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CO de 2017/CO n° 1177 du 6 mai 2017/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : SA Bois-Debout Un exemple à suivre

Parce qu’ils ont décidé de lutter farouchement contre la pwofitasyon des parasites (les actionnaires de la plantation), les travailleurs de la SA Bois-Debout se sont donné les moyens pour mener leur combat. À commencer par la création d’une section syndicale CGTG et l’organisation d’élections de représentation du personnel : délégués du personnel et délégués du comité d’entreprise. Mais surtout par la participation active, d’un groupe assez important de travailleurs conscients, à toutes les décisions et actions entreprises pour faire reculer la pwofitasyon.

C’est ainsi qu’ils ont demandé et obtenu en 2012, l’intervention d’un expert en sécurité et hygiène. Celui-ci devait étudier et analyser les véritables conditions de travail sur la plantation.

Le rapport de l’expert a permis de bien mettre en évidence les scandaleuses et inhumaines conditions de travail. Il faisait ressortir notamment le transport sur leurs épaules de plus de sept tonnes de banane par tâche avec pour conséquences une «défor-mation» de leur corps ; la découpe, par un seul travailleur, en pattes (mains de bananes) des régimes transportées par quatre ou cinq porteurs, soit aux alentours de 30 tonnes par jour de travail. Et il en est de même pour pratiquement tous les autres postes de travail.

Sans parler des heures supplémentaires non payées. Ces conditions de travail sont les mêmes et parfois pires sur toutes les plantations de bananes.

Dès lors, ils ont entamé, forts des conclusions du rapport d’expertise, le combat pour une amélioration des conditions de travail. Entre temps, ils avaient obtenu, entre autres, la fin des heures supplémentaires non payées, pratique en vigueur sur toutes les plantations, le paiement normal de la prime de fin d’année. Et le 31 mars dernier, le Bureau de jugement de la section Agriculture du conseil des Prud’hommes de Basse-Terre, réuni en formation de départage, a condamné la SA Bois Debout à appliquer la loi de mensualisation en vigueur depuis le 1er janvier 1989 et à organiser les NAO (négociations annuelles obligatoires). Ce qui signifie, entre autres, la fin des heures supplémentaires non payées, le 13ème mois, etc.

La résistance affichée de la direction de la SA Bois Debout à appliquer la mensualisation s’explique très certainement pour une bonne part, par l’appui qu’elle a reçu de la part du Groupement des Planteurs (de Guadeloupe et de Martinique). Elle a d’ailleurs retardé la signature de l’accord en prétextant devoir consulter d’autres planteurs, notamment de Martinique. Cela se comprend, car la victoire des travailleurs de la SA Bois-Debout servira, à n’en pas douter, d’exemple à suivre par les travailleurs de toutes les plantations de bananes de la Guadeloupe et de la Martinique.

Rappelons par exemple que sur les 160 travailleurs de la SA Bois-Debout, seulement 63 avaient entamé devant le tribunal des Prud’hommes la procédure pour la mise en application de la mensualisation, les autres restant hésitants. Et à peine annoncée, la victoire des 63 a entraîné les autres à suivre la voie tracée. Il reste maintenant aux travailleurs de toutes les autres plantations de Guadeloupe et de Martinique à suivre leur exemple.


Après la victoire des ouvriers

Le 18 avril, après 9 jours de grève, 63 travailleurs de la SA Bois-Debout ont touché un premier chèque de 10 000 . Le combat continue.
Ces chèques ne représentent qu’une partie de l’argent que la direction a volé aux ouvriers. Et il reste 89 autres travailleurs qu’elle doit indemniser, selon l’accord signé le 13 avril.

Les travailleurs sont bien décidés à obtenir tout l’argent qui est dû à chacun.
Inspirés par la victoire des ouvriers de la SA Bois-Debout, les travailleurs des autres plantations ont commencé à se mobiliser.

Une première assemblée générale a eu lieu le 24 avril, 180 ouvriers agricoles étaient présents, de 10 plantations différentes. Les ouvriers de la banane étaient aussi nombreux à la manifestation du premier mai à Pointe-à-Pitre.
Dans de nombreuses plantations, les patrons prétendent que l’accord de Bois-Debout ne les concerne pas. Certains pleurnichent en expliquant que de toute manière s’ils doivent appliquer l’accord, ils fermeront leur plantation.

À Bois-Debout aussi la direction avait tenté ce chantage, mais il n’a pas marché. Dans la plupart des plantations de Guadeloupe et de Martinique, les riches békés imposent des conditions de travail inhumaines, et en plus ils volent doublement les ouvriers agricoles en magouillant sur les salaires, les jours fériés, etc.
Comme à Bois-Debout, les travailleurs ont tout à gagner à se mettre en ordre de bataille !


Martinique : Grève au labo de biochimie du CHU

La semaine dernière les techniciens du laboratoire de biochimie ont exprimé leur ras le bol et leur exigence d’une augmentation des effectifs.  

Le mercredi 26 avril, le personnel de ce laboratoire qui fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept ne recevait plus que les examens en urgence. Le jeudi les agents se sont regroupés sous une tente installée en haut des escaliers de l’hôpital Pierre Zobda Quitman. Le vendredi ils s’adressaient à leurs collègues.

Leur tract était très clair : « Le laboratoire de biochimie est en train d’agoniser lentement mais sûrement, avec pour témoin impassible et passif… la Direction !...  Jusqu’à maintenant, ce laboratoire était placé sous assistance respiratoire, à coups de changements de planning, de déplacements d’agents à la dernière minute, sur des postes dans le service, de fermetures de paillasses, occasionnant par là même des retards dans les rendus de résultats, et bien évidemment l’épuisement physique et psychologique d’un personnel à qui on demande toujours plus ! ».

