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CO de 2017/CO n° 1174 du 25 mars 2017/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe L’horreur des femmes tuées par leur compagnon

Mardi 14 mars, un surveillant de la prison a brûlé vive son ex-compagne, une policière, à son domicile du Gosier. Il a été grièvement brûlé lui aussi et a succombé un peu plus tard. La façon dont le meurtre s’est passé est particulièrement horrible : l’homme a bouclé la maison, coupé les arrivées d’eau et aspergé sa victime d’essence. Elle n’avait aucune chance. Mais l’histoire frappe aussi à cause des métiers de la victime et de son meurtrier. Battue par son compagnon devant le commissariat de Boissard, la femme avait bénéficié du soutien de ses collègues policiers – ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas pour d’autres victimes qui appellent à l’aide. Elle avait obtenu du procureur de Pointe-à-Pitre un ordre d’éloignement interdisant à l’homme de s’approcher d’elle. On aurait pu penser que si une victime de la violence conjugale allait être enfin protégée, ce serait elle. Au moins elle. La suite a prouvé que non. En février 2015, une autre policière du commissariat, régulièrement battue par son compagnon, s’était suicidée avec son arme. Récemment, une de nos jeunes camarades du journal étudiant Rebelle ! a appelé le commissariat à l’aide alors qu’un homme battait comme plâtre une femme dans la rue à Pointe-à-Pitre. Réponse du policier au bout du fil : « De quoi vous vous mêlez ? Qui vous dit que ce n’est pas son mari ? »… On croit rêver. La simple habitude de considérer comme une « circonstance atténuante » le fait qu’un meurtre soit « passionnel » prouve que nous vivons dans une société d’oppression sexiste, où trop souvent les hommes affirment leur prétendue « virilité » en se comportant comme si les femmes étaient leur propriété. Et que beaucoup trop de gens trouvent ça normal. Le fait qu’en France, une femme est tuée par son conjoint tous les trois jours le prouve aussi. Le fait que les forces de l’ordre soient incapables d’agir contre ce phénomène dans leurs propres rangs en est une preuve de plus. L’État se décharge de l’aide aux femmes victimes de violences sur des associations comme le CIDF (Centre d’information sur les droits des femmes) qui peuvent être jointes au 3919.


Guyane Les « 500 frères » : Milice anti-pauvres et anti-immigrés ?

Joceleme Privert président par intérimDurant l’intervention de la ministre Ségolène Royal à la Collectivité territoriale de Guyane, le 17 mars, une trentaine de manifestants cagoulés ont fait irruption dans l’auditorium.

Ce groupe appelé « les 500 frères contre la délinquance », a fait ce coup de force pour exiger l’extradition des détenus étrangers. La veille de cette opération les « 500 frères » étaient postés, encagoulés, devant les consulats d’Haïti, du Suriname, et du Guyana pour exprimer cette même revendication. Qui sont ces « 500 frères » ? Ce groupe prétend combattre la violence dans les quartiers pauvres de Guyane en aidant les forces de l’ordre face aux délinquants. Ils souhaitent le renforcement des moyens de la police, des mesures répressives ciblant les jeunes des quartiers et des accords d’extradition pour les délinquants étrangers. On peut s’interroger sur le laisser-faire de la préfecture de Guyane vis-à-vis de ce groupe de cagoulés paradant dans les rues, dans les assemblées, devant les consulats et encerclant une ministre dans l’auditorium de la Collectivité territoriale. Le porte-parole de cette milice est un policier, ceci peut expliquer la bienveillance du préfet. Les « 500 frères » semblent très proches du milieu policier, d’ailleurs certaines de leurs revendications sont propres à la police nationale comme « faire remonter au gouvernement les dysfonctionnements et incohérences du système de formation initiale et continue des effectifs de police en matière pénale ». Les « 500 frères » permettent aux autorités de diviser les pauvres entre eux, et surtout de ne pas parler de la principale source de la violence qui est le chômage de masse. Le ras-le-bol de la population des quartiers pauvres de Guyane face aux actes de violence est compréhensible. Mais « les 500 frères » ne sont pas la solution. Au contraire, ils détournent la population de la lutte à mener contre les responsables de cette situation : les gros patrons qui n’embauchent pas, tout en se gavant de subventions en tout genre.


