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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1187 du 18 novembre 2017/Troisième page

Troisième page

Martinique: Mise sous administration provisoire du CHUM, ou tentative de mise au pas !

Le ministère de la Santé et l’Agence régionale de Santé (ARS) viennent de mettre le CHU de Martinique (fusion des centres hospitaliers de Fort de France, du Lamentin et de Trinité) sous administration provisoire. La nouvelle ne tombe pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Pour les agents, elle a néanmoins l’effet d’une douche froide et certains se disaient plutôt paniqués… La mesure doit prendre effet à compter du 1er décembre. À compter de cette date, deux inspecteurs des affaires sociales (IGAS), administrateurs provisoires, désignés par le ministère, assureront les fonctions de directeur général. Après celle, récurrente, des personnels et des syndicats pour exiger de meilleures conditions dans les services, la mobilisation des trios de pôle (chefs de pôle, cadres supérieurs, cadres administratifs), le 26 octobre dernier, avait montré que tous dénonçaient la situation d’un hôpital « au bord du gouffre ».

Mobilisations et démarches étaient entreprises par le collectif «  CHUM douvan douvan », regroupant les trios de pôle, les syndicats de médecins, des usagers et les syndicats CGTM, CDMT et FO. Ces démarches étaient faites auprès des parlementaires, des élus, du Premier ministre, des fournisseurs, des organisations patronales, de l’association des maires… avant une nouvelle rencontre avec le ministère de la Santé et le premier ministre.

Faisant l’analyse des causes du déficit annuel de plus de 30 millions d’euros et de 300 millions d’euros en dettes cumulées de la structure, ils entendaient monter en charge pour réclamer des mesures d’accompagnement urgentes en termes de moyens et d’effectifs auprès de l’État. Qu’en sera-t-il après la décision de mise sous administration provisoire ? Une telle mesure, du DG ARS et du ministère apparait comme un désaveu de la capacité du DG actuel à conduire les orientations fixées par le Copermo (Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins) pour 5 ans : diminuer de 212 les lits et les effectifs de 312. Pour l’instant les missions précises des nouveaux inspecteurs ne sont pas connues. Dans leur feuille de route il y aurait aussi, entre autres pistes, le développement de la chirurgie ambulatoire et la modification de la gouvernance.

Au-delà de questions de modernisation ou de réorganisation des services, il ne serait pas étonnant que des mesures soient mises en place à marche forcée et aillent à l’encontre des intérêts des différentes catégories de personnels de l’hôpital. De telles mesures seraient même en droite ligne avec tout ce qu’a déjà fait ce gouvernement Macron-Philippe (autant que les précédents d’ailleurs) au service des intérêts des gros possédants et des riches. Alors, ni panique, ni naïveté ! Le collectif CHUM douvan douvan a exprimé sa volonté d’aller jusqu’au bout de ses objectifs revendicatifs qui concernent un financement urgent et immédiat de 110 millions en investissement, la revalorisation des surcoûts, le réexamen du mode de financement des hôpitaux des Antilles – Guyane - Réunion, les effectifs de santé, la faculté de plein exercice, les écoles paramédicales, la relève, l’effacement des dettes cumulées, la réforme de la gouvernance, la révision de la politique territoriale de SANTÉ, la pertinence des soins et la performance des soins, la coopération inter DFA - action internationale - rayonnement du CHUM.


Martinique: Octobre 1917  quand les staliniens commémorent une révolution qu’ils ont enterrée

Le PCM (Parti Communiste Martiniquais) consacre un article, dans son hebdomadaire « Justice » du 2 novembre 2017, à « La Révolution d'Octobre 1917, il y a 100 ans ».

Le sujet est expédié en quelques mots. Le rédacteur, K. Solaris, n'en dira pas plus que : « le 7 novembre 1917, sous la direction du Parti Communiste russe conduit par V.I. Lénine, la révolution d'Octobre russe a remporté une victoire éclatante ».

Dans l'article du PCM il n'est pas question du tsarisme renversé en février 1917, puis du gouvernement provisoire renversé en Octobre 1917 par les travailleurs en armes.

Il ne juge pas utile de parler de la bourgeoisie chassée du pouvoir par la classe ouvrière, qui gouvernera un pays immense avec la paysannerie pauvre. Pas non plus de parler du contenu réel de ce communisme que Lénine a voulu revendiquer dans le nom de son parti. Ce communisme qui signifiait l'expropriation de la bourgeoisie, et qui ne pouvait être garanti que par la victoire de la classe ouvrière dans tous les pays, à l'exemple de ce qui s'est passé en Russie.

Ces vides volontaires du PCM sont dans l'ordre des choses. Les idées révolutionnaires qui étaient celles des partis communistes au début du XXème siècle, le PCM les a reniées depuis longtemps. Il en est à justifier la gestion à la CTM d'Alfred Marie-Jeanne, chef de file du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) ou de Yann Monplaisir, représentant de la droite, gestion qui défend les intérêts du patronat. K. Solaris commémore Octobre 1917 en en appelant aux « [pays] émergents menés par une Chine de plus en plus puissante et qui... dispose outre des usines et des universités, du capital nécessaire à la poursuite de son expérience... ». Quand les dirigeants du PCM regardent au-delà du canal de la Dominique ou de Sainte-Lucie, ils font la publicité pour telle ou telle puissance dont le patronat local pourrait espérer une aide. La publicité pour le capitalisme sauvage des milliardaires soi-disant rouges n'a rien à voir avec le communisme.


Avis aux lecteurs !

Nous informons nos lecteurs et nos abonnés que le prochain numéro qui devait paraître dans 15 jours (nous sortons tous les 15 jours) ne paraîtra pas le 2 décembre. Il paraîtra le 16 décembre.


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