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Archives de CO/CO de l'année 2016/CO n° 1166 du 19 novembre 2016/Première page

Première page

Editorial: États-Unis : Trump président n’est qu’un symptôme d’un système malade

ZoomÀ peine Trump élu le 8 novembre dernier, les journalistes et autres commentateurs qui s’identifiaient à l’élégante Hillary Clinton ont déversé leur mépris pour ceux qu’ils appellent les « ouvriers blancs ». Ces travailleurs pauvres qu’ils présentent comme étant tous ignorants et racistes seraient responsables d’avoir porté au pouvoir un président anti-noir, anti-musulman, anti-femmes et millionnaire. Mais les « idées » vociférées par Donald Trump pour gagner l’élection gangrènent la société capitaliste partout dans le monde.

En réalité, Trump n’a été élu que par un quart de l’électorat étant donnée l’abstention massive, habituelle aux États-Unis. Comme d’habitude, l’écrasante majorité de ceux que les commentateurs accusent… n’ont tout simplement pas voté ! Tout comme des millions de Noirs et de Latinos. Et on peut les comprendre. En quoi, Hillary Clinton, la « candidate de Wall Street », elle-même millionnaire, qui a défendu tous les récents massacres impérialistes perpétrés par son pays, qui a appuyé le sauvetage des banques au détriment des millions de pauvres chassés de leur logement lors de la crise de 2008, en quoi Hillary Clinton serait-elle davantage que Trump la défenseuse des pauvres et des gens de couleurs ? Elle barbote depuis des décennies dans les coulisses d’un pouvoir raciste – comme le prouve le massacre quotidien des jeunes hommes noirs par la police américaine – sexiste (les États-Unis est un des rares pays riches où l’avortement est en permanence au bord de l’interdiction) et anti-ouvrier. Qu’elle l’ait fait sans pour autant sombrer dans la « vulgarité » verbale d’un Trump ne pouvait séduire que les bien-pensants, pas les millions d’Américains, hommes ou femmes, Noirs ou Blancs, qui enchaînent depuis 2008 les périodes de chômage et les emplois sous-payés (parfois deux ou trois à la fois pour pouvoir joindre les deux bouts).

Soit dit en passant, le mépris arrogant des riches et des puissants pour « le peuple » se traduit entre autres choses aux États-Unis par le fait qu’on ne le laisse pas choisir le président, mais que cette tâche est confiée à de « grands électeurs »… grâce à quoi Trump est élu malgré le fait qu’il a eu 600 000 voix de moins que la perdante. Que les « élites » cessent donc d’accuser les pauvres ! Les riches ont élu un des leurs qui – comme tous ses prédécesseurs et comme l’aurait fait Clinton – appliquera la politique que la bourgeoisie américaine lui dictera.

La société capitaliste est une société profondément injuste où une infime minorité de super-riches engrangent l’essentiel des fruits du travail de la majorité. Une telle société ne peut fonctionner qu’en divisant en permanence les opprimés pour régner sur eux. Le racisme, le sexisme, le mépris pour les homosexuels, la peur sans cesse entretenue envers « les plus pauvres que soi », le chauvinisme qui commande aux exploités de chaque pays de se rallier autour de ses exploiteurs, toutes ces idées réactionnaires sont aussi indispensables au maintien des inégalités que le système financier ou les attaques contre la protection du travail. C’est la raison pour laquelle depuis un siècle et demi, les révolutionnaires du mouvement ouvrier combattent ces idées. Le fait que les idées réactionnaires sont désormais vociférées ouvertement par des politiciens de droite ou de gauche – y compris en France ou aux Antilles – est le signe d’une société malade qui n’a plus rien à offrir à l’humanité. Et c’est aussi la conséquence du recul des idées du mouvement ouvrier. « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! », disait Marx. S’il y a une conclusion à tirer de l’élection de Trump, c’est qu’il est urgent de faire revivre l’idéal communiste.


Martinique : L’arrogance d’un patron du BTP

ZoomLes dernières négociations salariales dans le BTP datent du 9 juin 2015. Les capitalistes du BTP n’avaient accordé comme d’habitude que des miettes : 0,5 % d’augmentation des salaires. Cela représentait pour un ouvrier ayant au moins 10 ans d’ancienneté, une augmentation de six centimes de l’heure, ou encore de 9,10 € brut sur le salaire mensuel.  

