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CO de 2017/CO n° 1186 du 4 novembre 2017/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : La détermination des agents municipaux de Schœlcher

Les agents municipaux de la ville de Schœlcher manifestent leur mécontentement et leur exaspération depuis le 12 octobre. Démarrée en l’absence du maire, la grève s’est installée dans les crèches, les services techniques, les cantines.  

Les revendications portent sur les conditions de travail : manque de matériel dans les crèches et les structures scolaires, mais aussi sur des questions d’effectifs : non remplacement des agents en congé, mais aussi conditions d’application d’un accord de titularisation signé en avril 2017.

Le maire Luc Louison Clémenté, membre d’EPMN (Ensemble pour une Martinique nouvelle, regroupement de partis emmené par le PPM), s’affirme partisan du dialogue social. Mais à son retour, il a tout de même pris les grévistes de haut. Il qualifiait le mouvement de « politicien » et trouvant qu’il durait un peu trop, il entreprit même avec un groupe d’élus d’enlever les barrages de palettes installés par les grévistes devant certains établissements.

Les négociations, engagées le 25 octobre, ont été suspendues le vendredi 27. Le clash avec le maire a eu lieu sur le nombre des titularisations et le paiement des jours de grève. En effet les grévistes, (majoritairement à FO) n’entendent pas être pénalisés pour les deux semaines de grève qu’ils ont du faire afin d’obliger le maire à trouver des solutions à leur problème de souffrance au travail. Ils veulent aussi obtenir certaines améliorations de l'accord proposé concernant le nombre de titularisations. Ils montrent leur détermination et le dimanche 29 octobre ils ont tenu une réunion pour s’adresser aux parents d’élèves. Un nouveau rendez-vous a été fixé avec le maire le lundi 30 octobre.  


Guadeloupe: Marins-pêcheurs, une mobilisation réussie !

Lundi 23 octobre, très tôt le matin, les marins-pêcheurs ont placé des barrages sur les principaux axes routiers, comme les ponts de la Gabarre et de l’Alliance. Ils ont aussi bloqué le chenal de Pointe-à-Pitre où des bateaux n’ont pas pu circuler.

Ils réclamaient une indemnisation suite aux pertes causées par les cyclones et une indemnisation pour les professionnels qui ne peuvent plus pêcher dans les zones polluées au chlordécone. Ils avaient d’autres points de revendication, notamment la restructuration du secteur de la pêche et ils demandaient des mesures d’aides pour leur désendettement.

On ne peut que saluer cette mobilisation, car les marins-pêcheurs ont bloqué l’économie pendant toute une matinée. Leurs difficultés financières ainsi que leurs souffrances ont été largement relayées par les médias. Ils ont réussi à se faire entendre auprès des autorités. Le préfet et les deux collectivités locales, la Région et le Départements, ont été obligées de s’asseoir autour d’une table pour négocier. Si les marins-pêcheurs ont obtenu quelques engagements, ils le doivent à leur mobilisation. Cependant ils restent vigilants sur les applications.  


Les salariés de Route de Guadeloupe se mobilisent

Le 26 octobre, dès 7 heures du matin, les salariés de Routes de Guadeloupe ont érigé pendant une heure des barrages dans plusieurs communes de la Guadeloupe et à Marie-Galante. Ils réclamaient le paiement des salaires du mois d’octobre. Leurs salaires ont été rejetés par le payeur départemental au motif de l’absence de justificatifs pour certaines primes. Depuis le mois de juillet, ils reçoivent le paiement des salaires en retard. Ils ont aussi mis la pression sur la présidente du Conseil départemental, Josette Borel-Lincertin, qui tarde à mettre en application le protocole d’accord de juin 2017.
Les ouvriers ne veulent pas non plus faire les frais du passage de l’ouragan Maria et ils l’ont fait savoir au préfet qui s’apprête à « faire l’argent tomber dans la poche des planteurs ». Mais eux n’ont droit à rien : certains sont licenciés, d’autres sont mis au chômage partiel avec une diminution de leur salaire. Ils exigent que leur salaire soit maintenu intégralement et qu’il n’y ait aucun licenciement. Les ouvriers ont pu aussi dénoncer les magouilles des planteurs qui veulent se faire indemniser des bananes qu’ils avaient eux-mêmes saccagées volontairement bien avant le passage de Maria. Le préfet a déclaré qu’il fallait lui laisser quelques jours pour analyser la situation avec ses services et les planteurs et qu’il recontactera les ouvriers très prochainement.  


Code du travail : le démantèlement se poursuit

Le projet de décret d’application de l’ordonnance valide la disparition des anciennes instances représentatives du personnel. Ces instances sont remplacées par le Comité Social et Économique (CSE). Cela confirme encore la soumission du gouvernement Macron aux exigences du patronat.  

