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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1168 du 31 décembre 2016/Quatrième page

Quatrième page

Dans les entreprises

Échos des Télécom

C’est si dur d’être riche
Lors d'une récente conférence organisée par le magazine Challenge, Stéphane Richard a déploré la « haine que les Français éprouvent pour les riches ». Il propose de réformer l'Impôt sur la Fortune car selon lui : « c'est un impôt idiot avec des effets pervers considérables ». Avec ses 1,4 millions de revenus annuels, qui correspondent à 2 SMIC par jour, il sait de quoi il parle !
Tous intérimaires demain ?
Dans la même conférence, Stéphane Richard se fait le pourfendeur du Contrat à Durée Déterminée: « c'est un cancer, il faut le bannir ». Mais loin de lui l'idée de combattre la précarité ! Il propose tout bonnement de généraliser les ruptures de contrat en CDI. La disparition du CDD en transformant tous les travailleurs en précaires, la ficelle est grosse !

L’Écho de l’aéroport

Aviation civile : pour l’accueil, vous repasserez !...
Il y a deux ans et demi, nous avions dû nous mobiliser pour imposer la prolongation de carrière d’une collègue de l’accueil, afin qu’elle puisse percevoir une pension décente. Elle vient justement de partir à la retraite. À l’époque, la direction régionale avait envisagé toutes sortes de scénarios pour remplacer cette collègue dont le poste était prétendument « inutile ». …
Cette fois, rien n’a été prévu
Or, la deuxième collègue de l’accueil-standard est tombée malade il y a une quinzaine de jours. Résultat : personne pour accueillir le public dans ce bâtiment qui regroupe les services de sécurité et de contrôle de l’aviation civile. Il serait proposé aux usagers et visiteurs de téléphoner !
Air Caraïbes : quand un bavasseur de Guadeloupe 1ère cire les pompes de la direction…
À la mi-décembre, on a pu entendre sur les ondes de la radio d’État un journaliste (?) vanter les succès de la compagnie, en passe de devenir la première sur les Antilles, avec un bilan positif. Ce n’est pas mauvais en soi, mais ce qu’il trouve le plus remarquable, c’est qu’Air Caraïbes diminue les effectifs des équipages, pilotes et PNC. Il évoque là un succès de la politique « sociale » menée par la direction. Pour lui, faire du social, c’est diminuer les effectifs et faire travailler plus longtemps pour le même salaire ! Il se garde bien d’évoquer la grève des PNC en début d’année, qui montre que le personnel n’accepte pas tout sans réagir. … et fait la leçon à Air France
Il ironise en même temps sur les moins bons résultats d’Air France, en disant que cette compagnie a intérêt à « se bouger le réacteur arrière ». En d’autres termes, il conseille à Air France de réduire elle aussi les effectifs et dégrader les conditions de travail. Hélas, depuis des années, la direction d’AF ne l’a pas attendu pour appliquer de telles mesures. On espère pour lui qu’il a au moins obtenu quelques billets à prix réduit, et qu’il ne s’est pas contenté de restes de plateaux repas…
Un premier couac chez Norwegian
Il y a deux semaines, des passagers guadeloupéens en partance pour les États-Unis ont été contraints de rentrer chez eux : le vol prévu a été annulé, sans qu’on les prévienne. La compagnie a préféré envoyer son avion sur une autre destination, laissant ceux de Guadeloupe sur le carreau. Ce n’est que le surlendemain qu’ils ont pu finalement décoller. Ce sont les risques des vols charters : on est à la merci de la compagnie et des priorités qu’elle définit. Apparemment, la Guadeloupe n’était pas prioritaire… Il est vrai que parfois, les compagnies régulières ne font guère mieux !
Antilles sûreté : non à la précarité
Le patron doit se frotter les mains. En licenciant nos 5 camarades, il peut embaucher davantage dans sa société d’intérim. Cela met une très mauvaise ambiance entre les collègues de statuts différents. Des horaires plutôt pénibles pour les intérimaires quasiment payés à l’heure. Parfois deux ou trois heures dans une journée, payées au smic. Et ils sont en très (trop ?) grande proportion dans les effectifs. Les petites combines du patron doivent cesser. Il doit embaucher tout le monde en CDI !
Air France : à Roissy et Orly, lutte contre la filialisation
À Air France Roissy jeudi 8, plusieurs centaines de travailleurs ont débrayé (à la DM, au CLR, au CMH, à Hélios) pour dire non au projet de filialisation de la maintenance annoncé par la direction. À Orly aussi, ils étaient plus de 600 à manifester. Et le jeudi suivant, ils ont remis ça. C'est la seule voie, car quand un patron filialise une activité, c'est pour gagner plus d'argent en baissant les conditions de travail.
Un bon accueil, et au pied de l’avion !
Vendredi 2 à Roissy, arrivait le premier B787 d'Air France. Mais quand les huiles d'AF et de Boeing sont sorties de l'avion, les mécanos de la Maintenance (CMH) leur ont tourné le dos comme un seul homme… ces messieurs ont fait une drôle de tête ! Mardi suivant, la direction d'Air France, qui avait prévu une cérémonie d'accueil, annulait tout de crainte de perturbations. Les salariés se sont invités quand même pour réaffirmer leur opposition à la filialisation et les reculs qui l'accompagnent. Ils n'ont pas fini de les entendre !

