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CO de 2017/CO n° 1188 du 16 décembre 2017/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : Manifestation à Pointe-à-Pitre

Le samedi 25 novembre, une quarantaine de personnes étaient rassemblées devant la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre à l’appel de Combat ouvrier. Elles protestaient contre le sort réservé à des migrants africains qui sont vendus comme esclaves, contre la barbarie et contre la responsabilité des grandes puissances.  

Déjà le samedi 18 novembre, des manifestations avaient eu lieu à Paris. À Pointe-à-Pitre, une trentaine de personnes s’étaient rassemblées sur la place de la victoire.

La population a été particulièrement choquée par les images projetées par la chaîne de télévision CNN. Cela montre combien l’histoire de nos ancêtres esclaves pèse encore d’un poids très lourd dans les sentiments et l’inconscient collectif de notre peuple.

Ce qui se passe en Libye est un exemple de la barbarie qui s’étend partout dans le monde. Les grandes puissances comme la France, la Grande-Bretagne ou encore les États-Unis ont une responsabilité dans ce chaos. Ces États pillent les richesses de la planète, en particulier celles du continent africain, et laissent les populations locales dans la misère et les guerres. C’est pourquoi des milliers d’hommes et de femmes prennent tous les risques pour quitter leur pays et rejoindre l’Europe.

C’est comme cela qu’une partie d’entre eux se retrouve à la merci des trafiquants d’êtres humains. C’est pour dénoncer tout cela que Combat ouvrier avait appelé à ce rassemblement devant la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre. Des milliers de tracts ont été distribués pendant le rassemblement et de nombreux passants ont manifesté leur colère contre ce qui se passe en Libye. Quelques passants sont restés écouter les prises de parole.


USA: Trump et les grandes puissances, complices d'Israël contre les Palestiniens

Nous publions ci-dessous l’éditorial de nos camarades de Lutte Ouvrière. En déclarant qu’il comptait reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, Trump a montré l’arrogance et le mépris du dirigeant impérialiste qu’il est.

Que ce bouffon provocateur ait fait cette annonce pour des raisons de politique intérieure, par démagogie vis-à-vis de son électorat anti-arabe et anti-musulman, n’y change rien. Alors que les Palestiniens considèrent depuis toujours cette ville comme la capitale d’un futur État indépendant, Trump leur a signifié que pour les États-Unis, il n’en sera pas question. Il a ainsi entériné officiellement l’annexion de Jérusalem-Est par les troupes israéliennes à l’issue de la guerre des Six jours de 1967. Tout « démocratiques » que les États-Unis prétendent être, ils soutiennent les spoliations auxquelles l’État d’Israël se livre depuis des décennies aux dépens des Palestiniens.

Quand, après la Seconde Guerre mondiale, l’État d’Israël a été fondé contre la puissance coloniale britannique, cela répondait à l’aspiration légitime de nombreux Juifs qui avaient survécu aux persécutions et au génocide nazi, d’avoir leur propre État. Mais il n’était pas écrit qu’il se construise contre le peuple palestinien, dont le droit à un État était tout aussi légitime : les deux peuples auraient pu cohabiter sur une même terre, comme c’est le cas dans tant d’endroits du monde. Or, depuis l’origine, l’État d’Israël s’est construit sur l’oppression des Palestiniens, en les pourchassant, en les parquant dans des camps et en en faisant des réfugiés sur leur propre terre.

Aujourd'hui, les Palestiniens n’ont pas d’État, mais deux territoires séparés, grignotés par la colonisation, morcelés par des murs infranchissables et des frontières étroitement contrôlées ; deux vastes prisons à ciel ouvert, sans possibilité de développement économique, sans liberté de mouvement, sous la botte permanente de l’armée et de la police israéliennes. La décision de Trump a été suivie d’un concert de désapprobation, du secrétaire de l’ONU à Macron, en passant par tous les dirigeants européens. Quelle hypocrisie ! Si le petit État d’Israël a pu maintenir sous son joug le peuple palestinien, c’est qu’il bénéficie depuis des décennies de la bienveillance des grandes puissances. Les résolutions de l’ONU ont condamné les annexions, la colonisation des territoires occupés et le sort réservé aux Palestiniens. Israël s’en est soucié comme d’une guigne, parce que ses dirigeants se savent soutenus par les grandes puissances.

Pour celles-ci, le Proche-Orient est un ancien domaine colonial, un vaste champ de pétrole où elles ont leurs intérêts. C’est ainsi qu’avec d’autres États, comme l’Arabie Saoudite, Israël joue dans la région le rôle de gardien des intérêts impérialistes. Alors, les États occidentaux peuvent verser périodiquement quelques larmes de crocodile sur le sort des Palestiniens et faire les gros yeux au gendarme israélien, les affaires continuent. Israël, dont le Premier ministre Netanyahou était reçu encore dimanche par Macron, sait que les États occidentaux l’appuieront, quoi qu’il fasse, dans la guerre sans fin qu’il livre aux Palestiniens.

Quant aux dirigeants des États arabes, ils sont tout aussi hypocrites. Au cours de l’histoire, ils ont traité les Palestiniens comme des ennemis, car ils redoutaient l’exemple que leur lutte représentait pour leurs propres peuples. Et ils n’ont pas hésité à les massacrer, comme lors du Septembre noir en Jordanie en 1970.

