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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1178 du 20 mai 2017/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : France-Antilles : les salariés résistent

Jeudi 11 mai, les quotidiens « France-Antilles Martinique », « France Antilles-Guadeloupe » et « France-Guyane » ont été placés en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Fort-de-France.

Ce groupe de presse a été créé en 1964 par Robert Hersant. Se retrouvant en situation de monopole, il a bénéficié du soutien inconditionnel sur tous les plans du pouvoir politique colonialiste de l’époque dont il était quasiment le relais. L’entreprise s’est développée au fil du temps et a compté des centaines de salariés répartis dans plusieurs filiales reliées entre elles par une holding, société qui contrôle toutes ces filiales. Il s’agit là d’une astuce de l’organisation capitaliste visant à cloisonner diverses sociétés appartenant à un même propriétaire.

Depuis des années, la direction annonçait des difficultés financières. Les dirigeants du groupe ont placé l’entreprise en redressement judiciaire. Cela s’est notamment traduit par des dizaines de licenciements via des plans de restructuration. La mise en liquidation est l’ultime étape.

Pendant des dizaines d’années, les dirigeants s’en sont mis plein les poches. Et aujourd’hui, ce sont des dizaines de salariés qui risquent de perdre leur emploi après avoir consacré plusieurs années de vie à cette entreprise. Tels des vautours, trois repreneurs, dont l’un est... la petite-fille du fondateur, Robert Hersant, se sont manifestés pour récupérer certaines parties de l’entreprise. Les salariés, notamment les journalistes, se sont regroupés pour tenter de défendre leurs intérêts dans cette procédure.

Il y a quelques mois, Emmanuel Macron avait eu ces mots : « Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties ». Les salariés de France-Antilles et France-Guyane sont prévenus. Pour celui qui vient d’être élu à la présidence de la république française, qui vient de nommer un premier ministre issu du parti de Fillon, de Sarkozy et de Juppé, ils ne sont pas la première préoccupation. Ils n'auront rien, à moins de l'arracher.  


Guadeloupe : Les ouvriers de la banane préparent leur offensive !

Le 15 mai, les ouvriers agricoles se sont réunis en assemblée générale. Ils ont décidé de faire deux jours de grève dans toutes les plantations les 18 et 19 mai. L’assemblée générale a rassemblé 150 travailleurs d’une dizaine de plantations.

Ils veulent obtenir l’extension de l’accord obtenu le 13 avril par les travailleurs de Bois-Debout : application du Smic mensuel, paiement du 13ème mois et respect de l’accord Bino. Les ouvriers comptent aussi demander une convention collective qui améliore les tâches et les conditions de travail, la pérennisation de tous les emplois, la mise en œuvre d’une retraite complémentaire, et l’attribution d’un local pour leur permettre de se réunir. Depuis la victoire des grévistes de Bois-Debout, les autres patrons de la banane sont aux abois. Ils tentent de dissuader les ouvriers de réclamer leurs droits.

Certains patrons disent que le 13ème mois ne les concerne pas. D’autres disent que l’extension de l’accord va couler les plantations… Ils mentent comme la direction de Bois-Debout mentait, avant d’être contrainte à céder. Dambas, patron noir qui sert de marionnette aux gros békés, a été encore plus loin : il a carrément essayé de faire une pétition pour exiger le départ du préfet !

Les gros békés reprochent au préfet d’avoir donné raison aux ouvriers de Bois-Debout, et ils tentent par tous les moyens de réaffirmer leur pouvoir. Les deux jours de grève permettront aux ouvriers de donner un avertissement aux patrons


SA Bois-Debout : Les travailleurs mettent en garde la nouvelle direction

Le 15 mai, lors de l’assemblée générale des actionnaires de la plantation, le gros béké Delacaze a été nommé nouveau président du conseil d’administration et le petit-fils Dormoy, Guillaume Block de Friberg, a été promu directeur de l’entreprise.

Les ouvriers étaient présents pour protester contre la nomination de Guillaume Block de Friberg à la tête de la plantation. Ils ont dénoncé les attitudes méprisantes, racistes et violentes du petit-fils Dormoy qui joue au colon sur la plantation. Delacaze a défendu cette nomination en pleurnichant que Guillaume Block de Friberg était le seul candidat. On peut comprendre effectivement que la combativité des ouvriers de Bois-Debout fasse peur à beaucoup de patrons. En tout cas le rejeton de Louis Dormoy et Delacaze sont prévenus, les travailleurs ne sont pas prêts à se laisser mater !


La Fête de Combat ouvrier en Guadeloupe

Après le décès brutal d’une collègue sur son lieu de travail, l’émotion et la colère étaient à leur comble ! Il La fête annuelle de Combat ouvrier s’est bien déroulée. Quatre cent personnes avaient répondu à notre invitation. Le film de témoignages sur Mai 67 a eu du succès ainsi que le débat qui a suivi. Cap maintenant sur la fête 2018 !
 


