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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1167 du 3 décembre 2016/Première page

Première page

Editorial: Après la mort de Fidel Castro : Portée et limites de la révolution cubaine

ZoomAvec la mort de Fidel Castro le vendredi 25 novembre 2016 à Cuba, disparait le leader d’un pays des Caraïbes qui a pu maintenir son indépendance à l’égard de l’impérialisme américain.  

À l’issue de la guérilla victorieuse menée contre la dictature de Batista, Fidel Castro, rejoint par les paysans opprimés, par la jeunesse et la population, prenait le pouvoir en janvier 1959. Il avait déjà, dans les montagnes, déclaré : « je ne suis pas communiste car je suis contre toute forme de dictature ». Mais parvenus au pouvoir, Castro et son régime furent très vite vus par les USA comme une menace. Le contexte international était en effet marqué à l’époque par la guerre froide entre l’impérialisme américain, l’occident capitaliste d’une part, et d’autre part par la bureaucratie stalinienne, déviation monstrueuse du communisme malgré l’étiquette communiste conservée, plusieurs années après la révolution ouvrière russe.

Face aux pressions des USA, Castro nationalisa toutes les sociétés nord américaines. Les USA entamèrent alors un blocus économique de l’île qui se prolonge encore de nos jours. Économiquement asphyxié, Cuba se tourna alors vers l’URSS qui lui fournit aide et assistance. La tension de la guerre froide entre les deux blocs qui se partageaient l’influence internationale monta d’un cran. Elle fut illustrée par l’installation de fusées russes à Cuba et la menace de riposte des USA de Kennedy, avant que l’URSS finisse par accepter de retirer ses fusées. Les tentatives de débarquement militaire, les centaines d’attentats déjoués contre Castro, les pressions économiques des USA, rien ne fit plier ce pays et sa population.

La révolution cubaine, Castro et son peuple devinrent un modèle pour bien des peuples de la Caraïbe et du tiers monde, pour une partie de la jeunesse de Martinique, de Guadeloupe et du monde. Avec la disparition de l’URSS dans les années 90, l’aide fournie à Cuba fut considérablement réduite, ce qui plongea le pays dans une grave crise. Ce fut l’époque dite de la « période spéciale » marquée par des privations énormes qui fut très dure pour la population. Cuba en appela à une résistance accrue de son peuple en souffrance et se tourna, entre autres mesures, largement vers le tourisme, ce qui fit rentrer des devises dans le pays.

Cependant, cette résistance face à l’impérialisme américain, la référence au communisme, ne firent pas de Cuba un  État communiste pour autant, ni de Castro et ses hommes des communistes. Dans les faits, Fidel Castro resta un nationaliste tourné vers la sortie de son pays de la dictature et cherchant à le soustraire au sous développement. Il y réussit partiellement. Mais il ne chercha jamais à en appeler au prolétariat mondial, aux travailleurs des USA, par exemple, dans un contexte où la lutte des Noirs et celle contre la guerre du Vietnam ébranlaient quelque peu l’impérialisme américain. Castro ne remit jamais en cause le statu quo mondial.

Les révolutionnaires communistes, notre tendance trotskyste ont toujours soutenu Cuba face à l’impérialisme américain, mais ne l’ont jamais qualifié de communiste. La révolution cubaine fut une révolution démocratique bourgeoise, populaire. Elle ne fut pas dirigée par les travailleurs cubains. Et de ce fait l’État cubain est un État nationaliste bourgeois. Mais contrairement à la propagande bourgeoise mondiale, nous n’assimilons pas Castro à un Pinochet, ex-dictateur du Chili, ou à un Kim-Jong-Un, dictateur nord Coréen, car il est l’incarnation d’une réelle révolution populaire. Dans la lutte qui l’a opposé à l’impérialisme américain, c’est lui et son peuple qui restent vainqueurs.

Ce qu’a pu faire un peuple, le prolétariat pourra le faire avec, en plus, des perspectives révolutionnaires d’éman cipation plus larges pour les travailleurs et les peuples opprimés du monde entier.

Car le but ultime des révolutionnaires communistes et la vocation du prolétariat c’est d’en finir avec la domination de l’impérialisme et de la bourgeoise sur la planète.  


