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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1187 du 18 novembre 2017/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : Pointe-Noire manifestation des pêcheurs

Le 9 novembre, les marins pêcheurs de Pointe-Noire ont bloqué la nationale devant le port de pêche de Baillargent. Ils protestent contre les travaux de construction d’une station-service sur ce même port de pêche. Selon les marins-pêcheurs, cette station-service représenterait un danger pour leur activité. Il y a le risque que du carburant soit déversé dans le port et que la mer et les poissons soient contaminés. En plus, selon les manifestants, le constructeur n’a aucune autorisation officielle. La préfecture leur avait promis que les travaux seraient interrompus mais rien n’avait été fait. Les pêcheurs sont donc passés à la vitesse supérieure en bloquant la route. Ils ont d’autant plus raison de protester qu’ils sont déjà pénalisés par la pollution au chlordécone dans d’autres zones et les effets néfastes du cyclone Maria sur les fonds marins.


Guadeloupe : Routes de Guadeloupe les agents ont fait céder la direction

Les agents de Routes de Guadeloupe étaient en conflit avec leur direction depuis plusieurs mois pour la revalorisation de leurs salaires. Cet établissement public qui a pour mission la construction et l’entretien du réseau routier, compte 287 salariés. Fin octobre, ils ont appris que le paiement de leur salaire du mois avait été rejeté par le payeur départemental, sous prétexte d’une insuffisance de pièces justificatives concernant les primes et indemnités. Ils avaient alors fait éclater leur colère en organisant plusieurs barrages routiers. Un accord était intervenu au mois de juin sur la revalorisation du régime indemnitaire, correspondant à une augmentation mensuelle de 200 euros par agent, à compter du 1er janvier 2016. Mais ensuite, avec la présidente du Conseil départemental Josette Borel Lincertin, cet accord a été dénoncé comme illégal. Finalement, lundi 6 novembre, un accord a été trouvé : au lieu de 200 euros de revalorisation à compter du 1er janvier 2016, les agents recevront rétroactivement une augmentation de salaire de 400 euros à compter du 1er janvier 2017. Celle-ci doit intervenir sur la paye du mois de décembre. Grace à leur lutte, ces travailleurs ont eu gain de cause.




Haïti : IRI, la pression des ouvriers fait reculer les patrons du groupe WILBÈS

En Haïti, dans les entreprises, les patrons prélèvent les impôts à la source notamment l’impôt sur le revenu imposable ou IRI. Durant l’année passée, les ouvriers du parc industriel de Port au Prince se sont battus pour supprimer cet impôt pour tous ceux qui touchent le salaire minimum. Le gouvernement a reculé en élevant la barre de 60 000 gourdes à 120 000 gourdes. Nos camarades de l’OTR étaient à leurs côtés, voici un article tiré de leur journal « La voix des travailleurs ». Ces affameurs et leurs sous-fifres ne s’attendaient pas à la réaction presque simultanée de ces milliers de travailleurs qui se sont soulevés comme un seul homme pour protester contre la perception, par la direction, de l’Impôt sur le Revenu Imposable, IRI.

Les termes venaient d’être modifiés par le gouvernement suite à des manifestations ouvrières. Passant de 60 000 à 120 000 gourdes, ce nouveau plafond du Minimum de Revenu Imposable exclut donc presque la totalité des ouvriers de la sous-traitance dont les revenus malgré une année de dur labeur ne dépassent pas 120 000 gourdes. Sur la base du salaire minimum de 350 gourdes, en effet, un ouvrier qui travaille 5 jours par semaine gagne 7 000 gourdes le mois et dans le meilleur des cas 84 000 gourdes l’an (soit 1 120€ l’an).

Tout d’abord, ce sont les ouvriers des bâtiments 11-17 du parc industriel Sonapi qui sont entrés en grève. Pendant plus de 8 jours, les activités étaient arrêtées, les ouvriers ont tenu malgré les pressions de la direction. Au numéro 34, les ouvriers ont observé un arrêt de travail d’une demi-journée. Aux numéros 52-53, si les ouvriers n’ont pas fait grève, ils ont toutefois manifesté leur colère en brisant quelques chaises. Aux numéros 41, 42, les ouvriers étaient menaçants, avec des tracts, ils s’en prenaient à la direction et faisaient appel à l’unité pour contrer la cupidité des patrons du groupe WILBÈS.

