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CO de 2017/CO n° 1184 du 23 septembre 2017/Troisième page

Troisième page

France :Manifestation du 12 septembre, une réussite

La mobilisation contre la réforme du travail de Macron a réuni plus de 300 000 manifestants dans toute la France. Des centaines de milliers de salariés faisant partie des organisations syndicales comme la FSU, Solidaires, et des étudiants, ont répondu à l’appel à la grève du syndicat CGT.

Bien que les syndicats comme FO et la CFDT n’aient pas appelé à rejoindre la mobilisation, des salariés, contre l’avis de leur syndicat, ont manifesté dans les rues. Cette manifestation fut un succès, les travailleurs ont montré qu’ils ne comptent pas se laisser faire. La prochaine journée de mobilisation est prévue le 21 septembre.

D’autres appels à la grève ou à la manifestation sont prévus dans les prochains jours. Les routiers, les retraités et les fonctionnaires ont eux aussi prévu de se mobiliser.


Martinique: Faux prétextes et passivité de certains dirigeants syndicaux

Avant, ou après, la mobilisation des travailleurs du 12 septembre, plusieurs dirigeants syndicaux martiniquais n'y appelant pas ont rendu publics les prétextes qu'ils ont donnés à leur attitude démobilisatrice.

Eric Bellemare, de FO, n'a pas craint le ridicule en relayant (France-Antilles du 12 septembre) la position d'inertie de sa centrale : « Nous continuons à analyser de façon approfondie ces ordonnances, nous attendons les décrets d'application. FO continuera la lutte, sur un plan juridique, à exiger l'abrogation de la loi travail... ». Pour FO, maintenant, lutter c'est surtout attendre, en faisant semblant d'ignorer que les ordonnances de Macron sont dans la droite ligne de la Loi Travail de El Khomri dont les mesures anti-ouvrières étaient approuvées par... Macron.

De même Léon Bertide a déclaré (France-Antilles du 13 septembre) que sa centrale UGTM (Union Générale des Travailleurs de Martinique) « ne participe à aucune manifestation enclenchée par un syndicat français ». En l'occurrence « le fait syndical martiniquais » est utilisé par les dirigeants de l'UGTM pour justifier leur attentisme, à l'écart de la protestation des travailleurs, en Martinique comme en France.

Enfin Robert Cayol, de la CGTM-FSM, n'a pas voulu être en reste (France-Antilles du 15 septembre). Il n'éprouve aucune gêne à relayer les préjugés réactionnaires remués par tous les ennemis du monde du travail : « On peut très bien constater que les personnes qui étaient dans les rues étaient des fonctionnaires. Ça explique la situation... ».

Les participants à la manifestation du 12 septembre avaient bien conscience qu’il s'agissait d'un avertissement au gouvernement et au patronat, destiné à ne trouver tout son sens que par l'élargissement et l'approfondissement du mouvement.

L'attitude de démission des différents dirigeants syndicaux ayant affiché leur hostilité est contraire aux intérêts des travailleurs.


Sur le port de Fort-de-France: mutilé pour le profit !

Un très grave accident est survenu sur le port de Fort-de-France le 9 septembre.

Un salarié a été percuté par un chariot cavalier d'un poids de plusieurs tonnes, utilisé pour déplacer les conteneurs. Il a eu une jambe broyée et a dû être amputé, le pronostic étant réservé concernant l'autre jambe, elle aussi durement touchée. Les employeurs ont tôt fait, en cas d'accident du travail, d'invoquer la responsabilité des salariés. Cependant, dans ce cas, les éléments recueillis excluraient toute « faute » de la part du conducteur de l'engin. Concernant la victime, il aurait été en danger car effectuant seul la tâche de deux. Tout travailleur sait bien que la pression patronale, celle du travail à effectuer « au plus tôt », va souvent à l'inverse du respect strict des règles de sécurité, d'ailleurs bien souvent insuffisantes. Un travailleur a été mutilé pendant son travail, cela ne risque pas d'arriver à ceux qui tirent leurs profits de l'activité du port. Il est mutilé pour le profit des capitalistes.


Guadeloupe: Routes de Guadeloupe une mobilisation réussie

Lundi 11 septembre, les travailleurs en grève ont réclamé une rencontre avec la présidente du Conseil départemental, Josette Borel-Lincertin, sur l’application du protocole d’accord de juin 2017. Ils se sont aussi mobilisés pour soutenir un de leurs camarades, Nestor Favel de l’UTC-UGTG, convoqué à la gendarmerie pour entrave à la circulation.

Grâce à leur mobilisation, ils ont obtenu un rendez-vous avec la présidente, le jeudi 14 septembre. Les représentants syndicaux ont obtenu un engagement sur la revalorisation des primes et des indemnités pour 2016 et 2017. Un paiement de 200 € nets sera versé sur les salaires du mois d’octobre. D’autres réunions avec la collectivité sont prévues pour la mise en place de l’accord du mois de juin.


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