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CO de 2017/CO n° 1186 du 4 novembre 2017/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Justice : Selon que vous soyez...

Le 22 juillet 2016 le sort de la grève du Crédit agricole se décidait, avec le barrage du port et une manifestation des grévistes à travers la zone de Jarry.

Avec quelques camarades de la CGTG dont Jean-Marie Nomertin, son secrétaire général, des travailleurs de l’EDF, d’IDEX en lutte eux-aussi, le port était bloqué. Pendant cette manifestation, un automobiliste aigri a foncé sur deux camarades du barrage. Si Jean-Marie Nomertin a pu sauter et éviter le choc, Jean Marc Berlima accroché par le véhicule a dû sauter sur le capot et, transporté sur une vingtaine de mètres, a été sérieusement blessé. Plus d’un an après il souffre de séquelles.

Depuis plusieurs mois, les deux militants CGTG victimes de l’agression vont d’un tribunal à un autre : l’accusé ne se présente pas ou le tribunal n’est pas compétent. Un procès a enfin été fixé au lundi 30 octobre. Première aberration, Jean Marie Nomertin est présent mais n’a pas été convoqué. Pendant des heures Jean Marc Berlima, les militants qui l’accompagnent et ses avocats attendent en salle d’audience : pas de juge, l’accusé lui, est dans le bureau du juge avec son avocat. Il bénéficie de la « Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, le C.R.P.C ». Ce type de comparution proposé par Sarkozy concerne les délits mineurs. Ainsi, le chauffard a plaidé coupable et risque… douze mois de prison avec sursis.

L’affaire a finalement été plaidée. Une décision du procureur crée un nouveau problème. Le procureur a ordonné de détruire une vidéo de l’agression ! Incroyable mais vrai ! Les six avocats ont défendu la nullité d’un tel procès et ont montré que dans ce même tribunal la justice rendue dépend essentiellement de la couleur et du porte-monnaie de l’accusé. Le fait que cet accusé, blanc, était employé du riche béké Jean Hayot est mis en parallèle avec les arrangements choquants dont il bénéficie. Le juge ne peut faire son CRPC, il décide d’annuler le procès, précisant qu’il a une seule raison de le faire : on ne pourra pas dire que la justice rendue en Guadeloupe est à deux vitesses. L’agresseur sera donc jugé en tribunal correctionnel. C’est un succès pour les militants et leurs avocats.

Outre la mobilisation et les arguments des six avocats des syndicalistes, la présence des nombreux militants qui ont rempli la salle ou attendu devant le tribunal a compté dans cette décision.


Martinique: Tourisme : des élus aux ordres du patronat

Plusieurs parlementaires, de Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion, demandent à Macron le relèvement du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) pour le secteur du tourisme outre-mer, après les ouragans Irma et Maria.

Le CICE, institué par Hollande, est une subvention versée aux capitalistes. C'est un détournement vers les caisses des patrons de plusieurs milliards d’euros qui auraient dû alimenter la dotation globale de fonctionnement (DGF), ressource importante des collectivités. La conséquence est que ces dernières sont financièrement exsangues.

Et voilà que des élus demandent à Macron de « porter le CICE applicable au secteur du tourisme de 9% à 50% à partir de 2018 /2019 pour 15 ans » car « les élus, investisseurs et professionnels du secteur considèrent en effet qu'il s'agit là de la voie à privilégier pour donner une chance à un tel développement du tourisme en outre-mer »

Ils évitent naturellement de parler de toutes ces structures hôtelières qui ont été créées grâce à la défiscalisation et que leurs propriétaires ont fermées à la fin de la période. L’exemple de l’hôtel Galion à Tartane (Trinité en Martinique) est un bel exemple. L'initiative des « parlementaires et élus » a de toute évidence été téléguidée par des « investisseurs et des professionnels du secteur », les premiers n’étant que les relais des seconds.

Ces élus n'évoquent aucune mesure concrète de lutte contre le chômage, comme l’interdiction des licenciements. La plupart du temps ils sont là pour défendre les intérêts des patrons qui sont les principaux responsables de la crise et les profiteurs du chômage.


Contre « la mort du CHUM » (Centre hospitalo-universitaire de Martinique), mobilisation ! 

Paru dans le bulletin de Combat Ouvrier « Écho des hôpitaux ». Le 26 octobre ont eu lieu dans le hall de PZQ (Pierre Zobda Quitman), un rassemblement et une conférence de presse, pour dénoncer la situation catastrophique du CHUM. Une minute de silence en noir a été observée pour symboliser la « mort » du CHUM. Quelques agents avaient préféré se mettre en rouge pour symboliser la lutte pour s’en sortir. Les représentants des médecins ont déclaré qu’ils sont prêts à agir jusqu’au bout ! Les représentants de trois syndicats présents, CGTM, CDMT et FO, sont solidaires de la dénonciation et feront le point pour une action d’ensemble.


Il y a 100 ans, la Révolution russe
La Révolution transforme la société

Dans les jours qui suivent l’insurrection d’octobre, le gouvernement ouvrier prend une série de mesures qui transforment radicalement la société russe.

« Nous allons maintenant procéder à la construction de l’ordre socialiste ». Tels furent les premiers mots de Lénine, le dirigeant des bolcheviks, au Congrès des soviets – les conseils ouvriers – c’est-à-dire aux travailleurs délégués par leurs camarades de toutes les usines et de toutes les villes de Russie.

