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CO de 2017/CO n° 1181 du 15 juillet 2017/Première page

Première page

ÉDITORIAL : Une seule réponse aux attaques anti-ouvrières : la lutte te d’ensemble !

La nouvelle ministre de l’Outre-mer annonce « des assises de l’Outre-mer » comme si c’était la panacée de tous les maux.

États généraux, assises, les travailleurs et les peuples de l’Outre-mer français connaissent déjà. Ces grand’ messes ne sont que des cache-misère transparents. Après l’explosion sociale de Guadeloupe, Martinique, Réunion en 2009, il y eut des états généraux de l’Outre-mer à grand renfort de publicité. Aujourd’hui, on nous parle « d’assises », comme par hasard juste après l’explosion sociale de Guyane. Et toujours 25 à 35 % de chômage minimum, toujours les bas salaires, toujours des difficultés sans fin pour les travailleurs et les pauvres.

« En même temps » (comme dit Macron), on nous reparle ces temps-ci, de la diminution ou de la suppression de la prime de vie chère des fonctionnaires ou assimilés en Outre-mer. Une telle mesure conduirait tout droit à une nouvelle explosion sociale.

Mais peut être l’explosion sociale viendra-t-elle d’une autre étincelle.À force de nous seriner qu’il faut que « la France » fasse des économies budgétaires, Macron et sa clique nous disent en creux « attention, il faudra vous serrer la ceinture ». Ils nous disent alors que tel ou tel ministère devra faire tant de millions d’économies. Mais ce sont les services publics dépendant de ces ministères qui seront plus démunis et c’est donc la population qui en paiera les conséquences au quotidien. Hôpitaux, services postaux, services départementaux régionaux, écoles, lycées seront appauvris, pas d’embauches de fonctionnaires, et suppressions de postes en vue. Par exemple on peut se rendre compte actuellement des difficultés des familles dans les files d’attente de deux heures parfois aux aéroports d’Orly.

Parallèlement, les grosses sociétés capitalistes et leurs riches possédants qui font des milliards de profits reçoivent eux, des milliards supplémentaires. Pour eux, le CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) au titre duquel Hollande devait verser plus de 20 milliards aux patrons sera transformé en allègements de charges patronales.

Pour eux, l’impôt sur la fortune, l’ISF, sera amputé de sa plus grande partie en étant transformé en impôt uniquement sur les propriétés immobilières. Pour eux, pour le MEDEF, Macron veut toujours plus de facilités. Il vient de transformer le compte pénibilité en compte de prévention en faisant disparaître quatre critères de pénibilités sur dix. Il prépare la démolition du code du travail avec ce qui restait de mesures favorables aux travailleurs. Il voudrait aussi une représentation unique des salariés avec un organisme remplaçant le syndicat, le délégué du personnel, le CHSCT, le comité d’entreprise et évidement tout cela dans le but d’affaiblir encore plus les syndicats.

Alors, la voie ouverte par les manifestations de colère à l’appel de certains syndicats en Martinique, par les manifestants de la France insoumise en France, par l’appel de la CGT à manifester le 12 septembre prochain, par les militants frappés par la répression antisyndicale en France avec nos camarades de PSA, comme Jean Pierre Mercier, et en Guadeloupe aussi, la voie ouverte par les travailleurs de la banane de Guadeloupe et Jean Marie Nomertin, qui après avoir gagné une grève générale des plantations en ont entamé une autre contre deux patrons voyous, oui, c’est cette voie là qu’il faut prendre, celle de la lutte. Et mieux, il faudra une lutte générale, offensive et déterminée contre toutes les mesures anti-ouvrières et aussi pour des embauches massives, l’augmentation générale des salaires en prenant sur les milliards de profit du grand patronat.


Martinique : TOTAL Bac Ducos : une mobilisation payante

ZoomDans cette station travaillent une quinzaine de salariés. Fin avril 2017, les salariés ont demandé au gérant un rendez-vous pour négocier un protocole visant à mettre en place les instances représentatives du personnel. Plus de deux mois après avoir pris connaissance de leur demande, le gérant, Hierso, n’avait toujours pas répondu.

Sachant qu’il est un des sponsors du Tour cycliste de la Martinique qui a débuté le samedi 8 juillet, les salariés ont décidé de se croiser les bras ce jour-là, aussi longtemps que Hierso ne leur proposerait pas un rendez-vous. Bien que hors de Martinique, par téléphone, il prit contact avec les salariés mobilisés et leurs représentants syndicaux, donna des instructions au manager arrivé entretemps. Sur instructions du gérant, un courrier fut rédigé tout de suite et remis au secrétaire du syndicat CGTM Produits Pétroliers. Hierso s’est engagé à recevoir le mercredi 19 juillet une délégation syndicale pour négocier le protocole. Et surtout, sur injonction d’un représentant des travailleurs mobilisés, il a accepté de mentionner que : « aucune sanction financière et/ou disciplinaire ne sera prise à l’encontre des salariés ». Après deux heures vingt de mobilisation, le travail a pu reprendre. Comme chez ESSO François le 3 juin 2017.

