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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1184 du 23 septembre 2017/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: Contrats Aidés supprimés la pilule ne passe pas

Depuis la rentrée le 1er septembre, c’est la colère qui prévaut dans les établissements scolaires. Deux semaines après aucun cours n’a toujours été assuré. La raison, c’est que ces établissements ne seraient pas en mesure de fonctionner s’ils étaient privés de certains salariés dits « Contrats Aidés ».

Ces salariés interviennent dans divers secteurs : vie scolaire, restauration scolaire, entretien des locaux, des espaces verts, secrétariat des chefs d’établissement, etc.

Une première vague de suppression a brusquement privé d’emploi 540 travailleurs dont le contrat n’a pas été reconduit. Et ce chiffre ne concerne que les établissements scolaires. En effet, les collectivités locales, principalement les communes, sont également concernées, tout comme des structures associatives qui ne peuvent exister que grâce au concours de ce type de salariés.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est la décision du gouvernement de réduire le nombre d’emplois subventionnés à environ 75% par l’État. Les prétextes mis en avant : ils seraient « coûteux » et « inefficaces ». Coûteux ! Alors qu'ils perçoivent des salaires allant de 600 à 1 100 € par mois et exercent des tâches utiles, indispensables, essentielles dans les établissements scolaires. Lorsque le gouvernement déclare que ces centaines d’emplois ne sont pas de vrais emplois ou encore parle de leur manque de compétences, il affiche un mépris total à l’endroit de celles et ceux qui font fonctionner ces structures. Certaines organisations syndicales appellent les personnels à manifester derrière le mot d’ordre « Non à la suppression des contrats aidés ».

Certes, il faut exiger le retour à leur poste de travail de tous les salariés jetés brutalement à la rue et sans lesquels aucun établissement ne peut fonctionner. Mais il faut aller plus loin. Ces emplois répondent à des besoins réels, il faut exiger qu’ils deviennent des emplois pérennes. Et pour financer ces emplois, pour permettre aux collectivités de pouvoir continuer à les employer, l’argent public qui est déversé dans les caisses des entreprises soi-disant pour encourager les créations d’emplois doit être attribué aux services publics, là où des « gisements d’emplois » existent réellement.


Contrats Aidés : une mobilisation qui ne faiblit pas

Plus les jours passent, plus la mobilisation s’amplifie. Lancée par les personnels enseignants, techniques et administratifs des établissements scolaires, elle a vu les associations de parents d’élèves rejoindre la contestation pour exiger le retour des contrats aidés dans les établissements. Deux syndicats de chefs d’établissement se sont également joints au mouvement et aux manifestations.

Ainsi, le 11 septembre 2017, des manifestants ont défilé dans les rues de Fort-de-France avant d’être reçus par le préfet. Le 14 septembre, c’est au rectorat à Terreville qu’ils se sont retrouvés pour rappeler à la rectrice ce qu’elle sait parfaitement, à savoir que les établissements ne peuvent pas fonctionner sans ces salariés. Et le 15, l’accès au rectorat était complètement bloqué. Au cours d’une rencontre avec une délégation, la rectrice a dit avoir transmis les revendications au ministère et être en attente d’une réponse « en début de semaine ».

Le samedi 16 septembre, 450 personnes, enseignants, agents municipaux, mais aussi parents d’élèves étaient en réunion à la Maison des syndicats, à l’appel des syndicats enseignants mais aussi de ceux des agents territoriaux et des représentants d’associations. L’association des maires elle aussi s’était dite partie prenante du mouvement. Il y avait donc certains élus. Des prises de position de soutien se sont succédé, puis une manifestation dans les rues de Fort-de-France a suivi la réunion. Une nouvelle mobilisation était prévue le lundi 18 septembre. Elle a été reportée en raison de l’approche de l’ouragan Maria mais le mouvement continue.  