Guadeloupe : Victoire des grévistes du CHU de Pointe-à-Pitre-Abymes

ZoomAprès 10 jours de grève pour obtenir la titularisation d’agents en contrat précaire depuis des années, les agents ont obtenu pour la régularisation de leurs situations, l’ouverture de 416 postes à titularisation, soit par intégrations directes, soit par concours.  

Le CHU c’est 684 contractuels tous corps confondus, dont les plus pénalisés sont les travailleurs de base sur le dos desquels la direction générale du CHU fait des économies, en les laissant sciemment dans la précarité. Les années de contrats à durée déterminée ou indéterminée, ce sont des années pendant lesquelles ces agents ne perçoivent pas les rémunérations auxquelles ils pourraient prétendre en tant que titulaires : pas d’augmentation de salaire suivant l’indice ou les échelons, pas de prime. Et des charges patronales moins importantes pour le CHU, avec comme conséquence un taux plus faible de leur cotisation retraite. Pour la direction c’est tout bénéfice sur la masse salariale.

C’est contre cette injustice que le personnel du CHU s’est révolté, une injustice qui n’est pas que financière, car ils sont corvéables à merci, travaillant dans les pires conditions (rappel sur les congés, sur les repos, travail de nuit, heures supplémentaires) sous la menace de renvoi. La grève a commencé le 9 novembre avec l’exigence de la titularisation directe de tous les contractuels.

Ni la direction, ni la police, ni les gendarmes envoyés en renfort n’ont eu raison du moral du comité de grève soutenu par la CGTG. Les grévistes organisés autour de leur comité, forts de leurs décisions votées en assemblées générales, ont su faire face aux diffamations, aux intimidations, aux pressions de toutes sortes jusqu’à obtenir l’intégration directe d’une centaine d’agents et l’ouverture de concours pour 300.

Le comité de grève s’est transformé en comité de surveillance qui, avec l’aide de tout le personnel assurera le suivi et l’application intégrale du protocole de fin de conflit.


Le comité de grève : un enseignement à tirer

Le comité de grève élu par les travailleurs est toujours plus démocratique que lorsque la grève est dirigée, même démocratiquement, par des responsables syndicaux. C’est peut être ce qui a déplu aux dirigeants indépendantistes de l’UTS-UGTG du CHU qui n’ont cessé de s’attaquer et de calomnier le comité. Et cela sans doute parce que ce n’était pas eux qui étaient cette fois à la tête de la grève. Il faut noter aussi la valeur de l’organisation du comité de grève. À la fin de chaque journée, l'assemblée générale du comité de grève décidait de la poursuite ou pas de la grève et des actions à mener. L’organisation du service minimum fut organisée minutieusement par les grévistes qui en contact permanent avec les services, décidaient des nécessités impératives de présence de tel ou tel agent. La circulation automobile était fluide sur le site interne de l’hôpital. C’est la police et la gendarmerie qui ont créé la pagaille pendant un moment en voulant disperser le piquet de grève.


Martinique et Guadeloupe Marine Le Pen se prépare ? Nous aussi !

La présidente du Front national a annoncé à la presse ses projets de voyage en Outre-mer dans le cadre de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2017. Elle compte se rendre à La Réunion, à Mayotte et en Guyane, et elle a suggéré qu’elle pourrait venir prochainement en Martinique et en Guadeloupe.

La fille de Jean-Marie Le Pen prétend qu’elle est différente de son père, avec qui elle joue depuis des années une comédie médiatique pour faire croire que le Front national n’est plus un parti d’extrême-droite. Ce n’est qu’un tour de passe-passe destiné à rendre son parti plus présentable, alors que les idées nauséabondes que défend le Front national n’ont pas changé. Marine Le Pen a d’ailleurs soutenu son père en déclarant à France-Antilles qu’il « n’a jamais été raciste ». Elle n’a pas hésité non plus à soutenir Trump le nouveau président des USA, un milliardaire (comme elle), démagogue, raciste et misogyne.

En mai 2015, Marine Le Pen a dû renoncer à ses projets de voyage en Martinique et en Guadeloupe, parce que de nombreuses personnes et organisations – dont Combat ouvrier – avaient annoncé qu’elles ne la laisseraient pas distiller le poison de la xénophobie sans protester. Même s’il ne s’agit pour l’instant que de rumeurs, préparons-nous à lui faire savoir qu’elle n’est toujours pas la bienvenue !


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