Les travailleurs ont les moyens de se faire respecter. Car sans eux, rien ne fonctionnerait dans cette société. Il ne suffit que de le rappeler aux patrons toutes les fois que ces derniers dérapent pour les ramener sur de bons rails.


TOTAL du François : contre les licenciements les salariés réagissent

La société H2CR, qui exploite la station Total François, a décidé de licencier deux salariées : une pour une prétendue faute grave et une autre pour motif économique.

Hervé Pognon, le gérant, a décidé de faire payer aux employés ses erreurs, notamment de gestion. Il a d’abord tiré prétexte du fait qu’une employée aurait revendu à une personne un téléphone oublié par un client à la station. Convoqué à la gendarmerie du François, la personne à qui le téléphone a été rendu à justifié que c’est bien son téléphone également oublié dans cette station que l’employée lui a rendu. Mais le gérant n’a rien voulu entendre et a convoqué cette dernière, alors qu’elle était en arrêt depuis le mois de mai, pour lui notifier son licenciement en juin.

Au cours de ce même mois de juin, M. Pognon a également notifié un licenciement pour motif économique. Ce gérant a créé artificiellement des difficultés économiques dans la station et en janvier 2017, il a lancé une procédure contre une employée. Cette dernière a bien entendu refusé la proposition du gérant. En effet, ce dernier s’est appuyé sur une disposition de la loi travail adoptée le 21 juillet 2016 qui permet de licencier en cas de baisse du chiffre d’affaires. Une conférence de presse a été tenue le 30 juin 2017 par le syndicat pour dénoncer les méthodes de ce gérant. Y étaient présentes également les salariées concernées par ces mesures iniques.

Maurice Antiste, en sa qualité de maire du François, mais aussi comme parlementaire a été sollicité et à reçu une délégation syndicale avec les deux salariées le lendemain samedi 1er juillet. En effet, il faisait partie de l’ancienne majorité qui a voté cette loi travail et la ville du François est au nombre de ces clients dont le gérant s’est séparé, accentuant la baisse du chiffre d’affaires. L’attitude de ce petit patron n’a rien de surprenant.

Avant l’élection de Macron, le patronat savait pouvoir compter sur les politiques aux affaires pour attaquer les salariés. Depuis, l’élection de Macron, les patrons sont sur un « petit nuage » comme l’a dit Gattaz du Medef.


ESSO du François : menaces et intimidations

Suite à la mobilisation qui a permis de mettre en échec un licenciement abusif, l’actionnaire principal de la SODEVICA (Esso François), Henri Hillion, a convoqué à une réunion tous les salariés le 16 juin.

Au cours de son intervention, il a condamné l’action du samedi 3 juin qui avait conduit le gérant à arrêter la procédure contre un salarié. Selon lui, il faudra absolument prendre une sanction contre le salarié concerné car il ne peut pas accepter que l’autorité du gérant soit contestée et fragilisée. Mais il ne s’est pas contenté de faire pression sur les employés. Il a également proféré des menaces à peine voilées contre des représentants syndicaux.

Ce patron martiniquais, qui est à la tête de plusieurs entreprises et responsable du syndicat patronal des gérants de stations-service, a une conception particulière de ce que le patronat appelle le « dialogue social ». Selon lui, les patrons ont tous les droits et les salariés doivent accepter sans protester leurs décisions.

La méthode mise en œuvre par les employés le 3 juin pour mettre en échec la tentative de licenciement contre un salarié est celle que devront employer les salariés dans la période à venir.


Guadeloupe : Conférence de presse d’un comité de soutien aux luttes en cours

Une conférence de presse s’est déroulée le vendredi 7 juillet au centre Rémy Nainsouta à Pointe-à-Pitre.

Elle a été organisée par plusieurs organisations politiques, syndicales et populaires : Combat Ouvrier, UPLG, les Insoumis Guadeloupe, la FSU, le collectif de défense du patrimoine guadeloupéen, le collectif de défense des habitants de Grand-Baie, le journal Rebelle !
Il s’agissait de soutenir en particulier les ouvriers de la banane, les salariés de Socomeco, les manifestations de colère de la population privée d’eau et les habitants de Grand-Baie menacés d’expulsion.

Elle a aussi dénoncé la répression syndicale à l’encontre du dirigeant de l’UGTG, Élie Domota.


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