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CO de 2017/CO n° 1173 du 11 mars 2017/Troisième page

Troisième page

8 mars : Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Comme chaque année, plusieurs manifestations auront lieu autour du 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Elles dénonceront les inégalités, les discriminations, les violences dont sont victimes les femmes, encore aujourd'hui dans bien des domaines.

L’Union des femmes de Martinique, UFM, et d’autres organisations syndicales et politiques appellent à un rassemblement contre les inégalités et les discriminations suivi d’une manifestation de rue dans l’après midi. D’autres manifestations de l’UFM étaient prévues durant la semaine.

La CGTM déposera un préavis de grève pour cette journée et appelle les salariées, les retraitées, les étudiantes, à une manifestation de rue à Fort-de-France, « contre le chômage, le travail précaire, les faibles revenus et les pensions de misère ». La manifestation devrait être suivie d’une manifestation conviviale et artistique à la Maison des syndicats. Il faut rappeler aussi que la révolution russe a débuté par une manifestation des femmes en Russie le 8 mars 1917. Les soviets (conseils ouvriers) créés par les travailleurs devaient prendre le pouvoir en octobre de la même année et ériger un État ouvrier. Le nouvel État ouvrier prit très vite des mesures contre les discriminations envers les femmes et pour leur émancipation.

Dans cette société qu’est le capitalisme, les inégalités entre hommes et femmes sont flagrantes. Il est tout à fait normal que celles et ceux qui trouvent cela injuste le dénoncent ouvertement.


Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes : un salaire égal pour un travail de valeur égale

Nous publions ci-dessous un extrait d’un tract de la CGTM.  

[…] Selon l’INSEE, les femmes gagnent en Martinique environ 19 % de moins que les hommes. En France c’est une moyenne de 26 % dans le secteur privé et de 19,2 % dans la fonction publique. On peut penser que l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes est moindre en Martinique, dans les faits, il est moindre quand l’ensemble des rémunérations est bas.

Concernant la retraite, l’addition est salée : on constate que les femmes perçoivent 40% de moins que les hommes au regard de leurs droits directs (salaires).

Ces écarts inadmissibles de rémunérations et de pensions s’expliquent par différents facteurs défavorables aux femmes : temps partiel, emplois précaires, orientation professionnelle, maternité, charges familiales, congé parental, déroulement de carrière inférieur, mais surtout une moindre valorisation des métiers à prédominance féminine.

Une véritable ségrégation professionnelle
La logique semble être respectée quand on verse le même salaire pour le même emploi (même si bien souvent le déroulement de carrière n’est pas le même !). Mais bien souvent les femmes n’occupent pas le même type d’emploi que les hommes, elles se retrouvent souvent dans les emplois les plus faiblement rémunérés. Les emplois techniques de production sont généralement mieux rémunérés que les emplois administratifs, de services.

Pour l’ensemble de la France, 52% femmes sont concentrées dans seulement 12 métiers des 87 répertoriés par l’INSEE : caissière, secrétaire, vendeuse, soignante, aide à domicile, femmes de ménage. Ces métiers sont à prédominance féminine puisqu’ils sont occupés au moins à 60% par des femmes.

Le patronat considère qu’il est naturel pour les femmes (ramenées à leur rôle de mères et non pas de salariées) de soigner, d’assister… qu’il n’est pas besoin de reconnaître les qualifications et les compétences mobilisées pour ces emplois. Ils sont donc sous-valorisés et sous-payés. Bien sûr, les hommes qui sont dans ces emplois à prédominance féminine touchent aussi des salaires moindres comme les femmes, ce qui les incite à s’en détourner. [...]

Lutter contre les inégalités salariales est un véritable levier d’émancipation des femmes et des hommes. Notre lutte pour l’égalité des hommes et des femmes doit s’attaquer à toutes les causes d’inégalités et de discriminations : sociales, de classe, de genre ou sexistes, d’origine… et bien souvent des femmes cumulent toutes ces discriminations 


!


Il y a 100 ans : La révolution ouvrière russe commence

Elle fut la plus grande révolution de tous les temps. Il y a un siècle débutait ce que les travailleurs ont fait de mieux, de plus fort, de plus gigantesque, depuis l’existence de la classe ouvrière, c’est à dire depuis deux siècles environ.

Les travailleurs ont pris le pouvoir, eux-mêmes, ils l’ont exercé, ils ont créé un État des travailleurs. Cela se passait en Russie en février 1917 puis en octobre 1917. On a du mal aujourd’hui à concevoir que des travailleurs aient pu créer un État et aient pu exercer le pouvoir. Et pourtant cela s’est réalisé. Avant les travailleurs russes, les premiers ouvriers à avoir créé un pouvoir ouvrier furent les ouvriers français en 1871 lors de la commune de Paris. Mais ce pouvoir dura 71 jours avant d’être cruellement réprimé par l’armée bourgeoise. Entre le 23 février et le 27 février 1917 (du 8 au 12 mars selon notre calendrier), la détermination de la classe ouvrière de Petrograd (alors capitale de la Russie - aujourd’hui Saint-Petersbourg), mobilisée dans la rue, avait forcé le tsar à l’abdication. Huit mois après, le 25 octobre 1917, les travailleurs prenaient le pouvoir après l’insurrection armée.

