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CO de 2017/CO n° 1173 du 11 mars 2017/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Un geste des patrons de la banane… en leur faveur

Le 30 janvier dernier, Francis Lignières, propriétaire de la plantation EURL de Bellevue à Baillif et par ailleurs président du Groupements des planteurs de bananes de la Guadeloupe, a remis à chacun des travailleurs de la plantation une lettre.

Il y est dit : « Nous vous informons qu’à compter de ce mois-ci (janvier 2017), conformément aux articles L. 3211-1 et L. 3242-1 à L. 3242-4 du code du travail Loi n°78-49 du 19 janvier 1978 relative à la mensualisation, la mensualisation des salaires est applicable au sein de la société ».

C’est à se demander quelle mouche a bien pu piquer Lignières pour qu’il décide subitement d’appliquer cette loi de mensualisation sur sa plantation, alors que cette loi est applicable dans l’agriculture depuis le 1er janvier 1989.

Tout simplement parce que le Groupement des planteurs a sollicité une demande de chômage partiel et que pour pouvoir en bénéficier, il faut appliquer la loi de mensualisation. Et le patron qui obtient le chômage partiel, pour une certaine durée, se voit rembourser par l’administration les salaires de deux ou trois des jours de travail par semaine effectués par les salariés. Intéressant n’est-ce pas ?

Il faut signaler que plusieurs patrons du secteur ont décidé de suivre l’exemple de Lignières, et la liste n’est pas encore close. Pour un certain nombre de travailleurs, il n’est pas question d’accepter que les patrons de la banane mettent en application la loi de mensualisation seulement à compter du 1er janvier 2017, parce que cela les arrange. Ils entendent se mobiliser pour exiger l’application intégrale de cette mensualisation à compter de janvier 1989, donc avec effet rétroactif.

Ils réclament entre autres, les rappels des salaires liés aux jours non travaillés du fait des patrons depuis janvier 1989, les rappels liés aux heures supplémentaires non payées, la reconstitution des dossiers de tous les retraités depuis janvier 1989, les rappels liés à la prime de fin d’année depuis 1997, etc. Encore un exemple qui montre comment les planteurs de bananes remplissent facilement et rapidement leurs coffres-forts sur la sueur et le sang des travailleurs de ce secteur. Mais ces derniers finiront par mettre fin à cette « pwofitasyon ».


Commémorons les événements de mars 1967 à Basse-Terre

Combat Ouvrier appelle à commémorer ces jours de mobilisation en venant à Basse-Terre samedi 18 mars à 10h devant l’ex-magasin « Sans pareil » de Basse-Terre où a débuté l’émeute populaire.  Rendez-vous avant, devant la mairie de Basse-Terre samedi 18 mars 2017 à 9 h.



Martinique : Prix du gaz domestique : un racket organisé

Alors que le prix de la bouteille de gaz oscillait autour de vingt euros depuis plusieurs mois, ce prix a bondi depuis le 1er janvier 2017.

Au total, entre décembre 2016 et mars 2017, le prix de la bouteille de gaz a pris 4,25 euros de plus, soit une hausse de 20,46%.

Les prix des carburants ont pris aussi un coup de chaud en janvier sous les effets conjugués des hausses de taxes décidées par la CTM qui déclare « pour tenter de compenser, un tant soit peu, les baisses successives des dotations attribuées par l’État » et celles décidées par les compagnies pétrolières pour maintenir leurs profits.

Au chapitre des hausses il faut aussi signaler celle que conteste un comité des contribuables de l’Espace Sud, une augmentation de 35% des impôts locaux expliqué comme suit : « pour faire face aux conséquences du désengagement de l'État qui réduit massivement les dotations qu'il verse aux collectivités ».

Ces hausses sont à comparer avec l’augmentation, bien plus faible, de 0,93% du SMIC depuis le 1er janvier 2017 décidée par le gouvernement.

Si elles touchent toute la population, les plus pressurés sont les travailleurs, les retraités, les chômeurs, toutes ces personnes qui survivent avec des revenus qui permettent à peine de subvenir aux besoins de base. Dans le même temps, dans les caisses des grandes entreprises s’amassent d’énormes profits, chiffrés en milliards de dollars ou d’euros, qui sont distribués sous forme de dividendes à une minorité de prédateurs. Cette situation est le cadet des soucis des élus locaux, dont la seule préoccupation est de servir aux capitalistes toujours plus d’aides sous forme de promesses de subventions, d’exonérations ou de baisse de charges sociales.

Et aucun politicien, aucun candidat, à part ceux de Combat Ouvrier et Nathalie Arthaud ne parle de taxer plus fortement les gros patrons et autres riches békés et ainsi soulager les pauvres.