Face à cette situation, une intersyndicale du BTP et annexes a demandé depuis mars 2016 une revalorisation de 3%. Les patrons ont carrément rejeté cette revendication, allant même jusqu’à quitter les négociations. On a pu lire dans le journal France-Antilles du 8 novembre 2016 que « les employeurs déclarent n’être pas en mesure d’y répondre eu égard au contexte économique défavorable ».

Et plus loin, le sieur Christian Louis-Joseph, représentant du syndicat des patrons du BTP déclare que « les évolutions des indices du coût de la vie, du prêt à la consommation sont telles qu’il n’y a pas justification urgente d’augmenter les salaires ». Depuis des années, ce sont les mêmes exploiteurs qui invoquent et rabâchent « la baisse du nombre de chantiers ou la chute de la vente du ciment… » . Mais à aucun moment ils ne mettent sur la table les chiffres réels, mis en regard avec les profits qu’ils ont réalisés et les dividendes partagés entre les actionnaires. Tel est le comportement méprisant de ce représentant des capitalistes du BTP. Il annonce franchement que les ouvriers, exploités à outrance, n'ont pas droit à un salaire convenable correspondant au coût de la vie ! Il défend la réalité de l’exploitation qui permet aux capitalistes d'engranger toujours plus de profits.


Succès de la grève des municipaux du Lamentin

La grève des agents de la municipalité du Lamentin s’est terminée, vendredi 11 novembre après quatre jours de mobilisation. Du fait de l’entêtement de la municipalité, les conséquences de la grève furent le blocage des accès des écoles primaires et des crèches. Mais finalement, un protocole de fin de conflit donnant satisfaction aux agents sur une série d’améliorations des conditions de travail a été signé avec les représentants de la CGTM-SOEM. Ce succès conforte les agents et renforce donc la détermination.


Guadeloupe : Affaire Marvin : Mobilisation des lycéens de Faustin Fléret

Le 9 novembre, les élèves du lycée Faustin Fléret de Morne-à-l’Eau ont fait grève pour soutenir Marvin, un lycéen de terminale injustement poursuivi par la justice. Malgré la présence de gendarmes venus pour les intimider, plusieurs centaines de lycéens ont refusé d’entrer en cours par solidarité.  

Marvin était convoqué au tribunal, pour la quatrième fois. L’affaire a commencé le 16 novembre 2015, lors du débat en classe après les attentats de Paris. Marvin ne voulait pas participer, sa prof de français a insisté pour qu’il parle. Agacé, il lui a répondu une bêtise, qu’il était pour le djihad. C’est cette prof et le proviseur de l’an dernier qui ont déclenché cette procédure ridicule, en préférant jouer les indicateurs de police plutôt que de faire leur boulot d’éducateurs. C’est aussi la faute du recteur Galap si on en est là, puisque c’est lui qui a porté plainte contre Marvin. Une vingtaine de jeunes était là pour soutenir Marvin au tribunal. Le procureur a tenté de l’intimider dès le départ, en lui disant qu’il est mis en examen, ce qui est illégal : seul un juge peut décider cela, et il doit alors transmettre le dossier aux avocats de Marvin, ce qui n’a pas été fait. Les avocats ont à nouveau soulevé des irrégularités, et les questions qu’ils ont posées devront être examinées par le tribunal de Basse-Terre, si cette mascarade de procès se poursuit.

Les lycéens de Faustin Fléret ont créé un comité de soutien qui organisera d’autres actions pour obtenir l’arrêt immédiat des poursuites contre Marvin.


Mise au point

Une imprécision figurait dans l'éditorial du dernier numéro de Combat Ouvrier (1165) consacré aux élections américaines. Nous avons omis de traduire le passage signalant que Monica Moorehead et Lamont Lilly participaient à la présidentielle pour le Workers World Party. Ils étaient officiellement candidats de ce parti dans trois États (New Jersey, Utah et Wisconsin). Dont acte.


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