Les agents du laboratoire de biochimie réclament la fin de l'auto-remplacement systématique, le maintien des agents envoyés en remplacement des congés maternité et congés longue durée, l’intégration des contractuels sur les postes vacants, une formation correcte sur les automates et la nouvelle chaîne d'analyse automatisée.

Au bout de trois jours, la direction a fini par recevoir les grévistes soutenus par le syndicat CGTM. Elle doit leur donner des réponses concrètes sur les effectifs le 5 mai prochain. En attendant, les agents du labo ont suspendu leur grève. Ils sont vigilants.  


Martinique : Centre hospitalier de Trinité Décès d’un agent sur son lieu........de travail

Après le décès brutal d’une collègue sur son lieu de travail, l’émotion et la colère étaient à leur comble ! Il apparait que cette aide-soignante a été victime d’épuisement et de souffrances liés à des conditions de travail, et donc de vie, déplorables.

À propos de ce drame, on a pu voir à la télévision le directeur du CHUM (Centre Hospitalier Universitaire de Martinique) prétendre que « rien n’était dû » à l’agent décédée. Comprendre : l’administration n’avait rien à se reprocher. Ces déclarations faites par le directeur du CHUM étaient révélatrices de son indifférence et aussi du fait qu’il est du côté du pouvoir. Elles ont surtout été choquantes pour un grand nombre de salariés des hôpitaux. Eux savent qu’il leur est dû à tous des conditions de travail correctes, qui ne les poussent pas vers la maladie, le burn-out ou pire encore.

Les agents du Centre hospitalier de Trinité sont exaspérés par leurs mauvaises conditions de travail et de voir leur hôpital partir en lambeaux, ainsi que l’offre de soins. D’ailleurs, depuis le 21 avril, une partie des agents est mobilisée avec le syndicat UGTM pour obtenir des garanties de la direction sur l’avenir de l’établissement.

Depuis plusieurs années, les projets de réaménagement voire de reconstruction n’avancent pas. Plusieurs services ont été fermés. D’autres fonctionnent au ralenti dans un environnement d’insécurité. Le manque de matériel est souvent criant, les agents ne sont pas remplacés lors des congés. Ils ont l’impression d’être laissés à l’abandon, avec souvent une surcharge de travail.

Contre cela, c’est bien par leurs luttes, des luttes d’ensemble et massives, qu’ils parviendront à obtenir satisfaction.


Guadeloupe : Hommes poignardés, Quand les femmes battues se révoltent

Ces dernières semaines, deux femmes, l’une à Petit-Bourg et l’autre à Port-Louis, ont poignardé leur compagnon.

La première, une aide-soignante de 33 ans, se faisait régulièrement battre par son compagnon. Ce soir-là, elle lui a planté un couteau dans l’abdomen. Il est décédé quelques heures après. La seconde jeune femme a blessé son conjoint. Des traces d’hématomes de plusieurs semaines ont été retrouvées sur son corps, preuve qu’elle aussi se faisait frapper. Ici comme ailleurs, de nombreuses femmes sont les souffre-douleur de leur conjoint. Les coups et les humiliations sont leur quotidien. Elles vivent un enfer et souvent dans le silence. Parfois cette situation est fatale : en France, tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Le fait que ces deux femmes aient poignardé leur compagnon est une réaction brutale à ces maltraitances qu’elles supportaient jusque-là.

Elles ont toutes deux été remises en liberté par les tribunaux. Plus de 200 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Pointe-à-Pitre pour soutenir l’aide-soignante. Dans ces affaires, la population a pris position pour les femmes qui se sont rebellées. Certaines femmes ajoutent même que de tels drames feront réfléchir les hommes violents. À Combat ouvrier, nous comprenons les actes de ces femmes, véritables victimes d’une société machiste.


Sécurité sociale : Salariés en droit de retrait

Depuis le 13 mars 2017, des salariés de la Sécurité sociale sont en droit de retrait. Ils dénoncent la nouvelle politique de la direction qui aggravera les conditions de travail et d’accueil des bénéficiaires. Pour faire des économies, celle-ci a décidé de délocaliser en France une partie du traitement des dossiers. Cela allongera encore plus les délais de réponse. La direction veut aussi instaurer les accueils uniquement sur rendez-vous. Conséquence, les délais pour être reçu seront rallongés. En plus, chaque agent a l’obligation de ne pas dépasser 12 minutes de rendez-vous par bénéficiaire, alors que certains dossiers méritent plus d’attention. Les salariés de la Sécurité sociale ont raison de ne pas accepter les dégradations que la direction veut leur imposer.


Michaux-Chevry, fidèle à sa tradition

Le mois dernier, Lucette Michaux-Chevry a été mise en examen dans l’affaire de détournement de fonds publics à la Communauté d’agglomération du sud Basse-Terre (CASBT). Cela fait suite à l’arrestation pour la même affaire de hauts cadres proches d’elle dont son ancien bras droit Fred Madinécouty. Pendant son audition par le juge, Michaux Chevry a été prise d’un malaise. Il tombe à pic puisque le juge a momentanément suspendu la procédure. Ce n’est pas la première fois que Michaux Chevry est mise en cause dans ce genre de magouilles ; et son grand âge n’empêche rien. Cela fait des années qu’elle profite de ce système. Des exemples comme celui-là, il y en a d’autres : Beaugendre à Capesterre-Belle-Eau, Louis Molinié à Terre-de-Haut... Parce qu’ils ont une parcelle de pouvoir, ces individus se croient tout permis. Pour l’instant Michaux Chevry est présumée innocente, comme on dit. Bien sûr, on n’imaginait pas le contraire, voyons. Mais combien de sordides affaires restent encore à découvrir ?