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CO de 2017/CO n° 1176 du 22 avril 2017/Deuxième page

Deuxième page

Nos résultats en France, en Martinique et en Guadeloupe

À l’échelle de toute la France et de l’Outre-mer, Nathalie Arthaud obtient 0,7 % des suffrages avec environ 230 000 voix. Il y a une légère progression par rapport à 2012 où elle avait obtenu 0,56 % avec 202 548 voix
En Martinique, en 2017, Nathalie Arthaud obtient 2 257 voix soit 2,06 %. On enregistre une progression de plus de 800 voix par rapport à 2012 où notre camarade avait obtenu 1 442 voix et 0,99 % des suffrages. En Guadeloupe, en 2017, Nathalie Arthaud obtient 1980 voix soit 1,76 %. Là aussi on enregistre une progression de plus de 600 voix par rapport à 2012 où notre camarade avait obtenu 1 335 voix et 0,92%
L’abstention
En Martinique et en Guadeloupe, les résultats sont marqués par une augmentation de l’abstention.
Le nombre de celles et ceux qui se sont détournés dépasse les 60 % en Martinique et frôle les 60 % en Guadeloupe. Ce sont des milliers de jeunes, de travailleurs, de chômeurs, de femmes au foyer qui sont souvent dégoutés de la situation actuelle qui ne se sont pas exprimés.


Déclarations des porte-parole de Combat ouvrier, représentants de Nathalie Arthaud aux Antilles

Guadeloupe : Jean-Marie Nomertin (Extrait)

Je remercie les 1980 électeurs qui ont voté pour la candidature de Nathalie Arthaud.
En Guadeloupe, Macron arrive en tête ayant bénéficié de l’appel d' Ary Chalus et Eric Jalton en sa faveur. Ceux là montrent bien dans quel camp ils se situent, celui de la bourgeoisie. Car Macron, cet ancien banquier ministre est tout autant que Le Pen un ennemi de la classe ouvrière.
Nous appelons les travailleurs à rejeter le vote en faveur de Le Pen. Comme Nathalie Arthaud, nous voterons blanc.
Nous constatons au vu des résultats de cette élection, qu’avec 1,76% des voix soit 1980 votes, nous augmentons notre score en Guadeloupe de plus de 600 voix. C’est peu, certes mais ce sont ceux là qui montrent le chemin aux autres. Celui qui conduira à faire entendre plus fort la voix des travailleurs et des exploités contre l’exploitation capitaliste.

Martinique : Ghislaine Joachim-Arnaud (Extrait)

En Martinique, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête des suffrages exprimés. Ce score reflète une certaine méfiance par rapport à la politique pro patronale menée par le gouvernement sortant. Avec 10,94 % en Martinique, Le Pen, augmente son score de façon importante. Les membres des classes populaires qui votent Le Pen se trompent. Ils se tirent une balle dans le pied et marquent contre leur camp. Car Le Pen est du côté de la bourgeoisie. Nous partageons l’appel à rejeter le vote en faveur de Le Pen. Comme Nathalie Arthaud, je voterai Blanc. Nous constatons qu’avec 2,06 % des suffrages exprimés, Nathalie Arthaud obtient (2 257 voix). En 2012, elle obtenait 1 442 voix. C’est une augmentation sensible 815 Soit voix supplémentaires. Au nom de Nathalie Arthaud, et de Lutte Ouvrière et ici de Combat Ouvrier, je remercie ceux qui ont porté leur vote sur le bulletin du camp des travailleurs.


Guadeloupe : Meeting réussi à Saint-François

Mardi 18 avril, dans la soirée, quatre-vingts personnes se sont rassemblées devant la mairie de Saint-François.

