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CO de 2017/CO n° 1182 du 29 juillet 2017/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : Socomeco : les grévistes tiennent bon

Socomeco est une entreprise spécialisée dans la vente de matériel industriel et d’outillage.

Depuis le 10 juin, les salariés sont en grève. Ils réclamaient 100 € d’augmentation de salaire dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). Le patron Yann Le Maigat refuse de négocier avec les salariés. Il a voulu leur imposer une augmentation de 30 €, puis de 25 €, ensuite de 18 €, et de 12 €. Aujourd’hui c’est 0 €.

Ce patron arrogant et méprisant veut que les salariés reprennent le travail sans rien obtenir. Le vendredi 21 juillet, à l’appel de l’UGTG, d’autres travailleurs sont venus renforcer le piquet des grévistes. Ils se sont rassemblés et ont distribué des tracts afin d’élargir la mobilisation. Les grévistes restent déterminés.


France: Simone Veil, une vie au service des classes riches

Joceleme Privert président par intérimOn exalte la vie de Simone Veil comme une icone parée de toutes les vertus. Elle a fait voter la loi sur l'avortement, certes avec courage.

Ancienne déportée, elle a connu l'antisémitisme et l'enfer des camps nazis. Mais ces derniers étaient aussi des conséquences du système capitalisme et de la bourgeoisie mondiale.

Eh bien, Simone Veil a toute sa vie été au service de ce système là. Ministre de Giscard, puis de Chirac, présidente du Parlement européen, elle en fut un grand serviteur politique.


Dans les entreprises

Chantiers en lutte
Patrons voyous
Plusieurs dizaines de travailleurs du BTP de l’entreprise SOSERV à Ducos ont appris à la fin du mois de juin que leur patron a mis son entreprise en redressement judiciaire. Mais avant d’apprendre ces mauvaises nouvelles, inquiets de constater le retard répété du versement de leur salaire, les ouvriers avaient exigé à plusieurs reprises une rencontre avec leur direction. Mais il a fallu qu’ils tapent du poing sur la table pour être finalement reçus. Guadeloupe

Sucrerie en lutte
Gardel À qui profite la campagne ?
La campagne sucrière a pris fin avec 568 000 tonnes de canne broyées donnant 49 000 tonnes de sucre, pour une richesse moyenne de 7,70. Une récolte pas si mauvaise que cela selon le directeur du Centre de la canne et du sucre. Pas si mauvaise, pour qui ? Les planteurs du nord Basse-Terre en colère Lundi matin, ils ont bloqué le pont de La Boucan. Ils protestent contre le refus de Gardel de payer de la canne coupée. Ils ont obtenu un rendez-vous jeudi avec la direction. Une convention en faveur de l’usine J.M. Étienne dit qu’il applique la convention et ne paye que les cannes « saines, loyales et marchandes ». En clair cela veut dire que si la richesse est inférieure à 5, l’usine ne paye plus la richesse et la canne ne vaut plus que le prix de la bagasse. C’est ne pas faire cas du travail du petit planteur.

L’écho des hôpitaux
Blanchisserie : du linge...
Sinon pas de travail C’est le marasme : les nombreuses machines en panne font que la blanchisserie est à l’arrêt. La sous-traitance du linge se réalise mais les capacités des entreprises ne couvrent pas les besoins du CH de Fort-de-France... La réalité, c’est qu’on vante l’existence d’appareils performants dans d’autres services, au Bloc, en Imagerie ou Réa par exemple... Mais garantir à tous des vêtements de travail propres chaque jour, c’est du domaine de l’impossible. Le ras-le-bol des collègues de la blanchisserie comme celui des autres services a des limites.


Haïti : la mobilisation se poursuit

Les ouvriers de la zone industrielle de Port-au-Prince ont manifesté pendant trois jours les 10, 11 et 12 juillet pour exiger une revalorisation du salaire minimum de 300 gourdes (4,5 euros) à 800 gourdes (12 euros) par jour pour 8 h de travail. Ils ont rejeté l’ajustement de 35 gourdes proposé par le Conseil supérieur des salaires (CSS) et attendent une autre proposition du gouvernement.  

