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CO de 2017/CO n° 1170 du 28 janvier 2017/Première page

Première page

EDITORIAL: Valls, Hamon et leurs représentants locaux : des serviteurs politiques de la bourgeoisie

ZoomÀ l’issue du premier tour de la primaire du parti socialiste, à l’échelle de la France, c’est donc Hamon qui arrive en tête devant Valls. En Guadeloupe et en Martinique, c’est Valls qui arrive largement en tête.

  Ce n’est pas étonnant. Dans les deux îles les ténors du Parti socialiste comme Victorin Lurel ou alliés comme Letchimy ont fait campagne pour Valls et entrainé une partie de leur base. Pendant tout le quinquennat ces leaders locaux ont largement soutenu Hollande et sa politique pro patronale dont Valls est aujourd’hui le meilleur représentant.

Depuis 2012, comme ministre de l’Intérieur puis comme Premier ministre, Valls a mené une politique entièrement dévouée au grand patronat, lequel, de la loi Macron à la loi Travail et à toutes les aides accordées aux entreprises, n’a eu qu’à se féliciter d’un tel serviteur. Pour l’Outremer il propose toujours la même politique de défiscalisation, de zones franches pour les riches et les classes aisées.

Et que ce soit lui ou Hamon, aucun des deux, et du reste, aucun des candidats, ne propose un plan un tant soit peu audacieux pour faire baisser le chômage qui touche près de 30% de la population active aux Antilles.

Certains croient voir dans Hamon un retour à une politique de gauche qui aurait été trahie par Hollande et Valls. Montebourg, Martine Aubry ont appelé à voter pour lui au deuxième tour. Mais au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Valls a tellement représenté cette « gauche de gouvernement » à genoux devant le grand patronat, qu’il suffit de peu à un candidat pour se parer des vertus d’une soi-disant vraie gauche. Hamon, comme Valls, a soutenu Hollande, il a été ministre. Il s’est fait démissionner pour cause de fronde, à temps, pour tenter de se refaire une image aux yeux de l’électorat du PS.

Hamon tente de se démarquer avec sa proposition de revenu universel de 750 euros d’ici 2022. Mais ce dont les classes populaires ont besoin, c’est d’un travail avec un salaire décent, qui ne devrait pas être inférieur à 1800 euros nets. Hamon est pour les 32 h hebdomadaires mais ce qui est aujourd’hui nécessaire et vital, c’est la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire.

Si le second tour confirme son succès, Hamon sera donc avec Mélenchon et Macron un nouveau candidat dit de gauche à la présidentielle. Encore que Macron fait croire qu’il est de droite… à droite et de gauche… à gauche. Mais aucun des trois ne s’adresse à la classe ouvrière. Ces trois ex-ministres de gouvernement de gauche ont tous, à un titre ou à autre, aidé la bourgeoisie à faire payer la crise aux travailleurs. Ils ont contribué à baisser progressivement le niveau de vie des classes populaires au profit d’une bourgeoisie qui n’a jamais été aussi riche.

La seule politique qui vaille la peine d’être soutenue par les travailleurs, les chômeurs, les pauvres, c’est celle qui va dans le sens de la construction d’un parti ouvrier révolutionnaire de la classe ouvrière et des classes populaires. C’est celle qui vise à abolir le secret des affaires, le secret bancaire, à stopper les milliards d’euros de fraude fiscale des riches. C’est une politique qui vise à récupérer sur les profits de la grande bourgeoisie de quoi élever le niveau de vie des travailleurs, de quoi créer des millions d’emplois en diminuant le temps de travail sans diminution de salaire.

C’est la politique que notre camarade Nathalie Arthaud, seule candidate communiste à l’élection présidentielle, défend et défendra tout au long de ces élections. Nous appelons les travailleurs de Guadeloupe et de Martinique à la soutenir ! C’est la même politique que défendent et que défendront nos huit candidats aux élections législatives : Jean-Marie Nomertin, Marlène Valentino, Marie-Agnès Castrot, Danielle Diakok (suppléant Sony Laguerre) en Guadeloupe et Ghislaine Joachim-Arnaud, Jean-Marie Gabriel, Marie Hellen Marthe dite Surelly, Alex Dufeal, en Martinique.    


Guadeloupe: Succès de la grève des personnels du rectorat

Le 17 janvier, les agents grévistes ont bloqué les locaux du nouveau rectorat aux Abymes.  

Les grévistes ont dénoncé la grande précarité des agents. Cinq d’entre eux étaient contractuels depuis 17 ans, voire même 22 ans !

Les agents en grève ont aussi demandé l’embauche de personnels d’entretien : les locaux du nouveau rectorat sont plus grands qu’avant, alors que le nombre de personnels d’entretien a diminué. La direction du rectorat a d’abord tenté de minimiser le problème, en affirmant étudier les choses « au cas par cas », ce qui est bien insuffisant au vu du grand nombre d’agents précaires dans les services.

Mais en fin de journée les grévistes ont obtenu satisfaction. Le recteur a promis l’intégration des cinq agents concernés, et les conditions de travail au nouveau rectorat devraient être réexaminées.


Les lycéens de Convenance en grève

Les élèves des classes professionnelles du Lycée agricole de Convenance ont fait grève le 23 janvier. Tôt le matin la majorité des lycéens était dehors et le lycée était bloqué. Les lycéens des filières générales ont également été solidaires.  

Les élèves sont en colère car ils n’ont pas les moyens et le matériel pour réussir, notamment au niveau de l’exploitation agricole. Ça fait deux ans qu’ils attendent un nouveau tracteur, qui fonctionne bien et qui réponde aux normes, pour pouvoir passer le CACES (Certificat d'aptitude à la conduite en sécurité). Un certificat indispensable dans cette filière. Les élèves dénoncent aussi le manque de douches et les problèmes d’hygiène qui en découlent.
Les chefs de l’établissement n’ont rien trouvé de mieux que d’envoyer des gendarmes pour négocier avec les élèves à leur place ! Finalement la proviseure adjointe a reçu des grévistes, et elle a promis que les choses allaient s’arranger. Certains lycéens ne sont pas satisfaits, et ils sont prêts à relancer la grève si rien ne change !


Saint-Martin : Victoire de la grève des lycéens

Mercredi 18 janvier, les élèves en colère ont bloqué très tôt le matin l’entrée de la cité scolaire Robert Weinum. Ils réclamaient un professeur de français. Depuis la rentrée, l’enseignant titulaire sur le poste est en congé maladie. Des classes de Seconde et de Première sont privées de professeur, alors que les élèves de Première S (scientifique) et SES (sciences économiques et sociales) doivent passer bientôt le bac blanc en février et le bac général dans quatre mois. Grâce à ce mouvement les élèves ont obtenu un engagement écrit du rectorat. Le professeur est arrivé lundi 23 janvier. Ces jeunes ont compris que la lutte paye.


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