L’objectif du meeting était de soutenir un travailleur du SIAEAG, Jean-Luc Cozéma, injustement licencié par Laurent Bernier, maire de Saint-François et président du SIAEAG (Syndicat intercommunal d’alimentation en eau et d’assainissement de la Guadeloupe). Plusieurs autres travailleurs se sont exprimés, militants de la CGTG dans divers secteurs, ainsi que Combat ouvrier et le journal Rebelle !. Les habitants du quartier Grand-Baie du Gosier, menacés d’expulsion, ont aussi pris la parole. Le meeting s’est terminé par l’intervention d’Albert Cocoyer, délégué syndical à la plantation de banane Bois-Debout. Plusieurs dizaines d’ouvriers agricoles avaient fait le déplacement depuis Capesterre-Belle-Eau. Leur victoire sur les grandes familles béké quelques jours auparavant a encouragé tous les participants à faire preuve de combativité !


Martinique : Succès de la mobilisation des contribuables du Sud

Après trois mois de mobilisations contre des hausses brutales de 35% des impôts locaux appliquées par la communauté d’agglomération de l’Espace sud, les contribuables ont contraint le président de cette collectivité à revoir sa copie.

C’est le cas notamment pour le taux de la taxe d’enlèvement des ordures qui sera de 19 % au lieu de 35 %. Celui de la taxe d’habitation sera de 11,68 % au lieu 35,6 % et la taxe foncière baisse elle aussi.

Le dernier épisode s’est déroulé le lundi 10 avril dernier à l’occasion du vote du budget 2017 de l’Espace sud. Le « comité citoyens Sud » était encore une fois mobilisé. Il n’avait nullement l’intention de se retrouver bredouille comme cela avait été le cas lors de rencontre précédente avec Eugène Larcher, le président de l’Espace Sud, ni de faire face à une quelconque arrogance de certains élus, indisposés d’avoir ainsi des comptes à rendre ! Durant la séance de travail avec les élus, les membres du comité, soutenus par les habitants mécontents, ont demandé des explications et ont montré qu’ils ne s’en laissaient pas compter.

Les semaines précédentes, le comité avait organisé des caravanes pour informer la population des douze communes membres de l’Espace sud, sur les extravagances des comptes, des dépenses, des choix de la communauté d’agglomération et des élus. Que la population puisse contrôler les comptes engagés en son nom, c’est bien la moindre des choses. Grâce à leurs mobilisations, les habitants de ces communes seront un peu moins taxés. C’est déjà ça ! Et c’est à coup sûr une bonne habitude à prendre pour la population de contrôler où va l’argent public !


Guadeloupe : Grève à la SA Bois-Debout : une victoire exemplaire !

Du 4 au 13 avril, les ouvriers agricoles de la plantation de banane Bois-Debout, à Capesterre-Belle-Eau, ont fait grève. Ils ont obligé la direction à leur rembourser les sommes indûment prélevées sur leurs salaires pendant des années.

La SA Bois-Debout a été dirigée pendant des décennies par un béké arrogant, Louis Dormoy.
Depuis plusieurs années, les travailleurs ont décidé de ne plus baisser la tête.

En 2014, ils avaient cessé le travail pendant trois semaines pour dénoncer leurs très mauvaises conditions de travail, avec le soutien du syndicat CGTG. Les autorités avaient contraint la direction à reconnaître que les travailleurs étaient fondés à exercer leur « droit de retrait », qui leur a finalement été payé.

Quelques mois plus tard, en janvier 2015, les ouvriers ont gagné une nouvelle manche. Ils ont obtenu la condamnation de Louis Dormoy pour homicide involontaire, suite au décès de l’ouvrier Simon Georges sur la plantation. C’était une victoire importante car à la SA Bois-Debout il y a eu 10 morts au cours des 26 dernières années.

Louis Dormoy et sa famille ont dû quitter la direction de l’entreprise, désavoués par les autres békés actionnaires de la SA Bois-Debout. Mais les travailleurs ne se sont pas arrêtés là. En juin 2015, 63 ouvriers ont porté plainte auprès des Prud’hommes pour des irrégularités dans le paiement de leurs salaires. Chaque mois, les ouvriers agricoles ne touchaient même pas le Smic, le salaire minimum. La direction renvoyait des travailleurs chez eux sans raison, et leur décomptait des « absences exceptionnelles ». Elle prélevait aussi de l’argent en prétextant que l’ensemble des tâches n’avait pas été réalisé. Elle ne versait pas non plus la totalité des 100 € de l’accord Bino gagné pendant la grève générale de 2009. Et enfin, seuls les cadres et les dirigeants de l’entreprise touchaient un treizième mois, pas les ouvriers.

