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CO de 2017/CO n° 1170 du 28 janvier 2017/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe: Chalus et Macron: entre serviteurs des riches, ils se comprennent

Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires chez Rothschild et ancien ministre de l’économie et des finances du gouvernement Hollande, est candidat aux présidentielles de 2017.  

Ary Chalus, le président de la Région Guadeloupe, s’est déclaré porte-parole officiel de Macron pour la campagne électorale dans l’Outremer.

Lois anti-ouvrières Dans son programme, Macron prévoit « d’assouplir » les 35h, ce qui signifie augmenter le temps de travail des salariés. Il veut aussi repousser l’âge de la retraite jusqu’à 67 ans.

En fait, son programme est dans la continuité de la politique anti-ouvrière qu’il a menée au gouvernement. C’est à lui qu’on doit la loi Macron de 2015 qui a élargi le travail du dimanche et plafonné les indemnités que peuvent toucher les salariés aux Prud’hommes. Pendant sa visite électorale en Guadeloupe en décembre dernier, il a annoncé ses « propositions pour l’Outremer ». Il parle notamment d’accroître les investissements dans le secteur du tourisme.

Pour les riches C’est-à-dire encore une fois de subventionner les patrons sans aucune contrepartie. Pas étonnant qu’il soit soutenu par Chalus qui lui aussi octroie des millions d’argent public aux gros patrons notamment ceux de la banane avec le projet Cap 100 000 tonnes. Quand Macron et Chalus se disent sans parti et « ni de droite, ni de gauche », c’est pour mieux faire passer leur politique : celle des riches et des puissants au mépris des travailleurs et de la population.


Dans la banane : les magouilles des planteurs

L’état de calamité agricole a été reconnu pour la Guadeloupe suite aux événements climatiques des 4 et 5 septembre et du 28 septembre, par arrêté préfectoral du 23 décembre 2016.  

Tout le secteur agricole est concerné, notamment la banane. Or concernant ce secteur, à la suite des événements climatiques précités, il avait été dit que moins de 10% des plantations de la région notamment de Capesterre-B-E, Goyave, Petit-Bourg, avaient été touchées, alors qu’il faut en principe au moins 25% de « destruction » des cultures pour que l’état de calamité soit déclaré. Qu’à cela ne tienne. Certains planteurs, notamment les plus grands, dont les plantations ont été très peu affectées veulent profiter de l’aubaine, c’est-à-dire des milliers d’euros venant des caisses publiques.
Indemnisation

Et c’est ainsi que des planteurs, en particulier les plus gros, ont fait « cyclonner » (traiter comme si les vents avaient abattu les bananiers) certains de leurs champs de bananes qui étaient intacts pour bénéficier de l’indemnisation prévue pour les bananiers détruits. À cela s’ajoute aussi la possibilité pour eux de déclarer une partie de leurs ouvriers ou en chômage technique, ou en chômage partiel, c’est-à-dire de ne leur donner du travail que deux à trois jours par semaine, les autres jours étant pris en charge notamment par Pole emploi. Cela peut donc rapporter gros à certains planteurs.
Grands voleurs
Quand un chômeur touchant les ASSEDIC fait un petit « job » de temps en temps pour améliorer sa situation, certains n’hésitent pas à le traiter de voleur… Les planteurs et plus particulièrement les plus gros sont donc de grands voleurs.


Prime de fin d’année, Tino Dambas un grand « pwofitè »

Depuis déjà plusieurs années, sous un prétexte ou un autre, certains planteurs ne versent pas aux ouvriers l’intégralité de leur prime de fin d’année qui s’élève à 609,80 euros net. Et très souvent les travailleurs réagissent et obtiennent l’intégralité de leur prime.
 
Mais celui qui détient la palme en matière de « mauvais pa-yeur » de la prime de fin d’année est certainement Tino Dambas. Pour avoir une idée de la somme que ce dernier vole aux travailleurs, il faut savoir qu’il dirige plusieurs plantations sur lesquelles travaillent au moins 150 ouvriers.
Vol sur les ouvriers
En versant seulement entre 250 et 300 € à chacun, (sous de faux prétextes comme par exemple les tâches non terminées), sans compter ceux à qui il ne verse rien, cela doit faire plus de 45 000 € que ce responsable escroque aux plus de 150 ouvriers qui travaillent sur les différentes plantations qu’il dirige. L’accord signé en 2009 stipulait bien que la prime de fin d’année s’élève à 609,80 €. Alors comment qualifier, sinon de vol, le fait que Tino Dambas ne verse pas l’intégralité de leur prime aux ouvriers… Mais ces derniers sauront trouver un jour le chemin pour mettre fin à cette « pwofitasyion ».  


Il y a 80 ans; Janvier 1937, le deuxième procès de Moscou

Ce procès est l’une des dernières phases de l’élimination par le régime stalinien de l’ex-URSS (Union des républiques soviétiques socialistes) de toute une génération de dirigeants et militants révolutionnaires communistes. Ceux-là même qui avaient dirigé la révolution russe, érigé un État ouvrier comme point de départ d’une révolution mondiale qui devait abattre le système capitaliste furent systématiquement massacrés par le régime stalinien.  