Guadeloupe: Une rentrée peu glorieuse

Fin août, le recteur Galap s’auto congratulait dans la presse en affirmant : « j’ai de quoi être fier d’être à la tête de cette académie ». Mais les beaux discours ne peuvent masquer la réalité…

Les suppressions de postes de professeurs qui se succèdent depuis plusieurs années ont fatalement des conséquences. Dans une école de Baie-Mahault, ce sont 34 enfants qui ont été entassés dans une seule classe de CE1. Dans un collège de Marie-Galante, il y a 39 élèves dans une classe de sixième, parmi lesquels neuf sont en grande difficulté et mériteraient une attention renforcée.

Dans de nombreux lycées les effectifs par classe explosent, avec 35 ou 36 élèves. Pour que les milliards pleuvent sur les riches, le gouvernement sacrifie les services publics dont la population a besoin, comme la santé ou l’éducation. Des enseignants et des parents d’élèves se mobilisent pour dénoncer cette situation, et ils ont bien raison !


Martinique: Le 12 septembre manifestation contre les lois Macron

Le 12 septembre, à l’appel de la CGTM et de la CDMT, plus de 700 manifestants ont défilé dans les rues de Fort-de-France pour montrer au gouvernement Macron-Philippe qu’ils s’opposent aux ordonnances, c’est-à-dire à une politique scélérate dictée par Gattaz, le patron du Medef (le syndicat du patronat).

On pouvait entendre des slogans contre la politique des capitalistes qui pourront avec ces ordonnances avoir les mains libres pour licencier ou embaucher un salarié quand ils veulent. En plus ils pourront négocier dans leur entreprise sans syndicat, par exemple dans le cas d’un licenciement.

D’autres slogans contre le plafonnement des indemnités, contre la fusion des instances représentatives du personnel, contre le raccourcissement du délai de recours aux prud'hommes ont aussi été repris en chœur par les manifestants. Près de 600 manifestants formaient le cortège de la CGTM avec leurs banderoles. Il s’agissait des travailleurs venus de plusieurs secteurs comme : l’Agriculture, le Commerce, le Bâtiment, la Métallurgie, la Santé, la CAF, la CGSSM, l’EDF, l’Éducation nationale, les PTT, les Agents de Sécurité, les Produits pétroliers, la CTM, les Finances publiques, les Municipaux, l’ONF, le Pôle emploi, les Retraités… D’autres salariés s’étaient mobilisés sur leur lieu de travail.

Ce mardi 12 septembre une fraction des travailleurs a commencé à prendre le chemin de la lutte pour montrer à tous les exploiteurs et à ce gouvernement à leur service qu’ils refusent cette politique, qui a pour conséquence d’aggraver le chômage et la précarité, et donc d'augmenter la pauvreté et la misère ici en Martinique comme sur le plan national.

Pour faire reculer Macron, il faudra nécessairement amplifier cette première mobilisation, dans les entreprises, dans les ateliers, sur les chantiers. Y ont intérêt tous les jeunes, les chômeurs, les retraités qui tous sont frappés par la politique scélérate mise en œuvre par le gouvernement Macron-Philippe.


Guadeloupe: Contre les lois Macron 12 septembre, première mobilisation

Contrairement à la Martinique où plusieurs organisations syndicales avaient appelé à la grève et à une manifestation le 12 septembre à Fort-de-France, en Guadeloupe seule la CGTG avait appelé à faire grève et à manifester, la FSU ayant seulement déposé un préavis de grève.

Notre organisation politique, Combat Ouvrier, avait aussi appelé à la manifestation. Une centaine de travailleurs de différents secteurs ont manifesté à Jarry. Il y avait une forte délégation des travailleurs de la banane, dont un certain nombre venant des plantations dirigées par Tino Dambas qui sont déjà en grève pour le respect de la loi de mensualisation et contre le licenciement injustifié de plusieurs d’entre eux.

Les manifestants sont allés s’adresser à des travailleurs de différentes entreprises (SIGL, GMA, La Douane, Eau d’Excellence, La Palette et Arcelor Mittal) afin de leur expliquer les raisons pour lesquelles il fallait se mobiliser ce jour-là et un tract a été distribué. Les manifestants ont été chaleureusement accueillis.

Cette première mobilisation était nécessaire mais il faudra bien plus pour contraindre le gouvernement et le patronat à retirer ces ordonnances scélérates.