Guadeloupe : Les habitants de Grand-Baie s’opposent à leur expulsion

Le 15 février 2017, le maire du Gosier a présenté à la presse un projet visant à expulser les résidents du quartier populaire de Grand-Baie. Les habitants ne comptent pas se laisser faire.

Baptisé « Grand-Baie Demain », ce projet prévoit une marina, des commerces, une base nautique… mais aucune habitation. Cela fait des années que des spéculateurs lorgnent sur ce quartier. Grand-Baie est actuellement un quartier insalubre et mal entretenu, mais il possède une très belle plage, idéalement située entre le bourg du Gosier et la zone touristique de Bas-du-Fort. En 1994, la mairie du Gosier et la Préfecture avaient lancé une opération de résorption de l’habitat insalubre à Grand-Baie (RHI). Dans le cadre de cette RHI, les habitants ont payé pour régulariser leur situation, et devenir pleinement propriétaires.

Mais la RHI s’est ensuite mystérieusement arrêtée, après être passée des mains de la Semag (Société d’économie mixte d’aménagement de la Guadeloupe) à celles de la Semsamar (Société d’économie mixte de Saint-Martin). Les habitants n’ont reçu de la mairie qu’une promesse de vente, et pas un véritable titre de propriété, alors qu’ils ont aussi payé pour recevoir ce document.

Dès 1998, les habitants de Grand-Baie ont alerté les autorités, en demandant notamment où étaient passés les fonds destinés à la réhabilitation de leur quartier. Ils ont aussi dénoncé la pression exercée par la Semsamar qui poussait les habitants à lui revendre leur logement à vil prix en renonçant à tous leurs droits. Le projet actuel est une énième tentative des spéculateurs immobiliers pour faire main basse sur Grand-Baie. Le maire a justifié son projet en invoquant les prétextes les plus farfelus. Il a expliqué en février que Grand-Baie était placé sur la faille de la Riviera, et donc particulièrement vulnérable au risque de séisme et de tsunami. C’est vrai, mais ce risque concerne tout le littoral entre Pointe-à-Pitre et Saint-François, pas uniquement Grand-Baie. Les habitants ont dénoncé avec raison une expulsion « déguisée en opération humanitaire ». Un mois plus tard, la mairie trouvait un autre prétexte, et parlait de protéger la biodiversité de la zone. On comprend mal comment une marina et des commerces permettraient d’atteindre ce louable objectif. Les habitants de Grand-Baie ont déjà mené plusieurs actions de protestation et ont bloqué la route nationale une première fois. Ils ont également participé en nombre au défilé du Premier Mai à Pointe-à-Pitre. Ils ont prévu d’organiser une conférence de presse le 16 mai pour populariser leur combat et envisagent de mener d’autres actions dans les jours à venir.


Baie-Mahault (Fond-Budan):La population réagit après les inondations

Au mois de mai, le quartier de Fond-Budan à Baie-Mahault a été inondé suite à des pluies torrentielles. L’eau a rendu la route principale impraticable et est rentrée dans les maisons avoisinantes. Certaines personnes ont perdu leurs meubles et appareils électroménagers. Les riverains veulent être indemnisés et ils ont fait entendre leur colère sur les ondes. La route nationale qui traverse la zone aurait été construite sans étudier l’écoulement naturel des eaux de pluie. Les riverains dénoncent le fait qu’ils n’ont pas été consultés par la société de travaux. Ce n’est pas la première fois que des travaux sont faits au mépris de la population environnante


Dans les entreprises

Echos de Jarry
Crédit Moderne : les profits s’envolent, les salaires doivent suivre !
Au niveau des bénéfices, l’année a été florissante encore une fois… pour les actionnaires. Dans les actuelles NAO (négociations annuelles obligatoires) les travailleurs ont raison de réclamer leur part du gâteau. C’est grâce au travail des employés que l’entreprise engrange chaque année tous ces profits.

Gaddarkhan enrobage : six licenciements de trop ! Sur les neufs ouvriers prévus, six ont été finalement licenciés. Si Gaddarkhan veut faire croire que c’est un geste de générosité, il se trompe. Six chômeurs de plus, par les temps qui courent, c’est criminel.

Echo des hôpitaux (Martinique)
Biochimie : La direction, même politique de non-respect !
Il a fallu deux jours de grève pour que le personnel de Biochimie soit enfin reçu par la direction. Mais cette dernière ne savait que dire : «  il y a un plan de retour à l’équilibre ! », « il n’y a pas d’argent ! », « on ne peut pas embaucher ! ». Après que les intervenants à tous les niveaux aient expliqué et démontré les problèmes et les dysfonctionnements occasionnés par le sous effectif, la direction s’est engagée à revoir sa copie et à donner une réponse le vendredi 5 mai. Ce qu’elle n’a pas fait ! Peut-être s’imagine-t-elle s’en tirer à si bon compte ? Mais la patience des agents a des limites !