La révolution ouvrière russe de 1917 et la dégénérescence de l’État ouvrier

En 1917, des millions d'ouvriers et de paysans s'étaient soulevés, renversant le Tsar. Celui-ci représentait la noblesse et les gros propriétaires terriens qui maintenaient dans une misère noire des millions de paysans.
Mais ces ouvriers et ces paysans ne s’étaient pas contentés de mettre fin à ce régime féodal. La révolution russe avait mis à l'ordre du jour le renversement de la bourgeoisie. Le parti communiste (ou bolchevik), dirigé par Lénine, prit le pouvoir en octobre 1917 pour bâtir un État qui soit réellement celui de tous les travailleurs et des classes pauvres. Les deux principaux dirigeants de cet État ouvrier révolutionnaire étaient Lénine et Trotsky.
Organisés dans des conseils ouvriers, soviets en russe - d'où le nom d'Union soviétique - les travailleurs intervenaient dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale avec la volonté de mettre fin à toutes les formes d'oppression et d'exploitation.
La contagion révolutionnaire gagna d'autres pays, notamment en Allemagne et en Chine. Ces révolutions furent vaincues. Certaines le furent en raison d’une politique de sabotage par la direction stalinienne. L'URSS s'est retrouvée isolée. À partir de 1924, et après la guerre civile, la classe ouvrière russe était fatiguée par la misère et la famine, privée de ses meilleurs éléments révolutionnaires, décimée pendant cette guerre civile qu’elle avait pourtant gagnée contre les armées de la bourgeoisie.
Elle n’était plus alors en mesure de combattre la nouvelle couche bureaucratique corrompue et contre révolutionnaire qui envahit tous les organes de l’État et s’installa au pouvoir. Après la mort de Lénine en 1924, c’est Staline qui parvint à s'imposer à la tête de l'État soviétique en se faisant le représentant des intérêts de cette nouvelle couche de privilégiés et en éliminant toute la génération des dirigeants révolutionnaires de 1917.
Le procès
Il se déroula du 23 au 30 janvier 1937. Le sinistre procureur Vychinski y rapportait au nom du pouvoir, c'est-à-dire de Staline qui tirait les ficelles. Les dix-sept accusés étaient d'un côté des vieux révolutionnaires communistes-bolcheviks, opposants repentis au pouvoir Stalinien, et de l'autre des cadres économiques de haut rang, également vieux-communistes. Staline avait à se justifier de ratés importants dans la marche de l'économie soviétique, dus à la gabegie d'une gestion bureaucratique incontrôlée. Le but de la mise en scène de ce procès était de construire un amalgame entre toute opposition venant des milieux communistes et de prétendues opérations de terrorisme ou de sabotage orchestrées depuis l'étranger par Trotsky et visant le cœur de l'économie soviétique en vue de rétablir le capitalisme avec l'aide des services secrets nazis et japonais.
Treize des 17 accusés furent condamnés à mort et aussitôt exécutés, dont Piatakov, l'un des dirigeants bolcheviks cités par Lénine dans son « Testament politique ». Il s'agit d'un deuxième procès, le premier d'entre eux, celui du « Centre terroriste trotskyste-zinoviéviste », qui s'était ouvert le 19 août 1936 avait mis en scène, parmi les 16 accusés, Zinoviev et Kamenev, membres de la « vieille garde bolchevique », également oppositionnels repentis. Ils étaient accusés, eux aussi de prétendus actes terroristes, notamment de l'assassinat, en décembre 1934, d'un dirigeant communiste de Léningrad, Kirov. Préalablement complètement brisés, tous les accusés ont plaidé coupable, et ont avoué en s'accusant des pires turpitudes. Ils furent tous condamnés à mort et fusillés dans les 24 heures.
Un troisième procès du même genre suivra. Trotsky et les militants bolcheviks regroupés autour de lui avaient été, dans les années 1920, les premiers à lutter contre Staline et ses partisans.
Trotsky et les trotskystes fidèles à Octobre 1917
Ils restaient fidèles aux idéaux de la révolution de 1917, qui avait donné naissance à l'État soviétique. Pendant les procès de Moscou, ils continuèrent le combat contre le stalinisme, défendant contre lui l'honneur de la révolution. Si Trotsky et les trotskystes de l'époque ont pu qualifier Staline comme il le méritait : « le fossoyeur de la Révolution », ils ne purent pas arrêter la main des bourreaux. Seul un retournement complet de la situation de la classe ouvrière mondiale l'aurait pu. Cela ne s'est pas produit. Staline a pu achever, en URSS, le massacre de milliers de communistes révolutionnaires préalablement emprisonnés dans des camps.
Trotsky lui-même fut assassiné par un agent de Staline, le 20 août 1940, dans la banlieue de Mexico. La tâche de reconstruction complète du mouvement ouvrier révolutionnaire revenait aux générations suivantes.


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