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CO de 2017/CO n° 1177 du 6 mai 2017/Première page

Première page

ÉDITORIAL : Macron, un valet du grand capital contre les travailleurs

Nous reproduisons ci-dessous, à peu de choses prés et à part les références aux Antilles, de larges extraits du communiqué de Nathalie Arthaud au soir du second tour.

Parmi les ennemis des travailleurs candidats à l’élection présidentielle, c’est donc Emmanuel Macron qui l’a emporté au deuxième tour avec 66,06 % des suffrages contre 33,94 % à Le Pen.

En Martinique, il obtient 77,55% des suffrages contre 22,45 % à Le Pen et 73,13 % en Guadeloupe, contre 24,87 % à Le Pen. L’importance des abstentions et le nombre élevé des votes blancs et nuls ont cependant montré qu’une partie importante de l’électorat, notamment dans les quartiers populaires, a refusé le choix entre la millionnaire d’extrême droite et le larbin des banquiers.

Mais, si Le Pen a été écartée de l’Élysée, avec Macron, c’est un exécuteur des basses œuvres de la bourgeoisie qui vient d’y accéder. Il exécutera sans état d’âme toutes les exigences du grand patronat et de la haute finance. Les travailleurs, s’ils veulent s’opposer à toutes les mesures contraires à leurs intérêts, devront se défendre par les seules armes dont ils disposent : les grèves, les manifestations, les luttes collectives, tout comme ils ont dû le faire contre Hollande et contre Sarkozy.

Engagé dans une guerre de classe féroce contre les travailleurs, le grand patronat continuera les licenciements, les suppressions d’emplois, aggravera la précarité, pèsera sur les salaires afin d’augmenter la richesse de la classe capitaliste. L’avidité du grand patronat finira par déclencher des explosions sociales, comme en Guyane. Ces explosions sociales, bien que nécessaires pour empêcher les travailleurs de sombrer dans la misère, ne seront cependant pas suffisantes. Il faut qu’elles soient guidées par une claire conscience de la part des travailleurs de leurs intérêts de classe. C’est-à-dire la conscience que leur ennemi principal, c’est la grande bourgeoisie, ceux qui exercent une dictature absolue sur les entreprises et sur l’économie. Les travailleurs n’ont aucune raison de rejoindre la caste politique de tous bords qui se félicite de l’échec de Marine Le Pen.

Car le Front national a obtenu plus de suffrages que jamais dans le passé, y compris dans les quartiers populaires, y compris en Martinique et en Guadeloupe où il réalisait jusqu’ici des scores plutôt faibles. Il est dans l’ordre des choses qu’une partie de l’électorat de droite, son candidat Fillon ayant été éliminé, vienne à la rescousse de Le Pen. Mais la candidate d’extrême droite n’aurait pas recueilli un nombre record de suffrages si une partie des travailleurs, écœurée par la politique des partis qui prétendaient le représenter, n’avait pas choisi d’exprimer sa colère en votant pour Le Pen la candidate du Front National.

C’est un piège mortel.

La progression de l’influence du Front national parmi les travailleurs, même si elle est pour le moment surtout électorale, encouragera les moins conscients de la classe ouvrière à reprendre à leur compte les préjugés réactionnaires exacerbés par le Front national. Le parti d’extrême droite dresse les travailleurs les uns contre les autres et les désarme dans le combat contre le grand capital. Pour faire face aux menaces matérielles et politiques qui pèsent sur les travailleurs, il est vital qu’ils retrouvent la conscience que la seule voie pour s’opposer à l’aggravation de l’exploitation et au pourrissement de toute la vie sociale est de renouer avec le combat du mouvement ouvrier contre le capitalisme avec l’objectif ultime de mettre fin au pouvoir de la bourgeoisie.  


