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CO de 2017/CO n° 1179 du 17 juin 2017/Deuxième page

Deuxième page

Élections législatives : nos résultats : En Martinique et en Guadeloupe, nous avons présenté des candidats de Combat Ouvrier - Lutte Ouvrière dans les quatre circonscriptions de chaque île.

En Martinique 

Nous obtenons 1248 voix sur les quatre circonscriptions au lieu de 1365 en 2012.

Dans la première circonscription nos camarades Marie Hellen Marthe-dite-Surelly et Louis Maugée obtiennent 341 voix et1,98 % des suffrages exprimés.

Dans la deuxième, Alex Duféal et Jean-Étienne Brédas obtiennent 328 voix et 1,50 %.

Dans la troisième, Ghislaine Joachim-Arnaud et Jean-Jacques Magit obtiennent 302 voix et 1,64 %.

Dans la quatrième, Gabriel Jean-Marie et Magalie Zamor obtiennent 277 voix et 1,48 %.

En Guadeloupe 

Dans la première circonscription, nos camarades Danielle Diakok et Sony Laguerre obtiennent 178 voix et 0,94 % des suffrages exprimés.

Dans la deuxième, Marlène Valentino et Marie-Hélène Jacob obtiennent 166 voix et 0,83 %.

Dans la troisième, Marie-Agnès Castrot et Monique Esdras obtiennent 130 voix et 0,73 %.

Dans la quatrième, Jean-Marie Nomertin et Ernest Dahomé obtiennent 438 voix et 2,45 %.

Dans la commune de Capesterre Belle-Eau, ces derniers camarades obtiennent 7,13 % des voix.

Les résultats des listes Lutte Ouvrière en France et à La Réunion, et avec Combat Ouvrier aux Antilles (extrait du journal de Lutte Ouvrière)

Lutte Ouvrière était présente dans 553 circonscriptions, dont 539 circonscriptions de métropole, six à l’île de La Réunion, et huit en Guadeloupe et en Martinique, où nous nous présentions en commun avec Combat Ouvrier.

Sur l’ensemble de ces 553 circonscriptions, nous totalisons 159 000 voix, soit environ 0,72 % des suffrages exprimés.

Ces résultats sont modestes, mais en légère hausse par rapport à ceux des élections législatives de 2012, où nous avions obtenu 126 522 voix (0,50 % des suffrages exprimés). Dans une situation marquée par l’abstention des classes populaires et le succès des candidats pro-Macron, ils témoignent de la permanence du courant communiste révolutionnaire. À la Réunion

Nos camarades de Lutte Ouvrière ont obtenu 1810 voix et 1,06 % des voix dans six circonscriptions, avec un pic de 561 voix et 2,47 % dans la cinquième circonscription où se présentait notre camarade Jean-Yves Payet.


Martinique : Aspects de notre campagne dans le Nord

Durant la campagne des législatives, des électrices et des électeurs nous ont donné leur point de vue. Nous avons sillonné plusieurs communes et quartiers.   La plupart des gens que nous avons rencontrés étaient des ouvriers agricoles en activité, certains pêcheurs, des petits commerçants, des chômeurs ou des retraités. Certains retraités nous ont expliqué leur misère et leur dégoût pour les hommes politiques. Ils ne touchent que 500 ou même 300 € de retraite. Des électeurs nous ont demandé : « Pourquoi y a-t-il autant de candidats sur les panneaux électoraux ? Qu’est-ce qu’ils sont venus faire là ? ».

Et le plus souvent, ils s’en sont pris aux conseillers de la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) présents à cette élection.

L'un d'eux a dit : « Ah bon, la CTM ne les intéresse plus, ils veulent maintenant être députés, alors qu’ils n’ont encore rien fait pour nous. Yo la pou pôch yo, sé dé magouyê. Cela m’écœure, ils nous font de belles promesses et rien après. Samedi je n’irai pas voter, je m’occuperai de mon jardin parce que ce ne sont pas eux qui me donneront à manger ».

Après discussion, quelques uns nous ont dit : « C’est bien ce que vous dites, "Le camp des travailleurs", je suis d’accord avec vous, je voterai pour vous ». Cette présence nous a permis d’être plus proches de la population et des travailleurs. Et cela a certainement contribué au doublement de nos voix par rapport aux législatives de 2012.

Les travailleurs de la région qui ont mené campagne avec nous sont satisfaits de ces résultats. Ils nous ont dit qu’il faut continuer dans ce sens, rester en contact avec ceux qui ont voté pour nous, programmer de petites rencontres ou des réunions.


Martinique : Quand le PCM regarde les candidats du Gran Sanblé avec les yeux de Chimène !

Le PCM (Parti communiste martiniquais) ne présentait pas de candidats aux élections législatives. Sans surprise, il apportait son soutien aux candidats du Gran Sanblé, autour des "patriotes" du MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), membres de l’actuelle majorité de la Collectivité territoriale de la Martinique.   L'hebdomadaire du PCM, "Justice", passait tour à tour en revue Nilor pour le Sud, Carole pour Fort-de-France, mais aussi Boutrin pour le Nord et Dunon, le candidat adoubé par Alfred Marie-Jeanne pour la circonscription du Centre.