Le régime saoudien critique aussi la décision de Trump. Quelle sinistre farce ! Les rois du pétrole traitent leur propre population comme Israël traite les Palestiniens. Ils réduisent à un quasi-esclavage les millions d’immigrés qui bâtissent leurs villes et font fonctionner leurs puits de pétrole. Ils privent les femmes de droits les plus élémentaires : pouvoir travailler, étudier, obtenir un passeport ou ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur maître de mari. Ils écrasent les Yéménites sous les bombes. À l’égal d’Israël, ce régime féodal et réactionnaire bénéficie de la bienveillance des grandes puissances, dont la France, auxquelles il vend de l’or noir et achète des engins de mort.

Va-t-on vers une nouvelle intifada de cette jeunesse palestinienne sans avenir ? Son sort révoltant illustre en tout cas combien ce monde régi par les intérêts impérialistes est incapable de permettre aux peuples de vivre dignement. Trump vient de porter aux Palestiniens un coup supplémentaire, mais ses complices se nomment Macron, May et Merkel. Pour préserver leur ordre, les riches et les puissants de ce monde condamnent un peuple entier à la prison à vie.


Jovenel Moïse réhabilite l’armée d’Haïti

Le président d’Haïti a rencontré Emmanuel Macron à Paris le 11 décembre en marge d’une réunion internationale sur le climat. Lors de leur conférence de presse, chacun a montré les avantages que leur pays pourrait en tirer, en termes de retombées pour les possédants.

Jovenel Moïse a félicité Emmanuel Macron pour le renforcement de la coopération au niveau commercial qui pourrait aboutir à une aide financière évoquée à travers un « fond vert » européen. Dans l’autre sens, Emmanuel Macron souhaite que beaucoup d’entreprises puissent s’établir en Haïti. Les neuf millions d’habitants représentent un marché où les capitalistes français veulent, eux aussi, faire leurs bénéfices. Macron a en même temps salué l’action de Jovenel Moïse pour « renforcer l’État de droit » et promet le soutien de la France. Le président haïtien peut compter sur une aide pour mener au bout sa reconstruction de l’armée. Depuis le 18 novembre, Jovenel Moïse a lancé la remobilisation de l’armée d’Haïti qui avait été démobilisée et non dissoute par Aristide en 1995. Il a fait l’éloge « des forces armées, repensées qui veillent à la sécurité et à la garde des vies et des biens des citoyennes et citoyens ». Un bel emballage pour qualifier ces forces de répression qui ont été un des piliers du régime des Duvalier.

Après le déchoukage de Duvalier fils en 1986, les chefs de l’armée ont contrôlé les divers gouvernements par les coups d’État. Il ya 30 ans, le 29 novembre 1987, l’armée participait au massacre de la population qui allait, pleine d’illusions, voter pour la première élection « démocra-tique » d’après les Duvalier. La veille le général Régala avait interdit les brigades de vigilance qui auraient pu tenter de se mettre en travers du chemin. Le massacre avait ouvert la voie à un autre gouvernement de militaires.

Le président Aristide qui avait prôné « l’alliance de l’armée et du peuple », a été de même renversé par le coup d’État de Cédras en septembre 1991. Les militaires se sont vantés à l’époque d’avoir été commandités et soutenus par les possédants qui craignaient une réaction des pauvres stimulés par la victoire d’Aristide aux élections présidentielles. L’armée que Jovenel Moïse réhabilite sort du même moule, ces soldats sont formés en Équateur où ils ont appris à être au service de la classe bourgeoise. Ils sont le dernier rempart garant des intérêts des classes possédantes.


Sainte-Lucie : deux incendies en moins d’un mois à l’hôpital

Sainte-Lucie : deux incendies en moins d’un mois à l’hôpital Le 2 décembre, un incendie s’est déclaré au service maternité de l’hôpital de la Soufrière, dans le sud de l’île. Tous les malades ont dû être évacués car les flammes ont détruit la structure et les équipements. Le 9 novembre, un premier incendie s’était déjà déclaré dans la salle des archives mais il avait pu être éteint rapidement grâce à l’intervention du personnel, des habitants et des services d’incendie. Ces deux drames en moins d’un mois révèlent la vétusté des locaux de cet hôpital. Le docteur Alphonsus St Rose, président de l'association des Médecins et Dentistes de Sainte-Lucie a déclaré que « les hôpitaux sont dans un état déplorable et inacceptable. Le personnel est démotivé…dans les conditions actuelles, il est presque impossible d’offrir les soins que mérite le public. Les centres de soins à Sainte-Lucie sont les hontes nationales ». Ces incendies sont ressentis d’autant plus cruellement qu’un autre hôpital, St Jude, avait brulé en 2009, mais les travaux de construction ont été arrêtés par le nouveau gouvernement UWP (United Workers Party) un mois après son arrivée au pouvoir en juin 2016. Ce gouvernement envisage de démolir les bâtiments pour refaire une construction qui ne serait pas affectée aux soins. Le 26 novembre, quelques jours avant le second incendie de l’hôpital Soufrière, de nombreux St.-Luciens sont descendus dans la rue pour exiger la reprise des travaux et leur affectation à un hôpital. Le principal parti d’opposition, le SLP (Saint Lucia Labour Party) a pris la tête de cette manifestation à laquelle des centaines de travailleurs ont participé, à la grande indignation du gouvernement. Il faut dire que les difficultés quotidiennes de la population face à un État classé en « liste noire » pour ses trafics financiers avec de riches affairistes explique cette colère générale. À Sainte-Lucie aussi, les autorités laissent pourrir les services publics de santé. C’est criminel !


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