Site

Journal/Sommaire du dernier CO n° 1175 du 8 avril 2017/Troisième page

Troisième page

France : La CFDT, « premier syndicat » ?

Le 31 mars le ministère du travail publiait les résultats additionnés de l’ensemble des élections professionnelles entre janvier 2013 et décembre 2016.

La CGT reste en tête dans le secteur public avec 23% contre 19,3% à la CFDT et dans les TPE (très petites entreprises de moins de 11 salariés) avec 25,12% contre 15,49 à la CFDT.

Mais pour la première fois, la CFDT devance la CGT dans le privé avec 26,37 % des voix contre 24,85 %.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT et avec lui bon nombre de journalistes saluent ce résultat comme « historique ». En réalité, seuls 5,6 des 14 millions de salariés concernés ont voté et le score « historique » de la CFDT s’est donc fait avec moins d’un travailleur du privé sur dix. Le score de la CGT n’est certes pas plus glorieux, mais le plus important est passé sous silence : moins de 8 % des salariés en France sont aujourd’hui syndiqués.

S’il y a un résultat « historique » c’est celui-là : le taux de syndicalisation n’a jamais été aussi bas… Dans ces conditions, les dirigeants de la CFDT se réjouissent d’avoir réussi à grimper en haut du mat d’un bateau qui, pour le moment coule.

Le Figaro, Les Échos et autres journaux pro-patronaux tirent de ces scores électoraux les mêmes conclusions fausses que les chefs de la CFDT : les salariés auraient montré dans les urnes qu’ils veulent du « dialogue social », des syndicats modérés, « réformistes », c’est-à-dire des organisations qui sont systématiquement les premières à apposer leur signature au bas de chacun des reculs infligés depuis vingt ans à la classe ouvrière. C’est ridicule. Il est possible que le recul actuel des luttes ait convaincu beaucoup de salariés d’accepter ces reculades. Mais tout montre que la grande majorité des travailleurs boude non seulement la CGT, mais toutes les organisations ouvrières, y compris la CFDT... Et ce n’est certainement pas parce qu’elles seraient « trop combatives » !

Au début des années 1930, le taux de syndicalisation en France était aussi historiquement bas, jusqu’à l’éclatement de la grève générale de Juin 36 à la suite de laquelle plus d’un tiers des travailleurs se sont syndiqués. Après la parenthèse de la Guerre mondiale, les organisations ouvrières sortent de la clandestinité à la Libération avec, encore, plus d’un tiers de syndiqués. Mais les trahisons successives du Parti communiste et des dirigeants de la CGT ont fait s’effondrer le taux de syndicalisation… jusqu’à ce qu’il remonte après la grève générale de Mai 68. Puis la crise économique, le chômage de masse ont commencé à attaquer le moral de la classe ouvrière. Surtout l’austérité imposée par la gauche au pouvoir (les partis socialiste et communiste français) qui s’est servie pour cela de ses relais syndicaux, a dégoûté des générations de salariés. Les travailleurs se syndiquent en masse quand ils se battent en masse. Les dirigeants de la CGT n’impulsent pas de telles luttes massives et générales. Quant à Berger et ses amis, ils célèbrent donc en réalité le fait qu’aujourd’hui les travailleurs ne se battent pas à cette échelle-là. Cela en dit long sur leur vraie nature…


Martinique : Le PPM et les errements électoraux du PS français

En vue de l'élection présidentielle, le PPM, (parti progressiste martiniquais-parti d’Aimé Césaire) depuis longtemps solidaire de la politique du Parti socialiste en France, s'était engagé pour la primaire de la gauche.

Son président, Serge Letchimy, avait soutenu l'ex premier ministre Manuel Valls.

Dans le même temps les nommés Lordinot, Coppet et Chomet, membres connus du PPM, soutenaient l'ex ministre de l'Économie Emmanuel Macron, ce qui a fini par leur valoir une suspension du PPM. Lequel PPM se mettait du côté du vainqueur de la primaire du Parti socialiste, Benoît Hamon. Et le 29 mars, Manuel Valls, battu de la primaire du PS, reniant sa promesse de soutenir Hamon, annonçait qu'il voterait Emmanuel Macron à la présidentielle.

Dans les premiers jours d'avril, Letchimy n'avait toujours pas fait savoir s’il imiterait l'opportunisme de Valls, en se mettant dans les traces du favori des sondages pour l'issue du deuxième tour de la présidentielle. En tout cas, au PPM, le soutien d'anciens ministres de Hollande à Macron ne fait pas question. Les travailleurs sont prévenus, rien à attendre de ces politiciens locaux tout autant opportunistes !


Dans les entreprises

Pawol a travayè banann
Dambas roule des mécaniques

Sentant la colère monter dans nos rangs, Tino Dambas a organisé une réunion avec le personnel des différentes plantations qu’il dirige. Il a «roulé des mécaniques», prétendant que si nous nous mettions en grève pour arracher par exemple le paiement des heures supplémentaires et une réduction des tâches, il fermerait les plantations et… prendrait l’avion. Les billets étant moins chers quand on les achète longtemps à l’avance, il a peut-être intérêt à en acheter un depuis maintenant.

Écho des hôpitaux (Martinique)

NPT (nouveau plateau technique) : Dur, Dur !
La liste des dysfonctionnements et manquements est longue ! Nous notons que certains badges pour l’accès à des vestiaires, pour déposer des bons à l’imagerie médicale, ne passent pas ! Il n’y a plus de blouses, toques et chaussons pour l’accès aux soins critiques. Certains services n’ont déjà plus de sachets rouges pour les analyses urgentes à envoyer aux labos ! Certains numéros de téléphone ne fonctionnent pas… À cela s’ajoute un manque criant de personnels dans certains services ! Etc. etc. Alors, « le cœur de certains bat vite », pas d’étonnement si « tout va péter ».