Il appelait les électeurs à les soutenir, les qualifiant de candidats de la « responsabilité et du développement de la Martinique ».

Mais, dans sa livraison du 8 juin, "Justice" a sans doute jugé qu’il fallait être plus concret. E

t voilà que les candidats-champions-de-la-responsabilité ont été parés du qualificatif de « défenseurs des travailleurs » face à la politique qui sera mise en œuvre par Macron.

En quoi ces gens-là seraient-ils des défenseurs des travailleurs ? Eux qui figurent dans la même assemblée aux côtés du capitaliste Monplaisir, serviteur de droite de la bourgeoisie.

Le PCM, qui n’a plus de communiste que le nom, continue de salir cette étiquette qu’il devrait retirer sans plus tarder. Ce serait plus conforme à ce qu’il est réellement devenu : un supplétif du spectre politique qui, sous prétexte de défendre « la Martinique » défend en réalité les intérêts des capitalistes et des exploiteurs.


Guadeloupe : Grève généralisée des ouvriers de la banane

Le 18 mai, 150 ouvriers agricoles de douze plantations de banane sont entrés en grève pour obtenir les mêmes avancées que leurs camarades de la SA Bois-Debout. Ces derniers ont en effet obtenu le remboursement de 10 000 à 20 000 € par ouvrier, après une décision des Prud’hommes et une grève pour faire respecter le jugement. Les grévistes sont maintenant 250.
 
La grève a d’autant plus de valeur qu’une majorité de grévistes  sont des travailleurs immigrés haïtiens qui ont décidé de ne plus accepter l’oppression patronale sans réagir.


La grève devait durer deux jours, afin de donner un premier avertissement aux patrons des plantations. Mais, au matin du deuxième jour, le patron Tino Dambas a tenté de foncer sur les grévistes avec un tracteur.


Ce patron noir, aux ordres des possédants blancs békés de Martinique et de Guadeloupe, est particulièrement haï car les travailleurs de ses plantations sont encore plus maltraités qu’ailleurs.
L’agressivité de Dambas a convaincu les ouvriers qu’ils devaient poursuivre la grève pour se faire respecter par les planteurs. Les grévistes ont mis en place un comité de grève, et tous les jours ils mènent des actions. Ils ont manifesté plusieurs fois à Capesterre-Belle-Eau, à Basse-Terre, à Pointe-à-Pitre et à Jarry.
La principale action est de faire la grève marchante, vieille tradition de lutte des ouvriers agricoles aux Antilles. C’est-à-dire de passer dans chaque plantation pour convaincre les travailleurs qui n’ont pas encore rejoint la grève. Chez Dambas, le nombre de grévistes est passé de onze à plus de trente. Le nombre de plantations en grève est passé de 12, le premier jour, à 18 plantations le 12 juin. À la SA Bois-Debout, si les travailleurs ne sont pas en grève pour ne pas casser l’accord obtenu en avril, ils montrent leur solidarité.
Les patrons tentent de briser la grève en embauchant des ouvriers non déclarés, y compris les week-ends et les jours fériés. Malgré cela, la production a fortement diminué. Le nombre de containers expédiés en France a été divisé par quatre.


Face à l’obstination des patrons, qui refusent de discuter, et à la mobilisation grandissante des ouvriers, le préfet a décidé de convoquer une réunion avec les ouvriers en grève et les planteurs le jeudi 15 juin, près d’un mois après le début de la grève.
Les grévistes ont accepté d’y participer, et ils restent déterminés à obtenir satisfaction.


Guadeloupe : Échos de grève du bulletin « pawòl a travayè bannann »

Les patrons jouent les écrivains Depuis le début de la grève, les planteurs sont devenus des maniaques du courrier recommandé. Certains travailleurs en ont déjà reçu trois ! La quantité est là, mais pas la qualité : tous les patrons écrivent la même chose, du baratin pour dissuader les ouvriers de faire grève. On ne leur a pas appris, à l’école, que ce n’est pas beau de copier ? Dambas poko finn swé ! Le 7 juin, la grève marchante s’est rendue sur la plantation de Changy. Le patron Dambas a voulu empêcher les grévistes d’entrer dans le hangar. Il a essayé de les bloquer avec sa voiture puis avec ses petits bras. Il a dû céder et il a été humilié. Les ouvriers mobilisés ont fait une haie d’honneur pour les grévistes de Dambas qui se sont présentés fièrement en face de lui. Dambas, un Noir « mako » des possédants blancs békés Dambas a beaucoup de terre. Bizarre, alors que les békés refusent de vendre des terres aux Noirs et aux Indiens. Cela fait dire à beaucoup de travailleurs qu’il ne doit être qu’un « prête nom », un petit supplétif noir des «  gros blancs » de Martinique et de Guadeloupe, aux ordres des Hayot, De Lucy et consorts. Répondè réponn ! Soutien des ouvriers agricoles de la Martinique Le 7 juin, Marie-Hellen Marthe dite Surelly, dirigeante de la CGTM des ouvriers agricoles en Martinique, est venue apporter son soutien et celui des travailleurs de la Martinique à la grève des ouvriers de Guadeloupe. Marie-Hellen a rejoint les grévistes sur la plantation de Dambas, qui avait l’air inquiet en voyant arriver une militante de l’autre île, là où se trouvent ses « chefs ».