Martinique : Conférence de presse du « Kolektif kont Marine Le Pen »

 Samedi 18 mars le « Kolektif kont Marine Le Pen, contre les thèses du Front national et contre le racisme, la xénophobie et leur banalisation », avait convié la presse à la Maison des syndicats de Fort-de-France pour affirmer son opposition à une éventuelle venue en Martinique de Marine Le Pen, la dirigeante du Front national, ou d’un de ses représentants. Ce collectif est composé de 16 associations, organisations syndicales ou politiques : comité Marine Dewo, l’ASSAUPAMAR, la CDMT, Combat Ouvrier, le MIR (Mouvement international pour les réparations), le GRS, le PCM, le PKLS et l’UFM.À cette conférence de presse, étaient présents une trentaine de militants. Notre camarade Alex Duféal, au nom de Combat Ouvrier, a dénoncé les idées racistes et xénophobes véhiculées par le Front National. Il a insisté sur le fait que cette organisation est avant tout une organisation anti-ouvrière. La réunion s’est terminée par l’annonce d’une manifestation le samedi 25 mars à 9 heures, place de l’Enregistrement (derrière le Centre Perrinon) à Fort-de-France.


Marine Le Pen et le FN, ennemis mortels des travailleurs

Non, rien n’a changé depuis Le Pen père. Le FN est un parti anti-ouvrier, dévoré par la haine de toute forme de contestation sociale et par le racisme.

Le but du Front national et de ses membres, c’est de s’attaquer à ce qu’ils appellent le « marxisme », c’est-à-dire aux syndicats et à toutes les organisations qui luttent aux côtés des travailleurs. Pour cela, leurs armes préférées sont le racisme et la xénophobie : ils détournent l’attention des malheureux des vrais responsables de leurs difficultés – le grand patronat et les super-riches – et montent les travailleurs les uns contre les autres.

Quand le FN déclare que les « immigrés sont la cause du chômage », il protège en réalité les grandes entreprises du Medef qui ont touché 45 milliards d’euros d’argent public sous Hollande et ont craché sur leur promesse d’embaucher un million de personnes. Il protège aux Antilles les grandes fortunes, les gros békés de la banane et autres qui se gavent de subvention publiques – plusieurs centaines de millions d’euros chaque année – et maintiennent la population sous la menace d’un chômage scandaleux. Et jamais Marine Le Pen ne dénonce les patrons voyous qui licencient, les conditions de travail indignes qui poussent régulièrement des travailleurs au suicide comme à Pôle emploi en Guadeloupe l’année dernière, ou à la SNCF en France cette année.

À la place, elle préfère soutenir les policiers racistes qui ont violé un jeune Noir, Théo, à Aulnay-sous-Bois… Marine Le Pen essaye de faire croire que son parti n’est plus raciste. Tout le « lélé » pour bien montrer qu’elle est fâchée contre son père n’a pas empêché Jean-Marie Le Pen de rester « président d’honneur » du FN et de lui verser à elle 6 millions d’euros (un beau cadeau que peu de familles peuvent se permettre !) pour sa campagne. Elle a fait exclure quelques élus FN qui se faisaient prendre la main dans le sac déguisés en SS ou affichant des portraits d’Hitler chez eux. Mais à force d’exclure des militants nostalgiques du nazisme comme Alexandre Gabriac en 2011 ou Benoît Loeuillet cette année, ça fait désordre. Aucun autre parti, n’est obligé de se débarrasser tous les deux ans de fanas d’Hitler pour avoir l’air « normal » ! Tout simplement parce qu’ailleurs, il n’y en a pas… Surtout, quand ces voyous racistes ne sont pas candidats – c’est-à-dire quand ils ne sont pas connus du public – ils ne dérangent pas du tout la présidente du FN. Au contraire. Que penser par exemple du fait que tout le système de financement de ses campagnes est organisé par des gens comme Frédéric Châtillon, ami proche de Marine Le Pen ? C’est une ancienne petite frappe d’extrême-droite, adepte du salut nazi, proche des milieux skinhead (les racistes au crâne rasé qui déclenchent des bagarres parfois mortelles contre des militants de gauche, des Noirs ou des Arabes en France). La vraie nature de ce parti, on la voit aussi directement aux Antilles. Ses principaux représentants sont Marc Guille, l’homme du gros patronat de la banane, un secteur où les travailleurs sont exploités dans des conditions indignes. Ou encore « Stéphan » Viennet, ancien policier d’après son CV mais aussi croupier dans le milieu des machines à sous et fana d’armes et de jouets paramilitaires… Aucune voix de pauvres ou de travailleur ne doit aller à ces gens-là. Ce serait vraiment se tirer une balle dans le pied !


Fête de COMBAT OUVRIER

Changement de lieu :
Au Royal Riviera, Gosier
Dimanche 14 mai
VENEZ NOMBREUX



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