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CO de 2017/CO n° 1169 du 14 janvier 2017/Quatrième page

Quatrième page

France: Hollande chef de guerre

Début janvier, Hollande a adressé ses vo ux aux forces armées. L’occasion pour lui de jouer une dernière fois les «chefs de guerre ».  

Parmi les pays qui dépensent la plus grande part de leur richesse pour l’armée, la France est d’ores et déjà septième : derrière les États-Unis, la Russie ou l’Arabie Saoudite, mais devant la Chine, l’Angleterre ou l’Allemagne !

Cela n’empêche pas Hollande d’annoncer l’augmentation du budget militaire… encore ! Et comme il le dit lui-même, « ce que nous mettons ici, nous ne le mettons pas ailleurs, dans l’éducation par exemple ». Pour quoi faire ? Bien sûr, il y a le bla-bla sur « la défense des Français », mais…

Et les plus de 10 000 militaires déployés dans le monde entier – bien plus nombreux que ceux qui patrouillent dans les gares et les aéroports de la métropole – à quoi servent-ils ? Hollande qui réussit l’exploit d’être à la fois larmoyant et cynique l’explique assez clairement. Les 3 800 militaires en Irak et en Syrie ? « Nécessaire si la France veut jouer sa partie (…) en Syrie ». Autrement dit, garder son mot à dire dans cette ancienne colonie française.

Les riches égoïstes
Au Liban, il s’agit
d’obliger ce pays pauvre à accueillir en masse les réfugiés syriens (un tiers de la population libanaise sont des réfugiés) que les pays riches égoïstes rejettent. Le pompon, c’est quand il explique : « Le ministre de la Défense, chaque fois qu’il se déplace, vante la qualité de nos armées. Il a raison parce que sans nos armées, les matériels que nous pouvons proposer par nos industriels à des pays amis ne pourraient pas être à ce point promus. »
En résumé, sous prétexte de « lutte contre le terrorisme », les armées servent à défendre les intérêts impérialistes de la France, ses multinationales et en particulier ses marchands de canons !


Côte d’Ivoire: Mutinerie victorieuse des petits soldats sur fond de mécontentement général

 Le 6 janvier, des soldats ont déclenché une mutinerie dans la ville de Bouaké, qui s’est rapidement étendue à plusieurs autres villes.  Ils réclamaient l’augmentation de leurs salaires, la réduction du temps passé dans les grades et le paiement d’une prime pour chacun comprise entre 7600€ et 15 200€. Les militaires ont décidé de fermer de force plusieurs commerces, des banques et des écoles. Ils ont érigé des barrages afin de bloquer la circulation. Soldats en colère Pour montrer leur colère, ils se sont emparés de plusieurs poudrières et tirèrent régulièrement des rafales de kalachnikov en l’air. Dans la ville de Odienné et Daoukro, des soldats ont manifesté avec leurs armes. Un soldat sur place déclarait : « seuls les chefs mangent et les petits vivent dans la misère ». Très vite le gouvernement craignant la propagation de la mutinerie des soldats a accepté de les rencontrer. Les dirigeants sont conscients qu’un conflit avec les soldats peut avoir des conséquences lourdes pour le régime. Mais la plus grande crainte était surtout les différents appels à la grève des 50 syndicats des travailleurs de la fonction publique au même moment contre une réforme des retraites. Cette réforme veut faire passer l'âge de la retraite de 55 à 60 ans, voire 65 ans pour les grades les plus élevés. Les cotisations augmentent de 6 à 8,33 % du salaire, alors que les pensions ont été réduites de 30 à 50 %. Mais ils exigent aussi le paiement des arriérés des salaires et l’amélioration des conditions de travail. Les étudiants se sont joints à la grève.

Victoire Craignant un élargissement de la grève à tous les travailleurs, le 8 janvier, le président Alassane Ouattara a cédé aux exigences des soldats.

Cela a mis fin à la mutinerie. Les soldats ont su montrer leurs armes, la force qu’elles leur conféraient, la crainte qu’elles suscitaient dans les milieux du pouvoir et des possédants. Une leçon à retenir pour les travailleurs et les pauvres ! Qui a du fer a du pain ! disait fort justement Auguste Blanqui, grand révolutionnaire français.
 


DANS LES ENTREPRISES

CHU Guadeloupe : Le co ur de la cardio a cessé de battre… Le scope central qui retransmet le tracé de l’ensemble des patients scopés montrait des signes de fatigue, mais rien n’a été fait pour le réanimer. Alors le 20 novembre dernier, il a rendu l’âme ! C’était une pièce maitresse dans une unité de soins intensifs. Sa mort est d’autant plus cruelle que les scopes installés dans les chambres sont vétustes. La solution ? Son remplacement ? Que nenni ! Pour assurer la surveillance, surtout la nuit, de ces patients critiques, une IDE et une AS vont être rajoutées à l’équipe soignante.


