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Journal/Sommaire du dernier CO n° 1178 du 20 mai 2017/Première page

Première page

ÉDITORIAL : Votez pour les candidats de Combat Ouvrier-Lutte Ouvrière le samedi 10 juin en Martinique et en Guadeloupe !
Pour faire entendre le camp des travailleurs !

ZoomLe nouveau gouvernement Macron est formé et même formaté pour poursuivre les attaques contre les travailleurs et les classes populaires.

Macron l’a dit : il va poursuivre la démolition du code du travail commencée par Hollande et Valls. Cela veut dire démolir des pans entiers de ce qu’il restait de droits pour les travailleurs. Il veut supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Il veut, dit-il, « libérer le travail » ! Cela signifie permettre aux patrons de licencier et d’embaucher quand ils le veulent, cela veut dire revenir sur les 35 heures, ou ce qu’il en reste, cela veut dire rendre les travailleurs de plus en plus flexibles pour les patrons.

La presse flatte la jeunesse et la fraîcheur de Macron. Mais cette jeunesse, il l’a déjà utilisée pour mieux attaquer les travailleurs quand il était ministre de Hollande. Et c’est pour cela qu’iI a été fabriqué comme président aujourd’hui.

Nos notables locaux, comme Chalus en Guadeloupe ou les Maignan et Pamphile en Martinique sont, comme Macron, dans le camp du grand patronat et de la grande bourgeoisie capitalistes. Ce sont nos ennemis. La bourgeoisie est en crise depuis plusieurs dizaines d’années. Et cette bourgeoisie pour s’en sortir veut faire payer sa crise par les travailleurs et les classes populaires. Bas salaires, suppressions de postes, licenciements, démantèlement des services publics, dégradation en particulier des services de santé publique.

Ces élections peuvent être l’occasion pour les travailleurs, les chômeurs, les retraités de se faire entendre, de faire savoir qu’ils n’acceptent pas de payer la crise pour des gens qui par ailleurs font des milliards de profits. C’est pour cela que nous sommes candidats. Nous le sommes pour présenter les exigences des travailleurs :
- Contre le chômage, il faut répartir le travail entre tous.
- Il faut contrôler les comptes des entreprises pour dévoiler les milliards de profits qui se font sur le dos des travailleurs. - Il faut l’abolition du secret bancaire, du secret des affaires !
- Il faut que les salaires et les pensions augmentent à chaque fois que les prix augmentent.
- Il faut 1 800 euros net par mois, comme salaire et comme pension.

C’est le minimum pour vivre un tant soit peu décemment. Ce programme de lutte sera encore plus efficace si les travailleurs renouent avec la conscience qu’ils appartiennent à une classe sociale, à un camp diamétralement opposés au grand patronat et à leurs serviteurs politiques.

Cette conscience là peut se manifester par les suffrages qui se porteront sur les candidats de Combat Ouvrier-Lutte Ouvrière. Les travailleurs qui se battent tous les jours dans les entreprises, dans les rues ont là une occasion de prolonger ces luttes vers un début de construction d’une force politique des travailleurs. Et les voix qui se porteront sur nos noms montreront à tous le chemin à suivre !

Camarades, samedi 10 juin, faites entendre le camp des travailleurs !


Guadeloupe : Centre postal de l’aéroport un coup de colère salutaire

ZoomAprès huit jours de grève de 90 % du personnel, la direction de La Poste a accepté de trouver des solutions aux mauvaises conditions de travail dans ce centre où sont traités les colis avion en particulier.

Il y avait un gros manque d'effectifs. Depuis que La Poste a été privatisée, les capitalistes cherchent à faire des économies sur le dos des travailleurs. Alors même que plusieurs dizaines de travailleurs ont des problèmes de santé et sont absents pour longtemps, ils ne sont pas remplacés. L’organisation du travail, un peu liée à ce sous-effectif imposé, consistait à faire courir les collègues de tâche en tâche, différentes chaque jour.

Cela conduisait à l’épuisement. D’autant plus que certaines tâches « physiques » n’étaient pas autorisées pour certains déjà esquintés par de lourdes charges à transporter. D'autres conditions de travail devaient aussi changer. C’est tout cela qui a été discuté pendant la grève. Les négociations ont été dures, parfois interrompues. Mais les postiers ont tenu bon. Ils étaient nombreux à suivre la grève, motivant leurs trois syndicats, CGTG, Sud et FO. Un barrage était dressé devant le centre.

Les grévistes ont obtenu 16 emplois permanents dont 10 CDI et six mutations. Ils ont aussi obtenu dans l’immédiat six à sept intérimaires. La situation commence à se débloquer. Pour l’organisation du travail, une vraie répartition des tâches est annoncée. Les grévistes sont fiers de leur mouvement. Et ils voient encore mieux l’intérêt de se battre tous ensemble.


Guyane : Les travailleurs d’Edf ont marqué un point

En Guyane, un protocole d’accord a été signé dans la soirée du 8 mai entre EDF et le syndicat UTG éclairage, après trois jours de négociation. La grève est donc terminée après plus de sept semaines. (Article paru dans Lutte ouvrière du 10 mai 2017)

La direction n’a pas accordé les 84 postes réclamés par les grévistes, elle s’engage par contre à embaucher, sans préciser le nombre pour l’instant. Elle accorde le paiement de cinq jours de grève, et le reste sera prélevé moitié sur les congés, moitié sur les salaires. Les travailleurs ont obtenu aussi la promesse qu’il n’y aurait pas de plainte pour fait de grève. Cependant, le mot sanction a remplacé le mot plainte sur le papier. Car la direction accuse des agents d’avoir envoyé des cocktails molotov aux domiciles du directeur et de son porte-parole.

Ce que les grévistes ont gagné de plus important est la levée du plan de rigueur sur cinq ans que la direction avait mis en place. Ils ont obligé la direction à inverser son plan en donnant des garanties sur les embauches. Mais ils ont gagné aussi en montrant leur détermination. Il est sûr que la direction devra compter avec cela dorénavant.

Pour en arriver là, les grévistes, qui étaient quand même minoritaires dans l’entreprise (on parle de 15 %), ont dû ferrailler dur. Ils avaient pris le contrôle de deux centres importants et ont pu couper jusqu’à 40 % du réseau. Ils ont dû aussi tenir compte des difficultés causées à la population. Ils ont eu l’appui du collectif « Pour le décollage de la Guyane » qui avait dirigé la grève générale et qui menaçait de reprendre une action de grande ampleur si la direction d’EDF continuait à faire la sourde oreille aux revendications des grévistes. De même, le blocage du port, en solidarité avec les grèves en cours, avait repris. Cette action puis la menace du collectif n’ont sans doute pas été sans effet sur la direction d’EDF.

Les travailleurs d’EDF, qui sont restés en lutte après la levée des barrages et de la grève générale, ont donc montré leur combativité et imposé un rapport de force qui aura compté pour modifier les plans de la direction. Il aura compté aussi comme exemple pour les travailleurs de Guyane et même pour ceux d’EDF-Martinique ou d’EDF-Guadeloupe, et au-delà pour tous les travailleurs des Antilles qui ont suivi et soutenu cette grève.  


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