L’Écho de Pôle emploi

Départ du directeur régional :
bon débarras ! Le départ officiel de Jacques-Gustave a été annoncé juste après la grève, au 31 décembre 2016. Non seulement personne ne le regrettera, mais il ne laissera aucune trace positive de son passage pour l’immense majorité d’entre nous. La grève a encore une fois démontré sa médiocrité et son mépris pour les agents. Nous ne lui disons pas bon vent !
On sait ce qu’on récolte :
la copie conforme Le remplaçant de Jacques-Gustave a été envoyé pour faire la politique de la DG à la lettre. Avant même d’être nommé, il signait à la place du DR en poste. Rien à attendre donc de Jules qui est prêt à nous imposer tous les reculs que la DG et les politiques nous préparent !
Jacques-Gustave ou Jules, c’est du pareil au même
Celui-ci comme celui qui vient d’être envoyé en Guyane, pour nous agents, peu importe. Ils sont tous prêts à appliquer fidèlement tout ce qui est prescrit par la hiérarchie à 7000 km. Ils ne se contentent pas de cela. Ils essaient de nous faire croire qu’il n’y a pas d’autre solution !
Nous connaissons la recette pour nous faire entendre
Face à l’arrogance et aux tentatives de division exercées en permanence contre nous, pour nous faire avaler les reculs successifs, les réactions collectives sont la meilleure réponse. Notre dernière grève nous montre la voie à suivre !
Stop à l’hypocrisie
Jacques-Gustave a invité certains d’entre nous à son pot de départ. Nombreux sont ceux qui ne sont pas laissés avoir par les petits fours et les sourires hypocrites. Comme le disait l’invitation bourrée de fautes de la DR, on a refusé de se joindre au repas qui a eu lieu AN KANNAY LA !
Nous ne sommes pas des paquets
Nous avons été outrés des conditions dans lesquelles l’agence de Baie-Mahault a déménagé et comment s’est installée l’agence de Petit-Bourg. En six quatre deux, sans tenir compte des remarques des collègues du CHSCT, et encore moins des nôtres, nous avons été déménagés dans la précipitation.
Vite et bien ne font pas bon ménage
Les ouvertures précipitées de la nouvelle agence de Baie-Mahault et de celle de Petit-Bourg située à Jarry, sont de véritables catastrophes. Depuis plusieurs semaines l’informatique ne fonctionne pas et nous sommes dans l’incapacité de recevoir les demandeurs d’emploi correctement. Mais les chefs n’en ont cure ! Le travail en dégradé, c’est devenu une seconde nature à Pôle emploi !
Économies mesquines sur notre dos
Les économies de bout de chandelle révoltantes continuent à se développer sur le dos des agents. À Baie-Mahault on nous dit qu’on n’aura plus de bureau attitré mais on n’aura pas plus de caisson attitré pour ranger nos affaires. Yo rivé la yo té kay !
Repas pour acheter les consciences
Dans les agences, on remet ça comme chaque année. Cette fois-ci, contrairement aux années antérieures, la direction ne nous impose pas, semble-t-il, de tirer un ticket restaurant de notre poche pour ce repas qui est censé permettre de rapprocher les collègues. Même ceux d’entre nous qui y participent savent que ce n’est pas avec cette direction-là que nous développerons la solidarité entre nous. Ne comptons que sur nous-mêmes pour cela aussi !


Venezuela : Crise économique, inflation, pauvreté...

