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CO de 2017/CO n° 1186 du 4 novembre 2017/Quatrième page

Quatrième page

Martinique : La saga du TCSP

Année après année, mois après mois, la saga du TCSP (Transport collectif en site propre) du centre de la Martinique et de ses BHNS (Bus à haut niveau de service), continue. Les 14 bus devant circuler sur une ligne reliant les terminus de Carrère à Ducos ou de Place Mahaut au Lamentin à celui de La Pointe Simon, au centre de Fort-de-France sont toujours à l’arrêt.

Actuellement les intervenants dans le financement, la gestion et l’exploitation de ce transport sont Martinique-Transport (établissement public chargé du transport en Martinique) présidé par Alfred Marie-Jeanne, et jusqu’au 31 décembre, la CACEM, (Communauté d’agglomération des communes du Centre de la Martinique). La CFTU (Com-pagnie foyalaise des transports urbains) est la société qui assure la délégation de service. Mais, loin de chercher à œuvrer pour la mise en route de ce nouveau transport collectif, les élus qui sont membres des conseils d’administration de ces organismes passent leur temps à « se tirer dans les pattes » et ainsi à tout faire pour retarder le démarrage.

La population est de plus en plus éberluée de la désinvolture des élus qui gèrent ce dossier. D’autant qu’elle se retrouve doublement victime de ce qui, après plus de dix ans, relève de l’incurie. D’abord, elle reste privée de transport en commun fonctionnel et se trouve régulièrement coincée dans des embouteillages sans nom. En second lieu, elle doit commencer à rembourser les lourds emprunts d’investissements faits par les collectivités pour le TCSP sans pouvoir en jouir. À cela viendront s’ajouter des frais pour compenser le déséquilibre budgétaire prévu pour le fonctionnement des bus. Martinique-Transport, organisme de la CTM concernant le transport, a déjà voté une hausse de la part transport de la taxe sur la consommation (TSC) de 3 à 7%. Elle vient d’augmenter aussi la taxe transport payée par les entreprises de plus de 11 salariés. Le dernier épisode a été celui de la « marche à blanc » de mars à fin août 2017 pour tester le circuit, les installations, les véhicules et leurs conducteurs spécialisés sur ce matériel. Il a duré cinq mois. Puis… tout est à nouveau à l’arrêt. Aucune date de mise en service commercial pour la population n’a été annoncée. Pour se montrer préoccupé devant un nouveau retard au démarrage, Alfred Marie-Jeanne, président de Martinique Transport, a demandé à la CACEM, contrôlée par une majorité d’opposants à Marie-Jeanne, de reprendre la marche à blanc... avec des passagers mais GRATUITEMENT, à partir du 2 octobre, jusqu’au démarrage commercial… Belle aubaine pour la population !

Mais bien sûr, la CACEM, avec les élus de l’opposition EPMN-Ensemble pour une Martinique nouvelle, a vite rétorqué que les marches à blanc n’étaient même pas encore financées… En tout cas, malgré l’accord donné par le préfet pour cette marche à blanc avec passagers et gratuitement, les bus sont bel et bien restés à l’arrêt. Et la date de leur mise en fonctionnement n’est toujours pas connue. Nouvel épisode des petits règlements de compte entre élus, au détriment des intérêts de la population !


Les profiteurs !

Quand des hôtels ferment comme, à l'époque, le Leyritz ou le Méridien, les investisseurs récupèrent leurs billes, tandis que les salariés perdent leur gagne-pain. Le service TCSP (Transport en commun en site propre - sorte de tram) est inutilisé, raide dans son immobilité, mais il a déjà fait le beurre de nombreuses entreprises du BTP et de la multinationale Vinci. Et nombreux sont les laissés-pour-compte qui continuent à galérer sur les routes, faute d'une organisation convenable des transports en commun.  


Dans les entreprises

Écho de l’aéroport
(Guadeloupe) SAGPC : Nagapin éjecté de son fauteuil… la culture n’est plus ce qu’elle était ! Beaucoup d’entre nous à la SAGPC sont toujours sous statut CCI. Celle-ci a procédé à la réélection du bureau et du président et le sortant, Nagapin, a effectivement été sorti. Celui qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux pour avoir insulté une déléguée croyait pourtant dur comme fer à sa réélection. Il a affirmé lors d’une interview qu’il avait proféré « l’injure nationale » parce qu’il était un « homme de culture » ! Vial-Collet : on ne gagne pas au change Son successeur Vial-Collet, venu du MEDEF, n’est pas pour autant un petit saint. Dans le secteur de l’Hôtellerie et du Tourisme, il a manifesté de nombreuses fois sa hargne à l’égard des travailleurs et de leurs revendications. Sa première déclaration en tant que président, cette semaine, a été pour condamner le mouvement des marins-pêcheurs. Ceux-ci ont obtenu gain de cause, alors ça nous donne de bonnes idées.

Écho de Pôle emploi
Vous avez dit « compétence » ? Comme c’est bizarre ! Pour mettre l’équipe informatique à l’étau, le DR leur a imposé un nouveau chef en mettant l’ancien cadre au placard. À ce qu’il paraît, c’est à peine si le nouveau sait ce que c’est qu’un réseau !