Les débuts de la révolution
Les troubles sociaux qui conduisirent à la révolution de 1917 commencèrent par des grèves spontanées, début février. Des ouvriers des usines de Petrograd, se mirent en grève. Les manifestations décisives commencèrent le 23 février, selon le calendrier russe de l’époque. C’était la Journée internationale des femmes. Cette journée correspondait au 8 mars pour nous. Des femmes de Petrograd manifestaient pour réclamer du pain. Leur action était soutenue par les ouvrières et les ouvriers. Et ces derniers prolongèrent la grève. Les jours suivants, les grèves se généralisent dans tout Petro-grad et la tension monte. Les slogans deviennent plus politiques : le peuple crie « À bas la guerre ! », « À bas l’autocratie » Cette fois, les affrontements avec la police font des victimes des deux côtés. Les manifestants prennent les armes en pillant les postes de police. On était alors en pleine première guerre mondiale. Les soldats n’en pouvaient plus et se rebellaient, la paysannerie vivait sous le joug des grands propriétaires fonciers.

Les soviets (Conseils ouvriers) organes révolutionnaires de pouvoir ouvrier
Dans chaque usine, les ouvriers élurent des représentants prêts à défendre leurs intérêts et ces représentants se retrouvèrent dans des assemblées que les travailleurs appelèrent soviets (conseils ouvriers). Les paysans pauvres et les soldats eux aussi élurent leurs soviets. 

La classe ouvrière russe avait déjà inventé ses propres organes de pouvoir lors de la révolution russe de 1905. Cette révolution avait fini par échouer, mais avait été, selon Lénine et les Bolcheviks, une répétition générale. À partir de février 1917, les soviets couvrent rapidement l'ensemble du pays et commencent à organiser la vie de toute la société (répartition de la nourriture, des vêtements etc.). Au sein des soviets il y avait des ouvriers membres de tous les partis, y compris des partis bourgeois. Il n’y avait plus de parti tsariste. Mais certains partis voulaient renverser le tsar, mais pas aller plus loin. C’est le parti bolchévik, le parti de Lénine et de Trotsky qui était le véritable parti des travailleurs. C’était le seul parti ouvrier communiste et le plus révolutionnaire.

Le parti bolchévik avait été fondé et éduqué par Lénine. Pendant des mois, le parti bolchévik fut minoritaire au sein des soviets. La politique des bolchéviks et de Lénine fut de gagner au cours des mois la majorité dans les soviets. Il disait que tant que les travailleurs n’avaient pas la majorité dans les soviets, ils ne pouvaient pas prendre le pouvoir, ou alors ils échoueraient en voulant aller trop vite. Les soviets ont fonctionné comme des petits parlements ouvriers.

Toutes les tendances étaient représentées. Il y avait des élections régulières. Les dirigeants des soviets étaient élus démocratiquement par les travailleurs. Il y eut des soviets partout. Il y eut des soviets paysans, des soviets de soldats, des soviets de quartier, des soviets de ville. Dans ces comités, toutes les questions qui concernaient la vie des gens étaient discutées. C’était les masses elles-mêmes qui décidaient de ce qu’il fallait faire. Pendant ce temps, le gouvernement provisoire aux mains des révolutionnaires bourgeois ne réglait aucune des principales revendications des travailleurs, et de la population laborieuse.

Ce que voulaient les classes populaires c’était trois choses principales : le pain, la paix, la terre. Et les partis républicains bourgeois se montraient incapables de satisfaire ces revendications.

Le parti bolchevik et la prise du pouvoir

Le parti bolchévik mena dans les soviets une propagande et une agitation incessantes pour exiger le pain, la paix et la terre immédiatement. C’était le parti ouvrier fondé et éduqué par Lénine pendant de longues années. Lénine appela Trotsky à sa direction. Au fil des mois, les bolchéviks obtinrent la majorité dans les soviets. Alors ils ont réclamé tout le pouvoir aux soviets !

La marche vers le pouvoir était enclenchée. Une grande partie des soldats avaient rejoint les bolchéviks avec leurs armes. Le 25 octobre, (7 novembre pour le calendrier occidental) était déclenchée l’insurrection et dans la nuit, le congrès des soviets entérina cette prise du pouvoir et le nouvel État ouvrier. Cet État ouvrier dura 5 à 6 ans, avant de dégénérer à cause de son isolement sur la scène mondiale et par la confiscation du pouvoir dans les mains de la hideuse et criminelle bureaucratie stalinienne. Cette dernière liquidera dans le sang toute la génération révolutionnaire de 1917. Mais les travailleurs russes ont montré que la révolution prolétarienne était possible et ont montré la voie aux travailleurs du monde entier.


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