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CO de 2017/CO n° 1169 du 14 janvier 2017/Troisième page

Troisième page

Martinique : Violence de la pauvreté, violence du chômage, violence de l’exploitation, sources de la violence des jeunes

« Il y a un phénomène de violence en Martinique qui est marqué : le nombre de violences est près de deux fois supérieur à la moyenne nationale ». Cette déclaration avait été faite il y a trois ans par Matthieu Garrigue-Guyonnaud, directeur de cabinet du préfet de la Martinique.  

En 2017, la situation n’a pas changé.

Cette violence se manifeste surtout parmi les jeunes souvent sans repère et déboussolés. Depuis le début 2016, neuf personnes ont été tuées par arme à feu sur les douze homicides qui ont été recensés en Martinique. Le journal le Figaro a révélé dernièrement des chiffres qui ressortent des statistiques de l’Observatoire national de la délinquance et réponses pénales (ONDRP) concernant la Martinique. Il a été enregistré 11,90 agressions pour 1 000 habitants.

Cette situation invivable ne date pas d’aujourd’hui et ce type de discussion revient souvent. Les habitants cherchent à se protéger en mettant chez eux des systèmes d’alarme ou des chiens de garde. Mais la presse qui se fait l’écho de cette situation évite de dire que l’origine de cette violence relève d’un phénomène social. La société dans laquelle nous vivons, la société capitaliste, est basée sur la violence. En Martinique plus de 60 % des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. L’exploitation dans les entreprises est de plus en plus insupportable pour les salariés. Des pressions et des harcèlements moraux sont exercés quotidiennement contre les salariés par leurs patrons ou leurs chefs hiérarchiques. Il y a aussi les violences sexistes des hommes contre les femmes.

De plus en plus de jeunes se regroupent toute la journée sans travail et sans avenir dans les communes de l’île. Ils sont exposés à toutes sortes de violences. Et cela ne gêne nullement le patronat responsable de cette situation qui refuse d’embaucher pour diminuer ce phénomène social qu’est le chômage.

La population vit dans une société violente et injuste, c’est là que réside le problème.


Un chômage insoutenable !

Le chiffre officiel des chômeurs de catégorie A (ceux n’ayant eu aucune activité, formation ou stage) a baissé de 150 personnes au mois de novembre 2016. Le quotidien local en faisait sa une il y a quelques jours, titrant : « Emploi, une embellie de fin d’année »...  

Mais la réalité crue jaillit quelques lignes plus loin puisqu’il est écrit que le nombre de chômeurs de cette catégorie A est toujours de 41 350 personnes (au lieu 41 500 en octobre). Le chiffre des chômeurs, en comptant ceux qui ont eu une activité réduite à moins de 78 heures dans le mois, lui, est toujours de 51 010 personnes. Quant au nombre de chômeurs toutes catégories (ABCDE) comprenant aussi les stagiaires, il se monte à 57 390 personnes.

C’est plus de la moitié du nombre de salariés en Martinique (autour de 110 000 salariés source Insee). Le journal Justice du PCM (Parti communiste martiniquais) du 5 janvier, fait ressortir qu’il y a eu en fin d’année un basculement massif des chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) en catégorie D (en formation). Ainsi, avec le plan Hollande consistant à proposer aux chômeurs 500 000 stages supplémentaires pour tenter « d’inverser la courbe du chômage » avant la fin de son quinquennat, le nombre des formations en Martinique a augmenté. Le nombre des chômeurs en formation augmente lui de 3 120 en octobre 2016 à 3 870 en novembre 2016.

Au final, la baisse présentée comme l’amorce d’une amélioration, n’est sûrement pas le résultat de créations de véritables emplois permettant à des jeunes ou des moins jeunes de vivre correctement.

La présentation plus ou moins triturée des chiffres de ce chômage massif ne peut masquer la réalité. Et ce ne sont pas les solutions hypocrites des gouvernants au service des gros possédants qui changeront cette situation. C’est une riposte massive du monde du travail contre cette agression qui pourra le faire. En effet, le chômage et ce qui l’accompagne sont bien le résultat de la guerre de classe que le patronat relayé par ses serviteurs politiques, mène contre l’ensemble du monde du travail, pour la préservation et l’augmentation de ses profits. Pour se débarrasser de ce fléau, il faudra diminuer le temps de travail et répartir le travail entre tous sans diminution de salaire. Il faudra prendre sur les profits présents et accumulés par la bourgeoisie pour imposer un emploi pour tous et un salaire décent. Et, au-delà, il faudra remettre en cause la dictature de cette classe parasite sur l’économie et la société.

C'est ce que défendront nos candidats : à l'élection présidentielle, Nathalie Arthaud et en Martinique et en Guadeloupe aux élections législatives .  


Chiffres de la délinquance en outremer : Oui, c’est la misère sociale qui entraîne la violence

En 2016, près de 3,7 millions de crimes et délits ont été enregistrés en France. Sur tout le territoire, les violences ont augmenté de 4%.

Les quatre départements d’outremer font partie des départements français où il y a eu le plus de violences. Avec près de 23 faits de violence pour 1000 habitants, la Guyane est le premier département. La Guadeloupe est au 4ème rang avec 15 faits pour 1 000 habitants, la Martinique au 5ème rang avec 12 faits et la Réunion au 7ème rang avec 10 faits.

Cette violence s’explique tout simplement par la dégradation générale des conditions de vie de la population.

Les DOM font partie des départements de France les plus pauvres et où les inégalités sociales sont les plus criantes. En 2016, le taux de chômage a augmenté de 28 % en Guyane, de 16 % à la Réunion, de 9 % en Guadeloupe et de 4 % en Martinique. Voilà les causes de la violence !


