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CO de 2017/CO n° 1172 du 25 février 2017/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: Le ras-le-bol des conducteurs de bus face aux agressions

Les chauffeurs de bus du réseau Mozaïk (circulant sur Fort-de-France, Schoelcher, St-Joseph et Le Lamentin) se sont mis en droit de retrait depuis le 13 février.

Depuis près de deux ans, ils sont régulièrement agressés. Les raisons de ces agressions, comme le soulignent les chauffeurs de bus eux-mêmes, sont multiples. Elles proviennent soit de certains usagers qui refusent de payer, soit de petits délinquants ou vandales qui n’apprécient pas la tête de certains conducteurs. À plusieurs reprises, les conducteurs ont dû cesser le travail.

Leurs directions ont toujours fait la sourde oreille. Elles n'ont pas tenu compte des signalements répétés des chauffeurs, tant auprès de la CACEM (Communauté d’agglomération du centre de la Martinique) et de la CFTU (Compagnie foyalaise de transport urbain), sur leurs mauvaises conditions de travail et sur les agressions dont ils sont victimes.

En 2015, plus de 83 incidents avec des violences physiques sur les conducteurs et dégradations de bus ont été enregistrés. En 2016, les agressions ont été plus nombreuses. Et en 2017, les conducteurs constatent que ces actes ne diminuent pas, tout au contraire. Depuis le mois de janvier 2017, plus de six agressions ont déjà été enregistrées sur le réseau Mozaïk.

Les lignes les plus concernées sont celles au départ de la gare de Petit-Manoir au Lamentin et au départ de la gare Nardal au centre ville de Fort-de-France et la ligne 19 Aliker-Godissard-Debriand. Telle est la situation que subissent les chauffeurs qui veulent travailler pour gagner leur pain, sans recevoir des coups.

La tension est en train de monter d’un cran tant chez les chauffeurs eux-mêmes que parmi la population. Celle-ci, généralement solidaire des chauffeurs, est de fait pénalisée par l'absence de bus. Au moment où nous écrivons, les salariés sont toujours dans l’attente de mesures sérieuses de leur direction et des autorités pour améliorer leurs conditions de sécurité au travail.  


Saint-Martin: Forte mobilisation des enseignants

 Mardi 14 février, les professeurs des collèges de Mont des Accords et de Soualiga, en grève, ont manifesté dans les rues. Ils étaient accompagnés des lycéens et enseignants du lycée professionnel et des parents d’élèves. Ils protestaient contre les suppressions de postes prévues à la rentrée. La manifestation a commencé au rond-point d’Agrément. Les manifestants ont scandé des slogans et brandi des pancartes réclamant plus de moyens pour l’enseignement. Ils ont distribué des tracts à la population. Ensuite, ils sont allés à l’hôtel de la Collectivité, puis à la préfecture, où une délégation a été reçue à chaque fois. Enfin, ils sont allés au service de l’Éducation où ils ont rencontré le représentant du recteur. Les manifestants se sont bien fait entendre, mais ils n’ont toujours pas eu de réponse du recteur. Les enseignants ont donc demandé une rencontre avec le rectorat après les vacances du carnaval.


Guadeloupe: Mobilisation des agents de la CAF

Les agents de la CAF ont participé à une journée de mobilisation le jeudi 16 février dernier. Le mouvement a été bien suivi.  

Les principales revendications portent sur une demande d’augmentation des effectifs dans les services, l’amélioration des conditions de travail et surtout la mise en place de mesures pérennes pour la sécurité de tous les agents. Ces derniers dénoncent la politique de la direction qui vise à développer le tout numérique et à fermer progressivement plusieurs centres d’accueil. Il n’est pas rare que certains allocataires viennent faire la queue dès 2 heures du matin pour avoir la chance d’être reçus. Le centre de Dothémare ne reçoit que sur rendez-vous et il faut parfois attendre deux mois pour être convoqué. Les équipements sont insuffisants car donner deux ordinateurs par centre pour recevoir les allocataires, c’est nettement insuffisant. Il ne faut pas s’étonner que certains allocataires réagissent violemment comme celui que l’on a vu casser le centre de Pointe-à-Pitre sous les yeux des agents et des vigiles. À ce jour, les bureaux n’ont pu ouvrir ce qui aggrave encore la situation pour les salariés et l’ensemble des allocataires.

