Site

CO de 2017/CO n° 1180 du 01 juillet 2017/Première page

Première page

ÉDITORIAL : La véritable opposition à Macron :
La lutte dans les entreprises et dans la rue !

Le gouvernement a maintenant le champ libre pour mettre en place toutes les attaques contre les travailleurs sur lesquelles il s’est engagé auprès des patrons du MEDEF, de la bourgeoisie et aussi de ceux des classes moyennes qui l’ont mis en place. Ces derniers lui ont donné une majorité à l’Assemblée nationale.  

Maintenant, c’est « en marche toute » pour commencer à démolir le code du travail et faciliter les choses aux patrons pour qu’ils puissent faire fructifier leurs profits sans entrave. C’est, parait-il, cela qui créerait de l’emploi. Autrement dit c’est la possibilité de licencier plus facilement qui créerait des emplois... ??!!

La nouvelle configuration politique, avec les partis traditionnels de gauche et de droite laminés, ne change rien de fondamental. C’est un ravalement pour mieux poursuivre la lutte contre les travailleurs. Le personnel politique de la bourgeoisie, ses serviteurs, sont là pour aider le grand patronat à faire payer la crise aux travailleurs et aux classes populaires. Car c’est bien là l’enjeu depuis plusieurs années. La dette publique est colossale dans tous les pays et menace l’équilibre du monde. La crise de 2008 a failli plonger le monde entier dans une crise cataclysmique. Elle a fait des dégâts humains importants, mais le cataclysme a été évité. Cependant tous les ingrédients du poison sont encore là : spéculation effrénée, augmentation du chômage, appauvrissement continu des couches populaires, misère croissante, licenciements boursiers. La bourgeoisie mène la lutte de classe violemment n’hésitant pas à plonger dans le chômage et la précarité des millions de travailleurs.

Il n’y a rien de nouveau dans tout cela comme on tente de nous le faire croire avec cette pléiade de nouveaux élus d’En marche. Certains vont même jusqu’à parler d’un « ancien monde » et d’un  « nouveau monde ». Mais ce n’est que du vieux monde politicien avec les mêmes recettes, la même volonté de s’en prendre aux travailleurs et aux classes populaires. D’ailleurs, la représentation sociale de la nouvelle Assemblée nationale est composée des membres de la classe moyenne, de la petite bourgeoisie, de notables de province, de professions libérales. Il n’y a aucun ouvrier. La majorité macroniste des députés est toute prête, cravate au cou, à approuver la politique anti ouvrière de Macron.

Ceux qui n’ont pas fait allégeance à Macron, sont trop affaiblis. Même Mélenchon et ses amis, avec 17 députés ne pourront jouer vraiment ce rôle, si tant est qu’ils le veulent. Les coups de menton de Mélenchon n’y feront rien. Quant aux députés d’outremer, eux, ils ont rejoint soit Macron, soit leurs partis de droite ou de gauche. L’idée de quelques uns de constituer un groupe parlementaire « ultramarin » a fait long feu. De toute façon, cela n’aurait rien changé du point de vue des intérêts des travailleurs des outremers. Comme tous les autres députés, ceux d’outremer ne remettent nullement en cause le système d’exploitation capitaliste dans lequel nous vivons. La véritable opposition politique viendra d’ailleurs, hors des murs de l’Assemblée. Le 27 juin, jour de la rentrée parlementaire, une manifestation a réuni à Paris non loin de l’Assemblée nationale quelques centaines de manifestants contre la casse du code du travail. Il faudra bien entendu bien plus que cela pour une opposition efficace. Mais cette petite manifestation était nécessaire. La seule opposition véritable à la politique de Macron sera celle des mobilisations ouvrières et populaires massives dans les entreprises et dans la rue. C’est le rapport de force qui y sera instauré qui pourra freiner l’élan (ou la volonté ou la détermination) du grand patronat et de son gouvernement à affaiblir les travailleurs et leurs organisations.  


