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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1187 du 18 novembre 2017/Première page

Première page

Éditorial :Harcèlement sexuel la honte doit changer de camp !

En octobre, des actrices de cinéma ont dénoncé un grand producteur de Hollywood. En quelques semaines, leur exemple a donné confiance à des milliers d’autres femmes, qui ont elles aussi dénoncé le harcèlement sexuel qu’elles ont vécu.
Ces témoignages ont eu lieu sur les réseaux sociaux comme #balancetonporc et #metoo (moi aussi en anglais). Des rassemblements ont aussi été organisés dans plusieurs villes en France.  

Cette vague de dénonciations est une bonne chose, puisqu’elle a mis en lumière un phénomène social massif. Beaucoup d’hommes ont découvert ce problème et ils ont été obligés d’y réfléchir. Car, si tous les hommes ne sont pas des harceleurs, en revanche toutes les femmes ont été harcelées au moins une fois dans leur vie. En effet, le harcèlement sexuel n’est que la conséquence de la position inférieure imposée aux femmes par une société profondément sexiste.

Mi-novembre, en Guadeloupe, le journal lycéen et étudiant Rebelle ! a dénoncé publiquement la protection dont bénéficie un professeur du LGT Baimbridge, qui harcèle sexuellement des lycéennes depuis plus de dix ans sans que le rectorat ne réagisse. Cela fait sept ans que Rebelle ! proteste contre l’attitude des responsables académiques, qui protègent les « éducateurs » harceleurs, quand ils n’en font pas eux-mêmes partie. Au lycée agricole de Convenance, cela a permis de faire condamner un professeur, qui ne pourra plus travailler avec des mineurs.

Les hommes harceleurs ne se trouvent pas que dans les écoles, loin de là. Au travail, beaucoup de femmes sont confrontées au harcèlement sexuel, depuis les remarques déplacées et humiliantes jusqu’aux agressions les plus brutales.

De même que le racisme, qui divise l’humanité entre les Blancs - soi-disant supérieurs - et tous ceux qui ne le sont pas - soi-disant inférieurs -, le sexisme affirme que les femmes, c’est-à-dire la moitié des êtres humains, seraient inférieures précisément parce qu’elles sont femmes. Alors ce sont les femmes qui doivent s’occuper de toutes les corvées à la maison, elles ont plus de difficulté à trouver du travail, lorsqu’elles en trouvent elles doivent se contenter d’un salaire inférieur à celui des hommes, etc.

Aux Antilles, le sexisme est aggravé par la pauvreté. Les femmes des couches populaires, les travailleuses comme les chômeuses, doivent affronter toutes les difficultés de la vie et subir en plus cette discrimination sexiste. Cette situation a donné naissance à la femme potomitan, (poteau central) qui est un modèle de force et de courage. C’est une image positive de la femme, héritée de la lutte pour l’existence de toutes celles qui ont fait face, depuis l’époque de l’esclavage, et qui continuent à faire face.

Mais cette femme potomitan est parfois considérée de manière un peu condescendante. Elle serait surtout cantonnée à la vie familiale, toute dévouée à ses enfants, et occupée à survivre au quotidien. C’est une fausse image. Car dès que les classes populaires se révoltent, ce sont les femmes qui sont en tête ! En Martinique comme en Guadeloupe, tous les grands mouvements ont eu leurs héroïnes, comme Lumina Sophie ou la mulâtresse Solitude. Et avec elles il y avait des milliers de femmes anonymes, dont l’histoire n’a pas retenu le nom.

En ce moment, les femmes dénoncent avec raison les « porcs » qui les harcèlent. Ces dénonciations sont précieuses, car elles permettent aux femmes de faire la honte changer de camp. Mais à l’avenir, lorsque les travailleurs reprendront le chemin d’une lutte d’ensemble, on peut parier que les femmes sauront une fois de plus se porter à la tête du combat. Ce sera leur plus belle revanche contre les petits messieurs qui se permettent aujourd’hui de les harceler !


Guadeloupe: Rebelle ! dénonce la complicité des autorités avec les harceleurs sexuels

ZoomVendredi 10 novembre, nos camarades qui animent le journal étudiant-lycéen Rebelle ! tenaient une conférence de presse pour dénoncer les comportements sexistes inacceptables de certains hommes adultes envers les jeunes filles dans les lycées et les collèges de Guadeloupe. En particulier, le harcèlement sexuel sur mineures pratiqué par certains enseignants est massif.

Vendredi 10 novembre, nos camarades qui animent le journal étudiant-lycéen Rebelle ! tenaient une conférence de presse pour dénoncer les comportements sexistes inacceptables de certains hommes adultes envers les jeunes filles dans les lycées et les collèges de Guadeloupe. En particulier, le harcèlement sexuel sur mineures pratiqué par certains enseignants est massif.



Saint-Martin: Rentrée scolaire : coup de pub de Philippe

Deux mois après le passage du cyclone Irma qui a dévasté l’île, le premier ministre, Édouard Philippe, s’est déplacé à Saint-Martin le 6 novembre pour la rentrée scolaire officielle.  

La rentrée a eu lieu sous le regard des caméras venues filmer le premier ministre. Mais combien de caméras ont montré les structures métalliques qui menacent de tomber, les salles de classe impraticables, les travaux de reconstruction qui font du bruit et l’eau non potable au robinet ? Le cyclone a détruit la plupart des écoles. La voilà leur rentrée « officielle » : des conditions d’hygiène et de sécurité non respectées qui mettent la vie des élèves et du personnel en danger. En organisant cette rentrée précipitée, le gouvernement a voulu se faire un coup de pub alors que la situation de la population de l’île reste catastrophique. Édouard Philippe s’est fait filmer à l’école Clair Saint-Maximin du Quartier d’Orléans, l’une des rares écoles à avoir tenu le choc. Tout cela pour montrer que prétendument tout va bien alors que la réalité est toute autre.


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