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CO de 2017/CO n° 1181 du 15 juillet 2017/Quatrième page

Quatrième page

Dans les entreprises

Sucrerie en lutte
Fin de campagne, quelle prime ?
Plus de 540 000 tonnes de cannes ont été broyées à ce jour par l’usine de Gardel. Les ouvriers se sont décarcassés pour faire tourner une usine qui vieillit. Ils attendent de voir ce que cette campagne va leur rapporter.

Échos des hôpitaux (Martinique)
Permanence des soins ?
Un leurre ! Au CHUM, établissement phare de la Caraïbes, il faut attendre des mois pour un RDV en ophtalmo… Il faut attendre des heures voire des jours quand on est à Mangot Vulcin pour avoir une connexion… Au service d’imagerie NPT, il n’y a que deux mi-temps médicaux en plus du chef de service, et une affiche invite les consultants à prendre rendez vous avec certains médecins du privé ! Il serait temps pour nous hospitaliers de mettre notre nez dans ces façons de faire pour contrer ces dysfonctionnements !


États-Unis Il y a 50 ans, la révolte de nos frères noirs à Detroit

Joceleme Privert président par intérimLe 23 juillet 1967, la colère de la population noire explosa à Détroit. De violentes confrontations avec la police s’en suivirent. Ces émeutes ont duré quatre jours. Il y eut 43 morts, 2 000 blessés et 4 000 arrestations, 1 700 magasins pillés et 1 400 bâtiments brûlés, 5 000 personnes sans abri.
Ce fut la plus importante émeute urbaine noire de l’histoire des États-Unis. Ces événements se déroulaient dans une période où le mouvement pour les droits civiques était puissant aux États-Unis.

Les injustices, les discriminations, les assassinats que subissaient quotidiennement les Noirs, ont entrainé une vague de révoltes dans les quartiers noirs. Ce sont les Noirs qui étaient le plus souvent victimes d’exactions de la police : insultes racistes, arrestations arbitraires, assassinats, lynchages. La population noire a décidé de protester et d’affronter les violences policières. Dans ces années 60 des rebellions urbaines se sont étendues dans plusieurs villes ou quartiers, comme à Watts, Newark, San Francisco, Chicago, ou Cleveland.

Detroit est la principale ville de l’État du Michigan et la capitale mondiale de l’industrie automobile. Elle attirait les Noirs du Sud des Etats-Unis. Ils fuyaient la ségrégation et le chômage des États du sud et espéraient trouver dans le Nord de meilleures conditions de vie. Mais une fois arrivée à Detroit, la population subissait la ségrégation de fait. Au début des années cinquante, c’était la crise, des milliers d’emplois dans l’industrie ont été supprimés : 134 000 emplois entre 1947 et 1963. C’était les Noirs qui étaient le plus fortement touchés par le chômage, les emplois précaires, la misère, la vie dans des taudis. C’est une énième intervention de la police contre des Noirs qui mit le feu aux poudres. Le 23 juillet, la police de Detroit fit une descente dans un bar. Il s’y tenait une soirée de vétérans noirs américains. La police a arrêté tous les clients. La population du quartier commença alors à vandaliser des propriétés, à piller des magasins, et à incendier des bâtiments. La révolte s’est propagée dans toute la ville, la police avait perdu le contrôle de la situation. Les jours suivants des milliers de policiers de la garde nationale ont été envoyés par le Gouverneur de l’État, George Romney. Puis, le Président des États-Unis Lyndon B. Johnson a envoyé les troupes de l’armée américaine afin de mater cette révolte. Près de 2 000 parachutistes de l'armée sont arrivés, tirant sur la population, ils patrouillaient dans des véhicules blindés. Les émeutiers étaient surtout des jeunes Noirs sous-employés ou employés à un poste subalterne. Certains d’entre eux ont riposté contre les tirs en tirant sur les policiers avec des fusils. Ces révoltes se sont étendues à d’autres quartiers, y compris dans des quartiers blancs pauvres, qui ont rejoint la révolte. Une organisation, la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires, a pris naissance après les émeutes de Detroit, en 1969. Elle visait à encadrer les travailleurs noirs en proposant une autre politique sur le terrain de la lutte des classes. Ce nouveau pas franchi risquait d’unir les travailleurs noirs et blancs autour de la question de l’exploitation sociale. Sam Johnson, militant révolutionnaire, a assisté aux émeutes de Detroit, dans son livre Toute ma vie j’ai lutté, il explique avoir compris « le pouvoir que les Noirs pouvaient avoir ». Il affirme : « j'ai été victime de discrimination et j'ai vu comment les policiers nous ont traités. J'ai vu que tous les flics de Detroit ne pouvaient pas faire face à cela ». Par la suite, il a travaillé pour les trois grands constructeurs de l’automobile (Chrysler, Ford et General Motors) où il est devenu un militant syndical. Ces révoltes sont le fruit d’une société injuste et inégalitaire. Dans cette société, les Noirs américains constituent encore aujourd’hui la couche de la population la plus exploitée et la plus opprimée, d’abord sous l’esclavage, puis sous le capitalisme. Cette insurrection populaire a suffi pour effrayer les autorités qui craignaient une révolution sociale. Suite à ces émeutes, les entreprises de l’automobile ouvrirent des bureaux d’embauche dans les ghettos, de nombreux travailleurs noirs ont été embauchés dans ces firmes et dans les services municipaux.