Guadeloupe : Chalus, Losbar et Jalton hument l’odeur de la soupe

Après Ary Chalus, président du Conseil régional, deux nouveaux politiciens annoncent leur soutien à Emmanuel Macron pour les présidentielles.

Il s’agit de Guy Losbar, le maire de Petit-Bourg et porte-parole de Guadeloupe Unie Solidaire et Responsable (GUSR), et Éric Jalton, le maire des Abymes. Dans son programme, Emmanuel Macron, ancien ministre de François Hollande et ancien banquier chez Rothschild, annonce la suppression de 120 000 emplois de fonctionnaires, l’augmentation du temps de travail ; ce qu’il appelle trompeusement « l’assouplissement des 35 h ».

Il souhaite repousser l'âge de départ à la retraite à 67 ans. Il parle aussi de supprimer les allocations chômage aux personnes ayant refusé plus de deux offres d’emploi. Par contre, pour les patrons et les plus riches, il veut diminuer l'impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% même pour les entreprises qui font des milliards de bénéfices et accorder 50 milliards d’argent public au patronat.

En appelant à voter pour Macron, ces trois politiciens choisissent ouvertement le camp des riches et des possédants contre les travailleurs et les pauvres. Plusieurs sondages donnent Macron vainqueur du premier tour des présidentielles. On peut comprendre ce qui motive les Chalus, Losbar et Jalton à le soutenir. Ils se lèchent déjà les babines à l’idée d’obtenir des places si Macron est élu.


Saint-Martin : Élections territoriales : Notables carriéristes

Les 19 et 26 mars auront lieu les élections territoriales, huit candidats se présentent. Parmi les plus connus, le candidat Daniel Gibbs, député de Saint-Martin et Saint-Barthélémy, conseiller territorial de l’opposition, est un « LR » les Républicains, parti de Sarkozy et Fillon. Puis, Louis Mussington, représentant du Parti socialiste, a été le suppléant du député Victorin Lurel pendant dix ans (de 2002 à 2012). Ensuite, Alain Richardson est le chef du Parti MVP (en Marche vers le progrès). Il a soutenu la candidature d’Alain Juppé aux primaires de la droite. Enfin, Aline Hanson qui est l’actuelle présidente de la Collectivité d’Outre-Mer (COM), elle se présente cette fois-ci en tant que tête de liste. Hanson a remplacé Alain Richardson en 2013 après qu’il a été déclaré inéligible. Ces candidats sont des notables qui font des élections leur fond de commerce. Les alliances se font et se défont au sein de ces mêmes partis, dans le but de se maintenir ou de briguer de nouveaux mandats. Mais, en dépit de cette mésentente, leurs programmes ont tous le même point commun : servir les intérêts de la bourgeoisie. Ils ne proposent rien pour améliorer la situation de la classe laborieuse. D’ailleurs, sur la liste de certains candidats, le patronat est bien représenté. Ainsi sur la liste de Daniel Gibbs, on trouve Steven Patrick qui est le directeur général à Continental Airlines, et Franck Viotty qui est membre de l’association des entrepreneurs du BTP. Les travailleurs et les masses populaires ne doivent se faire aucune illusion sur les promesses électorales de tous ces candidats qui prétendent avoir la solution pour améliorer leur sort.



Martinique : Vercingétorix au carnaval

« Vaval », le roi du carnaval de Martinique, était cette année un monumental guerrier gaulois, semblant tout droit sorti d'un album d'Astérix.

C'était, bien sûr, une référence directe à la déclaration du 19 septembre 2016 de Nicolas Sarkozy. Il expliquait alors que, quand on acquiert la nationalité française, « on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois ». Les vidés derrière Vaval, suivis par des milliers de carnavaliers principalement d'ascendance noire africaine, étaient comme un pied de nez en réponse à cette ânerie, bêtement réactionnaire.

Cette xénophobie est affichée, en mode souvent plus lourd de conséquences, dans l'ensemble de la classe politique française. Tous s'en inspirent : Marine Le Pen quand elle défend, il est vrai comme tant d'autres, les violeurs de la police ; l'ex premier ministre socialiste Manuel Valls parlant des Roms qui « ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation » ; et même J.L. Mélenchon quand il s'en prend, en juillet dernier, au « travailleur détaché, qui vole leur pain aux travailleurs qui se trouvent sur place ».

Conformément à la tradition, Vaval a été incinéré à Fort-de-France au soir du « mercredi des Cendres ». Les préjugés racistes utilisés par le monde des riches possédants pour diviser les couches populaires ne l'ont malheureusement pas suivi dans le brasier.