Pendant ce temps-là, l’Etat n’a pas pipé un mot. Aucune de ses institutions n’est intervenue dans ce conflit. Garant des intérêts généraux des classes riches, elles laissent les patrons égorger les ouvriers comme bon leur semble. Mais ce n’était sans compter sur une nouvelle conscience des ouvriers que la défense de leurs intérêts passe par la lutte.

Deux semaines après le début de ce mouvement, devant la ferme détermination des ouvriers de ne pas se laisser faire, les directions les unes après les autres ont fini par céder. Au 11-17, la direction a accepté de ne plus prélever l’IRI du salaire des ouvriers, elle a été contrainte aussi de payer les jours de grève. Aux numéros, 34, 41, 42, ils n’ont pas osé prélever IRI de la paye des ouvriers. Reprenant le travail mardi dernier, une ouvrière satisfaite du dénouement du conflit en faveur des travailleurs déclara « Nous avons trouvé la méthode efficace de combat contre les patrons, la grève générale. Nos conditions de travail et d’existence ne seraient pas ce qu’elles sont aujourd’hui si plus tôt tous les ouvriers l’avaient adoptée comme moyen privilégié de leurs luttes contre ces sangsues ». Il n’y a pas meilleure école d’apprentissage des luttes pour les travailleurs que l’expérience des affrontements quotidiens avec les patrons et leurs collaborateurs dans les usines. Hier amorphes et indifférents subissant les coups de boutoir de leurs exploiteurs, aujourd’hui un nombre croissant de travailleurs acquiert de la conscience et semble avoir compris que leur exploitation n’est pas éternelle et qu’elle peut changer par leur lutte collective contre la classe capitaliste et l’État qui les protège.


Après les Panama papers, les paradise papers !

Une enquête de journalistes dévoile 13,5 millions de documents : les paradise papers.Ils révèlent les manœuvres des riches qui s’arrangent pour payer peu ou pas d’impôts alors que leur fortune est colossale. La fraude fiscale représente une perte de 350 milliards d’euros chaque année pour l’ensemble des États du monde. Une somme gigantesque qui pourrait permettre de soulager bien des misères dans ce monde. Parmi ces révélations on a pu apprendre que la reine d’Angleterre qui vit très confortablement des impôts versées par les contribuables était sur la liste des paradise papers.

Le plus choquant dans ces révélations est qu’il s’agit d’opérations légales. Ainsi les Panama papers révélés en avril 2016 concernaient des actions de blanchiment d’argent de la drogue ou autre argent « sale ». Les riches transféraient leurs richesses dans des paradis fiscaux tel le Panama en Amérique afin de les cacher à leurs États et de ne pas payer d’impôts. Dans le cas des paradise papers de très grosses sociétés multinationales ou des individus très riches paient des avocats qui utilisent toutes les possibilités dans le système fiscal international, mettant au point des échanges entre sociétés situées dans différents pays d’Europe ou des États-Unis qui ont des législations différentes. Il apparait également que les gouvernements n’arrivent pas à connaitre les opérations internationales des grosses entreprises. Les difficultés rencontrées par les lanceurs d’alerte, emprisonnés ou condamnés à rester cachés, confirment que les chefs d’État protègent les magouilles fiscales des riches.

Ainsi en France le Conseil constitutionnel a supprimé en octobre 2016 une nouvelle loi qui permettait de mieux connaitre les finances de toutes les grosses sociétés capitalistes. Le gouvernement fait la chasse aux petites fraudes des chômeurs mais ferme légalement les yeux sur les magouilles organisées par les avocats des très riches personnalités. Il est question de modifier les lois fiscales en France de telle façon que tous les impôts dus entrent dans les caisses de l’Etat…mais pas avant 2022. En attendant le président Macron supprime l’impôt sur la fortune, faveur aux très riches. Il justifie les sacrifices qu’il impose aux travailleurs, aux plus démunis, par un endettement massif de l’État dont les trafics des plus riches sont directement responsables.


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