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CO de 2017/CO n° 1173 du 11 mars 2017/Quatrième page

Quatrième page

Mélenchon, l’illusionniste

Depuis les présidentielles de 2007, Jean-Luc Mélenchon se présente comme un candidat contestataire qui défend les classes populaires. En réalité, derrière le ton qui se veut radical, il n’y a que du mou.

Mélenchon affirme que voter pour lui permettra de « tourner pacifiquement et démocratiquement la page de l’ordre injuste et cruel dans lequel s’enfonce (sic) notre pays et notre continent ».

Le titre de son programme de campagne, « l’avenir en commun » est révélateur. Mélenchon ne prend pas parti dans la guerre que mènent les riches et les capitalistes contre les travailleurs et les pauvres. Comment ces deux camps pourraient-ils avoir un « avenir en commun » ? Dans sa « France insoumise » et sa « France indépendante » Mélenchon invite les travailleurs à oublier leur combat de classe pour rallier la bourgeoisie française. D’ailleurs il s’adresse sur son site de campagne à « tous les milieux sociaux ». Mélenchon prétend que les maux des travailleurs et des classes populaires proviennent des directives européennes et non de la soif de profits des grands patrons français. C’est une tromperie.

Pour tenter de séduire les travailleurs, Mélenchon propose quelques promesses de mesurettes : abrogation de la loi El Khomri, du travail du dimanche, rétablissement des 35 heures et hausse du Smic de 1 150 euros à 1 300 euros nets. Mais le 19 février il a explicité son programme économique. Mélenchon prétend être capable de relancer l’économie, sans jamais mettre en question le pouvoir et les profits des capitalistes. Au contraire même, dans sa « révolution fiscale », Mélenchon prévoit de baisser l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % !

Dans ses discours, Mélenchon l’insoumis autoproclamé prétend « mettre la finance au pas ». Hollande nous avait déjà chanté la même chanson en 2012, avant de se mettre au service des grands capitalistes une fois élu. Les travailleurs n’ont pas à faire confiance à ce genre de beau parleur. Dans le cadre de ces élections présidentielles, ils doivent faire entendre leur propre camp !



Affaire Fillon : en France un sauve-qui-peut… ou un retour honteux ?

Depuis l’annonce de sa probable mise en examen, près de 300 élus de la droite et du centre ont lâché leur candidat. La plupart se sont fendus de déclarations vertueuses pour déplorer l’obstination de Fillon, accusé de privilégier ses intérêts personnels au détriment de son parti. Mais tous ces élus font exactement la même chose : ils craignent de perdre leur mandat aux prochaines élections législatives en continuant de s’afficher avec Fillon, dont les turpitudes scandalisent l’opinion. Quand le bateau prend l’eau, les rats quittent le navire ! Et comme « Les républicains » ont décidé à nouveau de soutenir Fillon, l’eau a été peut être écopée. Alors les rats reviendront-ils la queue basse ?

en Guadeloupe on touche le fond
En France, le spectacle que donnent les politiciens de droite est lamentable. En Guadeloupe, cette mauvaise pièce tourne à la farce.

Certains élus du sud Basse Terre ont remporté la palme. Après avoir lancé un comité de soutien à Fillon le 22 février, ils ont annoncé à la presse le 4 mars leur intention de parrainer Juppé. Deux jours plus tard, patatras, Juppé se retire définitivement, et ces élus doivent retourner leur veste encore une fois. Après tout ça, comment leurs « grands chefs blancs » pourraient-ils les prendre au sérieux ?



Dans les entreprises

L’Écho des télécom
Un commis voyageur pour les profits d’Orange !
Il s‘agit de Stéphane Richard, PDG d’Orange qui était en Guadeloupe il y a quelques jours. Il est venu aux Antilles et en Guyane par crainte de la concurrence des autres sociétés. Il a déclaré qu’il allait investir 300 millions d’euros sur les réseaux de cet outre-mer. Mais en attendant, nous sommes assaillis par les plaintes des clients qui sont astreints à des tarifs beaucoup trop chers par rapport à ceux de l’hexagone, pour un service très très médiocre.

