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CO de 2017/CO n° 1169 du 14 janvier 2017/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe: SARL Alizé Nord : La mobilisation a été payante

Le 27 décembre 2016, les salariés de la SARL Alizé Nord ont dû se mettre en grève pour obtenir le paiement de leurs salaires des mois de novembre et décembre 2016 et la prise en charge des agios. D’autres revendications ont été avancées mais le principal problème concernait le retard pris dans le versement des salaires.  

Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que les salariés sont payés avec des mois de retard. Ainsi la direction de l’époque, la SARL Codev, sous prétexte de difficultés financières, le faisait régulièrement en 2013. L’activité a été transférée à la SARL RMT (Réseau Moulien de Transport) ainsi que la délégation de service public attribuée par le Conseil Général qui a signé une convention avec la RMT. Mais la SARL Alizé Nord est présentée tantôt comme une filiale de RMT ou une société sous-traitante, mais le seul gérant qui décide de tout, un certain Hugues Tel, continue à payer les salariés avec du retard et à ne pas leur donner le matériel nécessaire pour travailler correctement. Le 18 octobre, les salariés ont dû faire grève pour les salaires d’août à octobre alors que le gérant avait reçu 91 000 € du Conseil Départemental.

Le 27 décembre, alors qu’il a perçu la somme de 300 000 € du Conseil Départemental, le gérant persiste à ne pas payer ses salariés et ces derniers ont été obligés de se mobiliser pour le paiement immédiat de leurs salaires. Dès le 29 décembre 2016, sous la pression des salariés, ce qui était impossible est devenu possible et le gérant a pu trouver l’argent nécessaire pour payer les salaires. Un accord de fin de conflit a été signé le 29 décembre par les délégués de la CGTG et de l’UGTG et tous les jours de grève ont été payés. La direction a effectivement effectué le virement des deux mois de salaire (novembre et décembre). Par contre elle ne s’engage pas sur la poursuite de l’activité et la pérennisation des emplois. Les salariés en ont pris acte mais n’ont pas l’intention de subir la situation sans réagir. Ils savent que seule la lutte paie et qu’ils doivent rester vigilants. .


Martinique: Prix des
carburants : « Opération enfumage » du Medef

Répondant à un journaliste sur les raisons des dernières augmentations des prix des carburants en Martinique, Bernard Edouard, le président du Medef Martinique a voulu se montrer pédagogue.  « Il faut revenir aux réalités économiques.

Il faut connaitre l’origine de ces augmentations. On sait très bien que le baril a augmenté ». Et d’insister avec cette formule : « il faut expliquer ce qui se passe ». Sauf qu’il ne fournit pas les bonnes explications.

Les prix ont augmenté pour deux raisons. D’abord parce que les capitalistes qui produisent le pétrole jouent sur les quantités pour faire varier les prix à la hausse. Leur objectif étant de faire le maximum de profits. L’autre explication liée à la dernière augmentation est fournie par les dirigeants de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM).  « L’Assemblée plénière de la CTM a accepté de voter une hausse modérée de la fiscalité ( Taxe spéciale et Octroi de mer) qui alimente les caisses des trois Communautés d’agglomération des 34 Communes et de la CTM pour tenter de compenser, un tant soit peu, les baisses successives des dotations attribuées par l’État ». (Daniel Marie-Sainte, porte parole du Conseil Exécutif de la CTM). Le gouvernement Hollande a créé le CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) et le pacte de responsabilité (45 milliards d’euros au bas mot). Ce dispositif consiste à siphonner les finances publiques pour verser cet argent aux entreprises pour soi-disant les rendre compétitives et créer les conditions pour lutter contre le chômage. Et il aboutit à priver ainsi les collectivités de ressources indispensables. « Nous avons salué le pacte de responsabilité que nous a servi le président de la République le 31 décembre (2013) et qui était inspiré, je ne le dis pas trop fort, du pacte de confiance que nous lui avons apporté sur un plateau » (Pierre Gattaz, patron du Medef, janvier 2014). Le Pacte de responsabilité a, selon Pierre Gattaz, fait grimper le taux de marge moyen des entreprises de 28 à 32 % !

Ces informations là, Bernard Edouard se garde bien de les donner. Il préfère participer à l’opération « enfumage » pour faire accepter ces augmentations et celles qui pourraient suivre.  


Saint Martin: Hold-up sur le prix de l’eau

La cour territoriale des comptes a publié un rapport au mois de décembre dans lequel elle demande à l’Établissement des Eaux et de l’Assainissement de Saint-Martin (EEASM) de prendre des mesures pour réduire son déficit.

L’EEASM est chargé de gérer le service public de l’eau. Son déficit atteint la somme de 4 932 271 euros en 2015. Le coût au mètre cube est de sept euros. Il est bien plus élevé que la moyenne en France soit 3,78 €/m3. Selon la cour des comptes ce que paye le consommateur est plus bas que le coût payé par la Collectivité aux sociétés privées à qui elle a confié la gestion de l’eau. Cela veut-il dire que les usagers ne paient pas encore assez ?

Mais il faudrait rechercher la cause de ce prix excessif dans la rapacité de deux sociétés capitalistes : la Générale des Eaux et l’UCDEM (Union Caraïbe de Dessalement de l’Eau de Mer). Celles-ci appartiennent à une grande multinationale, Véolia, qui chaque année engrange des centaines de millions d’euros de bénéfices. L’UCDEM, chargée de dessaler l’eau de mer, vend ensuite l’eau produite à 3 €/m3 à la Générale des Eaux qui la distribue au consommateur et prend elle aussi sa marge. Elle est aussi chargée de l’assainissement de l’eau. Ce n’est pas étonnant que la Collectivité qui reste propriétaire du réseau ne puisse pas supporter les frais.


