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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1167 du 3 décembre 2016/Deuxième page

Deuxième page

Une précision

Dans l'article Quand Érichot perd l’occasion de se taire, en page 4 du n° 1166 de Combat Ouvrier, nous avions omis de préciser que les interventions rapportées étaient intervenues dans la discussion finale du forum « 80ème anniversaire de la CGTM », avec notamment Philippe Martinez et Ghislaine Joachim-Arnaud, le 25 octobre, à la Mutualité de Fort-de-France. Voilà qui est fait. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs.  


Martinique : Les grévistes de Casino Plazza Batelière se font respecter

En grève depuis le 10 novembre, les salariés du casino Plazza Batelière ont repris le travail le 25 novembre après la signature d’un accord avec la direction du groupe COGIT.

Sur les six points que comptait leur plateforme de revendications, ils ont obtenu la fermeture de l’établissement le 22 mai, jour férié de la commémoration des luttes anti-esclavagistes en Martinique, l’augmentation de la part employeur  Mutuelle qui passe de 55 à 60 %, la revalorisation de la prime de transport, « l’engagement de la direction d’améliorer la qualité des repas servis au personnel ». S’agissant de la prime de vacances, aucun accord n’a pu être trouvé, mais la direction devrait agir sur la participation et l’intéressement lors des prochaines rencontres avec les représentants du personnel. Concernant l’augmentation des salaires, ils n’ont pas obtenu les 130 euros net demandés, mais ont tout de même contraint la direction à leur verser 25 euros brut d’augmentation par mois avec une rétroactivité à compter de novembre 2015. Durant deux semaines une majorité des salariés étaient mobilisés. Ils ont installé des piquets de grève devant leur établissement à Schœlcher mais aussi devant l’établissement Casino de Trois Ilets. Ils ont aussi eu le soutien de travailleurs d’autres secteurs. Jusqu’au bout ils sont restés solidaires entre eux. C’est ainsi qu’ils ont obligé leur direction à les respecter et qu’ils ont pu obtenir des améliorations conséquentes. C’est donc la tête haute qu'ils ont repris le travail.


Guadeloupe Succès de la grève des agents de Pôle emploi

Après 32 jours de grève, les agents de Pôle emploi ont repris le travail la tête haute. Ils ont arraché 22 postes supplémentaires en contrat à durée déterminée dont quatre seront transformés en contrat à durée indéterminée après un an et quatre autres après deux ans.  

Malgré le mécontentement et les difficultés grandissantes auxquelles sont confrontés les agents depuis plusieurs années, nombreux sont ceux qui ont repris le travail après une ou deux journées de grève. La direction avait parié sur la fin rapide du mouvement. C’est d’ailleurs pour cela que le directeur régional Jean Jacques-Gustave et ses cadres avaient décidé de faire trainer les négociations sur le premier point de la plateforme de revendications. Ce n’est qu’après 10 heures de discussions qu’ils ont fini par accepter de revoir l’organisation de la réception des chômeurs qui ne sont pas suffisamment autonomes pour s’inscrire sur internet. Les grévistes ont obtenu que ces chômeurs puissent être reçus par un conseiller pour s’inscrire. Les agents en grève se sont heurtés à une direction qui met en place sans état d’âme la politique de pénurie décidée par les gouvernements successifs dans les services publics. Pendant la visite en Guadeloupe de leur ministre de tutelle, Myriam El Khomri, les agents ont manifesté leur mécontentement en s’invitant dans ses sorties publiques. Tous les jours les grévistes fermaient des agences et perturbaient le fonctionnement normal du service. La pression constante sur les directeurs a fini par payer. La direction a cédé non seulement sur les postes, sur l’amélioration des conditions de travail, mais aussi en mettant en place une commission chargée de suivre la carrière des agents victimes d’injustices criantes. Les organisations syndicales CGTG et UGTG ont signé un protocole de suspension de conflit qui prévoit la poursuite des négociations sur les points de la plateforme qui n’ont pu être traités pendant la grève.

