Site

CO de 2017/CO n° 1170 du 28 janvier 2017/Quatrième page

Quatrième page

Dans les entreprises

L’Écho des assurances
Grève à Groupama Antilles Guyane Le 6 janvier dernier les salariés de Groupama ont fait grève dans toutes les agences de Guadeloupe, Martinique et Guyane.
Ils entendaient protester contre l’attitude de la direction qui avait assigné tous les élus faute d’accord, alors qu’ils étaient en train de négocier un protocole électoral pour les élections du CHSCT. Les représentants du personnel et la direction ne tombaient pas d’accord sur le nombre d’élus et surtout sur le périmètre du CHSCT.
En Guadeloupe les élus voulaient conserver leur CHSCT alors que la direction voulait un seul CHSCT sur les trois départements. La direction a reculé !
La direction face à la colère des salariés a fait marche arrière et a dû venir s’expliquer en Guadeloupe où la grève s’est poursuivie le lundi 9. Finalement les discussions ont repris le jeudi 12 janvier et la direction a accepté la mise en place d’un CHSCT en Guadeloupe avec trois élus et un autre en Martinique/Guyane avec quatre élus. C’était bien plus que les cinq élus proposés au début. D’autres revendications doivent être discutées et les élus doivent revoir la direction prochainement.

Chantiers en lutte (Martinique)
Bâtiment : le retour du livret ouvrier La semaine dernière Christian Louis-Joseph, secrétaire général du (SEBTPAM), a réagi sur Martinique Première TV à propos de la carte d’identité professionnelle, instaurée par le gouvernement, soi-disant pour lutter contre le travail illégal dans le bâtiment.
La seule réaction de ce représentant du patronat martiniquais a été de se plaindre de la concurrence déloyale entre les entreprises qui emploient des ouvriers clandestins.


Guadeloupe: Samsic : mort d’un collègue au travail

 Un travailleur de cette société de l’aéroport Pôle caraïbe est décédé la semaine dernière, suite à une crise cardiaque. Cela s’est passé aux vestiaires, durant ses heures de travail. L’intervention des agents de sécurité puis du SAMU n’a pas permis de le ranimer. En quelques mois, c’est le deuxième collègue qui décède de façon brutale. Même si les causes précises de ce décès ne sont pas connues, on peut sans risque affirmer que la pression au travail qui est de mise à Samsic y a joué un rôle. Les exploiteurs capitalistes sont sans pitié ! Que les travailleurs meurent pourvu que vivent les profits, voilà leur devise ! 


Trinidad et Tobago: Les travailleurs du pétrole font reculer leurs patrons

ZoomLes travailleurs de la compagnie pétrolière d’État Petrotrin ont ferraillé avec la direction et le gouvernement qui ont finalement cédé 5 % d’augmentation de salaire.  

Le 30 décembre, le syndicat des travailleurs du pétrole Oilfields Workers’ Trade Union (OWTU) de Trinidad annonçait une grève de 90 jours. Les travailleurs réclamaient une augmentation rétroactive de 10% sur les salaires bloqués depuis 2011 et le départ du président de Petrotrin accusé, avec son équipe de management, de corruption et de gaspillages plus onéreux que les hausses revendiquées. Ils annonçaient le blocage de la production de gaz et d’essence de Petrotrin qui emploie 5 000 salariés. Pendant le préavis, le leader du syndicat Ancel Roget a négocié avec les dirigeants de la compagnie. Il a reçu un refus catégorique : « 0%  d’augmentation, il n’y a plus d’argent ! ». En 2013, ils n’avaient rien accordé non plus alors que l’argent coulait à flot.

Les négociations ont alors été menées avec le ministre de l’énergie et des finances. La pression était grande contre le projet de grève. Les élus de tous bords et les chambres patronales, tout en reconnaissant la compétence, le sérieux et le dévouement de ces travailleurs demandaient au syndicat de se montrer «  raisonnable » et de renoncer à la grève. Les chauffeurs de taxi ont été invités à protester contre la grève. La presse disait que des hausses de salaire allaient ruiner le pays.

Pendant que le syndicat discutait, les ouvriers se montraient déterminés à se battre, manifestant devant les lieux de négociation, construisant 14 « abris de grève » sur cinq sites devant l’entreprise. Devant les refus d’accorder quoi que ce soit, Roget a finalement déclaré qu’il était « contraint à la grève », qui fut décidée pour le 9 janvier. La raffinerie fut fermée. Le 9, les grévistes, en masse dans la rue pour manifester, ont d’abord été invités à attendre une heure, puis à cesser la grève, leur syndicat ayant repris les négociations. Une partie des grévistes est allée attendre les consignes du syndicat dans l’entreprise sans travailler, la plupart sont restés dehors. Vers 16 heures, la nouvelle est tombée : dès février les salaires seront augmentés de 5%. Cinq managers convaincus de corruption ont été suspendus. Même si les autres revendications sont encore en négociation, c’est une vraie victoire et les travailleurs ont repris la tête haute.