Les agents et la CGTG dénoncent l’attitude de la direction qui veut faire croire que tout va bien alors que c’est la catastrophe et que le risque d’explosion de colère est important. La mobilisation du personnel a permis l’ouverture de négociations avec la direction nationale. Il s’agissait de donner un premier coup de semonce mais tout n’est pas réglé et les discussions continuent. Les salariés restent mobilisés et prêt à se faire entendre si les discussions n’aboutissent pas.


Grève à la Mission locale : Les travailleurs se font respecter

Le 16 février, n’étant pas payés depuis deux mois, les salariés de la Mission locale ont décidé de se mettre en grève.  

Ils ont manifesté leur colère en compagnie des autres travailleurs en grève, ceux de la CAF et de Pôle emploi, dans le parc d’activité d’Antillopôle à proximité de l’aéroport. Au conseil d’administration du lendemain, le directeur Max Laurent a cédé. Les salaires du mois de janvier ont été tout de suite versés et ceux de février devraient être versés à la fin du mois. Les salariés ont aussi gagné la prise en charge par la direction des agios et sanctions bancaires, conséquences des retards de salaires. Les négociations continuent concernant les conditions de travail et en particulier pour que les salaires de trois salariés précaires soient au même niveau que ceux des titulaires. C’est une victoire pour les salariés !


Histoire: Chalvet, le Moule : Deux Saint Valentin sanglantes

L’histoire du mouvement ouvrier antillais est marquée par de grandes luttes et par des faits de répression sanglante où l’État colonial français a ordonné à ses troupes de tirer sur des grévistes.  

Le 14 février 1952 au Moule, les ouvriers de la canne étaient mobilisés pour réclamer des augmentations de salaire et l’allègement des tâches. Les gendarmes ont tiré à vue sur la population. Quatre personnes ont été tuées : Constance Dulac, Capitolin Justinien, François Serdot et Édouard Dernon. Quatorze autres ont été blessées. Cette tuerie est aujourd’hui connue sous le nom de « massacre de la Saint Valentin ».

Le 14 février 1974, c’est à Chalvet, dans la commune du Lorrain en Martinique, que les troupes ont tiré depuis l’hélicoptère sur des travailleurs en grève marchante. Les ouvriers agricoles de la banane réclamaient eux aussi des augmentations de salaire. Il y eut deux morts, Ilmany et Marie-Louise ainsi que plusieurs blessés. Ilmany a été touché par une balle tirée de l’hélicoptère des gendarmes et Marie-Louise a été retrouvé mort sur une plage plusieurs jours après. Son visage était méconnaissable à force d’avoir subi des coups.

L’État colonial français avait montré une fois de plus de quoi il est capable pour protéger les intérêts des riches patrons békés. La grève marchante des ouvriers agricoles en 1974


Guadeloupe Capesterre-Belle-Eau : Les pêcheurs étranglés manifestent

Guadeloupe Capesterre-Belle-Eau : Les pêcheurs étranglés manifestent  Dès cinq heures du matin le 14 février, les pêcheurs ont bloqué la circulation, barrant le pont de Sainte-Marie, avec des véhicules.  

Ils sont nombreux à recevoir des menaces de saisies pour retard de paiement de cotisations à l’URSSAF (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales).

Il faut dire que les revenus de la pêche en Guadeloupe comme aussi en Martinique ont beaucoup baissé en particulier dans les zones côtières interdites car polluées par la chlordécone. Les pêcheurs sont révoltés car même ceux qui ne doivent rien voient leurs comptes bloqués. L’URSSAF Poitou-Charentes dont ils dépendent depuis peu n’examine pas les dossiers un par un comme convenu lors de négociations le 18 octobre 2016.

Le préfet a commencé par condamner le barrage, rappelant que les actions d’éclat sont passibles de sanctions graves. Mais tous doivent reconnaitre que seule la lutte paie : les pêcheurs ont obtenu que le dialogue avec leur caisse d’allocations familiales reprenne afin que les cas particuliers soient réglés.


Gardel : Victoire des grévistes !

Après deux jours de grève, les ouvriers de Gardel ont obtenu gain de cause face à leur direction. Ils avaient comme principale revendication la titularisation de 57 travailleurs qui étaient embauchés en contrat saisonnier, chaque année pour la campagne sucrière. La direction de l’usine a été contrainte à transformer ces contrats précaires à temps partiel en contrats à durée indéterminée à temps plein. La lutte des travailleurs a payé !