Le jour même, la diplomatie secrète est abolie. Tous les accords, toutes les magouilles arrangées entre la Russie et les autres pays sont publiés et diffusés à des milliers d’exemplaires. Les alliés s’étaient mis d’accord pour dépecer les empires ottoman et autrichien en cas de victoire, la Russie prenant la domination de la Serbie, de la Croatie, de la Roumanie, du Nord de la Turquie, de la Pologne tout entière. Désormais, il est hors de question « d’annexer un peuple contre sa volonté ».

Le lendemain, le « décret sur la Paix » annonce que la Russie révolutionnaire se retire de la guerre mondiale et propose à tous les peuples une paix « sans annexions, ni indemnités ». Les pourparlers avec l’Allemagne commencent immédiatement. L’année suivante le conflit s’arrête effectivement sur toute la planète.

Le « décret sur la Terre » affirme que les paysans qui avaient commencé à occuper les terres des grands propriétaires ont raison : la propriété foncière est abolie sans indemnités ni rachat et la distribution des terres est confiée aux soviets de paysans. Le « décret sur le contrôle ouvrier de la production » affirme que les industriels doivent livrer tous leurs comptes au conseil ouvrier de leur entreprise, demander son autorisation pour toute décision qui modifie la marche de l’usine et se soumettre à ses décisions. Le « décret sur les nationalités » renonce à toute forme de domination sur les peuples opprimés de l’empire russe : Polonais, Baltes, Finlandais, Géorgiens, musulmans du sud, Mongols, etc. La peine de mort est abolie.

L’égalité absolue des hommes et des femmes est décrétée, l’homosexualité dépénalisée, l’avortement légalisé, l’union libre autorisée, les grades et hiérarchies abolies, les « pogroms » (les massacres organisés par l’extrême-droite raciste) condamnés, de nouveaux tribunaux démocratiquement élus instaurés… Dans un pays où neuf citoyens sur dix ne savent ni lire ni écrire, une immense campagne d’alphabétisation commence. En 1917, neuf mois de révolution ont fait émerger des conseils élus d’ouvriers dans les usines, de voisins dans chaque quartier de chaque grande ville, de paysans dans chaque village, de soldats dans toutes les armées. Des pauvres et des travailleurs en armes ont formé des gardes rouges qui constituent une nouvelle police contrôlée par la population elle-même. Des clubs, des bibliothèques, des écoles, des théâtres ont été mis sur pied à l’initiative des travailleurs. Les décrets du gouvernement ouvrier ne sont pas des bouts de papiers lancés en l’air, mais des lignes directrices entendues par tous, qui guident le travail de la population mobilisée et pénètrent tous les pores de la société.

À ce moment-là de l’histoire, la Russie passée aux mains des travailleurs est devenue la société la plus profondément démocratique que le monde ait jamais connu.


Guadeloupe: Les 100 ans de la Révolution russe : Une commémoration réussie

Samedi 28 octobre, Combat ouvrier a organisé une manifestation commémorative pour le 100ème anniversaire de la Révolution russe. Entre 15h et 20h30, environ 150 personnes ont participé à différents moments du déroulement. Une série de petits exposés entrecoupés de débats ont permis de mieux connaitre l’origine, le déroulement et les conséquences de cet événement historique sans précédent. Ensuite, un film réalisé à partir d’images d’archives a permis de se plonger au cœur de l’insurrection ouvrière et de l’immense montée en puissance des travailleurs qui les a conduits à la prise du pouvoir. Parmi les participants, des militants du Parti communiste Guadeloupéen et d’autres organisations politiques ont enrichi le débat. Plusieurs jeunes, lycéens et étudiants, étaient présents et sont aussi intervenus. Certains ont affirmé que l’éclairage porté sur la révolution était bien différent de la fausse image d’épouvante qu’en donnent les manuels scolaires de la bourgeoisie. Une table de lecture bien fournie permettait de se procurer des écrits de Lénine, Trotsky et autres ouvrages historiques sur la période. Une partie des débats a porté sur l’importance, 100 ans après les faits, de commémorer la révolution de 1917. Elle nous concerne toujours aujourd’hui, car pour la première fois les travailleurs ont pris le pouvoir. Ils sont parvenus à le conserver durant 6 ans, défendant avec un acharnement farouche leur État ouvrier face à l’agression coalisée des anciens possédants et des puissances capitalistes d’Europe. Si ces travailleurs l’ont fait, ceux d’aujourd’hui en sont évidemment capables, ils sont capables de changer la société. L’étude des événements a aussi montré que pour vaincre, les travailleurs avaient besoin d’une organisation de leur révolution. C’est cette arme indispensable que leur a fourni le parti dans lequel ils ont placé leur confiance, le parti Bolchévik, le parti de Lénine. De même aujourd’hui, quel que soit le pays dans lequel une révolution éclatera, les travailleurs auront besoin de cet instrument, un parti ouvrier révolutionnaire, pour leur ouvrir la voie de la victoire. Combat ouvrier est une organisation de militants qui aspire à créer un tel parti, en compagnie de tous ceux qui sont convaincus de la nécessité de renverser le capitalisme.  


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