Site

Journal/Sommaire du dernier CO n° 1183 du 9 septembre 2017/Première page

Première page

Éditorial : Contre la guerre sociale imposée aux travailleurs, la mobilisation la plus large est nécessaire !

Les ordonnances sur la réforme du code du travail ont été rendues publiques le jeudi 31 août après toute une mise en scène des équipes macronistes et une véritable mascarade de « dialogue social » avec les organisations syndicales de France.  

Elles correspondent aux exigences du Medef (syndicat patronal) et de la CPME, (confédération des petites et moyennes entreprises), qui entendent pouvoir disposer d’une classe ouvrière malléable et utilisable à leur gré, selon leurs intérêts et leurs profits maximaux. Le temps de travail, le niveau des salaires, la rémunération des heures supplémentaires... tout cela sera décidé à l’échelle de l’entreprise. Le contrat de travail, lui, sera négocié au niveau des accords de branche, lorsqu’ils existent... avec possibilité pour la branche de modifier les conditions d’embauche des CDD, par exemple  !

Le gouvernement veut ainsi se débarrasser de ce qui formellement pouvait unifier les travailleurs, ce qui était le fruit des luttes ouvrières du passé. L'ordonnance prévoit aussi de nouvelles facilités de licenciements.

Elle prévoit des contrats de mission ou contrats de projet, extension des contrats de chantier existant déjà dans le BTP, à la fin desquels le salarié se retrouve jeté à la rue, sans indemnité ! Il faut ajouter d'autres mesures spécifiques pour « faciliter la vie » aux patrons des petites et moyennes entreprises, telles la fusion des instances de représentation du personnel et la disparition des CHSCT dans les entreprises de plus de 50 salariés ou encore, la possibilité pour le patron d’organiser ses propres « référendums », sur fond de pressions et de chantage à l'emploi pour les salariés… Ces attaques viennent s’ajouter à celles, nombreuses, annoncées par le gouvernement Macron-Philippe depuis son installation et qui vont frapper les travailleurs et les couches les plus modestes de la population. On peut citer : le nouveau blocage des salaires des fonctionnaires, l’augmentation de 1,7% de la CSG, taxe injuste sur les revenus qui touchera particulièrement les retraités, la baisse des allocations logement, et la dernière en date, la suppression de centaines de milliers de contrats aidés. Alors qu’avec près de 60 milliards d’euros, les montants faramineux des dividendes versés par les grosses sociétés françaises à leurs actionnaires pour les six derniers mois explosent, ces attaques apparaissent comme une véritable provocation. La réponse des travailleurs, des retraités, des jeunes, pour défendre les intérêts de leur classe est une nécessité. En France certaines centrales syndicales (CGT, Sud, FSU, ou Solidaires) appellent les salariés à une journée de manifestations et de mobilisations le 12 septembre contre cette loi travail renforcée. En Martinique et en Guadeloupe, la CGTM et la CGTG appellent les travailleurs à riposter ce même jour. D’autres syndicats, comme la CDMT seront mobilisés également. Des organisations politiques appellent elles aussi à la mobilisation. C'est notamment le cas de la nôtre, Combat ouvrier en Guadeloupe et en Martinique.

Oui, il faut opposer à la guerre de classe que mène la bourgeoisie possédante contre les travailleurs, la force sociale des exploités. Nous en aurons l'occasion le mardi 12 septembre en participant massivement à la grève et à la manifestation en Guadeloupe et en Martinique. Combat ouvrier appelle tous les travailleurs, les chômeurs, les exploités et les militants du mouvement ouvrier à se joindre à cette mobilisation et à toutes celles qui devront nécessairement suivre. C'est la meilleure réponse à opposer aux exploiteurs et à leurs serviteurs politiques.


Martinique: Nouvelle affaire Pinto : Une direction entêtée et injuste

Dans notre précédent numéro nous écrivions « Le lundi 17 juillet à 15h, le directeur régional (de la Poste) a fini par signer un protocole d’accord avec l’avocat représentant Hervé Pinto ». C’était sans compter avec le comportement de chef buté, mais pas futé, de cette direction.

Le 17 août, Hervé Pinto, cadre de la Poste à Fort-de-France devait prendre son poste à l’issue de ses arrêts de travail pour raison de santé, et après une longue grève de la faim. Le directeur lui a signifié par huissier que l’accord signé par la direction le mois précédent était nul et non avenu. À l’abri des forces de l’ordre, appelées en renfort, puis des vigiles, il lui interdit depuis de franchir les grilles du centre de tri de Dillon où il devait rejoindre son poste.

Pour justifier son attitude, la direction de la Poste prétend que l’accord signé le lundi 17 juillet l’aurait été « sous la contrainte », alors qu’il a été signé le même jour, à 15h, avec l’avocat de Hervé Pinto et en dehors de toute agitation. Pour autant, elle entend empêcher Pinto de rejoindre son poste sans même que cet accord ait été contesté devant la justice ! Un acharnement et des méthodes injustes qui ont plus l’air de règlements de compte de la direction de la Poste contre un agent, teintés de relents autocratiques de cette direction qui n’entend pas être remise en cause. À ce jour Hervé Pinto se retrouve à nouveau à la rue. Une affaire qui connaitra, à coup sûr, d’autres rebondissements.  


Dans le bâtiment, l’avarice patronale

Dans le bâtiment et travaux publics de la Martinique, un protocole sur les salaires a été signé le 27 juillet dernier entre les organisations patronales et les organisations syndicales des salariés. Encore une fois, les capitalistes et les patrons du BTP n’ont lâché que des miettes aux travailleurs.  

C’est ainsi qu’ils n’ont accordé qu’une augmentation de 1,2% à compter du 1er août 2017 et de 0,3% au 1er novembre 2017. Soit au total 1,5 % d’augmentation. Depuis deux ans, c’est-à-dire entre le 9 juin 2015 et le 27 juillet 2017, les travailleurs du BTP n’avaient obtenu aucune augmentation de salaire. Avec cette nouvelle grille de salaire, un OQ3 (ouvrier qualifié de troisième catégorie) verra à la loupe que pour l’année 2017 il aura une « augmentation » de… 19 centimes de l’heure, soit 29 euros brut mensuel. C’est vraiment se moquer des travailleurs.

Quant à la prime de transport, elle reste bloquée à 64 euros mensuels depuis le 24 juin 2014. Et sur tous les autres points, concernant les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) par exemple, les organisations syndicales se sont retrouvées face à un mur de ces mêmes patrons, ces derniers refusant toute autre avancée. Une première réponse que ces exploiteurs méritent, serait que les travailleurs du BTP soient nombreux le 12 septembre dans les rues de Fort-de-France pour protester contre toutes les attaques patronales orchestrées par le gouvernement Macron-Philippe.  


Guadeloupe: La détermination des travailleurs de Socomeco a payé

Après 64 jours de grève, les salariés de l’entreprise spécialisée dans la vente de matériel industriel et d’outillage, ont signé un protocole de fin de conflit, le lundi 14 août.

Ils ont obtenu le paiement intégral du salaire du mois d’août et une augmentation de salaire de 35 euros par mois. Ce n'est certes pas la somme qu'ils réclamaient au départ, c'est à dire 100 euros, mais sans la grève ils n'auraient rien obtenu. Les travailleurs, face à un patron arrogant et méprisant, ont tenu bon. Ils ont été soutenus par d’autres travailleurs de la zone de Jarry. Les grévistes ont ainsi pu découvrir la nécessité de la solidarité ouvrière dans la lutte.


Bookmark and Share