Guadeloupe: Le directeur de la Générale des Eaux en pleine eau trouble !

Après 69 ans de présence, la Générale des Eaux, filiale de la multinationale Véolia, quitte la Guadeloupe en laissant un réseau d’eau pourri qui perd la moitié de l’eau produite. Les coupures d’eau tournantes sont devenues la norme dans « l’île aux belles eaux ». Dans certaines communes, les habitants peuvent être privés d’eau pendant plusieurs semaines.

Le directeur Certain s’est payé « une page de publicité » dans le France-Antilles du 6 janvier. Il accuse la population d’être responsable du problème de l’eau en Guadeloupe et du départ de la Générale des Eaux.
D’après lui, c’est parce que trop d’usagers ne payent pas leur facture que le réseau n’est pas entretenu. Quelle hypocrisie ! Depuis 1948, la direction de la Générale des Eaux a obtenu des contrats hyper profitables auprès des Collectivités pour gérer l’eau potable pour certaines communes et aujourd’hui elle veut rendre la population responsable du travail qu’elle n’a pas fait ?
Le directeur Certain pleurniche en déclarant « qu’un Guadeloupéen sur trois » ne paye pas sa facture d’eau. Vu les coupures récurrentes, qui peuvent êtres permanentes dans certaines communes, il devrait se réjouir que les deux tiers des Guadeloupéens continuent de payer leur facture !

Méthodes douteuses
Pendant 69 ans, la direction de la Générale des Eaux a usé de méthodes douteuses pour obtenir la bienveillance des élus, afin de garder le monopole de la gestion de l’eau. Par exemple, elle a embauché des enfants de dirigeants du SIAEAG (Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau et d'Assainissement de la Guadeloupe), de Cap Excellence et de la mairie de Baie-Mahault en 2013, l’année où le renouvellement du contrat avec le SIAEAG a été laborieux.

Opacité de la facturation
Concernant le paiement des factures, le directeur Certain a étrangement oublié de préciser qu’entre 2012 et 2016 le service facturation a été défaillant à cause d’un problème informatique. Les salariés de l’entreprise n’ont cessé de dénoncer ce problème. Les usagers recevaient brutalement plusieurs factures d’un montant exorbitant, et surtout impossible à comprendre et à vérifier. Comme si la direction de la Générale des Eaux organisait volontairement l’opacité de la facturation, pour mieux gruger les usagers. M. Certain prétend que sur les quatre dernières années, précisément celles où le service facturation était défaillant, 65 millions d’euros de facture n’ont pas été payés. Il faudrait le croire sur parole ? Pourquoi le directeur ne parle-t-il que des dernières années ? Pourquoi ne pas présenter les comptes de la Générale des Eaux depuis 1948 ? Il veut sûrement cacher les importants profits cumulés au cours des 69 ans d’exploitation de l’eau en Guadeloupe.
450 millions de profits en 2015
La Générale des Eaux n’est pas une petite entreprise fragile comme veut le faire croire M. Certain ; c’est une société faisant partie du groupe Véolia, géant mondial de l’eau. En 2015, Véolia a fait 450 millions d’euros de bénéfices et sur les neuf premiers mois de l’année 2016 ses profits atteignaient 421 millions. Elle n'a pas de difficultés financières.

2 700 postes supprimés en France
La direction de la Générale des Eaux voudrait faire croire qu’elle quittera la Guadeloupe à cause des usagers mauvais payeurs comme si cette situation de retrait était spécifique à la Guadeloupe. En réalité, depuis mars 2013, les actionnaires de Véolia, assoiffés de profits toujours plus importants, ont lancé un vaste plan de restructuration incluant la suppression de 2 700 postes en France et le désengagement dans les contrats auprès des collectivités. Donc cette situation n’est pas propre à la Guadeloupe.

Les mobilisations doivent se généraliser
Au 21ème siècle il est inadmissible de voir des usagers privés d’eau en Guadeloupe. Après avoir pompé tout l’argent qu’elle pouvait pendant 69 ans, avec la complicité des élus, la direction de la Générale des Eaux voudrait partir en rendant la population responsable. Les récentes mobilisations des usagers à Capesterre-Belle-Eau montrent qu’une partie de la population ne se laisse plus berner par les autorités et le directeur de la Générale des Eaux.

Si ces mobilisations s’étendent et se généralisent sur tout l’archipel, elles pourront contraindre les autorités et les élus à régler le problème de l’eau, c’est-à-dire lancer les travaux de réfection de l’ensemble du réseau.  


Les salariés transférés ont dû mettre la pression !

Le directeur Certain se félicite d’avoir « préservé l’intégralité des contrats de travail » en transférant 400 salariés vers les collectivités. Il était obligé de le faire, c’est une clause du contrat de délégation de service public ! Ce qu’il oublie de dire c’est que les ex-travailleurs de la Générale des Eaux transférés à la CASBT (Communauté d’Agglomération du Sud Basse-Terre) en 2014 et au SIAEAG (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et d’Assainissement de la Guadeloupe), en 2015 ont dû faire grève contre des baisses de salaire pouvant atteindre 22 % et pour conserver leurs acquis. Depuis le 1er janvier 2017, 145 travailleurs de la Générale des Eaux ont été transférés à Cap Excellence et à la CANGT (Communauté d’Agglomération du Nord Grande-Terre). Eux aussi restent vigilants.