Martinique : La manifestation du 1er Mai

Le lundi 1er mai, un millier de travailleurs ont défilé dans les rues de Fort-de-France à l'appel de plusieurs organisations syndicales. A savoir, la CGTM, la CDMT, l’UGTM, la CSTM, la CGTM-FSM, l’UNSA et la FSU. En fin de cortège, on pouvait noter la présence d’organisations politiques comme le PPM, le MIM et le PS ainsi que des associations. Devant la Maison des syndicats, des stands politiques ont été installés, celui du CNCP de Robert Saé et du PKLS regroupés, celui du GRS, de l’UFM et notre stand Combat Ouvrier. Avant le défilé, les responsables des organisations syndicales ont pris à tour de rôle la parole. Elles ont dénoncé la situation sociale des travailleurs et le danger de la montée de l’extrême-droite. Armand Nicolas, historien et ancien secrétaire général du PCM, invité à prendre la parole, a dénoncé les injustices que subissent les travailleurs. Mais il a terminé son intervention en disant « tout le peuple martiniquais doit être uni » invitant la population à se ranger derrière le drapeau rouge-vert-noir, le drapeau martiniquais. Il reconnaissait ainsi avoir relégué aux oubliettes le drapeau rouge de la classe ouvrière, montrant que le PCM ne se situe plus dans le camp des travailleurs. Notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud, au nom de la CGTM, a rappelé les luttes récentes des travailleurs dans différents secteurs. Elle a tenu à avertir les travailleurs que les deux présents au deuxième tour des élections présidentielles, Macron et Le Pen, sont deux ennemis des travailleurs. Elle a rappelé que les travailleurs ont combattu les lois Macron et El Khomri du gouvernement Hollande. Et aussi que le 1er mai n’est pas pour nous la fête du travail, mais bien une journée internationale de lutte contre l’exploitation capitaliste. Dans la manifestation, la CGTM a lancé des slogans comme : « Macron, Le Pen, ennemis des travailleurs », ou encore « Contre le chômage et pour de meilleurs salaires, seule la lutte paie ». Une de ses banderoles proclamait : « Ki Aysien, Sent-Lisien, Dominitjen, Martinitjé.... tout travayè karayib-la, sé Travayè !». De son côté la CDMT lançait : « Tout’ pêp asou la tè ni menm ennemi-an, sé la profitasiyon é la dominasiyon. ». La CSTM et l’UGTM reprenaient des slogans comme : « Unité syndicale pour la reconnaissance du fait syndical martiniquais et sa représentativité» ou « sendika Matinik pa mwens ki dot » (« les syndicats martiniquais n’ont pas moins d’importance que d’autres »). Le syndicat des agents municipaux de la CGTM, pour sa part, avait voulu manifester au Lamentin. Le maire de cette commune, Pierre Samot, s'est distingué ces derniers temps en citant devant la justice des militants syndicaux CGTM de la municipalité. Quant à FO et la CFDT, ils avaient décidé de regrouper leurs militants ailleurs, respectivement à Sainte-Anne et dans une réunion en salle au Lamentin.


Guadeloupe: 1er Mai Une manifestation réussie

La manifestation lors de cette journée internationale de lutte des travailleurs a été un succès.

C’est une journée traditionnelle du mouvement ouvrier international depuis 1886, avec des manifestations dans le monde entier. Cette année, en Guadeloupe, la manifestation a eu lieu à Pointe-à-Pitre. Environ 3 000 personnes ont défilé à l’appel des organisations syndicales suivantes : CFTC, CGTG, FAEN-SNCL, FO, FSU, SPEG, Sud PTT Gwa, Solidaires, UGTG, UIR CFDT, UNSA et de l’Association de défense et de gestion des intérêts des Granbayziens (habitants de Grand Baie, à Gosier) menacés d’expulsion par la mairie du Gosier et la société immobilière Semsamar. La manifestation a été très dynamique avec chants et slogans sur les revendications ouvrières et le second tour des présidentielles. La commémoration du cinquantenaire du massacre infligé aux ouvriers et à la population laborieuse de la ville en mai 1967, a donné un caractère grave à la manifestation. 

Combat Ouvrier comme d’habitude était présent avec un stand, et nos camarades défilaient avec leurs camarades d’entreprise. Une trentaine de lycéens et étudiants de Rebelle ! ont aussi défilé avec dynamisme.


Guyane: Des travailleurs poursuivent la lutte

La grève générale et la mobilisation de la population de Guyane a été un succès. Le gouvernement a accepté en plus des 1,08 milliard déjà promis d’étudier la possibilité d’une rallonge de 2,1 milliards supplémentaires réclamés par le collectif. Même si cette rallonge n’est qu’une promesse, c’est de haute lutte que la population, après cinq semaines de grève et de mobilisation a pu l’obtenir ! À l’hôpital de Cayenne, les travailleurs ont déclaré ne pas pouvoir reprendre le travail normalement dans les conditions désastreuses actuelles. Ceux de l’EDF poursuivent la grève après la fin de la mobilisation générale. Ils veulent la levée du plan d’austérité et du plan social de la direction supprimant de très nombreux emplois. Les moyens humains comme les moyens matériels manquent cruellement. Vive la lutte des travailleurs de Guyane !


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