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CO de 2017/CO n° 1182 du 29 juillet 2017/Première page

Première page

Éditorial : préparons la mobilisation du 12 septembre !

Le gouvernement commence à appliquer ce que le grand patronat du MEDEF lui a ordonné de faire. Le code du travail sera démoli par ordonnances de manière à donner aux patrons toute la flexibilité qu’ils réclament pour pouvoir, entre-autre, licencier et embaucher quand ils le veulent.  

De plus, alors que jusqu’à présent les accords d’entreprise ne pouvaient être moins favorables aux salariés que les accords de branche, ce sera l’inverse : le patronat pourra fixer les règles. Le gouvernement envisage aussi de plafonner les dommages et intérêts accordés aux salariés en cas de licenciement reconnu abusif.

La démolition du compte pénibilité des travailleurs a commencé. Quatre causes de pénibilité sur 10 ont été supprimées. Le jour de carence lors des arrêts de maladie des fonctionnaires a été rétabli. La première journée de cet arrêt ne sera plus indemnisée. Le point d’indice (qui sert au calcul d’augmentation de salaire) des fonctionnaires sera gelé et ce sont 120 millions de prélevés dans les poches des salariés de la fonction publique. De même l’APL (l’aide personnalisée au logement) sera diminuée de cinq euros par mois. Ce sont 100 millions d’euros qui seront ainsi récupérés d’ici la fin de l’année dans la poche des 6,5 millions de foyers parmi lesquels les plus modestes. Ce sont les plus pauvres qui en souffriront, les étudiants pauvres, les travailleurs pauvres. La CSG (contribution sociale généralisée) augmentera de 1,7 point y compris pour les retraités.

Pourquoi ne pas pénaliser plus les familles riches ? Parce que le gouvernement est celui des riches, avec un président des riches. Ainsi l’impôt sur la fortune sera considérablement diminué. Il représente deux milliards de recettes en moins pour l’État. L’impôt sur les dividendes versé aux actionnaires va être supprimé. Il rapportait deux milliards, bien plus que la baisse de l’APL.

Les dotations aux collectivités locales seront amputées de 13 milliards. Les services publics, dont celui de la santé, pourront encore moins satisfaire les besoins de la population. Les universités laissent pour l’instant sur le carreau des dizaines de milliers d’étudiants y compris ceux qui ont trimé pour avoir un bac avec mention, passeport soi disant pour les meilleures écoles et universités. Les services publics se dégradent à grande vitesse. Mais les dirigeants de l’État ne touchent pas aux super bénéfices des grosses sociétés. Ceux des collectivités locales ne touchent pas aux profits des classes aisées qui s’enrichissent outremer, à ceux des grandes familles békés et autres exploiteurs de couleur.

La dette de l’État n’est pas celle des travailleurs et des classes populaires, c’est celle du grand patronat, celle des banques. Mais ils veulent que ce soit nous qui la payons. Le gouvernement profitera de la période des congés pour faire passer toutes ces mesures. Eh bien ! les travailleurs et les militants du mouvement ouvrier devront aussi profiter de cette période pour se préparer à opposer à ce gouvernement la riposte la plus large possible, la plus puissante possible. La CGT française n’a pas montré jusque là une très grande détermination à s’opposer aux mesures gouvernementales en participant plutôt gentiment à des tables rondes avec le gouvernement. Mais ce grand syndicat appelle malgré tout à manifester le mardi 12 septembre prochain. Ce serait une très bonne chose de profiter de cet appel pour se mobiliser le plus massivement possible en Martinique et en Guadeloupe aussi. Préparons nous à montrer, le 12 septembre prochain, un rapport de force dans la rue et dans les entreprises tel que bourgeoisie et gouvernement en soient ébranlés. Nous aurons alors marqué un premier point pour les faire reculer.  


Guadeloupe Goyave : le scandale de l’eau polluée

Début juin des habitants d’un quartier de Goyave, en particulier des enfants, ont eu des problèmes de santé. Il s’avère que ces derniers provenaient de la consommation de l’eau du robinet polluée par des hydrocarbures.

Très vite il a été conseillé dans ce quartier de cesser de consommer cette eau et une distribution de bouteilles d’eau minérale a été organisée.

Près de deux mois après, l’origine de cette pollution et le danger pour la santé qu’elle représente ne sont pas dits clairement. Or la situation s’aggrave ; se laver à l’eau du robinet donne des démangeaisons, et la pollution atteint toute la commune.

