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CO de 2017/CO n° 1188 du 16 décembre 2017/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: Les salariés de Go Sport se rebiffent !

Le mercredi 6 décembre, la douzaine d’employés du magasin Go Sport, situé à la Galléria au Lamentin, a débrayé. Ils exigeaient de meilleures conditions de départ.

Ayant appris que ce magasin de sport allait fermer ses portes le 28 février prochain, les salariés, des jeunes pour la plupart, réclamaient en plus des indemnités légales de licenciement une prime supplémentaire de 150 € par année d’ancienneté. Certains d’entre eux travaillent depuis sept ans dans ce magasin. Après une journée de mobilisation, ils ont obtenu satisfaction et ont repris le travail. C’est bien le minimum ! Les salariés ont raison de contraindre leur patron à payer plus cher leur peau.

En France, le groupe Go Sport, entreprise spécialisée dans la distribution d’articles de sport, est le 3ème sur ce marché. C’est une filiale de la holding Rallye qui contrôle, entre autres, l’enseigne Casino. Par ailleurs il gère un important portefeuille d’investissements financiers. Ce sont de gros margoulins qui font des profits maximum dans la distribution en multipliant, selon leurs intérêts, les tractations entre enseignes. Ils se moquent complètement des salariés qui s’usent au travail pour les engraisser.


Guadeloupe: La Grève des agents de Pôle emploi

Mardi 5 décembre, à l’appel de toutes les organisations syndicales de l’établissement, les agents de Pôle emploi étaient en grève.

Environ 20 % des agents présents ont tenu à signifier leur ras le bol. En Guadeloupe comme dans les autres régions, la direction a comme consigne de faire croire que tout se passe le mieux du monde et qu’il n’y a aucun problème. Ce n’est évidemment pas ce que vivent au quotidien les employés chargés de suivre les chômeurs.

En Guadeloupe, le chômage continue d’augmenter surtout après les deux ouragans Irma et Maria. Les grévistes ont dénoncé la suppression des contrats aidés, le manque de moyens en formations qualifiantes pour les demandeurs d’emploi, les économies réalisées en personnel, la charge de travail qui n’en finit pas d’augmenter sur ceux qui sont présents face aux demandeurs d’emploi.

Cette grève d’une journée a permis aux agents de se retrouver tous ensemble dans une agence, à Baie-Mahault. Une grande assemblée générale regroupant une soixantaine de collègues s’est tenue. Cette journée fut un coup de semonce pour affirmer qu’il existe des salariés, à Pôle emploi Guadeloupe qui ne sont pas prêts à se laisser faire sans rien dire !


Contrats aidés en colère

Plusieurs dizaines de salariées se sont regroupées pour contrer le plan de suppressions du gouvernement. Contrairement à la Martinique, il n’y a pas eu de mouvement d’ensemble en Guadeloupe. Mais des salariées en contrat aidé se mobilisent.

Dans la commune de Bouillante, début octobre, elles ont bloqué tous les sites municipaux (écoles, mairie, stade…) pendant plusieurs jours. Elles ont obtenu gain de cause, avec un renouvellement des contrats pour huit mois, et leur maintien à 24 heures par semaine. Les contrats aidés de Bouillante restent vigilantes, car onze salariées sont menacées de perdre leur emploi en janvier 2018. C’est d’ailleurs suite à ces protestations que le gouvernement avait promis qu’en Guadeloupe les conditions de renouvellement seraient les mêmes qu’en Martinique.

Dans l’Éducation nationale, malgré ces promesses, près de 400 salariées ont été mises à la porte sans ménagement. Il s’agit des contrats aidés qui assuraient le secrétariat des écoles, en appui aux directeurs. Certaines salariées n’acceptent pas cette situation. Elles se battent pour pouvoir continuer à travailler. Les contrats aidés se sont regroupées dans un collectif soutenu par les syndicats FSU et CGTG. Elles ont organisé en novembre une conférence de presse pour dénoncer la situation, et particulièrement les mensonges des élus locaux qui ont prétendu qu’ils avaient réglé le problème.

Des milliers de tracts ont aussi été distribués dans différentes communes. Les contrats aidés ont prévu de se faire entendre lors du passage en Guadeloupe de la ministre du travail, les 14 et 15 décembre.


Martinique: Les grévistes du Parc naturel exigent le respect

Le samedi 9 décembre les syndicats CDMT, CGTM et CSTM ont organisé une conférence de presse à la Maison des syndicats sur la situation des grévistes du Parc Naturel de la Martinique. Chaque syndicat s’est exprimé pour exiger une médiation du préfet afin de trouver une solution à ce conflit qui existe depuis plus de 55 jours au PNM contre « la souffrance au travail », d’après leurs termes. Dans la salle il y avait des militants des différents syndicats, mais aussi de l’ASSAUPAMAR, du GRS et de Combat Ouvrier.