À Trinidad comme ailleurs, les « conseilleurs » de la classe ouvrière ne manquent pas. Le président de la National Petroleum Marketing Company demande au syndicat OWTU de « cesser ces vieilles méthodes de confrontation avec les directions chaque lundi matin ». Ces gens tirent la conclusion que la négociation peut suffire pour gagner et qu’il était inutile voire stupide « de faire la menace d’une grève ». Mais justement, c’est cette détermination qui a permis le succès des grévistes.


États-Unis : Trump et sa mafia

Donald Trump est – de très loin – l’homme le plus riche à être jamais devenu président des États-Unis. Et sa future administration sort du même panier…  

Le futur Secrétaire (ministre) au commerce, Wilbur Ross, est un ancien de chez Rothschild qui a fait fortune en achetant à bas prix des entreprises en difficulté, puis il a licencié et saccagé les conditions de travail de ses salariés, et revendu au prix fort. Sa fortune est estimée à 2,5 milliards de dollars.

Son adjoint serait Todd Ricketts, millionnaire et fils de milliardaire. Le Secrétaire au Trésor (le ministre des finances) devrait être Steven Mnuchin, un voyou de la banque d’affaire Goldman Sachs, un des responsables de l’achat et de la vente des « subprimes », ces emprunts pourris qui ont déclenché la crise financière de 2008 (Mnuchin et ses complices s’en sont très bien sortis, vu que 900 millions de dollars d’argent public leur ont été versés pour les sauver).

À l’Éducation ? Une bigote réactionnaire, Betsy DeVos, dont la famille pèse plus de cinq milliards de dollars et qui prône le démantèlement de l’école publique. À l’énergie ? Rick Perry, un sénateur du Texas qui a annoncé son intention d’abolir son propre ministère, coupable selon lui, de croire au réchauffement climatique. Aux transports ? Elaine Chao, également milliardaire, fille d’un magnat du transport maritime. Et en dessous de ces gens, la cohorte des sous-ministres possède ensemble une fortune de 250 millions de dollars !

Les journalistes peuvent bien bavarder sur le « populisme » de Trump ou de son élection par les « ouvriers blancs », son administration c’est – exactement comme toutes les précédentes – le pouvoir des capitalistes pour les capitalistes et par les capitalistes. Avec comme toute petite nuance : on dirait, cette fois, qu’une poignée de richissimes vautours ont décidé d’appliquer les formules « on n’est jamais mieux servi que par soi-même » et « après moi, le déluge »…


États-Unis : victoire judiciaire de Mumia Abu Jamal sur l’administration pénitentiaire

Le juge fédéral a fait injonction à la direction pénitentiairede soigner l’hépatite C dont souffre Mumia Abu Jamal. C’est aussi une victoire pour les 6 000 prisonniers qui souffrent de la même affection.  

Le juge a déclaré : « les contraintes budgétaires ne peuvent l’emporter sur la garantie constitutionnelle de soins médicaux ». Depuis un an et demi, la santé de Mumia s’est aggravée. Il souffre d’autres pathologies tel le diabète et un eczéma chronique. Il a eu plusieurs malaises. Il a beaucoup maigri et s’est retrouvé en chaise roulante. Ses parents n’ont pu le voir dans l’immédiat. Il a fallu une forte mobilisation devant la prison pour qu’ils lui rendent visite.

La direction pénitentiaire a toujours déclaré que les médicaments étaient trop chers. C’est grâce à la solidarité des comités de soutien dans le monde, aux pétitions, que de l’argent a pu être collecté pour lui acheter des médicaments. Le traitement inhumain que subit Mumia n’a pas affecté son moral. Il continue son combat pour dénoncer les mauvaises conditions que subissent les prisonniers. Son combat se poursuit sur le plan juridique pour la révision de son procès. S’il a échappé à la peine de mort grâce au soutien international et à de nombreuses mobilisations, il a été condamné à la prison à vie. Une loi du 16 octobre a été votée dans l’État de Pennsylvanie pour interdire aux prisonniers leur droit à la liberté d’expression. Mumia ne peut donc plus écrire librement. Tout cet acharnement contre un militant de la cause des Noirs traduit le caractère raciste et répressif de la justice américaine. Voilà 35 ans que Mumia est en prison. Il a passé la majorité de sa peine dans le couloir de la mort. Il est accusé du meurtre d’un policier sans aucune preuve sérieuse et après un procès truqué.


Réunions publiques de Combat Ouvrier

Image


Bookmark and Share