Stéphane Richard côté jardin et Orange côté arrière cour
Beaucoup de clients nous disent payer l’ADSL mais ont en fait du bas débit. Les liaisons téléphoniques aussi sont mauvaises. Le réseau devrait être entièrement révisé. Le réseau de la télé d’Orange est particulièrement médiocre. Et nous nous sommes en première ligne pour affronter le mécontentement des clients pour des salaires qui n’augmentent pas. Nous, on nous pousse à « faire du chiffre » sur des produits médiocres.

Stéphane Richard, la fibre d’un exploiteur !
Stéphane Richard a promis la fibre pour améliorer le réseau pour tous ! Mais apparemment il n’est pas pressé. La fibre ne devrait couvrir toute la Guadeloupe qu’en 2022. Cinq ans à attendre ! Il n’y a pas de quoi pavoiser ! En attendant, Orange continue de faire de super profits sur le réseau Antilles-Guyane en pratiquant des prix discriminatoires et en nous exploitant, nous les travailleurs. Pour améliorer les choses, il faudrait embaucher massivement à Orange.

L’Écho de Jarry
Gaddarkhan enrobage : patron licencieur, et radin !
Le patron licencie neuf travailleurs sans aucune justification. Dans les documents de licenciement reçus par les ouvriers, à la case indemnité, il y a plusieurs petites croix et aucun montant, comme s’ils n’allaient rien recevoir. C’est une provocation, car certains ouvriers ont travaillé plus de 20 ans dans l’entreprise. Gaddarkhan doit mieux faire !

Gaddarkhan enrobage : compensation ridicule pour les ouvriers les plus anciens
Soi-disant en guise de compensation, les ouvriers de plus de 55 ans ont droit à 10% en plus de l’indemnité prévue : en gros un mois de salaire en plus. Mais personne ne sait à combien s’élève l’indemnité. C’est 10% de rien du tout ? En plus à 55 ans, c’est plus difficile de retrouver un emploi ! Sa pa sèryé !

Gaddarkhan enrobage : les chefs indemnisés, pas les ouvriers ?
Pour les chefs d’équipe licenciés l’indemnité est fixée à 10 mois de salaire brut et 15 mois pour les cadres. Là au moins, ils savent ce qu’ils auront. Mais pour les ouvriers c’est le grand flou, eux qui avaient déjà des salaires inférieurs à ceux des chefs. Le patron doit aussi indemniser les ouvriers, tout moun sé moun !

Gaddarkhan enrobage : pas de reclassements ? Un grand groupe comme Gaddarkhan est présent dans plusieurs secteurs : bâtiment, immobilier, pétrole, agriculture. Ce groupe a plus d’entreprises qu’il n’en faudrait pour reclasser les neuf travailleurs licenciés. Le patron soi-disant protecteur des « emplois guadeloupéens », qui avait bloqué toute la zone de Jarry sous prétexte de ne pas vouloir licencier, montre sa vraie nature ! 



Haïti : Décès de René Préval, serviteur de la bourgeoisie haïtienne et internationale

Ancien président d’Haïti, René Préval est mort le 3 mars à 74 ans. Élu de 1996 à 2001, il a été réélu en 2006 où il a remplacé Aristide jusqu’en 2011.

Agronome, issu de la bourgeoisie, il a suivi son père en exil sous Duvalier en 1963. A son retour il devient un proche d’Aristide quand celui-ci est encore « Titid », le curé qui avait suscité l’espoir dans la population pauvre à la chute de Duvalier. Préval était alors perçu par la population laborieuse comme le jumeau, le « marassa », d’Aristide qu’il a suivi dans les gouvernements successifs. Il a été de ceux qui, dans les années 80, ont orienté la colère de la classe ouvrière, des pauvres dans une lutte contre les macoutes en ne touchant pas aux bénéfices accumulés par les classes possédantes, les propriétaires terriens et les banquiers.

