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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1181 du 15 juillet 2017/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Les grévistes de la Banane ont fait plier les patrons !

En grève depuis le 18 mai, les travailleurs de 20 plantations ont repris le travail le 3 juillet, la tête haute, après avoir remporté une grande victoire sur les patrons planteurs.

La grève a commencé suite à la victoire obtenue par les travailleurs de la SA Bois-Debout le 13 avril dernier. Les ouvriers des autres plantations exigeaient eux aussi de bénéficier de la loi de mensualisation, applicable dans l’agriculture depuis 1989.

Cette loi prévoit que tous les ouvriers agricoles doivent toucher au moins le Smic mensuel, mais les patrons de la banane ne l’appliquaient pas. Pendant 28 ans, les ouvriers agricoles ont été volés sur leur salaire, parfois de plusieurs milliers d’euros par an.

Au début de la grève, les patrons ont tenté toutes sortes de manœuvres pour intimider les ouvriers : coups de téléphone, courriers de menaces, etc. Mais au fil des jours la mobilisation s’est renforcée, car les ouvriers ont fait la grève marchante, c’est-à-dire qu’ils sont passés de plantation en plantation pour convaincre les autres travailleurs de rejoindre la grève. Mi-juin, il y avait plus de 200 ouvriers en grève sur 20 plantations.

Les travailleurs ont mis en place un comité de grève pour organiser leur mouvement de manière démocratique et efficace. Les actions des grévistes ont été nombreuses : distributions de tracts, collectes d’argent, manifestations, meetings… chaque jour les ouvriers accentuaient la pression. À partir du 19 juin, ils ont ciblé le président du syndicat des planteurs de banane, le béké Lignières. Durant plusieurs jours, les grévistes ont campé jour et nuit devant sa plantation à Baillif, où il réside.

Au bout de 42 jours, voyant que la détermination des grévistes ne faiblissait pas, les patrons ont cédé. Un accord a été signé le 28 juin à la direction du travail à Gourbeyre. Plus de 300 ouvriers agricoles étaient présents, les grévistes ayant reçu l’appui des travailleurs de Bois-Debout. Dans cet accord, les patrons se sont engagés à appliquer la loi de mensualisation, à rembourser les sommes volées au cours des trois dernières années, à engager des discussions pour améliorer les conditions de travail, et à payer tous les jours de grève.

Fiers d’avoir obtenu une victoire aussi complète, les grévistes ont alors décidé de prolonger leur mouvement pendant deux jours, à leurs frais. Ils ont mis à profit la première journée pour rencontrer des représentants du Conseil régional, qui subventionne les planteurs, et leur demander d’agir pour que tous les travailleurs de la banane soient désormais en contrat à durée indéterminée. Le deuxième jour, ils sont allés soutenir les ouvriers de Bois-Debout, confrontés à une direction qui ne respecte pas ses engagements pris le 13 avril. Lundi 3 juillet, les ouvriers se sont présentés fièrement sur leur plantation pour reprendre le travail. Ils ont touché l’acompte de 700 € promis pour le paiement des jours de grève. Et ils ont exigé que les patrons respectent les horaires réglementaires de travail. Comme l’a déclaré un travailleur : « après une telle grève, quand tu reprends le travail, tu es un héros! »  


Le planteur Tino Dambas fonce droit dans le mur

Tino Dambas est le seul planteur à refuser d’appliquer l’accord signé le 28 juin.

Le 3 juillet, lorsque les grévistes se sont rendus sur ses plantations pour reprendre le travail et récupérer l’acompte de 700 €, Tino Dambas a refusé qu’ils reprennent leur poste et il a déclaré que l’accord signé par le syndicat des planteurs SYNPROBAN ne le concernait pas. Dambas - qui n’a honte de rien - prétend qu’il a démissionné de son poste de vice-président de SYNPROBAN, pendant la grève, 3 jours avant la signature de l’accord. Et alors ?

Les jours suivants, le discours de Dambas a un peu évolué face à la détermination des travailleurs qui étaient présents tous les jours sur la plantation de Changy, où les rejoignent souvent les autres grévistes qui ont repris le travail. Il acceptait de donner du travail aux ouvriers qui ont participé à la grève, il reconnaissait l’accord, mais il persistait à refuser le paiement des jours de grève et donc le premier versement de 700 €.

Dambas est un patron noir qui sert de marionnette aux gros békés et c’est pour cela qu’il fait de la résistance. Il veut montrer que même avec la « mauvaise » couleur de peau il peut jouer au descendant d’esclavagiste.

Le 7 juillet, les ouvriers ont décidé de s’installer devant sa plantation de Changy 24 heures sur 24 pour lui faire entendre raison. Du coup, Dambas a tenté un coup de force. Dans la matinée, il a d’abord tenté de foncer à vive allure sur une ouvrière. L’après midi, quelques minutes après avoir menacé de « prendre mon camion et de foncer sur le tas », il a tenté d’écraser un ouvrier avec un container. Les travailleurs n’ont pas cédé, Dambas a dû partir et il n’a pas pu expédier ses bananes sur le port.