Pawol a travayè banann
SA Bois-Debout : Ti-Dormoy a des choses à apprendre À chaque fois que le délégué syndical parle aux camarades, Block de Friberg rapplique. Il essaye de se mêler de la discussion, mais on a surtout l’impression qu’il est comme un enfant jaloux et qu’il voudrait bien que les camarades l’écoutent comme ils écoutent Albert. Sans vouloir le vexer, c’est pas gagné pour lui ! Un préfet avec de bonnes intentions ? On verra…

Le 16 octobre, quarante camarades ont rencontré le préfet pour exiger l’arrêt des licenciements et l’application des accords que les planteurs refusent de respecter. Il a déclaré qu’il était favorable à ce que les accords signés soient appliqués.  


Catalogne : Indépendance ou pas, c’est la bourgeoisie qui gagne !

Après plusieurs mois de bras de fer entre les dirigeants catalans et l’État central espagnol, Carles Puigdemont, le chef du gouvernement catalan, a proclamé l’indépendance de la Catalogne le 27 octobre. La Catalogne est une région d’Espagne. Elle est autonome mais reste rattachée à l’État espagnol.

Les chefs indépendantistes du gouvernement catalan ont organisé un référendum le 1er octobre dernier pour consulter la population sur l’indépendance de la Catalogne. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, le jugea illégal et réagit violemment : répression de la police, arrestations, mises en examen. Finalement, ce référendum a mobilisé 43 % des 5,5 millions d’électeurs catalans. Ils votèrent à 90 % oui à l’indépendance. Même si la majorité des Catalans n’y a pas participé, pour les indépendantistes ce fut une démonstration de force.

Le 27 octobre dernier, le gouvernement et le Parlement catalans ont proclamé l’indépendance immédiate et la mise en place d’une république catalane. En réponse, Rajoy a annoncé la destitution du gouvernement catalan et la mise sous tutelle de la région jusqu’à de nouvelles élections, le 21 décembre prochain.

Les tensions entre indépendantistes catalans et dirigeants espagnols ne datent pas d’hier. Durant la dictature du général espagnol Franco, de 1939 à 1975, les Catalans étaient opprimés, comme d’ailleurs le reste des Espagnols. Ils n’avaient pas le droit de parler catalan et étaient réprimés pour cela. Même après la fin de la dictature, le mépris de l’État espagnol a continué envers ces populations régionales. C’est ce qui a alimenté le sentiment d’oppression nationale parmi une partie du peuple catalan.

Depuis la crise économique de 2008, le mécontentement des Catalans contre l’État central espagnol s’est aggravé. Comme dans toute l’Espagne, les gouvernements qui se sont succédé ont mis en place des mesures d’austérité pour forcer la population à payer la crise : coupes budgétaires dans les services publics, hausse de la précarité.

Les chefs indépendantistes catalans en ont profité pour remettre la question de l’indépendance sur le tapis, comme solution à tous les problèmes. Mais c’est une voie de garage pour les classes populaires car à la tête du mouvement indépendantiste catalan se trouve une partie de la petite bourgeoisie catalane qui veut simplement être maîtresse de sa propre république. Les travailleurs et la population pauvre n’ont rien à attendre de ces dirigeants nationalistes et indépendantistes. L’indépendance ne résoudra pas la question de l’exploitation et de la misère. Comme si l’exploitation et la misère deviendraient plus douces avec des exploiteurs catalans !

Les travailleurs conscients ne peuvent être solidaires ni des indépendantistes ni du gouvernement espagnol. Ces deux camps utilisent le nationalisme pour diviser et mieux régner.

Les travailleurs de toutes ces régions ne doivent pas se laisser diviser car ils font partie d’une même classe sociale qui a des intérêts communs. Tant que la bourgeoisie existera, les travailleurs seront exploités d’où qu’ils viennent sur la planète. Pour que la misère et l’exploitation disparaissent, il faudra se débarrasser de la bourgeoisie et de tous ceux qui la défendent, les Puigdemont et les Rajoy compris.


Raqqa : Défaite des djihadistes, mais pas de la barbarie

 Le 17 octobre, les « forces démocratiques syriennes », qui sont des alliances militaires soutenues par les États-Unis et les autres puissances occidentales ont réussi, après plusieurs mois de guerre à chasser les terroristes de Daesh de la ville de Raqqa, au nord de la Syrie.

Depuis 2014, Daesh avait pris le contrôle de la ville et avait institué un climat de terreur. Il avait organisé un racket, faisant payer aux pauvres gens des taxes exorbitantes.

Les grandes puissances comme les États-Unis ou la France se félicitent de cette victoire sur Daesh. Mais si la situation est aussi chaotique dans cette région du monde c’est justement à cause de la politique de ces États impérialistes. Ils mènent des guerres pour avoir accès au pétrole et au gaz, enrichissant ainsi de grandes entreprises comme le trust pétrolier français Total. L’émergence de Daesh est le résultat de cette politique menée au Moyen-Orient. C’est la population de cette région, prise en otage entre les intérêts des djihadistes et ceux des pays impérialistes, qui en paye le prix.

Ainsi, durant les combats, parmi les 3 250 morts, il y a eu 1 130 civils dont 270 enfants. 270 000 personnes ont fui. À la barbarie des grandes puissances s’est ajoutée celle de Daesh qui n’aurait pas existé sans les guerres des premières.


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