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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1174 du 25 mars 2017/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe Les employés du CHU en lutte

Depuis des mois le CHU de Pointe-à-Pitre fait l’actualité. Les agents de l’hôpital, entre grèves et mobilisations, font entendre leur volonté d’obtenir un outil de travail performant, à la fois en termes de qualité des soins fournis aux patients, mais aussi en termes d’amélioration de leurs conditions de travail.

Actuellement les politiques d’austérité et de restriction budgétaire sont l’étendard de l’État français. Les services publics utiles à la population sont particulièrement affectés par cette politique. L’État les « écrase » pour pouvoir subventionner le grand capital, en réduisant les budgets qui leur sont destinés. Le résultat, les hôpitaux notamment, manquent de moyens pour faire face aux dépenses liées à leur fonctionnement ; ce qui les oblige à avoir recours aux emprunts banquiers et à faire face à la rapacité de ces requins de la finance.

Quand il s’agit de prélever sur la population de quoi subventionner le patronat, le gouvernement prend dans toutes les poches et n’épargne pas plus les services de santé que les autres services publics. C’est ainsi que le CHU de Guadeloupe se retrouve plongé dans un gouffre financier de 62 millions d’euros, dans l’incapacité de payer les fournisseurs et verser les charges sociales, de réfectionner les locaux, en un mot d’assurer sa fonction de prise en charge en qualité des malades, et de donner des conditions de travail satisfaisantes au personnel. Le personnel du CHU a décidé de ne plus être la victime consentante de cette politique. Notamment il exige que les 9 millions d’euros donnés chaque années aux banques, pour payer les intérêts de la dette, ne soient pas pris sur son dos. C’est ainsi que la mobilisation a débuté en novembre 2016 par une grève pour mettre fin aux emplois précaires et obtenir des titularisations sur les postes occupés pendant des années. Mais aussi les agents exigeaient l’amélioration des conditions de travail. Pendant dix jours la grève resta bloquée sur la question de la titularisation des agents sous contrat, jusqu’à un accord sur l’ouverture immédiate des titularisations sur deux années pour 620 agents.

Les conditions de travail allant en s’aggravant : manque de personnel, suppressions des jours de repos ou de congé, harcèlement de la hiérarchie, manque gravissime de matériel de travail mettant en jeu la sécurité des patients, la mobilisation devait reprendre à l’occasion de l’appel à la grève de la fonction publique le 7 mars, à l’échelle nationale. La mobilisation se poursuit. Les déclarations de la présidente du conseil de surveillance, madame Borel-Lincertin, celles de l’ARS, de la CME et de la direction générale sonnent comme des aveux d’impuissance. Des négociations en cours, il ne ressort qu’une promesse d’une aide exceptionnelle de l’État à hauteur de 42 millions d’euros qui seront données par tranches mensuelles. Cette somme qui ne servira qu’à payer les fournisseurs en révolte, ne changera en rien le désastre installé. Il faut redresser financièrement le CHU, faire cesser l’hémorragie financière avec un vrai budget de fonctionnement, avec les fonds de l’État : l'argent public doit servir aux services publics !


Martinique : Débrayage aux Urgences du CHUM

Lundi matin 20 mars, le personnel du service des Urgences a organisé un débrayage sur le site du nouveau plateau technique du CHUM (Centre hospitalier universitaire de Martinique).

La veille au soir, le médecin chef du service des Urgences était sur le plateau du journal télévisé de Martinique 1ère. Il a expliqué quelques-unes des incohérences de l’organisation qui aboutit à des attentes de sept à huit heures avant la prise en charge des patients et à un stress permanent pour le personnel.

La mise en route de ce nouveau site flambant neuf est toute récente. Les salariés peuvent constater que loin de s’améliorer la situation s’est dégradée tant pour les patients accueillis aux Urgences que pour eux-mêmes. Certains sont proches du burn-out [épuisement]. En effet, la mise en place de la nouvelle organisation a été décidée le plus souvent sans prendre en compte les nécessaires liens avec les autres services du CHUM et donc avec les autres agents, mais aussi sans prévoir l’augmentation nécessaire des effectifs pour assurer ces missions.

Résultat, c’est la désorganisation, le stress pour les agents et la perte de temps pour obtenir les résultats des examens médicaux des patients. C’est le cas par exemple au service de brancardage, mais aussi pour le service d’imagerie ou pour les laboratoires. Pourtant la cohérence de ces services est particulièrement importante pour le traitement de l’urgence médicale. Elle peut être vitale pour les patients.

Aujourd’hui, le personnel dit qu’il est « au bout du bout ». Il tire une fois encore la sonnette d’alarme mais entend aussi obtenir de véritables améliorations tant en moyens humains que matériels.


Repas de soutien à COMBAT OUVRIER

COPES, route de Moutte,
à Fort-de-France
Après le stade Serge Rouch et le foyer des jeunes travailleurs « La Ruche ».
Dimanche 9 avril de 12h à 19h


Guadeloupe Mobilisation des agents de Routes de Guadeloupe

Les agents ont entamé un mouvement de grève de 24 heures reconductible à compter du lundi 20 mars 2017. Ils ont érigé un piquet de grève devant le siège de Jarry et ont bloqué durant une dizaine de minutes la circulation. Cela a provoqué un immense embouteillage dans la zone.