Présent sur la scène politique depuis 1991, premier ministre d’Aristide, partisan du régime Lavalasse, il l’a accompagné après le coup d’État de septembre 1991 en exil et après son retour en 1994, il a été élu président en 1996. De ce mandat on retiendra qu’avec Aristide dans l’ombre, Préval a montré à la bourgeoisie haïtienne et internationale qu’il était à leur service. Il a contraint la population pauvre à accepter les sacrifices avec l’illusion que la reprise économique améliorerait leur sort.

C’est lui qui a mis en œuvre la privatisation des services publics. En 1996, le régime Lavalasse a privatisé les postes et télécommunications (Teleco) la Minoterie Nationale et la Cimenterie Nationale. L'affaire annoncée comme une étape vers le progrès a été à l’avantage des bourgeois, alliés de Lavalasse, amorçant la dégradation de ces services. Les domaines agricoles ont été répartis pour de nouveaux propriétaires sous couvert d’une réforme agraire dont les petits paysans ni les ouvriers agricoles n’ont été bénéficiaires. À la fin de ce premier mandat la violence contre les pauvres va culminer avec la présence des nervis lavalassiens, les chimères (nervis, tueurs), à côté des milices privées qui défendent les possédants.

En 2001, il passe la main à Aristide qui pendant 5 ans va continuer cette politique en faveur des riches. En 2006 il apparait comme le recours après l’expulsion d’Aristide sous la pression des militaires et sera l’homme de la situation pour l’impérialisme et les bourgeois locaux.

Ce deuxième mandat est marqué par un appauvrissement de la population laborieuse. La valeur de la gourde chute par rapport au dollar, et le prix des produits est multiplié par cinq alors que les salaires stagnent. Les travailleurs ne peuvent plus acheter le riz, le pain, l’huile ou le sucre tandis que les importateurs amassent des bénéfices et que les banquiers spéculent sur la monnaie. Les pauvres réagissent par des émeutes de la faim en avril 2008. La police réprime faisant des dizaines de morts et Préval rétablit l’ordre alors que les chimères contrôlent les quartiers populaires étouffant la voix des pauvres.

C’est dans ce contexte d’exploitation des travailleurs que la terre tremble le 10 janvier 2010. Face à cette catastrophe faisant 200 000 morts, le gouvernement de Préval montre son incapacité à secourir les pauvres qui s’entassent dans les camps de réfugiés pour survivre. Par contre les nantis se partagent l’aide humanitaire qu’ils détournent à leur profit sous le regard du gouvernement de Préval à l’aise pour défendre le camp des riches. Jusqu’à son remplacement par Martelly, Préval aura été le soutien des possédants, de la bourgeoisie haïtienne et internationale, celui sur qui ils ont compté pour mettre en œuvre une politique d’austérité sur les travailleurs en garantissant les profits des exploiteurs.

Le slogan de Préval s’adressant aux pauvres était : « najé pou sòti », soit « débrouillez-vous vous-même », alors qu’il offrait ses services aux riches. L’hommage que lui ont rendu les politiciens et chefs d’État est celui que les bourgeois rendent à leurs serviteurs.



Nantes : Manifestation contre la venue de Le Pen

Le 25 février, à l’appel de plusieurs organisations syndicales et d’associations, près de 3 000 personnes ont manifesté dans les rues de Nantes pour protester contre l’arrivée de Le Pen, en campagne électorale. Les manifestants voulaient en même temps dénoncer et « lutter contre les idées de l’extrême droite ». Le Front national avait en particulier dénoncé les travailleurs détachés des chantiers de Saint Nazaire alors que le premier responsable des difficultés de tous les travailleurs est le capitalisme. Tous ceux qui ont manifesté ont raison ! Ils montrent qu’il existe une opposition ouvrière et populaire aux idées racistes et anti ouvrières du Front National.



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