« On s’attendait quand même pas à une telle baisse, une baisse aussi drastique. Il faut le dire. Aujourd’hui on se doutait que la fusion avait pour objectif de baisser les moyens effectivement, mais pas de cette nature-là ». C’est ce qu’a déclaré un représentant syndical le 25 octobre 2017.

Il a pu en effet constater que le nombre d’élus et d’heures de délégation baisse dans les petites et moyennes entreprises (PME). Mais, vrai ou faux naïf ? Macron n’a jamais fait mystère de ses intentions et de ses objectifs. Il avait annoncé dans sa circulaire de campagne qu’il s’attellerait à une « simplification drastique du Code du travail ».

Le président des riches a donc fait appel à des hommes comme Antoine Foucher, ancien directeur général du Medef et actuel directeur de cabinet de Muriel Pénicaud, ministre du travail, pour exécuter une mission de démantèlement du Code du travail réclamé par le patronat. Et on aboutit effectivement à une « baisse drastique » des moyens de défense – comme les délégués du personnel – qui avaient été reconnus à la classe ouvrière notamment à la suite des grandes grèves de 1936. Les seuls à trouver leur compte dans cette politique, ce sont bien sûr les patrons qui d’ailleurs en demandent encore et toujours plus.


Guadeloupe: Man Soso, une figure du gwoka

Man Soso de son vrai nom Dino Athénaïse est décédée le dimanche 22 octobre à l’âge de 99 ans. Le monde des tanbouyé l’a honorée durant trois jours de veillée. Durant plusieurs années, Man Sosso a organisé des léwoz autour de sa maison à Jabrun Baie Mahault. Ce lieu de rassemblement est devenu populaire et de nombreux tanbouyé comme Carnot, l’on fréquenté. Man Soso s’exprimait par la danse de façon remarquable au son du ka. Son fils Guy Conquête, décédé depuis quelques années, a été un artiste célèbre. Il était chanteur et tanbouyé. Il avait hérité de sa mère cette passion du tambour. Durant les gréves de la canne, au cours des années 1970, de nombreux ouvriers agricoles se rassemblaient à Jabrun. Man Soso ouvrière agricole a vécu toutes les difficultés dans les champs de canne. C’était une femme au caractère bien trempé, une femme combative. Elle a été menacée d’expulsion au cours des luttes menées par les occupants de Jabrun. C’est grâce à sa popularité qu’elle n’a pas perdu ses terres et sa maison. Les soirées de léwoz ont continué à rassembler beaucoup de monde autour de sa maison. Man Soso avait de grandes qualités culinaires. Dans la passé, elle a préparé bénévolement des repas pour les fêtes de Combat Ouvrier. Man Soso fait partie de ceux qui ont revalorisé le gro ka, vu longtemps comme mizik a viè neg et interdite sous l’esclavage et le colonialisme.


Martinique: Sainte-Marie : Bruno Nestor Azérot veut tout !

La population de la commune de Sainte-Marie assiste depuis quelques semaines à un feuilleton bien drôle, entre les notables de la mairie. Ceux-ci se chamaillent depuis le début du mois d’octobre avec le nouveau maire René Vaténar.

Après avoir sollicité l’approbation de la population de sa commune, Bruno Nestor Azérot a été élu député le 18 juin 2017 dernier dans la deuxième circonscription du Nord. Se conformant aux nouvelles règles sur le cumul des mandats, il avait en juillet dernier octroyé sa place de maire à son premier adjoint René Vaténar.

Mais, après deux mois, des dissensions se sont produites au sein de l’équipe municipale. La première adjointe du nouveau maire, madame Elise Diser, reprochait ouvertement à Azérot de rester trop présent dans la mairie (il aurait conservé son bureau et sa voiture de fonction, alors qu’il n’est que conseiller municipal.). Et il était reproché au nouveau maire de laisser faire…

Du coup, 22 élus sur les 30 conseillers municipaux ont boycotté le conseil municipal mercredi 4 octobre. Et les 21 élus ont même menacé de démissionner s’ils ne sont pas entendus, menaçant même de provoquer des élections anticipées. Toutes ces manigances ressemblaient à de la magouille derrière le dos de la population…

Finalement le lundi 23 octobre, René Vaténar s’est exprimé sur les ondes pour déclarer qu’il démissionne de son mandat de maire. Aussitôt lors d’une réunion du Mouvement Initiative Populaire (MIP) dont Nestor Azérot est le fondateur et le président, ce dernier a annoncé à la presse qu’il « mènera la liste lors des prochaines municipales ».

Élections qui auront lieu les 26 novembre et 3 décembre 2017. Il a aussi annoncé que s’il est élu, il cédera son poste de député à sa suppléante Manuella Keclard-Mondésir. Cependant, la population samaritaine n’a pas dit son dernier mot.