Ils ont été plus de 15 000 à quitter leur entreprise. Les premiers à débrayer sont passés prendre les ouvriers d’autres entreprises dans le parc Sonapi, puis les ouvriers dans toute la zone industrielle.

Certains patrons avaient bloqué les accès à leur entreprise avec la collaboration de la police, d’autres avaient fermé l’entreprise le lundi 10. Ceux qui n’ont pas pu manifester ont été solidaires en menant des actions sur leur poste de travail. Ils ont montré qu’ils avaient tous le même intérêt. Après ces trois jours, à l’appel des syndicats, les ouvriers sont retournés dans les entreprises la tête haute. À la reprise, les patrons de certaines entreprises ont voulu les remettre au pas en prenant des sanctions. Dans l’entreprise du patron des patrons (Fairway Apparel), comme les ouvriers ont fait grève pour soutenir les 800 gourdes, le patron a appelé la police dans l’usine pour remettre les ouvriers au travail. Ils ont répliqué par des jets de pierre et la police a dû reculer. Dans une autre entreprise les ouvriers ont fait grève vendredi 21 et samedi 22 juillet pour exiger la réintégration d’un syndicaliste révoqué après les manifestations.

Les patrons Apaid, Villard, Abraham ont expliqué à la radio qu’ils n’ont pas les moyens d’une augmentation de salaire. Les ouvriers ne sont pas dupes, eux, ils voient chaque jour la quantité de maillots, shorts, blouses, vêtements qu’ils produisent et ce que les patrons empochent. Ils voient que le président Jovenel Moïse fait le jeu des patrons qui ont financé sa campagne électorale.

Le gouvernement a montré un recul en demandant au CSS de faire une nouvelle proposition sur le salaire minimum journalier, mais le compte n’y est pas. Chez les ouvriers la mobilisation n’est pas retombée. Ces jours de manifestation ont été des jours de préparation pour d’autres mouvements à venir. Leur slogan est toujours 800 gourdes sans augmentation des cadences.


USA : il y a 50 ans, les révoltes de nos frères noirs !

L’année 1967 a été fortement marquée par des explosions de colère de la population noire aux États-Unis. Les émeutes ont débuté en avril et ont duré jusqu’à la fin de l’année.  

La première a eu lieu à Cleveland, les plus violentes se sont produites à Newark, New-Jersey et à Detroit. Detroit, ville de l’État du Michigan aux États-Unis, est connue pour être la capitale de l’industrie automobile. Les émeutes raciales de Detroit ont duré cinq jours du 23 au 28 juillet 1967. Les Noirs se sont révoltés en raison des brutalités policières, de la ségrégation raciale, des discriminations et des violences racistes. Cette rébellion urbaine s’est soldée par 43 décès, 2 000 blessés, des milliers d’arrestations et de magasins pillés ou brûlés.

Ces émeutes se sont répandues à d’autres États comme l’Illinois, la Caroline du Nord, le Tennessee et le Maryland. Uniquement au cours de l’année 1967, il y a eu 159 émeutes, dans 128 villes, et 83 morts.

Dans ces quartiers, les Noirs représentaient plus de la moitié de la population. Ils habitaient le plus souvent dans des taudis, 35% d’entre eux vivaient au dessous du seuil de pauvreté. Le chômage frappait deux fois plus les travailleurs noirs que les travailleurs blancs. La population noire constituait la couche la plus exploitée et la plus opprimée des travailleurs. C’est du reste encore le cas aujourd’hui. Mais dans les années 60 avec le mouvement de masse des Noirs pour les droits civiques, puis les grandes révoltes urbaines parfois armées, le mouvement des Black Panthers a ébranlé de l’intérieur la première puissance du monde. Même si le racisme n’a pas disparu, les Noirs ont acquis des droits de haute lutte et se sont fait respecter.

Leur lutte demeure encore un exemple pour les Noirs de la Caraïbe et d’Afrique et pour tous les opprimés du monde, quelle que soit leur couleur de peau.  


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