Le jugement est tombé le 31 mars 2017. La direction a perdu sur toute la ligne, et elle a été condamnée à rembourser immédiatement les sommes volées aux 63 ouvriers depuis 2010, en moyenne 15 000 € par personne. Dès le 3 avril, tous les travailleurs concernés avaient récupéré le jugement. Le directeur Alquier aussi, mais il a déclaré qu’il ne paierait pas. Le lendemain, mardi 4 avril, les ouvriers sont entrés en grève.

Ils se rassemblaient devant la plantation à partir de 6h du matin pour exiger leur dû. La direction a alors prétendu qu’elle n’avait pas l’argent pour payer et que si elle exécutait le jugement elle devrait fermer l’entreprise. Le préfet et le président de la Région sont allés dans le même sens, et ils ont proposé d’étaler le paiement. Les travailleurs ont tenu bon. Ils savent que chaque année la SA Bois-Debout fait plus d’un million de bénéfices. Ils savent aussi que les békés actionnaires, les Dormoy et autres, ont largement de quoi payer, en piochant s’il le faut dans leur fortune personnelle.

Les grévistes ont prévenu la direction et les autorités qui leur faisaient du chantage : si la plantation ferme, ils occuperont les terres. Le 6 avril, pour accentuer la pression sur la direction, les ouvriers se sont rendus en délégation dans deux entreprises dont les patrons sont actionnaires de la SA Bois-Debout. Ils se sont rendus à la distillerie Bologne et à la plantation Dumanoir. Le lundi 10 avril, les travailleurs ont durci leur mouvement. Dès 4h du matin, ils ont bloqué la route qui passe devant la plantation, au rond-point des Mineurs. Il s’agit de la RN1 qui relie Pointe-à-Pitre à Basse-Terre, les deux plus grandes villes de Guadeloupe. Seuls les véhicules d’urgence, les malades et les personnels de santé pouvaient passer. Il y a eu des embouteillages toute la journée et le lendemain aussi.

Sous la pression du préfet, la direction a consenti à rencontrer les grévistes. En signe de bonne volonté, les ouvriers ont levé leur barrage sur la RN1. Mais il a fallu encore 24 h pour que la rencontre ait lieu, le jeudi 13 avril, dans les locaux de la préfecture à Basse-Terre. Les travailleurs ont affrété un car pour se rendre tous ensemble sur les lieux, après un passage au Conseil régional. Les grévistes ont constitué une délégation de 11 personnes. En face, la direction de la SA Bois-Debout était représentée par le directeur Alquier, la directrice financière, un des petits-fils de Louis Dormoy, et un dénommé Miroite, qu’elle avait choisi comme conciliateur. Au départ, ils ont proposé 5 000 € par personne, puis un paiement en dix fois, uniquement pour les 63 qui avaient gagné aux Prud’hom-mes.

La délégation a déchiré leur proposition et est retournée auprès des grévistes massés devant la préfecture. Le préfet a alors décidé de présider la réunion. Après une journée de discussion et une ultime tentative pour se dérober, la direction a cédé. Les 63 premiers demandeurs toucheront leur argent, somme allant de 12 000 à 28 000 €, le jour de la reprise du travail, le 18 avril.

Les 89 autres salariés de la plantation, y compris ceux en CDD, percevront un acompte de 1500 € le 30 juin. Avant cette date, chaque cas sera étudié par une commission constituée pour moitié de représentants des grévistes, pour établir les sommes dues à chacun. Les travailleurs ayant quitté la plantation bénéficieront d’un délai supplémentaire pour engager une procédure aux Prud’hommes.    


Population solidaire de la grève

Durant le mouvement, la population a apporté sa solidarité aux grévistes. Certains apportaient des dons sur le piquet : des boissons, de la nourriture et de l’argent. D’autres encourageaient les ouvriers à tenir bon à coup de klaxon. Des automobilistes et d’autres travailleurs ont aussi aidé les grévistes à maintenir le barrage.