Guadeloupe : Face au maire, les habitants de Grand-Baie sont déterminés

L’association des habitants de Grand-Baie était sur le parvis de la mairie du Gosier le 24 juin au son du tambour pour se faire entendre du maire Dupont. Ils soutenaient une délégation qui était venue expliquer au maire pourquoi les Granbayziens sont déterminés à ne pas quitter leur quartier.


Cela fait plusieurs mois que les habitants de Grand-Baie refusent le plan du maire du Gosier qui vise à expulser la population pour installer des projets touristiques pharaoniques. Déjà, en mai, le maire refusant de les rencontrer, ils avaient envahi la mairie où ils ont attendu un rendez-vous de M. Dupont, qui s’était défilé.


Ce 24 juin, le maire a décidé de recevoir les habitants organisés dans leur association. Lors de la discussion le maire a essayé de berner la délégation en faisant appel à ses techniciens pour expliquer le plan de prévention des risques naturels (PPRN) sur lequel il s’appuie pour tenter de déloger les Granbayziens. Il a prétendu que le quartier est inconstructible sous prétexte de risques naturels. En février 2017, le maire et tout son staff municipal étaient venu présenter aux habitants une RHI (résorption de l’habitat insalubre) « délocalisée » où dans un premier temps 60 logements seraient détruits et leurs habitants relogés dans d’autres quartiers de Gosier, et dans un second temps, tous les autres logements seraient démolis.


Les habitants ne veulent pas en entendre parler. Ils veulent continuer à vivre dans leur quartier et exigent la poursuite de la RHI, à Grand-Baie. Durimel, l’avocat qui accompagnait le comité a démontré que le cadre du PPRN ou de la résorption de l’habitat insalubre (RHI) n’est pas d’expulser la population. Bien au contraire, le plan de prévention des risques naturels de Grand Baie a pour vocation d’indiquer comment maintenir les habitants sur le site en améliorant la protection contre les risques naturels. Pour Durimel, le PPRN va bien dans le sens de la RHI qui doit, elle, améliorer les conditions du logement, de l’assainissement, l’hygiène, de la sécurité de la population.


Dupont a essayé une autre tactique en affirmant que l’État ne prend plus sa part financière de la poursuite du RHI, donc que la mairie ne peut plus avancer dans les projets. Ce qu’il n’a pas dit c’est où est passé l’argent qui était alloué pour les travaux.


Après avoir consulté les membres du comité pour avoir leur accord, la délégation a fait savoir que les habitants de Grand-Baie ne reprendront les discussions qu’en présence du préfet et ils se préparent à répondre aux épreuves à venir par les actions appropriées.
Lundi 26, ils étaient sur Canal 10 où ils ont expliqué pourquoi ils ne veulent pas quitter leur quartier. Le maire a appelé la TV pour dire qu’il était prêt à recevoir ceux qu’il appelle maintenant « ses amis de Grand-Baie ». Devant la mauvaise foi du maire, la délégation des Granbayziens a montré que l’action collective est leur force et ils sont toujours mobilisés.


En Bref Guadeloupe Martinique

Grève à la SOCOMECO

Les employés sont en grève depuis le 10 juin devant les refus de la direction lors des NAO. Avec l’UGTG, ils réclament une augmentation de salaire de 100 euros, l’amélioration des conditions de travail. Ils ne lâchent pas.

Pile je gagne, face tu perds ! 

Chalus avait soutenu Luce et Perran comme candidats « En marche ». Mais ce sont Bénin et Mathiasin qui sont passés. Il a déclaré que ce sont des gens qui vont siéger avec « En marche » donc qu'il a gagné ! Petit roublard va !

Martinique: La première femme députée en Martinique Josette Manin sera la première femme députée de la Martinique.

Il aura fallu attendre 2017 pour cela. Mieux vaut tard que jamais. C'est encore cela leur démocratie !


Bookmark and Share