U. vota l'envoi d’un corps expéditionnaire américain en Corée en 1952 ; c'est cette même O.N.U. qui joua le rôle essentiel, dans l'affaire congolaise lors de la sécession du Katanga au cours de laquelle Lumumba fut assassiné. Et c'est encore l'O.N.U. qui s'est déclarée incompétente, ou a refusé de traiter de la question algérienne, qualifiant la guerre d’Algérie d’affaire intérieure à la France. On voit bien que le qualificatif « d’antre de brigands » lui convient parfaitement. Cependant, les marxistes ne s’étonnent guère du fait que les dirigeants chinois et ceux se réclamant de la pensée de Mao Tsé-toung, poussent des cris de victoire lorsque l’impérialisme américain consent enfin à laisser une petite place à la Chine dans « l’antre des brigands ». Car, ni avant, ni après son admission à l’O.N.U., la Chine ne s’est jamais préoccupée réellement du sort des peuples opprimés ou des travailleurs, mais exclusivement de ses intérêts nationaux. Quand ses intérêts diplomatiques ne s’y opposent pas, elle est prête à faire des déclarations platoniques en faveur des peuples opprimés, à voter des «motions de soutien ferme et résolu». Cela ne lui coûte rien et lui permet de soigner sa popularité à bon compte. Mais dès qu’un Etat, fût-il une dictature sanglante,, lui montre quelque complaisance, la Chine oublie le peuple pour soutenir le dictateur. Qui a pu oublier comment la Chine a sacrifié le peuple bengali, comme plus généralement les travailleurs pakistanais, au nom de l'amitié envers le sinistre Yahia Khan ? A plus forte raison, la Chine n'est d’aucun soutien réel pour les peuples opprimés qui se battent pour leur émancipation. Elle a laissé massacrer sans broncher des dizaines de milliers de communistes indonésiens (pourtant pro-chinois) et elle n’a pas manifesté la moindre indignation devant la sanglante répression au Soudan. Soucieuse de ses intérêts nationaux et d’eux seuls, la Chine, bien que se disant « communiste », bien que dénonçant la trahison des soi-disant « communistes » du Kremlin, n’a jamais cherché à créer une Internationale révolutionnaire pour donner aux travailleurs du monde entier, une organisation de combat. Il y a là un monde de différence entre l’attitude des bolchéviks en Russie après octobre 1917, et l’attitude des maoïstes après 1949 ou après leur rupture avec l’U.R.S.S. Lorsque les bolchéviks prirent le pouvoir en octobre 1917 en Russie, malgré leur faiblesse matérielle et la guerre civile qu’ils devaient mener contre l’intervention des puissances impérialistes, l'une des premières tâches qu'ils s’occupèrent de remplir fut la construction de l’internationale communiste, incarnation de leur internationalisme. Bien sûr, l’Union soviétique de Brejnev n’a plus grand-chose à voir avec l'Union soviétique de Lénine. Moscou n’incarne plus en rien la révolution prolétarienne. Les travailleurs dans leur combat l'état soviétique. Mais ils ne peuvent pas plus compter sur l’Etat chinois. S’ils veulent se battre efficacement, s’ils veulent construire des organisations révolutionnaires, ils doivent se débarrasser de toute illusion à l’égard de l’un comme à l’égard de l’autre. Le P.C.G. et la justice bourgeoise en Guadeloupe L'administration n'influence nullement le déroulement des affaires judiciaires. C’est en vertu de la séparation des pouvoirs... » On croirait lire une déclaration de Marcellin, premier flic de France, ou une tirade de Pleven, ministre de la Justice, ou encore un cours d’un professeur de la Faculté de droit. Il n’en est rien. Il s’agit tout simplement du numéro de l’Etincelle daté du 16-10-71. C’est ainsi que l’organe du P.C.G., dans un éditorial, conçoit la justice bourgeoise. Tout en laissant entendre qu'il ne faudrait pas croire cette indépendance « inviolable », l'éditorialiste de l’Etincelle en fait un principe. A croire que l'indépendance de la justice est la règle, battue en brèche uniquement dans des cas rares. Alors que c’est bien le contraire qui existe. Il n’y a pas d'indépendance de la justice. Une justice indépendante au-dessus de toutes les contradictions de la société, une justice impartiale, C'est à croire que les rédacteurs de l’Etincelle n’ont rien appris des enseignements de Marx et de Lénine sur la nature de l'Etat en général, et de l’Etat bourgeois en particulier. Marx dit dans La guerre civile en France : « Le pouvoir centralisé de l’Etat avec ses organes partout présents : armée permanente, police, bureaucratie, clergé et magistrature, organes façonnés selon un plan de division systématique et hiérarchique... ». En clair, cela signifie pour nous que la magistrature, au même titre que la police et l'armée, fait partie des organes de l’Etat que celui-ci soit bourgeois ou féodal. Ce sont des instruments aux mains de la classe dominante pour lui permettre d'opprimer les autres classes de la société. On ne peut comprendre que des gens se réclamant du marxisme croient à cette phrase creuse de « la séparation des pouvoirs » dans la société bourgeoise. A moins que le rédacteur de l’article en question ne soit un de ces avocats, membres du P.C.G., « profession oblige », prenant son rôle au sérieux. En tout cas, à l'heure où des milliers de spectateurs applaudissent ou viennent applaudir des films tels que Sacco et Vanzetti et Les assassins de l’ordre, nous espérons que le P.C.G. ne convaincra personne de « l'indépendance de la justice ».