Les travailleurs sont restés sur place tout le week-end. Le lundi 10 juillet, Dambas a de nouveau voulu faire venir un camion pour expédier ses bananes. Mais face à la détermination des grévistes le camion a dû faire demi-tour encore une fois. Dambas est mauvais perdant, il refuse d’accepter sa défaite, mais les ouvriers n’ont pas l’intention de céder !

D’autant plus que si un patron ne respecte pas l’accord signé le 28 juin, d’autres pourraient lui emboîter le pas. Le 10 juillet les travailleurs de toutes les plantations qui ont fait la grève se sont réunis, avec ceux de la S.A Bois-Debout. Ils ont décidé de reprendre la grève générale des plantations à partir du mercredi 12 pour que tous les patrons sans exception respectent leurs engagements.


Martinique : Patrons voyous

L’entreprise du BTP (bâtiment et travaux publics), «  SO-SERV » à Ducos se retrouve en redressement judiciaire. Les salariés ne savent même pas si les AGS (organisme patronal de garanties des salaires) leur verseront leur salaire au début de la deuxième quinzaine de juillet. Il aura fallu que ces salariés manifestent leur mécontentement en se mobilisant à la fin du mois de juin pour que leur direction finisse par les recevoir. Cela arrive trop souvent. Les patrons voyous s’arrangent pour mettre la clef sous la porte. L’avenir des travailleurs est le cadet de leurs soucis. Alors, il ne faut pas chercher loin les causes des explosions de colère sociale quand elles surviennent.


Guadeloupe : Les salariés de la Mission locale en grève

Après deux jours de grève, les jeudi 6 et vendredi 7 juillet, les employés de la Mission locale de Guadeloupe ont obtenu le paiement de leur salaire encore une fois en retard. Ils continuent leur grève pour l’amélioration des conditions de travail, mais aussi pour avoir des garanties que les salaires seront payés en temps et en heure les mois prochains.

Georges Hermin, le conseiller régional président du conseil d’administration de la Mission locale s’est déplacé vendredi pour négocier avec les grévistes. Arrogant et sûr de lui, il a voulu jouer au dirigeant qui comprend les problèmes des salariés et s’est présenté comme le sauveur. Il a affirmé qu’il a obtenu la promesse du président de la Région Ary Chalus, que celui-ci augmentera le budget de fonctionnement de la Mission locale. Il a reconnu que les employés font du bon boulot et que leur travail est indispensable pour aider les jeunes en difficulté. Mais quand les salariés grévistes dont une majorité est composée de femmes, lui ont demandé de leur donner des assurances qu’il n’y aurait plus de retard sur le paiement des salaires, il n’a pas voulu s’engager. Il a d’abord voulu faire croire que le paiement du salaire tous les 20 du mois était une faveur de la part de la Mission locale.

Les salariés l’ont remis gentiment à sa place en lui rappelant le code du travail et les propos de l’inspection du travail qui avaient été dans leur sens sans ambigüité. Les salariés en ont assez que la direction de la Mission locale les mène en bateau. C’est la deuxième fois au cours de l’année que le salaire n’est pas payé à temps. Ils exigent la transparence sur les comptes de la structure et veulent savoir quel est son avenir. Ils refusent d’être les derniers informés si la structure est en difficulté. Les belles promesses ne suffisent plus. D’autant que les conditions de travail sont catastrophiques dans toutes les antennes. Les conseillers reçoivent les jeunes sans aucune condition de sécurité, le travail se fait dans des locaux vétustes et trop petits à Basse-Terre ou qui ressemblent plus à une porcherie à Petit Canal !


Les travailleurs de Socomeco en grève

Dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires), les travailleurs réclament une augmentation de salaire de 100 €. Sur ce premier point de leurs revendications, ils se sont heurtés au mépris et à l’arrogance de Yann Le Maigat, nouveau patron de l’entreprise.

Depuis le 10 juin, ils sont en grève et l’entreprise est fermée. Tout d’abord, le patron leur a fait un chantage, pour les pousser à accepter 30 € : « soit vous prenez, soit vous allez à Pôle emploi ».

Les grévistes, déterminés, ont décidé de ne pas se laisser faire et ont poursuivi la grève. À l’issue d’autres rencontres avec les salariés, le patron a proposé 23 € d’augmentation, puis 18 € avant de disparaître. Il serait à l’heure actuelle hors du département et il n’est pas joignable. Dans cette société certains employés ont été embauchés sans contrat de travail.

Le 6 juillet, n’ayant pas de nouvelles de Le Maigat, les grévistes accompagnés de camarades de l’UGTG ont manifesté leur mécontentement à Houëlbourg, rue principale de Jarry. Révoltés par l’attitude de ce patron, ils n’ont pas l’intention de lâcher..