Haïti : les patrons menacent, les ouvriers du textile manifestent

Les ouvriers avaient manifesté le 26 juin sur la zone industrielle pour demander un ajustement du salaire journalier à 800 gourdes (12,75 dollars), pour 8 heures de travail. Le gouvernement de Jovenel Moise leur a répondu par une provocation.

Le Conseil supérieur des salaires (CSS) a proposé de rajouter 35 gourdes (soit 0,53 dollars) sur le salaire minimum journalier qui passerait à 335 gourdes, soit (5,20 dollars). On est loin des 800 gourdes que demandent les ouvriers mobilisés. Ils ont refusé cette offre ridicule qui ne paie même pas un trajet aller vers la zone industrielle. Ainsi le lundi 10 juillet les ouvriers de la zone industrielle étaient de nouveau dans la rue pour répondre à cette provocation et affirmer qu’ils se battront pour atteindre leur objectif.

Lundi 10 juillet, ils étaient plus de 5 000 à marcher jusque devant le palais national. Dans la manifestation, nos camarades de l’OTR (Organisation des travailleurs révolutionnaires) ont distribué un tract. Ils déclarent notamment : « Nous manifestons pour 800 gourdes avec accompagnement social ! Nous sommes dans la rue, encore plus déterminés pour faire les patrons, Jovenel et le CSS rentrer dans leurs gorges leurs 35 gourdes. Qu’ils donnent les 800 gourdes sans délais ! Ces 800 gourdes peuvent mettre un peu d’argent dans nos poches et de nourriture sur la table. Nous ne lâcherons pas la rue jusqu’à arracher 800 gourdes pour 8 heures de travail par jour. Nous demandons l’argent des transports, des repas, l’assurance maladie avec l’accès à l’hôpital. Nous demandons que les 800 gourdes soient payées depuis la première semaine de mai. Les patrons doivent payer les jours de lock-out où ils nous ont renvoyé chez nous.

La répression et les licenciements ne nous font pas peur. En avant, restons soudés jusqu’à ce que les 800 gourdes soient acquises. Frapper un travailleur c’est frapper tous les travailleurs. Solidarité ! »


Le sommet impérialiste

Les présidents ou Premiers ministres des vingt pays qui comptent le plus dans l'économie mondiale, assistés des chefs de l’Organisation des Nations Unies (ONU), du Fonds monétaire international (FMI), de l'Union européenne, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont réunis à Hambourg en Allemagne les 7 et 8 juillet pour le Sommet du G20.

Cette conférence diplomatique se donnait pour objectif d’assurer la stabilité financière mondiale, de juguler le terrorisme ou encore de trouver un compromis sur la question du climat.

Ce processus avait été lancé en 2008 après la crise économique mondiale démarrée aux États-Unis. Neuf ans plus tard, la situation économique et sociale mondiale ne fait que s’aggraver : même les économistes proches de ces chefs d’État prévoient une prochaine crise profonde dans les années à venir.

C’est sur fond de crise permanente et de guerre que se tiennent ces sommets mondiaux. Les présidents et ministres pyromanes qui ont allumé la mèche se demandent comment éteindre le feu. C’est un fait : la plupart des États qui participent au G20 sont responsables de la situation actuelle du monde. La Russie, les États-Unis et la France bombardent le Moyen-Orient sous prétexte de lutter contre l’État islamique. Mais dans certaines zones, leurs armes font plus de victimes dans la population que n’en font les djihadistes.

Sur la question du climat, l’hypocrisie est à son paroxysme. Les mêmes États qui laissent les capitalistes industriels épuiser les ressources et polluer l’atmosphère - quand ils ne les aident pas carrément - viennent parler de sauver la planète. Finalement, ce sommet de Hambourg se conclut par le retrait officiel des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat (COP21) et « un compromis » sur le commerce. La première puissance mondiale s’étant exclue de l’Accord de Paris, les 19 autres ne pouvaient que prendre acte de la domination officielle des États-Unis sur le reste du monde. Et c’était comique de voir Macron, dirigeant d’une puissance de second ordre, jouer des coudes pour ne pas être éclipsé par la présence des présidents des deux grandes puissances russe et américaine, Poutine et Trump.

Cependant, cette grand-messe a été perturbée par des trois jours de puissantes manifestations. En marge du sommet, des dizaines de milliers de manifestants écologistes, anarchistes, altermondialistes venus de toute l’Europe se sont rassemblés à Hambourg pour protester  C’est tout un symbole que ces sommets des chefs d’État brigands aient lieu maintenant dans une forteresse barricadée.et protégée de dizaines de milliers de policiers.


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