Le maire va porter plainte contre X. Il a des informations : lors d’une réunion entre les habitants des résidences Marthe Rose Toto et Cité Caraïbes il a déclaré avoir été informé que « les canalisations sont perméables aux hydrocarbures ». Un document ministériel de 2012 sur la pollution des sols (BASOL) indique une pollution d’origine accidentelle à Goyave par les hydrocarbures d’une station Total, déclarée fin 2003.

Les polluants indiqués sont des produits toxiques : benzène, toluène…, irritant la peau, à effet cancérigène ou responsables de fausses couches, avec des concentrations très importantes tant dans la nappe d’eau souterraine que dans les sols.

D’après ce document cette nappe d’eau a été traitée entre 2004 et 2005 et les concentrations mesurées ont diminué considérablement, la surveillance du site a été stoppée ; mais il n’y a aucune indication de dépollution des sols, elle reste à faire. Si les tuyauteries sont perméables aux hydrocarbures qui polluent le sol « dans le sens des tranchées des canalisations d'eau potable » comme l’indique le document, il devient très dangereux d’utiliser l’eau courante à Goyave sous peine d’être intoxiqué à court ou à long terme. Le maire de Goyave dit aussi que le problème dépasse la ville de Goyave. Normal ! L’eau de Goyave circule hors de la commune. Sans compter qu’il y aurait en Guadeloupe 25 sites dont le sol est pollué par des hydrocarbures.
Des habitants de Goyave ont lancé une pétition en ligne « pour la transparence et la vérité sur la pollution aux hydrocarbures dans l'eau à Goyave ». Ils ont raison de se mobiliser, la population doit savoir les risques encourus à cause de la pollution de l’eau à Goyave et ailleurs en Guadeloupe. Déjà il était connu que les canalisations méritaient d’être remplacées à cause des fuites. Il est urgent d’exiger qu’elles le soient et avec les bons matériaux.


Gosier : la population proteste contre la destruction du « Karissima »

Le 7 juillet, une foule s’est regroupée tôt le matin pour protester contre la démolition du restaurant Karissima sur la plage du bourg, en face de l’îlet du Gosier. Les forces de l’ordre étaient nombreuses et il y a eu des bousculades et beaucoup de discussions.

Certains manifestants dénonçaient la présence en nombre de gendarmes et policiers pour « empêcher des gens de gagner leur vie », le restaurant ayant trois employés.

Un huissier a été conspué pour « les sommes qu’il gagne » à soutenir les puissants. Les coupures d’eau, le chômage des jeunes ont été présentés comme « des problèmes plus urgents » que celui du domaine public maritime occupé par le restaurant. Le gérant-locataire du Karissima a fait remarquer que d’autres restaurants n’étaient pas menacés par le maire accusé de « favoriser des blancs ». Et cela était repris par la population.

La volonté du maire d’expulser les habitants de Grand-Baie a également été très critiquée lors de ce mouvement. Malgré l’optimisme qu’il affichait, le gérant a dû accepter la démolition. Mais la mobilisation a permis qu’elle se fasse un peu plus tard que prévu : vers 13 heures il a été autorisé à récupérer son matériel et même à démonter une partie de la structure avant qu’elle soit écrasée.

Le gérant exprime sa volonté de se battre pour reprendre son activité et il a pris contact avec les Granbayziens en lutte contre leur expulsion pour une action commune.


Succès du meeting des mécontents du Gosier

 Près de 200 personnes se sont rassemblées mercredi 19 juillet, dans la soirée, devant la mairie du Gosier, dans un meeting organisé par les habitants de Grand-Baie menacés d’expulsion et le gérant du restaurant Karissima écrasé le 7 juillet en présence des forces de l’ordre.

Les participants ont bloqué la rue principale malgré l’intervention de la police. Plusieurs organisations : la CGTG, le journal Rebelle !, Combat ouvrier, le Collectif de Daubin Sainte-Rose, le Collectif Guadeloupe en mouvement, ont pris la parole pour soutenir les habitants de Grand-Baie.

Le gérant du Karissima est également intervenu. Des femmes de Grand-Baie ont expliqué avec une grande détermination comment leur vie était liée au quartier et qu’il n’était pas question qu’elles quittent les lieux. Toutes les interventions ont mis en cause le maire qui a montré son profond mépris envers ces habitants qui ne cessent de se battre pour défendre leurs droits. Le meeting s’est achevé au son du « ka ». D’autres actions sont prévues pour faire reculer la Municipalité et l’administration.


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