Selon Philippe Pierre-Charles, secrétaire général de la CDMT et porte-parole des syndicats à cette conférence de presse, une délégation syndicale a été reçue le vendredi 8 décembre par le préfet et il semble que d’autres syndicats sont susceptibles de les rejoindre pour permettre de trouver une issue à cette situation.

Pour l’heure, le préfet n’a pas donné de réponse sur une éventuelle médiation. En tout cas, ce qu’on constate c’est que ni le préfet représentant du gouvernement français au service du patronat, ni les responsables de la CTM, eux-mêmes serviteurs du patronat local, ne sont empressés de résoudre ce problème. Au contraire, ils continuent de se montrer dédaigneux, voire arrogants, vis-à-vis des travailleurs en lutte. Les travailleurs grévistes du PNM, même minoritaires, exigent du respect, pas de la matraque, ni de l’arrogance !


Communiqué de Combat Ouvrier : non aux méthodes répressives contre les salariés en lutte et leurs représentants syndicaux !
Solidarité avec les grévistes du PNRM ! Vive la lutte des travailleurs !

Dans la soirée du mardi 28 novembre, Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil Exécutif de la CTM, envoyait les forces de l’ordre contre les grévistes du Parc Naturel Régional de la Martinique et leurs soutiens, leur intimant l’ordre de « déguerpir » de la CTM.

Auparavant des vigiles, avec leurs chiens, avaient été postés à l’entrée du bâtiment pour en bloquer les entrées et tenter d’impressionner les grévistes. Daniel Gromat, dirigeant syndical CGTM-SOEM, a même été sciemment molesté par l’un de ces vigiles. En effet, le lundi 27 novembre, les grévistes s’étaient installés dans le hall de la CTM pour exiger une réponse du président du parc naturel de Martinique, Louis Boutrin, à leur demande de médiation après près de 50 jours de conflit. Jusqu’à ce jour, Louis Boutrin est resté figé sur sa position concernant les revendications des salariés syndiqués à la CDMT.

Les grévistes dénoncent les conditions de licenciement du directeur du parc pour faute grave, mais aussi un management dictatorial et un régime de la peur pour une bonne partie d’entre eux. En mobilisant les forces de l’ordre, des vigiles avec leurs chiens, contre des grévistes et leurs représentants syndicaux, Alfred Marie-Jeanne renoue avec des méthodes employées par un patron de combat, aujourd’hui disparu, lors du conflit de Toyota en 1999 ! En martelant leurs injonctions en guise de dialogue social, Marie-Jeanne et les conseillers exécutifs Boutrin et Carole, adoptent la méthode de Macron, essayant de mettre les travailleurs au pas, au service des patrons.

Les travailleurs, du secteur public comme ceux du secteur privé, attaqués quotidiennement par les mesures gouvernementales et patronales, avec la casse du Code du travail et des instances représentatives des salariés, ne peuvent que désapprouver de telles méthodes. Elles visent à les faire taire et accepter une aggravation de leurs conditions et sont inacceptables.

Non aux méthodes répressives contre les salariés en lutte et leurs représentants syndicaux ! Solidarité avec les grévistes du PNRM

Vive la lutte des travailleurs !
Jeudi 30 novembre 2017


Guadeloupe: Grèves, manifestations dans plusieurs secteurs

Les lundi 4 et mardi 5 décembre dernier, des travailleurs de nombreux secteurs ont fait grève à l’appel du syndicat UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe). Ils ont manifesté contre les lois Macron et pour dénoncer leurs conditions de travail et de salaire.

Le lundi, les agents du centre hospitalier ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre pour exprimer leur colère contre la vétusté de l’hôpital à l’origine de l’incendie.

Les employés de l’hôtel Salako au Gosier étaient en grève depuis plusieurs jours pour réclamer des augmentations de salaire. Après s’être gavé de subventions de l’État, leur patron, Patrice Fabre veut fermer l’hôtel. Les 120 salariés de l’hôtel risquent d’être mis dehors dans six mois.

À Pôle emploi, les salariés étaient mobilisés pour dénoncer le manque de personnel. Un agent peut se retrouver avec 700 dossiers à gérer, deux fois plus qu’en France, alors que le chômage est trois fois plus élevé en Guadeloupe. En plus, les salariés subissent l’arrogance d’un directeur qui se croit tout permis. Les chauffeurs de bus Karulis, déjà en grève depuis plus de deux semaines pour des augmentations de salaire, en ont profité pour exprimer leur colère face à leur direction qui ne veut pas céder.

Dans la zone industrielle de Jarry, des salariés du commerce ont bloqué deux ronds-points et ont distribué des tracts. Ils protestaient notamment contre les licenciements. Étaient aussi mobilisés les pompistes des stations-services, les employés de la Protection judiciaire de la jeunesse, les employés du garage GUP et ceux de la mairie de Goyave.

Au cours des semaines passées, les grèves ont été nombreuses parce que partout, les problèmes se multiplient. Il y a assez de colère chez les travailleurs de tous les secteurs pour que ces luttes débouchent sur un mouvement d’ensemble.