Syrie: Le chaos et la culpabilité des grandes puissances

En 2011, le monde arabe a connu des révoltes contre les dictatures en place. Après la chute des dictateurs Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Égypte, des mouvements de révolte populaire éclatèrent en Syrie contre le régime du dirigeant en place, Bachar el-Assad.  

Des milliers de personnes descendirent dans les rues pour réclamer son départ. Les manifestations furent nombreuses et quasi quotidiennes. Mais très vite, elles furent réprimées dans le sang. Les arrestations et les tortures furent considérables.

Face à la répression sanglante, des milliers de personnes ont fui le pays. Ceux qui choisirent de rester pour continuer le combat se virent contraints de se militariser. Ils créèrent une opposition armée au régime. D’anciens soldats et officiers grossirent les rangs de cette opposition. La principale organisation militaire contre le régime à ce moment fut l’Armée syrienne libre créée en juillet 2011.

C’est aussi à ce moment que le régime amplifia ses représailles contre les révoltés dans des villes comme Homs ou Rastan. En moins d’une année, il y eut déjà plus de 10 000 morts. Il faut compter parmi eux des centaines d’enfants et de civils. L’opposition ne se laissa pas faire pour autant. Face au régime, une opposition politique tenta de s’organiser à l’extérieur du pays et principalement en Turquie. L’union des groupes de l’opposition, en exil et à l’intérieur, se fit autour du Conseil national syrien, créé en octobre 2011, en grande partie téléguidé par les puissances impérialistes américaine et française. À l’intérieur de la Syrie, sur le terrain, l’opposition appelée aussi « les rebelles » finit par s’emparer de plusieurs régions comme une partie de la ville d’Alep, ou encore des régions au nord et à l’est du pays.

Le jeu des grandes puissances
Le conflit s’enfonce alors dans la guerre face à un régime qui ne cède pas, l’opposition étant renforcée par le soutien militaire de pays comme l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar. Bachar el-Assad lui, reçoit aussi le soutien politique, économique et militaire de grandes puissances, en particulier celui de la Russie et dans une autre mesure de l’Iran et de la Chine. Ceci permit au régime du dictateur de confirmer sa position de force. Courant 2013 le régime utilisa des armes chimiques. Le 21 août une attaque au gaz fit plus de 1 500 morts dans la ville de Damas. L’ampleur des massacres d’el-Assad ne laisse plus indifférentes certaines populations du monde. Les dirigeants des États-Unis et de l’Union européenne multiplient les discours de façade et les conférences de paix hypocrites. Au fond, les dirigeants des pays impérialistes n’apprécient pas que les gens se révoltent et soient rebelles, comme en Syrie. Que Bachar el-Assad réprime sa population contestataire ne dérange certainement pas ces bons serviteurs du système capitaliste, au contraire. Les interventions impérialistes se bornent à défendre les intérêts économiques sur place et à préserver les profits des multinationales aux dépens des populations. Ils guettent tous en Syrie une opportunité pour de futurs marchés de reconstruction des villes détruites ou encore pour s’emparer des ressources du pays, comme par exemple le pétrole. Cela a toujours été la politique des grandes puissances capitalistes dans ces régions.

Longtemps divisée et désormais dépassée, l’opposition au régime est supplantée par des groupes islamistes. L’enlisement du conflit favorise la montée en puissance de groupes djihadistes comme le Front Al-Nosra (groupe d’Al-Qaida) ou l’État islamique, entré en Syrie en avril 2013. Déjà en juillet 2015, l'État islamique mène des offensives sur plusieurs points à la fois contre les rebelles, contre le régime et les autres groupes sur place détenant des régions. L’État islamique enchaine les victoires et les massacres par décapitation dans les régions syriennes comme Turkmen Bareh, Akhtarine, ou encore Palmyre ou Raqqa. Il contrôle aujourd’hui une partie de la Syrie. Il a en sa possession des ressources financières et naturelles qui lui permettent de se développer rapidement. Près de 30 000 personnes sont parties faire le djihad sur son territoire. Cependant les victoires de l'État islamique poussent de nombreux pays à intervenir. En septembre 2015, les États-Unis, l'Arabie saoudite, la Jordanie et les Émirats arabes unis sont intervenus pour la première fois en Syrie et ont lancé une campagne de frappes aériennes contre les forces des organisations islamistes. En décembre 2015, le Royaume-Uni se joignit aux bombardements. Bien que touchant les forces islamistes ces frappes causent également la mort de milliers de civils. Malgré une année d’interventions militaires, fin 2016, l’État islamique dominait plusieurs régions de la Syrie. Les premiers groupes rebelles considérablement affaiblis, sont attaqués de toutes parts et Bachar el-Assad reste au pouvoir avec l’aide militaire de la Russie. Ces interventions provoquent un immense chaos en Syrie, que tentent de fuir des millions de personnes. Après six années de conflit, le bilan humain de la guerre en Syrie est de plus de 500 000 morts et 4 millions de réfugiés à travers le monde.

Le manque d’un parti communiste révolutionnaire
Les évènements en Syrie, depuis les révoltes populaires de 2011, montrent le manque criant aujourd’hui d’un parti capable d’offrir des perspectives à tous ces révoltés qui ont continué le combat militairement. Des perspectives autres que celles, barbares, des groupes islamistes ou des pays capitalistes. Ce parti, un parti révolutionnaire communiste en Syrie, s’il existait, serait l’arme de la classe ouvrière, des couches laborieuses syriennes livrant bataille pour mettre à bas non seulement la dictature, mais toutes les formes de dictature des hommes sur les hommes, en particulier celle de l’exploitation capitaliste. Car c’est bien la société capitaliste dans sa quête de profit et de richesses dans le pays qui est à l’origine du chaos actuel.  


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