Cette grève a été aussi une grève pour le respect de la dignité des travailleurs et des grévistes face à une direction qui jouait ostensiblement la montre en méprisant les grévistes. Eh bien sur ce point aussi ils ont gagné.


À Saint-Martin, les agents de Pôle emploi se font aussi respecter

Les agents de Saint-Martin ont eux aussi participé à la grève de Pôle emploi.  

C’est la première fois qu’une grève totale touche ce service dans l’île du nord pendant trois jours. Le mécontentement et la colère se sont exprimés car ces agents sont les oubliés du réseau de Pôle emploi de la région. Le personnel y est encore plus en sous effectif qu’en Guadeloupe et compte six agents précaires en CDD. Le multilinguisme des demandeurs d’emploi ne facilite pas les échanges avec les conseillers que la direction a toujours refusé de former. Le bâtiment de l’agence pourtant récemment construite présente déjà de graves problèmes de fuites d’eau et de malfaçons ! Pendant plusieurs jours l’agence est donc restée fermée et la quasi-totalité des agents ont suivi le mouvement de grève. La jeune directrice qui vient d’être nommée sur le poste veut faire du zèle et est incapable de répondre aux difficultés des agents. Aidée par sa hiérarchie, elle a usé de ruse pour faire cesser la grève et ouvrir les bureaux lors du passage de la ministre El Khomri à Saint-Martin. Il n’empêche, les problèmes d’effectifs et d’accueil des demandeurs d’emploi n’étant pas résolus, les agents avaient décidé de nouveau de fermer l’agence. La direction de Guadeloupe a alors dépêché une de ses cadres supérieures pour faire la leçon aux grévistes de Saint-Martin. Mal lui en a pris : elle a trouvé à qui parler et les agents ont poursuivi leur mouvement. Leur détermination n’a pas été vaine. Un poste supplémentaire sera créé à Saint-Martin, des formations en anglais et en espagnol seront mises en place. La direction ayant refusé de former les agents en créole, cette revendication reste à l’ordre du jour. Pour la titularisation des agents précaires, il faudra de nouveau se mobiliser.  


À Saint-Martin, les agents de Pôle emploi se font aussi respecter
Guadeloupe Les grévistes de la CASBT obtiennent satisfaction

Depuis leur transfert le 21 octobre 2014 de la Générale des Eaux (groupe Véolia) à la CASBT (Communauté d’agglomération du Sud Basse-Terre) les 24 agents concernés étaient dans une situation assez confuse. Les différentes séances de négociation avec la direction de la CASBT n’avaient pas permis de régler les problèmes.  

Ils se sont mis en grève le 26 octobre dernier pour réclamer la mise en place du DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) qui est obligatoire et l’étude du sort des agents transférés qui ont perdu 22% de leur salaire depuis leur transfert à la CASBT. De plus ils ne disposaient pas des équipements nécessaires à l’exercice de leur fonction. Les agents de la CASBT ont finalement rejoint le mouvement des usagers de l’eau de Capesterre-Belle-Eau lors des barrages que ces derniers ont érigés. Il faut signaler que certains, sur les barrages, ont essayé de faire porter la responsabilité du manque d’eau par les agents de la CASBT. Mais finalement, la présidente de la CASBT, Lucette Michaux-Chevry, après avoir tenté par toutes sortes de manœuvres de monter « les privés d’eau » contre les grévistes, a été obligée le 16 novembre de donner satisfaction aux agents de la CASBT. Concernant les salaires, il est proposé d’octroyer un quota d’heures supplémentaires à raison de 25 heures supplémentaires maximum par mois pour tous les agents concernés, ce qui permettra de combler les 22% de perte. Des mesures spécifiques ont été arrêtées pour certains agents. De plus, une formation en intra sera mise en place pour l’ensemble des agents. Forts de ce succès les agents de la CASBT et leur syndicat CGTG ont mis fin à leur grève le 16 novembre. Ce succès est la preuve que seule la lutte avec détermination paye.  Les travailleurs des stations-service mobilisés Du 22 au 24 novembre, des salariés des stations-service de Guadeloupe ont fait grève.