Il y a 70 ans La gigantesque répression coloniale à Madagascar

Le 29 mars 1947, commençait sur l’île de Madagascar, alors colonie française, une insurrection populaire contre l’ordre colonial qui fut réprimée dans le sang par les troupes françaises.

Madagascar est une île plus grande que la France, d’une superficie de 587 041 km² située dans l’océan Indien à l’est de l’Afrique, non loin de l’île de la Réunion. La France la colonise en 1897 après une guerre de conquête qui dura plus de dix ans et fit plusieurs dizaines de milliers de morts parmi une population de 3 millions de Malgaches à l’époque.

Le colonialisme français organisa un système de travaux forcés pour l’exploitation des ressources agricoles et forestières de l’île (plantations de clous de girofle, de vanille…). Un code de l’indigénat officialisait le racisme envers les Malgaches exactement comme en Algérie et en Afrique noire.

À Madagascar, le colonialisme français n’était pas parvenu à détruire totalement la résistance de certaines tribus à la conquête. Des foyers de résistants ont survécu dans le sud de l’île. C’est d’ailleurs dans cette région qu’a débuté l’insurrection populaire contre le colonialisme en mars 1947.

D’abord quelques centaines de paysans pauvres armés de sagaies et de sabres attaquèrent des petites villes côtières et des plantations. Les insurgés s'en prenaient aux Français, qui étaient environ 35 000 à vivre sur l’île, mais aussi aux Malgaches travaillant pour l'administration coloniale. Les colons, pris au dépourvu, ne purent réagir faute de moyens militaires sur place.

Le gouvernement français envoya à Madagascar l’armée coloniale essentiellement composée de tirailleurs sénégalais et de bataillons nord-africains, encore mobilisés après la seconde guerre mondiale. La répression de l’insurrection fut gigantesque. Il y eut des tortures, des exécutions sommaires, des massacres de villages entiers. Jusqu’à aujourd’hui, le nombre exact de victimes malgaches de la répression continue à faire débat. Mais après enquête, un chiffre de l’ordre de 40 000 victimes fut avancé.

La France mit plus d’un an à venir à bout de la révolte populaire malgache. L’enjeu était important pour le colonialisme français qui voulait éviter la contagion à ses autres colonies. La situation mondiale de l'époque était marquée par la guerre froide entre les deux blocs : URSS d'une part, et d'autre part les USA et l'impérialisme occidental. L'ampleur des répressions coloniales de cette période s'explique aussi par cette situation-là. L’impérialisme français était gardien du maintien de ses colonies dans le giron des puissances impérialistes.

Malgré tout, l’insurrection de Madagascar fut l’une des prémisses des luttes et des guerres qui précipitèrent la vague de décolonisation dans les pays colonisés et semi-colonisés d’Asie et d’Afrique.

Madagascar n'obtint finalement son indépendance qu'en 1960.


Guadeloupe et Saint-Martin Colère dans l’Éducation

Le 28 mars, les enseignants du premier degré (écoles) et du second degré (collèges et lycées) ont fait grève en Guadeloupe. Plusieurs centaines d’entre eux se sont rassemblés devant le rectorat. Les enseignants des écoles maternelles et primaires de Saint Martin ont également suivi une journée de grève.

Les grévistes ont protesté contre le manque de professeurs dans l’académie, qui oblige les élèves à s’entasser dans des classes surchargées. Le recteur prétend que le nombre d’élèves diminue, pour planifier encore des suppressions l’année prochaine : 26 postes supprimés dans le second degré, 56 classes fermées dans le premier degré. L’académie de la Guadeloupe prévoit de supprimer 11 postes sur Saint-Martin.

Les enseignants mobilisés le 28 mars, soutenus par le syndicat FSU, ont demandé le classement de l’ensemble de l’académie en Réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP +). Ce classement pourrait améliorer les choses, en tenant compte des difficultés sociales rencontrées par les familles. Ils ont aussi réclamé le retour à la semaine de quatre jours d’école dans le premier degré, et l’abandon des nouveaux rythmes scolaires imposés par le ministère.

Dans certaines écoles, les professeurs ont le soutien des parents d’élèves. C’est le cas à la maternelle du Carmel, à Basse-Terre, où une fermeture de classe est programmée. Les parents ont commencé à bloquer l’école le 30 mars.

À Saint Martin, une centaine de manifestants se sont rendus devant la Collectivité où ils ont été reçus par le directeur du cabinet de la Présidente. Ils comptent bien rencontrer le nouveau président de la COM (Collectivité d’outre-mer), Daniel Gibbs, afin de lui faire part de leurs revendications. En Guadeloupe, un jeune sur trois quitte le système scolaire sans aucun diplôme et en étant presqu’illettré. Les enseignants et les parents ont raison de refuser cette situation !


Pôle emploi : Tous avec Sophie notre collègue !

Sophie est de nouveau convoquée le 3 avril à 10 heures devant le juge de l’exécution à Calebassier Basse-Terre. Elle réclame sa réintégration et des astreintes plus lourdes tant que Jules ne se pliera pas à la déci-sion de justice. Elle a besoin de la présence de tous face à l’injustice qui la frappe. Jules ne fera pas sa loi ! Une professeure de lycée témoigne : «lorsque j’ai débuté en Guadeloupe, il y a 13 ans, il y avait 27 élèves en classe de Terminale. Maintenant, il y en a 33. Les lycéens ont donc plus de mal à suivre, et parfois pas de matériel pour travailler. »


Bookmark and Share