Venezuela : La lente agonie du « chavisme » fait des ravages

 Après les manifestations importantes contre le régime en 2016 et l’annulation en janvier du référendum pour la destitution de son président – Nicolas Maduro, dauphin d’Hugo Chavez – le Venezuela continue de s’enfoncer dans la crise.  Depuis la fin des années 1990, les succès du « chavisme » reposaient sur deux choses. La première : l’autorité morale d’Hugo Chavez dont le discours « vengeait » en quelque sorte les masses vénézuéliennes de l’arrogance de l’impérialisme américain et de la bourgeoisie locale. La deuxième : les prix élevés du pétrole (la principale ressource du pays) qui permirent de financer quelques améliorations réelles pour les plus pauvres. Mais ces succès ne reposaient pas sur la confiscation des richesses des grandes familles bourgeoises (et encore moins sur leur contrôle par la population). Par conséquent, à partir de la mort de Chavez en 2013 et de la chute des prix du pétrole en 2014, son successeur Nicolas Maduro et la bureaucratie de l’État « chaviste » se sont retrouvés avec deux problèmes. Le premier fut la disparition de l’autorité morale et des deux tiers des revenus financiers qui leur permettaient de conserver l’allégeance d’une population pauvre brusquement plongée dans une situation économique insupportable. Le deuxième fut une bourgeoisie arrogante, raciste et revancharde dont le pouvoir économique était intact. Des militants de gauche et d’extrême gauche avaient cependant pendant sa belle époque, courtisé le « chavisme » en le qualifiant de « socialisme du 21e siècle ». Force est de constater aujourd’hui qu’aucune alternative réelle ne s’est élevée quand la crise est venue. Ni contre Maduro, ni contre son opposition bourgeoise. La droite bourgeoise – la plupart de ses figures sont les héritiers directs des plus riches familles du Venezuela – a aujourd’hui le monopole de l’opposition politique à un régime qui, après s’être aliéné les étudiants et la petite bourgeoisie, ne peut plus demander aux pauvres affamés qu’il a trahis de lever le petit doigt pour le défendre.

C’est pourquoi Maduro a perdu les élections législatives contre la droite en 2015. C’est pourquoi la droite était en mesure de réclamer un référendum pour sa destitution fin 2016. C’est pourquoi, après n’avoir pu opposer autre chose qu’une répression sanglante aux masses en colère, il n’a pu faire autrement que d’interdire brutalement ce référendum en ce début 2017…

Une spirale d’isolement donc, qu’aggravent encore ses négociations avec certaines franges de la droite réactionnaire qui à force de gesticulations violentes parvient de plus en plus à partager le pouvoir avec lui… Et il y a peu de chances que ce qu’il lui reste éventuellement de soutiens parmi les pauvres d’origine amérindienne lui en soient reconnaissants ! Le socialisme c’est la prise du pouvoir par les travailleurs et l’utilisation de ce pouvoir pour dépouiller la bourgeoisie de sa mainmise sur la société. Point barre. Tenter de faire passer toute autre politique pour du socialisme, c’est préparer des désastres. L’agonie du chavisme depuis deux ans en est, une fois de plus, la démonstration.  


Haïti : Arrestation d’un sénateur ripoux par… plus vertueux que lui ?

Alors que Moïse Jovenel a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle, les politiciens règlent leurs comptes. Alors qu’il venait d’avoir la confirmation de son élection comme sénateur, l’ancien commandant, Guy Philippe, a été interpellé par une brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants et remis aux USA aux mains de la DEA. (La Drug Enforcement Administration - la répression anti drogue) C’était un militaire formé en 1990 par les forces spéciales des États Unis. Il avait été commandant dans l’armée haïtienne. Proche d’Aristide en 1990, il avait participé ensuite à une association de militaires liés aux macoutes qui avait renversé Aristide en 2004. Accusé par les États-Unis de trafic de drogue et de blanchiment d'argent, il avait réussi à faire taire les soupçons en menaçant d'identifier des Haïtiens puissants qui avaient apporté un appui financier à la rébellion de 2004. Il faut croire que ses protecteurs ont décidé de le lâcher et de le remettre aux mains de la DEA qui le cherchait depuis 2005, malgré ses liens avec le gouvernement qui le protégeait. Cette arrestation a amené une levée de boucliers de la part de certains sénateurs et députés. Ils se sont indignés au nom du « respect de l’immunité parlementaire », eux, qui pourtant sont aussi complices de la mascarade électorale. Cette « démo-cratie » des politiciens au service des riches, qui utilisent tous les moyens pour être près de la mangeoire et se servir grassement tant qu’ils le peuvent.


Réunion publique de Combat Ouvrier

Réunion publique de Combat Ouvrier vendredi 24 février à 19h, salle R. Nainsouta à Pointe-à-Pitre

Thèmes :

- Il y a 100 ans, la première révolution russe.

-Pourquoi voter Nathalie Arthaud à la présidentielle et pour les candidats de Combat Ouvrier aux législatives ?  


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