Ils demandent l’arrêt du statut d’auto-entrepreneur, l’amélioration des conditions de travail, l’application de l’accord Bino, (accord obtenu lors de la grève générale de 2009) ainsi qu’une revalorisation des tickets restaurant et de la prime de transport. Le premier jour de la grève, plusieurs stations étaient fermées. Les jours suivants, les grévistes se sont regroupés au niveau de la station-service d’Arnouville, à Petit-Bourg. La grève a été déclenchée par le syndicat UTPP-UGTG (Union des travailleurs des produits pétroliers) pour marquer l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires sur les salaires (NAO). Mais les représentants des patrons ont choisi de mépriser les grévistes, et d’annuler le rendez-vous. Une prochaine rencontre a été fixée le jeudi 1er décembre. Les grévistes ont prévu de reprendre leur mouvement ce jour-là. Ils défendent leurs revendications, mais aussi leur dignité de travailleurs face à des patrons qui se croient tout permis.


Grève et protestations des agents des impôts

Les travailleurs des finances publiques ont participé au mouvement national de grève du 15 novembre. Ils protestent contre des diminutions du budget qui entrainent la fermeture de certaines trésoreries et contre le « tout numérique ». La grève a été suivie à l’appel de quatre syndicats. Les agents, mobilisés au Morne Caruel aux Abymes le mardi 15, ont dénoncé les déplacements supplémentaires imposés aux usagers du fait des fermetures. Ils voient dans l’utilisation généralisée d’Internet des difficultés pour de nombreux usagers, dues en particulier au coût d’internet en Guadeloupe. Mais surtout l’administration utilise ces fermetures de trésorerie et le tout-internet pour réduire le personnel : plus de 100 suppressions d’emploi depuis sept ans ! Cette mobilisation a montré la colère des agents contre le directeur régional en place depuis quatre ans qui refuse le dialogue et dont la mission essentielle semble être la fermeture de sites. Le mouvement s’est d’ailleurs prolongé le 22 novembre où un groupe de militants de la CGT des Finances publiques/CGTG a bloqué pendant deux jours la direction à Basse-Terre. Ils protestaient contre le changement d’affectation du secrétaire général de leur syndicat décidé par ce même directeur. Ils ont eu satisfaction.


Des parents d’élève de Petit-Bourg montent au créneau

Fin novembre, des parents d’élèves dont les enfants sont scolarisés au collège de Petit-Bourg ont dénoncé les retards réguliers des bus scolaires qui desservent l’établissement. Les élèves manquent des cours le matin et attendent plusieurs dizaines de minutes sur le parking du collège, le soir, à la fin des cours. L’association des parents d’élèves a pointé du doigt les élus de la Communauté d’agglomération du nord Basse-Terre (CANBT) en charge du transport scolaire. Grâce à la mobilisation des parents, le patron de la société de transport a dû s’expliquer. Désormais, il devra respecter les horaires en déposant les élèves au plus tard à 7h25 le matin, et en les récupérant le soir à 17h15 maximum.


Les travailleurs des stations-service mobilisés

Du 22 au 24 novembre, des salariés des stations-service de Guadeloupe ont fait grève. Ils demandent l’arrêt du statut d’auto-entrepreneur, l’amélioration des conditions de travail, l’application de l’accord Bino, (accord obtenu lors de la grève générale de 2009) ainsi qu’une revalorisation des tickets restaurant et de la prime de transport. Le premier jour de la grève, plusieurs stations étaient fermées. Les jours suivants, les grévistes se sont regroupés au niveau de la station-service d’Arnouville, à Petit-Bourg. La grève a été déclenchée par le syndicat UTPP-UGTG (Union des travailleurs des produits pétroliers) pour marquer l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires sur les salaires (NAO). Mais les représentants des patrons ont choisi de mépriser les grévistes, et d’annuler le rendez-vous. Une prochaine rencontre a été fixée le jeudi 1er décembre. Les grévistes ont prévu de reprendre leur mouvement ce jour-là. Ils défendent leurs revendications, mais aussi leur dignité de travailleurs face à des patrons qui se croient tout permis.