Les principales revendications sont l’arrêt du harcèlement et des discriminations. Un agent a déjà porté plainte contre la direction pour harcèlement moral au tribunal administratif et a obtenu gain de cause. Les revendications portent aussi sur le manque de matériel pour travailler, le non-respect des procédures de saisine des instances. En effet, les agents ont dû se battre pour avoir un CHSCT et avoir une commission d’enquête suite au décès accidentel d’un agent en janvier 2016. La mobilisation a été largement suivie par le personnel et a concerné tous les centres d’exploitation qui étaient fermés. Le président de Routes de Guadeloupe qui est le président de la Région a appelé les grévistes dans l’après-midi et leur a fixé un rendez-vous mardi 21 mars à 14h30. Les grévistes voulaient également la présence de la Vice-Présidente, Mme Borel-Lincertin, puisqu’elle prendra la présidence de Routes de Guadeloupe au mois de juin prochain pour une durée de trois ans. Mais cette dernière n’a pas voulu participer à la rencontre. Il faut savoir qu’à Routes de Guadeloupe la présidence est tournante entre la Région et le Département tous les trois ans. Les agents craignent à juste titre que si des engagements sont pris par Chalus, l’actuel président, ils peuvent être remis en cause par Mme Borel-Lincertin. La colère est grande chez les grévistes et le mouvement doit se poursuivre. DH : Un accord de fin de conflit a été signé tard dans la soirée du mardi 21 mars.


Mars 1967: Commémoration du cinquantenaire des émeutes de Basse-Terre

Le 20 mars 1967, Srnsky, le propriétaire blanc du « Sans Pareil », un magasin de chaussures à Basse-Terre, avait lancé son chien sur Balzinc, un cordonnier noir, qui travaillait juste devant le magasin. Snrsky aurait crié au chien « va dire bonjour au nègre ! ».

Cet acte raciste provoqua plusieurs jours d’émeute populaire dans les rues de Basse-Terre. La population détruisit la voiture de Srnsky, et le chien fut jeté par le balcon. Srnsky fut protégé par les CRS pour échapper à la foule en colère et dut quitter la Guadeloupe. Samedi 18 mars 2017, une quarantaine de militants de Combat Ouvrier, de sympathisants et de jeunes du journal Rebelle ! se sont rassemblés Cours Nolivos à Basse-Terre devant l’ancien magasin « Sans pareil », aujourd’hui Mak 3, pour commémorer ces événements. Pendant une heure, des centaines de passants ont assisté aux prises de parole des camarades qui racontaient le déroulement des événements de mars 67  qui préfiguraient le massacre de Mai 1967 à Pointe-à-Pitre et le contexte colonial de l’époque. Plusieurs témoins, présents à Basse-Terre en 1967, ont accepté de raconter publiquement ce qu’ils avaient vu ou entendu. D’autres organisations et associations ont organisé des manifestations à Basse-Terre autour de l’affaire Snrsky. Ces commémorations doivent servir à faire connaître ces événements et à ranimer la mémoire collective de la population que l’État colonial français a voulu paralyser pendant si longtemps.


Martinique Taxes et impôts dans le Sud : la mobilisation ne faiblit pas

Depuis plusieurs mois, un comité de contribuables se mobilise pour obtenir l’annulation des augmentations de taxes décidées par les élus de la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud de la Martinique.

Ceux-ci avaient opté pour l’augmentation des impôts locaux pour compenser les diminutions de recettes. Et ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère : 35% d’augmentation. C’est ce qui a conduit des contribuables regroupés au sein d’un comité à se mobiliser pour le retrait de ces mesures. Les dirigeants de la CAESM, après avoir fait la sourde oreille, ont commencé à battre en retraite. Ils ont concédé des baisses sans aller jusqu’à l’annulation exigée par les membres du comité. Ces derniers, afin de montrer leur détermination, ont entravé les accès aux locaux de la CAESM pour contraindre les élus à revenir sur leur décision. Dans sa lutte, le comité dirige ses critiques sur des dépenses jugées inutiles, somptuaires et excessives. Ces critiques sont justifiées, même si les diminutions de ressources dues aux choix du gouvernement d'assister le gros patronat capitaliste pourraient être aussi dénoncées. Les membres du comité ont organisé des caravanes qui ont sillonné plusieurs communes du sud pour expliquer leur démarche et rallier des contribuables victimes de ces hausses. Lors des prises de parole, on a pu ainsi entendre des témoignages d’habitants citant le montant de leur revenu (pension, etc.) et le montant de la taxe qui leur était réclamée. Les animateurs ont dénoncé la « folie des grandeurs » des élus qui plombent les finances de cette collectivité. Ils ont maintenu leur demande d’annulation totale des hausses. Dans une lettre aux contribuables, le président de la CAESM a cité les taux de baisse concédée. Cette mobilisation, si elle n’a pas encore permis d’obtenir satisfaction totale, a tout de même montré qu’elle pouvait faire reculer les élus de la CAESM.