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CO de 2017/CO n° 1188 du 16 décembre 2017/Première page

Première page

Éditorial :Des luttes à la lutte d’ensemble !

Depuis septembre, en Guadeloupe comme en Martinique les travailleurs de différents secteurs se font entendre par la grève, en manifestant dans les rues ou en bloquant les routes. À la rentrée scolaire, la forte mobilisation des contrats aidés en Martinique a permis à des centaines de salariés de ne pas se retrouver sans emploi du jour au lendemain. Ils ont fait reculer le gouvernement de Macron qui prévoyait la suppression des contrats aidés.

En Guadeloupe, le mouvement des contrats aidés ne connaît pas pour l’instant le même degré de mobilisation. Toutefois, des salariées de la commune de Bouillante se sont opposées à la suppression de leurs contrats. Elles ont obtenu leur renouvellement après avoir bloqué des sites de la commune. Cependant, certains contrats n’ont pas été renouvelés. Dans l’éducation nationale, ce sont 400 employés qui se retrouvent au chômage. Certaines ont décidé de se battre. Elles ont formé un collectif pour se faire entendre.

Les ouvriers de la Banane ont aussi manifesté leur colère dans les rues de Basse-Terre, le 14 novembre et le 12 décembre. Ils ont protesté contre les patrons de la Banane qui refusent d’appliquer l’accord signé le 28 juin, après 42 jours de grève. Ce patronat esclavagiste se venge sur les ouvriers en licenciant.

Au mois de novembre, les postiers ont fait grève pour réclamer des embauches.

Les 4 et 5 décembre, un bon nombre de travailleurs a répondu à l’appel à la grève de l’UGTG pour protester contre la dégradation des conditions de travail et pour s’opposer aux attaques du patronat sur les droits qu’ils ont obtenu par la lutte. Les travailleurs du commerce et de l’hôtellerie se sont aussi mobilisés.

À Pôle emploi, les agents ont cessé le travail pour exiger de meilleures conditions de travail. Les pompistes des stations-services, les employés de la protection judiciaire de la jeunesse se sont aussi mobilisés. Le lundi 4, les agents du centre hospitalier ont manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre pour exiger la rénovation immédiate des différents services du CHU qui ont été touchés par l’incendie. Ils ont aussi exigé que débutent promptement les travaux de construction du nouveau CHU. Les salariés du CHU de Martinique ont mené plusieurs mobilisations contre le projet du gouvernement qui cherche à économiser sur le dos du personnel et de la population pour résorber 300 millions d’euros de déficit de l’hôpital. Ce coup de rabot dans les dépenses est la cause de la dégradation des conditions de travail, des suppressions de postes et de la détérioration du service de santé. Une partie du personnel du parc naturel de la Martinique est actuellement en lutte, ces travailleurs protestent contre un licenciement mais aussi contre la souffrance au travail dont ils sont victimes. Toutes ces réactions montrent qu’une fraction des travailleurs n’est pas décidée à accepter l’exploitation sans rien dire.

Mais tous ces mouvements sont le plus souvent sectoriels et dispersés. Si certains travailleurs ont réussi à satisfaire leurs revendications, d’autres continuent de se battre et d’affronter un patronat de plus en plus arrogant. La seule façon de se faire mieux entendre et de faire aboutir les revendications, c’est de reprendre le chemin de la lutte collective, tous ensemble, comme en 2009 et mieux encore.


Guadeloupe: Tous les collèges de Marie-Galante se sont mobilisés

Les 12 et 13 octobre, les parents d’élèves et les enseignants des trois collèges de l’île ont manifesté. Aucun collège n’a fonctionné pendant ces deux jours. La rentrée scolaire a été particulièrement difficile à Marie-Galante cette année.

Quatre classes ont été supprimées dans les collèges, ce qui s’est ajouté aux deux classes supprimées en 2015 et en 2016. Conséquence : des classes surchargées, avec 30 élèves, et jusqu’à 39 dans une classe de sixième au collège de Saint-Louis.

Les manifestants protestaient aussi contre les absences non remplacées. À Marie-Galante, les élèves peuvent rester sans professeur pendant plusieurs mois ! Les parents et les professeurs se sont rassemblés devant les collèges dès 6 h du matin, le jeudi 12 octobre. Ils ont poursuivi leur mobilisation le lendemain.

Le rectorat a accepté de dédoubler les classes pour les cours de langues et de sciences. Une rencontre est aussi programmée entre le recteur, les élus locaux, le Conseil départemental, les parents d’élèves et les enseignants, notamment pour régler les problèmes de remplacement des professeurs absents. Le mouvement a été suspendu, et les cours ont repris le 16 octobre.

Tous les problèmes ne sont pas résolus, mais les parents et les enseignants ont bien fait de se mobiliser pour obliger le rectorat à améliorer les choses.



Bouillante : Les agents en contrat aidé se mobilisent

Lundi 9 octobre, des agents en contrat aidé se sont mobilisés pour protester contre la suppression de leur contrat. Ils ont bloqué des écoles, la mairie et le stade de la commune.

À cause de la décision de Macron de mettre fin au dispositif des contrats aidés, 66 agents de la commune de Bouillante risquent de se retrouver au chômage. Le fonctionnement des écoles et des cantines aussi est menacé puisque ce sont ces agents qui assurent le service.

Le lendemain, ils ont intensifié leur mouvement en bloquant la route principale du bourg. Ils laissaient circuler uniquement les véhicules d’urgence. Comme le disait une manifestante : « J’appelle toutes les communes de la Guadeloupe à être debout ! Mobilisons-nous, n’attendons pas sur nos représentants ! ».


Martinique: Grève et manifestation du 10 octobre

Le mardi 10 octobre près de 500 travailleurs de la fonction publique et de certaines entreprises du privé se sont retrouvés tous ensemble dans les rues de Fort-de-France pour protester contre la politique du tandem Macron-Philippe. C’est-à-dire, contre les ordonnances qui donnent au patronat les mains libres pour faire ce qu’il veut contre les travailleurs.

On pouvait voir des banderoles du SNES-FSU, de l’éducation nationale, quelques drapeaux de la CDMT et de FO. Le cortège de la CGTM était plus important avec plus de 350 travailleurs, de l’EDF, des hôpitaux, de la Sécurité Sociale, du BTP, des ouvriers agricoles, des agents municipaux et territoriaux de la CTM et du SMPE-CGTM de l’Éducation nationale. Les bureaux de poste avaient été fermés par les grévistes dans onze communes différentes.

Tout au long du cortège, des slogans étaient repris en chœur : « Macron c’est foutu les travailleurs sont dans la rue ; les profits augmentent les salaires doivent augmenter ; les profits augmentent le chômage doit diminuer ; sé koumensé nou koumensé nou pé kê moli ba yo ; patron ka ataké ouvriyé ka réponn… » La manifestation s’est terminée par le chant de l’Internationale.

En tout cas, une fraction des travailleurs refusant la politique du gouvernement Macron-Philippe en faveur des capitalistes s’est fait bien voir par la population présente tout au long du cortège et par toute la population à travers la presse et la télévision. Cela est un encouragement pour les luttes et manifestations futures.


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