Joceleme Privert président par intérimDébut décembre le billet le plus utilisé, celui de 100 bolivars, ne valait pratiquement plus rien, il en fallait trois (soit 300 bolivars au lieu de 60 en janvier) pour acheter un œuf. L’inflation a été estimée à 475 % en 2016 par le Fonds monétaire international.  

Le 11 décembre le gouvernement a annoncé que ce billet serait retiré de la circulation. Les gens avaient trois jours pour rapporter des paquets de billets à la banque et les échanger contre des coupures de 500 bolivars ou plus. Mais les billets de 500 bolivars imprimés en Suède sont arrivés très tard. La population a dû faire la queue devant les banques pendant plusieurs jours. Les commerçants refusaient leurs 100 bolivars.

Des magasins ont été pillés par des gens en colère, il y eut des arrestations. Cet épisode violent est un aspect de la crise que vit la population vénézuélienne depuis trois ans. En 2013 mourait Hugo Chavez, dit père de la révolution bolivarienne, du nom de Simon Bolivar, «libérateur» de l’Amérique latine colonie de l’Europe, au 19ème siècle. Chavez, au pouvoir entre 1999 et 2013, a mené une politique visant à réduire la pauvreté, ce qu’il a réussi, en utilisant les richesses générées par la vente du pétrole, principale ressource du pays, et 95 % des exportations. Même si cette action a été contestée par les États-Unis, elle n’a pas été une véritable révolution.

Avec la chute des prix du pétrole, le système d’aides sociales s’est effondré, augmentant la misère. La baisse des rentrées de l’État a entrainé une dégradation des services publics et le mécontentement d’une large fraction de la population. L’Etat n’a plus les devises nécessaires à l’importation de produits alimentaires, de médicaments, la population souffre de pénuries. La dévaluation de la monnaie entraine la baisse du pouvoir d’achat, les salaires sont devenus des salaires de misère. Fin 2015, le parti chaviste perd les élections législatives et la coalition d’opposition qui dirige le parlement veut destituer le président Nicolas Maduro qui remplace Chavez depuis 2013.

C’est le bras de fer entre chavistes et opposition. Des rumeurs de corruption de membres du parti de Chavez circulent, des sommes importantes auraient disparu. À l’époque il était mal vu dans les milieux petits bourgeois de gauche de ne pas aduler Chavez. Il est clair aujourd’hui qu’il n’a jamais contraint les capitalistes à diminuer sur leurs profits pour soulager la misère. Ils ont toujours le pouvoir, le système d’exploitation est resté en place.


Attentat à Berlin : Prétexte aux déclarations anti-migrants

 Lundi 19 décembre, un camion a foncé dans un marché de Noël à Berlin. Le dernier bilan de cet acte barbare revendiqué par Daech était de 12 morts et 48 blessés.

Avant même de connaitre l’identité de l’auteur de cet acte, le Front national en France, la droite et l’extrême droite allemandes, ont directement et injustement ciblé les migrants par leurs déclarations nauséeuses. Le Front national et Marine le Pen se positionnent volontairement contre les migrants en déclarant : « Combien faudra-t-il de massacres et de morts pour que nos gouvernements cessent de faire entrer dans nos pays dépourvus de frontières un nombre considérable de migrants, alors qu’on sait parfaitement que des terroristes islamistes s’y mêlent ? ». Marion Maréchal Le Pen, n’est pas allée par quatre chemins « le terroriste islamiste est un migrant». La palme revient au maire d’extrême-droite de Béziers qui a déclaré « la vague de migrants est une vague de mort ». Ce sont des déclarations réactionnaires nauséabondes qui ont pour objectif de créer l’amalgame dans la population entre terroristes d'une part, migrants et réfugiés d'autre part. En Allemagne, l’AfD, parti d’extrême-droite, a accusé Merkel d’avoir accru le risque d’attentats islamistes par sa soi-disant politique généreuse d’accueil des réfugiés. Tous ces partis marchent sur les cadavres encore chauds des victimes du terrorisme pour racoler quelques voix en vue des prochaines élections. Mais les populations et les travailleurs ne doivent pas se laisser diviser par ces déclarations.

Car ce sont les politiques de guerre, dans les pays du Moyen-Orient ou d’Afrique, de ces mêmes responsables politiques qui nourrissent le terrorisme. Les migrants qui fuient leurs régions, sont les premières victimes du terrorisme, qu’il soit impérialiste ou islamiste. Le rempart contre le terrorisme, n’est pas l’édification de frontières nationales, de murs ou de barbelés mais la lutte contre la politique criminelle des grandes puissances.  


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